Comment calculer la valeur nominale d'une entreprise individuelle
La valeur d’une société est subjective : la valorisation d’une entreprise consiste à émettre une opinion sur sa valeur financière. Mais dans la réalité, il n’y a pas une, mais plusieurs méthodes de valorisation de l’entreprise. Tout cela dépend de si vous êtes vendeur ou acheteur. Finalement, la méthode d'évaluation d’une société est systématiquement subjective.
Voyons ensemble pourquoi valoriser sa société, son actif net, et quelles sont les méthodes d'évaluation à employer pour obtenir un montant représentatif.
En bref
- La valorisation d'une entreprise est subjective et dépend des méthodes utilisées.
- Elle peut se baser sur la valeur nominale ou vénale, et implique souvent des choix entre vendre le fonds de commerce ou les actions.
- Les méthodes principales incluent la valeur patrimoniale, reposant sur les capitaux propres, et la valeur de rendement, évaluant la performance.
- La méthode DCF (Discounted Cash Flows) est particulièrement notable pour son approche basée sur les flux de trésorerie futurs.
1. Qu'est-ce que la valeur nominale ?
La valeur nominale d’une société correspond à la valeur initialement fixée dans les statuts d’une société. Pour mémoire, les associés fixent à l’origine un montant de capital et un nombre de parts ou d’actions. De façon simple, la valeur nominale d’une action est la division du capital social par le nombre d’actions.
Ainsi, ce montant nominal ne changera jamais quelque soit la performance de la société. Néanmoins, une seule exception existe. En effet, en cas d’augmentation ou de réduction du capital, les associés peuvent jouer sur la valeur nominale de l’action plutôt que sur le nombre émis d’actions.
La valeur nominale est le montant d’origine inscrit sur chaque titre lors de la constitution d’une société. Elle correspond à la valeur unitaire d’un titre : c’est le montant cumulé de ces titres qui permet de connaître la quote-part exacte du capital social détenue par chaque associé. Cette donnée comptable fige la répartition de votre pouvoir de décision dès l’acte de création.
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La valeur nominale correspond à la valorisation faciale d’un titre financier, fixée lors de son émission initiale. Pour une action, elle représente une quote-part immuable du capital social, indépendamment de la réussite économique future de la société.
2. Calcul simple de la valeur nominale
La valeur nominale d’une action pour une SAS (société par actions simplifiée) est égale au montant total du capital social divisé par le nombre d’actions que les actionnaires décident d’émettre pour leur SAS. La valeur nominale d’une action de SAS = capital social / nombre d’actions émises.
Exemple : vous avez un capital social de 10 000 € réparti en 1 000 parts. La valeur nominale de vos actions est ainsi de : 10 000 € / 1 000, soit 10 €.
Marie crée une SAS au capital de 10 000 euros. Elle décide d’émettre 1 000 actions pour simplifier la future entrée d’associés. Le calcul de la valeur nominale donne : 10 000 / 1 000 = 10 euros par action.
3. Valeur nominale vs valeur économique (vénale)
Il ne faut pas confondre la valeur nominale d’une action et sa valeur économique qui sera sa valeur estimée pour la vente. Cette valeur économique d’une action est librement fixée entre le vendeur et l’acquéreur. La valeur économique de l’action correspond au prix fixé pour sa vente. Elle ne correspond que très rarement à sa valeur nominale, car le vendeur prend en compte l’ensemble des ressources de la société pour évaluer son prix : réserves, fonds propres, résultats non distribués...
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La différence entre la valeur nominale et la valeur réelle est un point de confusion fréquent chez les dirigeants. La valeur nominale est un chiffre comptable figé, alors que la valeur réelle, ou valeur vénale, est le prix auquel l’action s’échangerait sur le marché à un instant T. Valeur nominale et valeur réelle d’une action ne coïncident que lors du premier jour de vie de la société.
4. Pourquoi fixer un nominal bas ?
Il est recommandé de fixer une valeur nominale basse pour faciliter les augmentations de capital social de la SAS. Lors de la création de la société, le montant du capital social est déposé sur un compte bancaire bloqué. Une valeur nominale basse facilite la division des titres (split) et permet une entrée au capital plus souple pour les petits investisseurs.
Les associés fondateurs ont la possibilité de choisir un montant très faible, comme 0,01 euro, ou un montant plus important selon leurs besoins de partage futur. Il est généralement conseillé de privilégier un nominal bas pour faciliter les augmentations ultérieures de capital.
5. La valeur comptable par action
La valeur comptable par action est un indicateur financier qui permet de déterminer la valeur d'une entreprise par rapport à ses actions. Elle est calculée en soustrayant les passifs des actifs totaux de l'entreprise, puis en divisant par le nombre d'actions en circulation.
Formule : Valeur comptable par action = (Actifs totaux - Passifs totaux) / Nombre d'actions en circulation.
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Si la valeur comptable est supérieure au cours actuel de l’action, l'action est sous-évaluée. Cependant, si le cours de l'action dépasse cette valeur comptable par action, l’action est surévaluée.
6. Que vendre ? Le fonds de commerce ou les actions ?
Le cédant d’une entreprise dispose éventuellement de plusieurs choix pour céder son activité. Lorsque le cédant exerce son activité via une entreprise individuelle ou une EIRL, il ne pourra seulement céder que le fonds de commerce. S’agissant du dirigeant d’une société, il pourra soit céder ses actions, soit faire céder le fonds de commerce de sa société. Bien évidemment, le choix tient compte de la fiscalité personnelle du cédant mais aussi de ses projets futurs ou des contraintes de l’acquéreur.
7. Les principales méthodes de valorisation au-delà du nominal
Il n’existe pas de marché indicatif comme celui de la bourse pour valoriser une société. Ainsi, les professionnels de la valorisation de société utilisent des méthodes d’évaluation à partir de formules plus ou moins savantes. Pour faire simple, on distingue 2 grandes méthodes de valorisation de société :
- La valeur patrimoniale de la société, que l’on appelle également valeur mathématique, repose sur les capitaux propres de l’entreprise plus ou moins actualisés.
- La valeur de rendement qui est une notion très dynamique car elle juge des performances passées et à venir de l’entreprise.
Les méthodes de valorisation d’une société reposent souvent sur les suivantes : valeur de productivité, capitalisation du bénéfice net moyen, capitalisation selon l’EBE corrigé, capacité de remboursement, capitalisation CAF + Trésorerie, méthode fiscale, méthode DCF, cash-flow actualisés, capacité bénéficiaire prévisionnelle. Mais, il existe en réalité autant de méthodes que de professionnels.
8. Approche patrimoniale : calculer la valeur via les capitaux propres
Avant tout, la méthode dite patrimoniale ou approche patrimoniale est la formule la plus simple. Elle consiste à retenir les capitaux propres d’une société. Dans l’exemple de bilan passif, les capitaux propres correspondent notamment à l’addition du capital social, des primes, des réserves et du résultat de l’exercice. Le total des capitaux propres apparaît systématiquement dans tous les bilans des entreprises.
Il existe également une autre méthode de calcul des capitaux propres qui consiste à soustraire du total de l’actif du bilan (ce que l’entreprise détient) du passif exigible (ce que la société doit). Ainsi, on obtient le même montant des capitaux propres.
L'actif net réévalué
Néanmoins, on peut ne pas retenir la valeur des capitaux propres en l’état pour tenir compte de certains événements. Certains biens inscrits à l’actif du bilan comme des actions d’une filiale, un bien immobilier qui a pris de la valeur incitent à une évaluation personnalisée. Ainsi, on remplace les valeurs comptables par des valeurs vénales des éléments d’actif du bilan. Parallèlement, certaines charges ou indemnités sont rarement enregistrées en comptabilité. Enfin, n’oubliez pas l’impôt latent pour compléter le tout.
9. Approche par la performance et la méthode DCF
Les performances d’une société se mesurent en fonction de ses secteurs d’activité. Ainsi, une boulangerie privilégiera plus facilement des ratios simples comme son chiffre d’affaires, son taux de marge et ses charges de personnel. Par opposition, des pharmacies retiendront des notions d'EBE plus complexes à appréhender.
La méthode DCF mérite une attention particulière. En effet, cette méthode repose avant tout sur une philosophie. À ce titre, acquérir une société consiste à verser une somme d’argent, c’est-à-dire un investissement initial, dans l’espoir de percevoir de futurs cash-flows. Sans rentrer dans le détail du calcul, l’objectif est de déterminer dans un premier temps les cash-flows futurs de la société par la réalisation de compte de résultat prévisionnel. Le professionnel s’aide bien évidemment des comptes passés mais également d’indices liés au marché. Autant dire de suite qu’il s’agit d’un exercice périlleux. Ensuite, il convient d’actualiser cette somme de Cash-Flows afin d’en ressortir la valeur de la société.
10. Méthodologie pratique pour obtenir une valeur représentative
- Avant tout, la première démarche repose sur la compréhension de la société.
- Ensuite, il convient de sélectionner les méthodes de valorisation.
- Après, vous avez à déterminer les coefficients multiplicateurs des méthodes sélectionnées.
- Enfin, vous devez pondérer les valorisations obtenues pour obtenir la valeur de la société.
Une fois les méthodes décrites, les coefficients de pondération des années définis et bien d’autres artifices réalisés, il reste à mixer le tout pour obtenir une valeur basse et une valeur haute de la société. Cela a l’air surprenant ? C’est tout à fait normal car ces formules sollicitent l’informatique et brassent des quantités de chiffres.
11. Spécificités pour les sociétés et parts sociales
Les parts sociales et actions d’une société ont la même logique de calcul du nominal : la valeur nominale d’une part ou d’une action se fixe librement entre les associés. En SARL et en EURL, la notion de “part sociale” remplace celle d'“action”, mais la logique de calcul reste identique.
Toutes les parts sociales et actions d’une société ont la même valeur (dite valeur nominale), fixée librement par les associés. Il vaut souvent mieux fixer une valeur nominale basse (entre 1 euro et 10 euro par exemple). Ainsi, il sera plus facile d’intégrer des associés minoritaires.
La valeur nominale n'est plus une mention obligatoire dans les statuts des SAS depuis la Loi de modernisation de l’économie (LME). Dans une SAS, il est possible de fixer une valeur nominale ou de prévoir des actions sans valeur nominale. Conformément à l’article L. 228-8 du Code de commerce, les actions n’ont pas obligatoirement une valeur nominale mentionnée sur le titre lui-même, mais elles en possèdent toujours une de manière “arithmétique”.
12. Opérations sur capital liées au nominal
- Lors d’une augmentation de capital, la société peut choisir d’émettre de nouveaux titres ou d’augmenter le montant nominal des titres existants.
- La prime d’émission correspond à la différence entre le prix payé par le nouvel investisseur et la valeur nominale d’une action.
- La division d’actions (stock split) consiste à réduire la valeur nominale d’une action tout en augmentant proportionnellement le nombre de titres.
La modification passe par une décision des actionnaires réunis en assemblée générale extraordinaire (AGE). On procède généralement soit à une division (split) pour baisser le nominal, soit à un regroupement pour l'augmenter. Cette opération entraîne obligatoirement une mise à jour des statuts et un dépôt au greffe.
13. Évaluer les parts sociales lors d’une cession
L’évaluation des parts sociales est une opération indispensable avant la cession ou le rachat de parts. Il existe plusieurs modes d’évaluation : amiable, statutaire, et judiciaire. L’évaluation amiable est surtout utilisée dans le cas de cession de parts sociales entre associés. Pour l’évaluation statutaire, le statut prévoit les modalités d’évaluation. En cas de désaccord, il est possible de faire appel à un expert judiciaire.
La fixation d’un prix de cession de parts sociales prend en compte la valeur vénale de parts sociales (excepté les cas où la valeur des parts sociales est dérisoire). Cette évaluation peut être faite à l’amiable et peut se négocier entre le cessionnaire et le cédant, ou en se faisant aider d’un tiers (commissaires aux apports, expert-comptable, avocat, etc.).
L'inflation / La valeur réelle et la valeur nominale / Taux d'intérêt réel - SES
14. Points pratiques et conseils
- Comprenez la structure financière pour choisir la méthode de valorisation adaptée.
- Évaluez les performances passées et futures pour une estimation précise de la valeur de rendement.
- Considérez l'approche DCF pour une projection des cash-flows futurs, en ajustant les coefficients selon le secteur.
- Pondérez les résultats des différentes méthodes pour une estimation finale équilibrée.
- Il est conseillé de ne pas fixer une valeur nominale trop importante, afin de faciliter d’éventuelles augmentations ultérieures de capital.
Exemple résumé
Si vous souhaitez une estimation rapide de la valeur comptable par action : utilisez la formule (Actifs totaux - Passifs totaux) / Nombre d'actions en circulation. Pour la valeur nominale, basez-vous toujours sur le capital social divisé par le nombre de titres émis.
Et si vous souhaitez passer à l'action, les experts peuvent vous accompagner pour rédiger les statuts, calculer la valeur nominale et réaliser un rapport de valorisation complet.
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