Comment remplir un carnet de vol en cas de cessation d’activité de pilote

Le carnet de vol est un document officiel et essentiel pour tout pilote. Il consigne l’expérience de vol, répond aux exigences réglementaires et garantit la sécurité en assurant un suivi précis des activités aériennes. En cas de cessation d’activité, il est primordial de bien comprendre comment remplir correctement ce carnet afin d’assurer la continuité de votre dossier de vol.

Les informations obligatoires à renseigner dans le carnet de vol

Selon la réglementation en vigueur et notamment le règlement européen 1178/2011, le carnet de vol doit comporter un certain nombre d’informations essentielles :

  • Date du vol : inscrite sous forme numérique pour assurer une traçabilité temporelle rigoureuse.
  • Identité de l’équipage : noms complets du pilote, de l’instructeur ou des autres membres présents à bord, avec la fonction précise de chacun (P pour pilote commandant de bord, EP/I pour élève pilote et instructeur, FE pour vol avec examinateur en vol).
  • Heures de départ et d’arrivée : généralement renseignées en heure UTC, sauf mention contraire sur la page de garde, avec une distinction entre heure « bloc » (début et fin) pour calculer le temps de vol total.
  • Type, modèle, version et immatriculation de l’aéronef : identification précise de l’appareil, incluant s’il est monomoteur (SE) ou multimoteur (ME).
  • Durée de vol : obtenue en soustrayant l’heure de départ de l’heure d’arrivée, ce temps reflète la totalité de l’activité en vol.
  • Nature du vol : les mentions autorisées sont uniquement « Privé », « Instruction » ou « Transport public ».
  • Consommables ajoutés : quantités de carburant et d’huile ajoutées au départ ou à l’arrivée, essentielles à la sécurité des vols, marquées respectivement par « PP » (plein partiel) ou « PC » (plein complet) pour le carburant.
  • Incidents ou observations éventuelles : cette rubrique fait référence à la Liste Minimum d’Équipement (LME) propre à chaque avion, qui précise si un vol est autorisé malgré certaines anomalies.

L’importance de la Liste Minimum d’Équipement (LME) dans la tenue du carnet de vol

Chaque appareil d’un aéroclub peut disposer d’une Liste Minimum d’Équipement spécifique, définie en collaboration avec la DGAC et la Fédération Française Aéronautique (FFA). Cette LME établit, selon les points d’équipement concernés (éclairage, radionavigation, commandes de vol, moteur...), les conditions sous lesquelles un vol peut être réalisé malgré certaines indisponibilités. Par exemple :

  • Un feu anticollision en panne peut permettre un vol VFR de jour mais interdire le vol IFR ou de nuit.
  • Des jauges carburant défectueuses peuvent autoriser un vol limité en durée et à condition d’un plein complet.

La référence à la LME dans la colonne « Incidents - Observations éventuelles » du carnet de vol est donc indispensable pour respecter la réglementation et garantir la sécurité.

Remplir son carnet de vol lors d’un vol en double commande ou en formation

En phase d’apprentissage ou lors d’une supervision, la tenue du carnet de vol suit des règles spécifiques :

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  • Le pilote en commande remplit la fonction avec les codes « P » pour commandant de bord, « EP / I » pour élève pilote avec instructeur, « EP / FE » pour élève avec examinateur.
  • L’instructeur est généralement commandant de bord pendant le vol, même lors de tests ou contrôles.
  • Le nom et le numéro FI (Flight Instructor) doivent figurer au moins une fois par page dans le carnet pour valider la supervision ou la formation.

Gestion des heures de vol et calculs précis

La précision dans l’enregistrement des heures de vol est primordiale. Il faut :

  • Noter le temps de vol dit « bloc », entre le moment où l’appareil commence à se déplacer pour décoller et celui où il s’immobilise au parking à l’arrivée.
  • Bien différencier les heures « off-block » (quand l’avion quitte le point d’attente) et « on-block » (immobilisation finale).
  • Compter séparément les décollages et atterrissages, en distinguant ceux de jour et de nuit, ainsi que les heures de vol de nuit.
  • Enregistrer le temps IFR (Vol aux Instruments) quand applicable.

La comptabilisation exacte évite erreurs et facilite la reconstitution du dossier, notamment en cas d’arrêt d’activité.

Que faire en cas de perte ou vol du carnet de vol ?

La reconstitution peut s’avérer longue, surtout avec plusieurs clubs et interruptions d’activité. Toutefois :

  • Se limiter à reconstituer les vols depuis la dernière prorogation de licence.
  • Contacter les clubs ou centres de formation pour obtenir les relevés d’heures et déclarations de vol.
  • Déposer une déclaration officielle (par exemple, auprès de la gendarmerie) en cas de vol.
  • Demander un duplicata de licence à la DSAC avec les justificatifs disponibles.

Formats du carnet de vol : papier, feuilles de calcul, numériques

Chaque pilote peut utiliser différents formats pour son carnet de vol :

  • Carnet papier : historique et tangible, mais sujet à des erreurs de saisie et nécessite un calcul manuel des totaux.
  • Feuilles de calcul (Excel...) : économique et facilitant les calculs, mais potentiellement vulnérable aux erreurs de formule et validations limitées.
  • Carnets de vol électroniques spécialisés : solutions modernes, offrant calculs automatiques, validation des données et conformité réglementaire. Exemples : capzlog.aero, certifié par un audit officiel.

Un carnet de vol numérique présente l’avantage de synchroniser et stocker les données dans le cloud, mais il est essentiel de conserver une copie ou un carnet personnel indépendant pour maîtriser l’historique de vol.

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Enregistrement des heures sur simulateur et vol en conditions spéciales

Les heures réalisées sur simulateurs agréés (FSTD) doivent aussi être inscrites dans le carnet, mais dans une colonne spécifique et ne peuvent pas être intégrées dans le total des heures de vol réel. Les vols en mode multi-pilotes sont également différenciés du temps de vol monomoteur ou multimoteur en solo.

Pour les vols à risque (nuit, IFR), appliquer strictement les règles de comptabilisation des heures afin d’éviter toute invalidation des heures déclarées.

Conseils pratiques pour une tenue rigoureuse du carnet de vol

  • Remplir le carnet sans délai après chaque vol, pour éviter oublis ou erreurs.
  • Utiliser toujours la notation en heures et minutes (HH:mm) pour plus de précision.
  • Inclure systématiquement les immatriculations complètes avec indicatif pays.
  • Signatures obligatoires quand nécessaires : instructeur, examinateur, commandant de bord selon les cas.
  • Vérifier régulièrement les totaux de chaque page avant de passer à une nouvelle.

Ressources et aides en ligne

De nombreuses pages officielles et forums proposent des conseils, documents réglementaires, exemples et mises à jour concernant la tenue du carnet de vol :

  • Direction générale de l’aviation civile (DGAC)
  • Fédération Française Aéronautique (FFA)
  • Sites spécialisés et communautés de pilotes pour partager expériences et recommandations.

En finalité, remplir avec soin son carnet de vol est un acte professionnel garantissant la reconnaissance de votre expérience et la sécurité dans la pratique de l’aviation, y compris en cas d’arrêt temporaire ou définitif de l’activité de pilote.

04_Le carnet de vol (Ma fiche)

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