Calcul des Charges URSSAF pour une Micro-Entreprise
Le statut auto-entrepreneur est apprécié pour sa simplicité de gestion et sa comptabilité allégée. Avec des charges calculées directement sur le chiffre d’affaires, évaluer sa rentabilité semble aisé, mais il est crucial de ne rien omettre. Cet article détaille les différents éléments à prendre en compte pour une vision claire de vos charges en tant qu'auto-entrepreneur.
En tant que micro-entrepreneur, vous bénéficiez d'un régime simplifié pour le calcul et le paiement de vos cotisations sociales. Vos cotisations sont calculées selon un pourcentage fixe appliqué à votre chiffre d'affaires. Ce pourcentage est un forfait qui inclut l'ensemble des cotisations et contributions sociales.
Les cotisations sociales sont calculées tous les mois ou tous les trimestres en fonction du chiffre d'affaires ou des recettes réalisées le mois ou le trimestre précédent. Vous devez déclarer votre chiffre d'affaires et payer vos cotisations auprès de l'Urssaf. La déclaration est à effectuer en ligne chaque mois ou trimestre selon l'option que vous avez choisie.
Même si les cotisations sociales financent votre protection sociale, elles restent des charges que vous devez prendre en compte dans vos calculs.
Micro-entrepreneur : déclaration en ligne du chiffre d'affaires (régime micro-social simplifié)
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1 - Les Cotisations et Contributions Sociales
Dès lors que l'on parle des charges liées au régime fiscal de l'auto-entreprise, on pense aux cotisations sociales. Le régime micro-social est rattaché à la Sécurité Sociale des Indépendants.
Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).
Les taux appliqués aux micro-entrepreneurs sont les suivants :
- 12,30 % du CA pour la vente de marchandises (BIC)
- 21,2 % du CA pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BNC)
- 24,6 % du CA pour les autres prestations de services et les professions libérales relevant du régime général (BNC)
- 23,2 % pour les activités libérales relevant de la CIPAV pour leur retraite (BNC)
- 6 % pour la location de meublés de tourisme classés
L'ensemble de ces taux sont fixés selon les articles 34 à 35 A du Code général des impôts (BIC) et articles 92 à 103 du Code général des impôts (BNC).
Bon à savoir : Si vous bénéficiez de l’ACRE (Exonération du début d’activité de création ou de reprise d’entreprise), vous profitez d'un taux réduit durant votre première année d'activité.
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Quel est le taux applicable ? Le taux est différent selon la nature de l'activité exercée :
- Activité de vente de marchandises et fourniture de logement (sauf location d'habitation meublée et logement meublé de tourisme): Le montant de vos cotisations sociales est égal à 12,3 % de votre chiffre d'affaires. Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, l'Urssaf collecte votre impôt et vos cotisations sociales, le taux appliqué est alors de 13,3 %. Vous devez toujours faire votre déclaration de chiffre d'affaires soit tous les mois soit tous les trimestres.
- Activité de location d'habitation meublée: Le montant de vos cotisations sociales est égal à 21,2 % de votre chiffre d'affaires.
- Activité de location de logements meublés de tourisme: Le montant de vos cotisations sociales est égal à 6 % de votre chiffre d'affaires. La mesure d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat ne s'applique pas pour les locations de meublés de tourisme classés.
- Activité de prestation de services (BIC): Le montant de vos cotisations sociales est égal à 21,2 % de votre chiffre d'affaires. Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, l'Urssaf collecte votre impôt et vos cotisations sociales, le taux appliqué est alors de 22,9 %. Vous devez toujours effectuer votre déclaration de chiffre d'affaires tous les mois ou tous les trimestres.
- Activité libérale hors Cipav (BNC): Le montant des cotisations sociales pour les activités libérales hors Cipav est égal à 24,6 % du chiffre d'affaires. Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, l'Urssaf collecte votre impôt et vos cotisations sociales, le taux appliqué est alors de 26,8 %. Vous devez toujours effectuer votre déclaration de chiffre d'affaires tous les mois ou tous les trimestres.
- Activité libérale relevant de la Cipav (BNC): Le montant des cotisations sociales pour les activités libérales relevant de la Cipav est égal 23,2 % du chiffre d'affaires. Si vous avez opté pour le versement libératoire de l'impôt, l'Urssaf collecte votre impôt et vos cotisations sociales, le taux appliqué est alors de 25,4 %. Vous devez toujours effectuer votre déclaration de chiffre d'affaires tous les mois ou tous les trimestres.
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2 - Les Taxes pour Frais de Chambre Consulaire
Ces taxes sont perçues par les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) ainsi que les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA) à partir de la seconde année d'activité. Elles ne concernent pas les activités libérales.
Les taxes pour frais de chambre consulaire sont proportionnelles au chiffre d'affaires de l’auto-entrepreneur :
- 0,015 % pour la vente de marchandises, restauration, hébergement
- 0,044 % pour les prestations de services
- 0,48 %* pour les prestations de services artisanales (0,65 % en Alsace et 0,83 % en Moselle)
- 0,22 %** pour l'achat revente pour un artisan (0,29 % en Alsace et 0,37 % en Moselle)
- 0,007 % pour les artisans en double immatriculation CCI/CMA
3 - La Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)
La contribution à la formation professionnelle (CFP) est due par tous les auto-entrepreneurs. Le montant de cette taxe est calculé selon un taux fixe appliqué sur le chiffre d’affaires :
- 0,20 % du CA pour les commerçants et professions libérales non réglementées
- 0,20 % du CA pour les professions libérales réglementées
- 0,30 % du CA pour les artisans et les prestations de services BIC
Bon à savoir : Les cotisations sociales, les taxes pour frais de chambre consulaire et la CFP sont toutes trois calculées lors de la déclaration (mensuelle ou trimestrielle) du chiffre d’affaires auprès de l’Urssaf. L’auto-entrepreneur les règle donc toutes en même temps.
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4 - La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dont sont redevables toutes les entreprises, y compris les auto-entrepreneurs. Vous êtes concerné par cet impôt même si vous travaillez depuis chez vous ou exclusivement au domicile de vos clients. Chaque commune fixe son taux d’imposition. Ce taux est ensuite appliqué sur la valeur locative des biens utilisés par votre micro-entreprise au cours de l'année N-2.
Montant de la CFE = taux d’imposition x base d’imposition sur la valeur locative des biens
L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé. Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant dernière année est inférieur à 5 000 €.
Le saviez-vous ? Selon votre domaine d’activité, vous pouvez bénéficier d’une exonération de CFE. C’est le cas, par exemple, des propriétaires louant une partie meublée de leur propre maison, des sportifs, des pêcheurs, des exploitants agricoles, des artistes, des artisans (sauf ceux qui exploitent de la matière première comme les boulangers), des vendeurs indépendants à domicile ou encore des enseignants.
5 - Les Impôts sur le Revenu
L’auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel. Ses revenus d’activité sont de ce fait imposés à l’impôt sur le revenu (IR), et non sur les sociétés (IS). Vous êtes imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Pour calculer votre revenu imposable, les impôts appliqueront un abattement forfaitaire (selon l'article 50-0 du Code général des impôts) sur votre chiffre d’affaires annuel. Le taux de cet abattement dépend de votre catégorie d’activité :
- 71 % pour les activités d’achat / vente et de location de logements (votre revenu imposable est donc égal à 29 % de votre chiffre d’affaires)
- 50 % pour les prestataires de services commerciaux et artisanaux (votre revenu imposable est donc égal à 50 % de votre chiffre d’affaires)
- 34 % pour les professions libérales réglementées et non réglementées (votre revenu imposable est donc égal à 66 % de votre chiffre d’affaires)
Ce revenu forfaitaire est additionné à vos autres revenus pour déterminer le montant de l'impôt dû au titre d'une année.
Vous avez opté pour le versement libératoire de l’impôt : Le versement libératoire vous permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales. Si vous optez pour le versement libératoire, l'impôt sur le revenu que vous payez au cours de l'année est définitif. Il ne sera remboursé en aucun cas par l'administration fiscale, y compris si vous êtes non imposable.
Autres Charges à Considérer
Quelle que soit votre activité, vous avez sans aucun doute des frais à prendre en charge pour développer votre micro-entreprise. La plupart de vos charges sont liées au volume des ventes et ne sont pas connues d’avance. Il est toutefois indispensable d'essayer d'anticiper ces frais car ils peuvent diminuer votre rentabilité.
Les Frais de Communication
- La mise en place et la gestion d’un site Internet : hébergement, création, gestion…
- La publicité : petites annonces, publicités sur les réseaux sociaux...
- Les supports papier : cartes de visite, flyers, plaquettes…
La Vente de Vos Produits
- Les frais de déplacement pour livrer vos clients ou vous rendre à des événements professionnels
- Les emplacements sur les foires, marchés, salons, etc.
- Les emballages : sacs et sachets, papiers cadeaux, emballages pour expédition
- Les frais postaux que vous pouvez répercuter sur vos clients mais pas toujours en totalité.
Les Dépenses Essentielles pour Protéger Votre Activité
1 - La Mutuelle Santé
Si votre auto-entreprise constitue une activité secondaire et que vous conservez un poste de salarié comme activité principale, vous continuez à bénéficier de votre mutuelle d’entreprise pour couvrir vos dépenses de santé. De même, si votre conjoint est salarié, vous avez la possibilité de bénéficier de sa mutuelle santé d’entreprise, tout comme vos enfants.
Mais si vous êtes indépendant en activité principale et que vous ne pouvez pas profiter de la mutuelle de votre conjoint, vous devrez financer votre mutuelle par vos propres moyens. Si vous êtes célibataire et sans enfants, comptez entre 30 € et 40 € par mois en moyenne pour votre mutuelle santé. Le montant de votre cotisation dépend bien sûr des niveaux de garantie souscrits et peut augmenter selon le nombre de personnes que vous assurez avec vous (enfants).
Information importante : Les cotisations sociales versées pour votre mutuelle ne sont pas déductibles de votre revenu imposable. En effet, puisque vous bénéficiez d’un régime micro-fiscal (sans possibilité de déduire les charges réelles), vous ne pouvez pas bénéficier du dispositif Madelin qui permet aux TNS la déduction fiscale des cotisations sociales.
2 - Les Assurances
Selon votre activité en micro-entreprise, certaines assurances sont préférables, voire obligatoires. D’autres méritent d’être choisies au cas par cas.
- Une assurance multirisque : Quelle que soit votre activité, l’assurance multirisque est presque incontournable. En effet, elle prend en charge la perte de votre matériel de travail ou stock. Cette assurance peut intervenir en cas d’actes de vandalisme, de vol, d’incendie, d’inondation… Il s’agit donc de l’assurance n°1 pour assurer vos arrières en cas de problèmes. Bien sûr, son montant varie selon la valeur de ce que vous assurez et les garanties auxquelles vous souscrivez.
- Une assurance voiture professionnelle : Si vous utilisez un véhicule dans le cadre de votre activité, vous devez souscrire une assurance voiture professionnelle. Cette garantie vous indemnise non seulement pour les dégâts causés à votre véhicule en cas d’accident, mais aussi de la valeur du matériel que vous transportez. Ayant un coût beaucoup plus élevé qu’une assurance personnelle, il est essentiel de comparer plusieurs devis avant de souscrire ce type d’assurance.
- Une responsabilité civile professionnelle (RC Pro) : La RC Pro est fortement conseillée et parfois même obligatoire, comme c'est le cas pour les activités du BTP (avec la Garantie Décennale). Cette assurance est en quelque sorte votre ange gardien puisqu’elle vous couvre si quelqu’un se blesse avec votre matériel ou si un client est victime d’un accident à cause d’un produit que vous lui avez vendu.
- Une protection juridique : Selon votre activité, une protection juridique peut être la bienvenue. Ce type de contrat peut être intéressant si vous exercez par exemple une activité de guide de montagne, de chauffeur VTC ou même de traiteur.
Pour aller plus loin : Tout savoir sur les assurances en auto-entreprise
3 - Les Frais Bancaires en Micro-Entreprises
Si votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives, l'article 39 de la loi PACTE de 2019 vous contraint à ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle. L’objectif ? Lutter contre la fraude fiscale en obligeant les micro-entrepreneurs à pouvoir justifier toutes les rentrées et sorties d’argent. Cela n’implique pas nécessairement l’ouverture d’un compte bancaire professionnel en micro-entreprise. Ce compte dédié peut en effet être un compte courant classique.
Selon votre activité, un compte bancaire professionnel peut toutefois être une bonne option. Vous devrez toutefois anticiper des frais supplémentaires, notamment si vous optez pour un terminal de paiement. Selon les services que vous souhaitez et si vous choisissez ou non un compte professionnel, il vous faudra compter en moyenne de 7 € à 30 € de frais bancaires mensuels.
Pour aller plus loin : Tout savoir sur le compte bancaire en auto-entreprise
FAQ : Questions Fréquentes sur les Cotisations Sociales en Micro-Entreprise
- Que se passe-t-il si votre chiffre d'affaires est égal à 0 € ? Lorsque votre chiffre d'affaires est égal à 0 €, vous n'avez pas de cotisations sociales à payer.
- Dois-je déclarer si mon chiffre d’affaires est à zéro ? Oui ! Même si tu n’as réalisé aucun chiffre d’affaires sur la période, tu dois faire une déclaration à zéro. C’est important pour maintenir ton dossier à jour.
- Puis-je payer moins de cotisations sociales si je ne dégage pas de bénéfices ? Malheureusement non. Les cotisations sont calculées sur ton chiffre d’affaires, même si tes bénéfices sont faibles ou inexistants.
- Ai-je droit à des indemnités journalières avec mes cotisations sociales ? Oui !
- Que se passe-t-il si je ne paie pas mes cotisations sociales à temps ? En cas de retard, tu t’exposes à une majoration de 5 % du montant des cotisations dues + une majoration complémentaire de 0,2 % par mois ou fraction de mois de retard.
Si tu rencontres des difficultés financières temporaires, n’attends pas ! Contacte l’URSSAF pour demander un échéancier de paiement ou un délai de grâce.
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