Calcul et fonctionnement des charges sociales pour un freelance en France
Rappelons d’abord que freelance n’est pas un statut juridique. En général, ce terme est utilisé pour désigner les personnes ayant fait le choix d’être indépendants d’un point de vue professionnel (par opposition au statut de salarié). Cette approche du travail est de plus en plus plébiscitée notamment pour la liberté qu’elle permet d’avoir (choix de ses clients, choix de son lieu et de son cadre de travail, choix de sa rémunération, etc.).
À l’instar des salariés d’une entreprise, les travailleurs indépendants doivent eux aussi supporter différentes charges sur leur rémunération, leur bénéfice ou leur chiffre d’affaires. Elles prennent la forme de prélèvements sociaux, d'impôt, mais également de frais liés au fonctionnement de la structure. Mais qu’en est-il des charges ? À quoi correspondent les charges sociales ? Comment estimer de manière juste son revenu réel ? On vous dit tout dans cet article.
Charges en freelance : de quoi parle-t-on exactement ?
Les charges sont une notion comptable qui désigne les dépenses engagées par une entreprise pour exercer son activité. Pour un freelance, elles sont à opposer aux produits, qui peuvent être assimilés à ses recettes. Cette notion inclut les impôts et les cotisations sociales, mais va au-delà. Elle intègre par exemple les logiciels, le matériel informatique, les assurances, les frais bancaires, etc.
Il faut comprendre que les charges du freelance se subdivisent sous différents postes :
- Les cotisations sociales ;
- Les impôts ;
- La CFE (cotisation foncière des entreprises) ;
- La TVA selon les cas ;
- La formation professionnelle ;
- La couverture santé et la prévoyance ;
- Les éventuels frais professionnels que l’entrepreneur est amené à engager pour exercer son activité professionnelle (achat de matières premières, déplacements, etc.).
L’essentiel des charges du freelance se concentre autour des cotisations sociales dont il est redevable et de son imposition. Il est primordial pour le travailleur indépendant de définir ce qu’elles représentent s’il veut être en mesure d’évaluer sa rémunération.
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Différences entre cotisations freelance et salarié
Les charges du travailleur salarié
L’employé d’une entreprise voit apparaître dans le corps de son bulletin de salaire de nombreuses lignes de déductions. Elles correspondent aux cotisations salariales et aux cotisations patronales. Il incombe à l’employeur de les calculer et de les reverser aux organismes sociaux, dont l’URSSAF est l’acteur principal.
Le salaire brut du collaborateur, figurant en haut de la fiche de paie, constitue l’assiette sur laquelle s’appliquent les pourcentages de ces cotisations. Le salaire net, désigné comme étant le « net à payer », est indiqué en bas de bulletin. La contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) sont les prélèvements sociaux visant à résorber la dette de la sécurité sociale, au titre de la solidarité nationale.
Les cotisations du freelance
De son côté, le travailleur non salarié doit supporter un taux de cotisation inférieur, bien que sa rémunération puisse être plus élevée que celle d’un collaborateur en société. En revanche, il ne jouit pas du même niveau de protection sociale que ce dernier. Le TNS (travailleur non salarié) établit une déclaration mensuelle ou trimestrielle de son chiffre d’affaires et s’acquitte des cotisations sociales exigibles.
Facteurs qui influencent le calcul des charges sociales
Les règles à appliquer pour estimer les charges sociales dues par un freelance dépendent de plusieurs paramètres. Elles varient notamment en fonction du statut social de l’entrepreneur (travailleur non-salarié ou travailleur assimilé salarié) et du régime d’imposition des bénéfices de l’entreprise (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés). Cela concerne notamment la base d’imposition (on parle d’assiette) ainsi que le taux des cotisations sociales.
- Le statut juridique de l’entreprise ;
- Le rôle de son dirigeant (associé ou non) ;
- Régime fiscal privilégié ;
- La nature de l’activité exercée et des bénéfices (BIC ou BNC) ;
- La forme de rémunération du chef d’entreprise ;
- Le chiffre d’affaires réalisé.
Quelles sont les charges sociales d’un freelance selon le statut ?
En micro-entreprise
C’est un statut qui séduit. Fin juin 2023, l’Urssaf estimait qu’il y avait plus de 2,7 millions d'auto-entrepreneurs (AE) administrativement actifs en France. Cela représente 8,6 % de plus qu’en 2022.
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Vous avez opté pour le régime de la micro-entreprise ? Dans ce cas, vous devez payer des charges sociales, tous les mois ou tous les trimestres selon la périodicité choisie, sur votre chiffre d’affaires.
Pour ce statut, le montant des charges sociales correspond à un pourcentage du chiffre d’affaires :
- 12,3 % pour les activités d’achat/revente de marchandises ;
- 21,2 % pour les activités de prestation de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 26,10 % pour les autres prestations de services (BNC).
Le freelance avec un statut de micro-entrepreneur peut d’ailleurs choisir de payer ses charges sociales tous les mois ou par trimestre.
Les micro-entrepreneurs peuvent être soumis à l’impôt sur le revenu, prélevé sur le chiffre d’affaires, suivant un barème progressif. Ceux qui préfèrent régler leurs impôts en même temps que la déclaration mensuelle ou trimestrielle des revenus peuvent se tourner vers le versement forfaitaire libératoire. Dans ce cas, le fisc prélèvera entre 1 % et 2,2 % supplémentaires sur les cotisations.
Les freelances micro-entrepreneurs doivent également tenir compte de la contribution à la formation professionnelle (CFP). L’administration fiscale prélève 0,2 % du chiffre d’affaires aux professions libérales et aux prestataires de service.
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En micro entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles et viennent donc directement impacter le montant que peut se verser le freelance en tant que revenu.
En entreprise individuelle (EI) hors micro
Vous pouvez aussi opter pour l’entreprise individuelle (EI) classique (hors régime de la micro-entreprise). Dans ce cas, vos charges représentent environ 45 % de votre revenu imposable.
La base de calcul des cotisations diffère selon votre régime fiscal. Le bénéfice si vous relevez de l’impôt sur le revenu (IR). La rémunération versée si vous avez opté pour l’impôt sur les sociétés (IS).
En EURL
Le régime fiscal est alors le même que celui des travailleurs non salariés (TNS). Les charges dépendent ainsi de la sécurité sociale de l’indépendant (SSI dans le jargon). Il existe alors un seuil minimal de cotisations sociales qui s’élève en moyenne à 45% des revenus professionnels distribués au gérant de l’entreprise.
Le niveau moyen de cotisations sociales que le gérant associé d’une EURL devra payer à l’administration fiscale représente 45 % de sa rémunération.
Bon à savoir : pour un gérant non associé d’une EURL, le cas est un peu différent. Au regard de la loi, ce dernier est assimilé-salarié. Il dépend donc du régime général de la sécurité sociale.
En SASU
Dans le cas d’une SASU, le dirigeant est assimilé-salarié. Il peut choisir de se verser un salaire, de se verser des dividendes, de faire un mélange des deux ou rien de tout cas.
Lorsque le dirigeant assimilé-salarié perçoit une rétribution en vertu de son mandat social, il devra débourser des charges sociales. Elles correspondent à peu près à 80 % du revenu en question.
Aides et allégements de charges
Les auto-entrepreneurs peuvent profiter du dispositif d’aide à la création d’entreprise (Acre) une dispositif d’exonération de charges sociales, même en cas de reprise. Bon à savoir : la première année, il existe un avantage fiscal. Les charges peuvent être divisées par 2 pour les micro-entrepreneurs qui sont assujettis à l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise).
Si le salaire ne dépasse pas les 30 852 euros, le bénéficiaire de l’Acre pourra prétendre à une exonération totale des cotisations sociales.
À partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE passera de 50% à 25%.
Impôts et dispositifs associés
Les entrepreneurs doivent s’acquitter de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). À partir de la deuxième année d’activité, les freelances doivent régler la cotisation foncière des entreprises (CFE), même s’ils travaillent depuis chez eux. La CFE est à régler partiellement dès la deuxième année civile d’existence de l’entreprise.
De plus, pour le freelance, le calcul de revenu est également important. Il convient de tenir compte de l’impôt sur le revenu afin de pouvoir obtenir le calcul de son revenu net d’indépendant.
Les micro-entrepreneurs peuvent être soumis à l’impôt sur le revenu, prélevé sur le chiffre d’affaires, suivant un barème progressif. Ceux qui préfèrent régler leurs impôts en même temps que la déclaration mensuelle ou trimestrielle des revenus peuvent se tourner vers le versement forfaitaire libératoire.
Le versement forfaitaire libératoire où le montant de l’impôt sur le revenu est prélevé en même temps que les cotisations sociales, à chaque déclaration de chiffre d’affaires (mensuelle ou trimestrielle). L’impôt sur le revenu classique qui est calculé sur le chiffre d’affaires déclaré en complément de la déclaration de revenu annuelle.
Ceux qui ont fondé une EURL ou une SASU optent généralement pour l’impôt sur les sociétés (IS). Dans ce cas, les charges du freelance se calculeront sur la base des bénéfices amassés durant l’exercice comptable.
TVA : incidence et seuils de franchise
Présente sur la facture, la TVA compte aussi parmi les charges du freelance à ne pas oublier. Ce n’est pas une véritable dépense puisqu’elle sera versée périodiquement à l’État après avoir été prélevée aux clients.
Ceux qui viennent tout juste de se lancer sont exonérés de cette taxe sur la consommation. Seulement, le chiffre d’affaires ne devra pas excéder 37 500 € pour les activités libérales et de prestation de services. À noter : quand le travailleur indépendant est soumis au régime réel simplifié de la TVA, il paie la taxe en deux fois.
Autres cotisations et contributions
- Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).
- Les travailleurs indépendants qui ont constitué une micro-entreprise doivent s’acquitter également de la contribution à la formation professionnelle (CFP). Elle fait partie intégrante des sommes collectées par l’Urssaf au moment de la déclaration périodique (mensuelle ou trimestrielle) des revenus.
- À noter : en cotisant auprès de la Sécurité sociale, le travailleur indépendant pourra prétendre à la couverture maladie et aux allocations familiales. La retraite compte aussi parmi les prestations fournies.
Frais professionnels et impact sur le revenu
Les dépenses varient dès la création d’entreprise en fonction de la forme juridique choisie, de l’étendue de la couverture souscrite ainsi que des frais professionnels nécessaires au bon fonctionnement de l’activité. Concernant tout particulièrement les dépenses professionnelles, elles peuvent représenter jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires. Cela dit, la rémunération réelle correspondra à la moitié des ventes, au plus.
Devenir freelance implique que celui-ci détermine la rémunération qu’il demandera à ses clients. Avant ça, il devra aussi calculer le montant des frais professionnels.
Comparatif synthétique des cotisations par statut
| Statut | Assiette principale | Taux indicatif | Périodicité |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise (achat/revente) | Chiffre d’affaires | 12,3 % | Mensuelle ou trimestrielle |
| Micro-entreprise (services BIC) | Chiffre d’affaires | 21,2 % | Mensuelle ou trimestrielle |
| Micro-entreprise (autres BNC) | Chiffre d’affaires | 26,10 % | Mensuelle ou trimestrielle |
| EI/EURL (IR) | Bénéfice | ~45 % | Appels + régularisation |
| EURL (IS) | Rémunération (et dividendes > seuil) | ~45 % | Appels + régularisation |
| SASU | Rémunération | ~80 % | Mensuelle |
CFE : calendrier et rappels
Toujours est-il que l’échéance est fixée en fin d’année. Le prélèvement annuel commence dès le mois de novembre et se poursuit jusqu’au 15 décembre.
Un Freelance dont l’activité a généré un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 000 € sera exonéré de la CFE après la première année d’exercice.
Estimer son revenu net d’indépendant
En effet, en micro entreprise, les frais professionnels ne sont pas déductibles et viennent donc directement impacter le montant que peut se verser le freelance en tant que revenu. Le freelance doit s’acquitter de l’impôt sur le revenu. Son assiette imposable (c’est-à-dire le montant qui servira de base au calcul de l’impôt) dépend de son statut.
Un salarié ne s’intéresse en général qu’à son revenu net. Lorsqu’il fait le choix de passer en freelance (quel que soit le statut), il doit alors prendre en compte toutes les charges (CFE, TVA, impôts, frais professionnels, etc.) pour estimer de manière cohérente son revenu réel.
SASU ? EURL ? MICRO ? Choisir La Meilleure Structure Juridique Pour Se Lancer En Freelance ! (Guide)
Choix de statut et gestion administrative
Les charges du freelance diffèrent selon divers paramètres comme la forme juridique de la société ou le régime fiscal privilégié. Il est conseillé d’opter pour ce régime si l’on n’a pas énormément d’investissements à réaliser et si l’activité ne requiert pas d’importants frais de fonctionnement.
Le freelance peut créer la micro-entreprise gratuitement en quelques minutes, qu’il vende des produits ou des services. Il en est de même s’il exerce une profession libérale.
Pour déclarer l’activité, il suffit de remplir le formulaire de déclaration de début d'activité disponible en ligne, sur le guichet des formalités des entreprises (ou Guichet unique) géré par l'INPI. L'entrepreneur peut également confier la réalisation de cette formalité à un intermédiaire spécialisé.
Portage salarial : alternative pour simplifier les charges
Bon à savoir : ceux qui ne veulent pas se laisser submerger par les obligations administratives peuvent recourir au portage salarial. Le prestataire de services auquel le freelance fera appel dressera les factures et relancera les clients à sa place.
Aussi, l’entrepreneur, qui règlera des commissions à la société de portage, pourra profiter de tous les avantages que procure le statut de salarié. L’auto-entrepreneur aura donc la possibilité de choisir ses missions et de gérer son temps à sa manière, tout en bénéficiant d’une protection sociale renforcée.
Points de vigilance et bonnes pratiques
- En micro-entreprise, vous ne payez rien si vous n’enregistrez pas de recettes.
- Toujours est-il que les cotisations sociales, qui permettent de financer l’assurance-maladie et quelques aléas de la vie, peuvent donc peser lourd dans les dépenses des travailleurs indépendants.
- Vous devez prévoir un budget complémentaire pour votre mutuelle, si vous voulez compléter les remboursements de soins de l’Assurance maladie.
- Les frais professionnels doivent faire l’objet d’une ligne d’écriture dans la comptabilité de l’entreprise.
Étapes clés de lancement et rappels utiles
Se lancer dans une telle aventure ne s’improvise pas. Création de l’entreprise. Ceux qui se sentent prêts à gérer leur business en solo sans salariés ni employeurs peuvent engager les démarches pour devenir freelance.
Contrairement aux freelances, les salariés travaillent pour le compte d’une seule entreprise et respectent les directives de la hiérarchie. Aujourd’hui, les employés se tournent de plus en plus vers l’entrepreneuriat, quel que soit leur âge.
Récapitulatif pratique
- Identifier son statut et son régime fiscal pour déterminer l’assiette des cotisations.
- Vérifier l’éligibilité à l’ACRE et anticiper la baisse de l’exonération à partir du 1er juillet 2026.
- Programmer les échéances URSSAF (mensuelles/trimestrielles), TVA et CFE (novembre-15 décembre).
- Intégrer la CFP et l’impôt (IR/IS, versement libératoire si pertinent) dans le plan de trésorerie.
- Chiffrer les frais professionnels récurrents et variables pour fixer ses tarifs.
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