Grasse : Définition, Histoire et Enjeux d'une Ville Parfumée
Grasse, une grande ville du sud-est de la France, nichée dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, est un lieu riche en histoire et en dynamisme. Cet article explore en détail la définition du code INSEE de Grasse, son histoire, sa population, son économie et ses enjeux contemporains.
Généralités sur Grasse
La ville de Grasse appartient à l'arrondissement de Grasse et son code postal est 06130. L'altitude moyenne de Grasse est de 300 mètres environ. Sa superficie est de 44.44 km². Sa latitude est de 43.659 degrés Nord et sa longitude de 6.923 degrés Est.
La population de Grasse a connu une évolution notable :
- 1999 : 43 848 habitants
- 2006 : 48 801 habitants
- 2007 : 50 257 habitants
- 2009 : 52 019 habitants
- 2010 : 51 236 habitants
- 2015 : 50 937 habitants
En 2007, le nombre de logements sur la commune a été estimé à 23 952.
Au simple premier coup d'oeil, nous voyons bien l'évolution de cette petite bourgade sur son puy qui éloigne plusieurs fois ses limites de protection. On remarque aussi que les belles campagnes qui entouraient le coeur de la cité et qui étaient couvertes de plantations de fleurs pour la parfumerie ou d'oliveraies disparaissent régulièrement au profit de constructions immobilières...
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Vue d'ensemble de la ville de Grasse.
Histoire de Grasse
Les premières traces d’existence humaine dans le pays de Grasse datent du Néolithique. Des archéologues grassois du XIXe siècle tels que Paul Goby, Marcellin Chiris, Adrien Ghébart ou Casimir Bottin ont décrit et étudié les vestiges d’une activité humaine remarquable : dolmens, dolmens à couloir, tombes à chambre carrée, tumuli, « bories »… mettent en évidence l’existence d’une population plus importante qu’ailleurs.
Durant l'Antiquité, la Provence a vu de nombreuses populations la parcourir et parfois s’y installer comme les Ligures à Magagnosc ou encore les Grecs. Quoi qu'il en soit, le territoire où se trouve Grasse est intégré à l'Empire romain, province des Alpes maritimes, dès l'an 14 av. J.-C.
Outre les nombreux vestiges présents dans le Pays de Grasse, certains érudits locaux ont affirmé la présence d'un « poste romain » à l'emplacement du village. Celui-ci ne semble pourtant avéré par aucune source fiable ni aucune découverte archéologique. On peut au mieux évoquer la présence de quelques céramiques de l'antiquité tardive (Ve et VIIe siècles) découvertes lors de travaux autour de la cathédrale qui indiquent une occupation dont la nature n'est pas définie de l'actuelle vieille-ville durant cette période.
En 875, la Provence se rattache au Royaume de France mais Grasse refuse de signer l'acte d'allégeance en 879 et se rattache alors au Royaume de Lombardie puis au Royaume de Bourgogne et enfin au Royaume des princes d'Arles.
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Nouvellement libre, alors que, partout ailleurs, se tiennent encore des régimes féodaux, le peuple grassois abolit le servage. Une aristocratie se forme et prend le pouvoir, sous forme de consuls élus pour un an, au nombre de quatre. Ils représentent la ville auprès des autres républiques, des seigneurs, des villes voisines, de l’évêque, ils possèdent le pouvoir judiciaire, bien qu’assistés par des « judex consulum », ils organisent la défense de la ville, fixent les impôts et nomment les fonctionnaires de la ville.
C'est à ce moment là, au début du XIIe siècle que le consuls de Grasse signent des contrats très importants pour assurer sur du long terme leur développement agricole, artisanal et commercial. Puis en 1220 Grasse et rattachée au Comté de Provence.
Et peu à peu, grâce à cette bonne organisation et aussi à ses réussites commerciales et artisanales (tannerie), Grasse obtient des privilèges du Comte de Provence, puis des Rois et Reines de France : liberté de commerce, liberté de l’héritage, droit d’affouage et de pâturage dans les lieux voisins, baisses et exemptions d’impôts, liberté de culture et d’élevage, droit de posséder une cloche, indulgences judiciaire, charité aux pauvres de Grasse.
Le XIVe siècle est celui des religieux qui construisent de nouveaux couvents et agrandissent les remparts pour les protéger (les Dominicains par exemple). Derrière ces nouvelles fortifications la population s’accroît. En 1321, Grasse compte 6 000 habitants. Le XVe siècle, par contre, sera le théâtre de nombreux malheurs : guerres, épidémies de peste qui tuent le tiers de la population.
En 1482, Louis XI agrandit son Royaume et annexe la Provence. Pendant la Renaissance, Grasse subit l’invasion de Charles Quint, au cours de laquelle la ville est incendiée et pillée. Grasse est connue au siècle des Lumières pour les exploits de l'Amiral de Grasse...Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) devient « peintre du Roi ».
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Peu avant la Révolution française, l’agitation monte à Grasse. Outre des problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 avait été mauvaise et l’hiver 1788-89 très froid. Les Etats généraux de 1789 font ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquent une certaine agitation. Cahiers de doléances, insurrection, émeutes contre le prix du grain, menaces, cris ....
Lors de la division de la France en 83 départements par l'assemblée Constituante en janvier 1790, Grasse fait partie du département du Var dont elle est la préfecture de 1793 à 1795.
À la proclamation de la République, le 22 septembre 1792, l’extrême gauche s’empare de la mairie. Grasse est alors une ville de tradition opportuniste et commerçante, globalement opposée à la Révolution. On peut lire sur des maisons l’inscription suivante : « Ici on s’honore du titre de citoyen... Les hommes sont égaux devant la Loi... Respect à la Loi et ses Ministres... », et une guillotine est installée où sont exécutés trente « ennemis du peuple ».
Le XIXe siècle est en revanche un siècle de prospérité. La parfumerie, qui a maintenant remplacé la tannerie et les gants parfumés ,se développe et Grasse devient « Capitale mondiale des Parfums ». Elle s’ouvre vers l’extérieur et de grandes usines apparaissent. C’est également le début du tourisme : on apprécie la qualité de vie, les paysages et le climat qui y règne. La princesse Pauline y séjourne en 1811 et donne son nom au jardin où elle aime se reposer. De riches étrangers construisent de magnifiques villas et la ville s’enrichit en curiosités diverses.
L’héraldique vient du nom masculin « héraut », c'est-à-dire celui qui annonçait et décrivait les chevaliers entrant en lice dans un tournoi par exemple, celui qui annonçait les événements, qui portait les déclarations de guerre en tant qu'officier public au Moyen Âge. En plus d'être un adjectif, héraldique est un nom, un substantif féminin singulier désignant la science du blason. Telle est la première description héraldique concernant le blason de la ville de Grasse. Ce «G» n’est autre qu’une reprise des clous qui pavent le chemin touristique du centre historique, rappelant la vocation patrimoniale de notre cité.
Inspirée d’une coutume ancienne rappelée par le service des archives communales, la fête des vendanges libres évoque la Libre commune de l’Oratoire dont les membres s’égayaient joyeusement dans les années 50 avec pour devise Art, Gaité et Bonté. Ambiance fraternelle et banquet de rue venaient couronner chaque année la naissance de la Commune libre autour de mémorables vendanges "oratoriennes" honorées par son maire. La treille de la rue donnait, paraît-il, des grappes dont les grains étaient aussi gros que des oeufs de pigeon. On en sait assez pour avoir envie de redonner vie à la rue du Bonheur.
Musée International de la Parfumerie de Grasse, son histoire.
Les Grands Projets d'Aménagement
A la fin des années 1960, la Zone à Urbaniser en Priorité (la ZUP) du plateau Napoléon devait avoir une allure exceptionnelle. L'architecte brésilien Oscar NIEMEYER, co-créateur de Brasilia la capitale administrative du Brésil, à qui la ville de Grasse avait confié le projet, avait pour mission de modifier profondément le nord de la ville en quartier futuriste. Une ville avec un stade de 30 000 places, piscine, Maison des jeunes et de la culture, cinéma, église, commerces, écoles... 1725 appartements et 265 maisons individuelles... Quel projet !!! Mais seules la piscine et la MJC n'en verront le jour.
"Il ne faut pas oublier un point décisif sur les projets et surtout esquisses d'Oscar Niemeyer sollicité par la municipalité Lions, c'est que l'Etat a bloqué toute possibilité d'urbanisation au Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme (SDAU) Cannes-Grasse-Antibes du 5 juin 1979. Dont acte...
Conformément à ses intentions, le maire de Grasse, Jean-Pierre Leleux, lance le projet Porte-Neuve : une ZAC de 42 500 m2 destinée à accueillir un centre commercial, des logements, des locaux d'activités, etc., et située en lisière du centre ancien sur des friches industrielles (terrains Lautier et Bertrand). Conduite par Progereal, le groupe marseillais d'Alain Paget avec vraisemblablement Atelier 9, l'opération (350 millions de francs HT), déjà ancienne mais revue à la hausse par la nouvelle municipalité, est un pari ambitieux. Mais le projet doit aussi servir à reconquérir l'habitat du centre ancien en y fixant de nouvelles populations, à moderniser le commerce traditionnel...
« Nous allons nous impliquer très fortement dans ces domaines. En fait, c'est une approche nouvelle d'un projet d'urbanisme commercial, conforme aux récentes exigences gouvernementales, que nous menons », explique Georges Sakellarides, directeur de programme chez Progereal. L'aménageur prévoit de s'engager, aux côtés de la SEM Grasse Développement, dans des opérations de réhabilitation (d'au moins 50 logements) en loi Malraux du centre ancien.
L'autre action forte est la création d'un parcours marchand - la « Cité des parfums » - dans le centre historique. Il s'agit de l'implantation de boutiques liées à la parfumerie, aux produits de luxe, aux métiers d'art... entre le parking de la Roque et les musées de la Parfumerie de la ville (800 000 visiteurs par an), dans des locaux rénovés et loués par l'aménageur. Mais la ville est convaincue que ce projet est l'électrochoc qui va éviter la mort du centre ancien.
Plan actuel de la ville de Grasse.
Relations Internationales
La ville de Grasse, historiquement tournée vers l’international pour ses échanges économiques autour de la parfumerie, entretient des relations privilégiées avec ses villes jumelles et amies. Outre l’organisation de l’accueil ou de l’envoi de délégations officielles, le service du Protocole et des relations internationales encourage les échanges commerciaux (organisation de foires internationales, présentation des savoirs faire), développe les rencontres culturelles et sportives et facilite la mobilité internationale des étudiants vers Grasse ou au départ de Grasse.
Villes Jumelées et Amies
- Carrare (Italie): Connue pour l’extraction et le travail du marbre blanc.
- Ingolstadt (Allemagne): Ville industrielle moderne avec un riche passé historique.
- Opole (Pologne): Ville s’étendant sur les deux rives de l'Oder, reconnue pour ses efforts culturels et économiques.
- Kazanlak (Bulgarie): Unie à Grasse par l'amour de la rose et de la culture.
- Murcia (Espagne): Position stratégique sur l’arc méditerranéen, avec un secteur agroalimentaire compétitif et un tourisme en développement.
| Ville Jumelée | Pays | Particularités |
|---|---|---|
| Carrare | Italie | Extraction et travail du marbre blanc |
| Ingolstadt | Allemagne | Ville industrielle moderne avec un riche passé historique |
| Opole | Pologne | Reconnue pour ses efforts culturels et économiques |
| Kazanlak | Bulgarie | Unie à Grasse par l'amour de la rose et de la culture |
| Murcia | Espagne | Secteur agroalimentaire compétitif et tourisme en développement |
Situation Démographique et Économique de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Au 1er janvier 2021, 5 127 800 personnes habitent en Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, un rythme légèrement supérieur à celui de France métropolitaine (+0,3 %). Le taux de fécondité en Provence‑Alpes‑Côte d’Azur est le 2e plus élevé de France métropolitaine.
Le revenu disponible brut médian par unité de consommation s’élève, en 2021, à 23 210 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur, très légèrement inférieur au niveau national (23 000 euros). Il s’échelonne de 21 370 euros en Vaucluse à 23 460 euros dans les Alpes-Maritimes.
Plus de 30 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur en 2021. Il existe toutefois des disparités entre les départements de la région.
Entre 2008 et 2017, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a créé 127 000 emplois, pour atteindre 2 296 000 emplois. La progression est supérieure au niveau national (+1,3 %).
Avec 17,0 % d’habitants pauvres en 2020, Provence-Alpes-Côte d’Azur est la 3e région de France métropolitaine au taux de pauvreté le plus élevé.
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