Coût de Création d'une Micro-Entreprise en France : Guide Complet
La micro-entreprise est une solution qui permet de démarrer très simplement une nouvelle entreprise. De plus, les coûts de création et de gestion d’une micro-entreprise sont peu élevés, ce qui est intéressant pour le créateur d’entreprise. Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir sur les coûts et les charges auxquels un auto-entrepreneur peut être confronté.
La création d'une micro-entreprise est gratuite en principe, mais quels sont les frais à prévoir réellement ? Entre son immatriculation, l’ouverture de votre compte en banque ou encore votre régime fiscal, on fait lumière sur les coûts à prévoir pour créer et gérer votre micro-entreprise.
LE GUIDE COMPLET POUR CRÉER SA MICRO-ENTREPRISE
Frais d'Immatriculation : Bonne Nouvelle !
Bonne nouvelle : les frais d’immatriculation pour une auto-entreprise sont gratuits ! L’inscription à l’Urssaf pour les professions libérales, l’immatriculation au Registre des Métiers pour les activités Artisanales (RM) et au Registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les activités commerciales, est gratuite.
La création d’une micro-entreprise est gratuite, mais obligatoire. L’immatriculation au RCS (commerçants) ou au RNE (artisans et professions libérales) ne génère aucun frais. Le coût de création d'une micro-entreprise auprès de l'INPI est nul. En effet, l'inscription sur le guichet unique d'une micro-entreprise est totalement gratuite si vous faites les démarches vous-même.
Pour créer votre micro-entreprise, vous devez l’immatriculer via le Guichet Unique de l’INPI. Depuis le 1er janvier 2023, tout dossier de création, de modification et de cessation d'entreprise doit être déposé directement sur le guichet unique. Cette nouvelle plateforme gérée par l'INPI redistribuera ensuite vos informations et documents aux organismes référents (CCI, CMA, Urssaf, greffe du tribunal de commerce, organismes de sécurité sociale, services des impôts, etc.). Cette immatriculation est entièrement gratuite pour les micro-entrepreneurs.
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Il vous suffira de remplir le formulaire officiel de déclaration d’activité, puis de le transmettre à votre CFE. Il existe toutefois une exception pour les agents commerciaux ! Ces derniers doivent s’inscrire au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC). Les frais d’immatriculation d’une micro-entreprise sont gratuits et s’élèvent à 24,71€ pour une activité d’agent commercial.
Vous pouvez les réaliser en ligne, auprès du Guichet unique dédié aux formalités des professionnels. Cette démarche est entièrement gratuite ! Obtenir un numéro SIRET ne vous coûte donc rien en micro-entreprise.
Depuis le 1er janvier 2023, votre immatriculation au registre national des entreprises (RNE), qui remplace notamment le répertoire des métiers (RM), se fait automatiquement lors de votre inscription via le Guichet unique. Si vous exercez une activité commerciale, votre enregistrement au registre du commerce et des sociétés (RCS) est également automatique.
Néanmoins, d’autres coûts sont à engager avant même de vous lancer, tels que :
- l’accompagnement à la création (facultatif) ;
- certaines assurances obligatoires ;
- l’ouverture d’un compte bancaire professionnel.
Frais d'Accompagnement : Un Investissement Judicieux ?
La création d’une micro-entreprise est donc gratuite sur le plan administratif et déclaratif. Mais si vous souhaitez vous faire accompagner pour la création, vous devrez compter des frais d’accompagnement.
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Les démarches d’immatriculation d’une micro-entreprise sont à la portée de la plupart des créateurs. Vous devez simplement vous rendre sur le site du Guichet unique de l'INPI (procedures.inpi.fr) et vous laisser guider. Vous êtes invité à renseigner diverses informations sur votre situation et les activités que vous souhaitez exercer. Comptez environ une heure, et armez-vous de patience !
Ces démarches peuvent s’avérer rébarbatives, voire carrément indigestes si vous êtes allergiques à la paperasse. Dans ce cas, vous pouvez choisir de vous faire accompagner par un spécialiste. Plusieurs options s’offrent à vous, avec des tarifs pour créer une micro-entreprise qui sont variables.
- Les centres de formalités des entreprises (CFE) fournissent un service d’assistance à la création d’entreprise. Son coût est en moyenne de 60 €.
- Solliciter les services d’une legaltech. Certains sites Internet vous proposent de constituer votre structure professionnelle en moins de cinq minutes. Prévoyez un budget compris entre 50 € et 150 € selon les prestataires.
- Faire appel à un spécialiste du droit (avocat, expert-comptable, etc.). Vous devrez engager entre 500 € et 1 500 €.
La troisième solution apparaît superflue, tant les démarches de création d’une micro-entreprise sont peu complexes.
Frais Bancaires : Compte Dédié ou Compte Professionnel ?
Contrairement aux idées reçues, l’ouverture d’un compte bancaire dédié à votre activité n’est pas obligatoire. En revanche, il en va différemment si votre chiffre d’affaires annuel dépasse les 10 000 € pendant deux années d’affilée. Vous êtes alors obligé d’ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité, c’est-à-dire séparé de votre compte personnel. Ce compte peut être un compte professionnel, mais un simple compte courant suffit (et n’est en général soumis à aucun frais) !
Il faut savoir que lors de la création de votre auto-entreprise, vous n’êtes pas immédiatement dans l’obligation d’ouvrir un compte bancaire spécialement dédié à votre auto-entreprise. Même s’il ne s’agit pas d’une obligation « immédiate », il est tout de même intéressant d’ouvrir un compte bancaire dès votre création.
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Les frais d’ouverture et de gestion d’un compte bancaire varient bien évidemment en fonction de l’établissement choisi. Le compte bancaire doit être spécialement dédié à votre activité professionnelle, il doit donc être bien différencié d’un compte personnel. Aussi, il n’y a aucune obligation à ce que le compte de votre auto-entreprise soit un “compte bancaire professionnel”.
Les micro-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 10 000 € pendant 2 années consécutives sont dans l’obligation d’ouvrir un compte bancaire dédié à leur activité.
Vous ne devez pas nécessairement posséder un compte professionnel, mais seulement un compte distinct, dédié à votre activité. Il vous servira à recevoir les paiements de vos clients, et à régler vos charges.
Toutefois, le compte pro d'une micro-entreprise vous permet souvent de profiter de services complémentaires très utiles (facturation, gestion de la comptabilité simplifiée, assurances, etc.).
L’ouverture d’un tel support est généralement gratuite. Quant à son coût de fonctionnement, il peut être compris entre 8 et 30 € par mois.
Les banques en ligne proposent souvent des tarifs plus compétitifs que leurs homologues physiques. Leurs prestations sont équivalentes, mais vous ne disposerez pas d’un conseiller personnel. C’est à vous de déterminer le fonctionnement que vous préférez !
Pour un compte professionnel, comptez en moyenne 24 euros par mois de frais de tenue dans les banques traditionnelles.
Assurances : Protéger Son Activité
En principe, aucune assurance n’est requise pour les micro-entrepreneurs. Il existe pourtant des exceptions liées à votre activité !
Dans certains secteurs d’activité, comme le domaine de l’artisanat et des métiers à risque comme les métiers du bâtiment, vous devez être couvert par une assurance comme une assurance de responsabilité civile professionnelle ou une garantie décennale. Si vous êtes dans ce cas, vous devez impérativement souscrire à une assurance en micro-entreprise et ce bien avant d’entamer votre activité.
En revanche, pour certaines professions, vous n’êtes légalement pas dans l’obligation de souscrire à une assurance professionnelle. Il est cependant fortement conseillé de le faire, afin de prévenir un éventuel accident ou des dommages pouvant être causés à une tierce personne.
Une assurance de responsabilité civile professionnelle comme une garantie décennale engage des frais pour une auto-entreprise. La RC Pro vous protège contre les éventuels dommages causés à vos clients ! Pour ce qui est du prix, celui-ci varie selon votre chiffre d’affaires, votre type d’activité et le type de contrat souhaité. En moyenne, comptez entre 100 et 200 € par an.
Les micro-entrepreneurs exerçant dans les métiers du bâtiment doivent par exemple se doter d’une assurance responsabilité civile décennale. Son coût à la création d’une micro-entreprise n’est pas anodin : comptez entre 1 000 € et 2 000 € par an.
Par ailleurs, souscrire une couverture responsabilité civile (RC) professionnelle est fortement recommandé. En effet, vous êtes responsable des dommages causés à des tiers dans le cadre de l’exercice de votre activité. Or, vos assurances personnelles ne vous couvrent pas dans ces situations. La cotisation annuelle d’une RC pro est généralement comprise entre 100 € et 200 €.
La souscription d’une RC pro est obligatoire pour certaines activités : agents immobiliers, métiers du tourisme, etc.
D’autres assurances peuvent être obligatoires selon votre situation. Par exemple, l’assurance décennale (entre 900 et 8 000 €) pour les métiers du BTP ou l’assurance véhicule professionnelle (environ 200 €) si vous utilisez un véhicule dans le cadre de votre activité. Enfin, bien que facultative, une multirisque professionnelle est recommandée pour assurer vos biens (comptez alors entre 300 et 500 € en fonction des garanties).
Cotisations Sociales et Fiscales : Ce Qu'il Faut Savoir
En tant qu’auto-entrepreneur, vous bénéficiez d’un mode de calcul simplifié concernant vos cotisations sociales et vos charges fiscales.
- Déclarer vos cotisations sociales est donc important.
- En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes dans l’obligation de payer la CFE.
- Le prélèvement fiscal libératoire permet d’étaler votre impôt sur le revenu sur l’année.
Les principaux coûts d’une micro-entreprise concernent les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu. Les cotisations sociales sont payées mensuellement ou trimestriellement. Lorsque le micro-entrepreneur obtient l’ACRE, il bénéficie d’un allègement au niveau des cotisations sociales.
Le micro-entrepreneur paie des cotisations sociales, calculées sur la base de son chiffre d’affaires encaissé. Lorsque votre activité d’auto-entrepreneur ne génère pas de chiffre d’affaires, vous ne réglez donc pas de cotisations. Vous continuez toutefois à bénéficier des prestations de l’assurance maladie.
Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires et régler vos charges de micro-entrepreneur chaque mois ou chaque trimestre. Vous choisissez la périodicité souhaitée au moment de l’enregistrement de votre activité.
Vous pouvez profiter d’un abattement de 50 % sur vos cotisations la première année. Pour cela, vous devez solliciter l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (ACRE). Ce dispositif est réservé à certains publics (demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minimas sociaux, jeunes de moins de 26 ans, etc.).
En tant qu’auto-entrepreneur, vous contribuez à la formation professionnelle via la CFP. Cette cotisation permet de bénéficier du droit à la formations en auto-entreprise pour financer des formations liées à votre secteur.
Les obligations liées à la fiscalité de la micro-entreprise en France sont allégées, par rapport à celles des sociétés. Vous devrez néanmoins vous acquitter :
- de charges sociales auprès de l’URSSAF ;
- d’impôts professionnels (IR, CFE, TVA, etc.).
Vous devez connaître les différentes taxes et cotisations que vous devrez payer, avant même de vous lancer. Elles auront inévitablement un impact significatif sur votre budget prévisionnel.
Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).
Au montant de vos cotisations sociales, vous devez ajouter un pourcentage pour la contribution à la formation professionnelle. En fonction de la nature de votre activité, son taux est de :
- 0,1 % pour les activités de vente de marchandises
- 0,3 % pour les prestations de service artisanales
- 0,2 % pour les prestations de services commerciales et es activités libérales
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
En tant que micro-entrepreneur, vous serez redevable de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Qu'est-ce que c’est ? Un impôt local que vous réglez chaque année à la commune où est domiciliée votre activité. En l’absence de chiffre d’affaires, le micro-entrepreneur paie tout de même une cotisation minimale. Elle représente un montant symbolique : le mètre carré utilisé par l’auto-entrepreneur !
Cette taxe est calculée selon votre CA annuel, et varie de 224 € à 6 942 € selon votre CA. Vous ne payez pleinement cette taxe qu’à partir de votre troisième année d’activité. En effet, vous en êtes exonéré lors de la première année et vous bénéficiez d’une réduction de 50 % la deuxième année.
L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé. Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant dernière année est inférieur à 5 000 €.
Un micro-entrepreneur doit également s’acquitter de la cotisation foncière des entreprises (CFE) dès sa deuxième année d’activité. Son montant dépend de la valeur des locaux professionnels occupés et des taux appliqués par les collectivités locales. Si vous exercez à domicile, vous devrez payer la contribution minimale.
Impôt sur le Revenu (IR)
En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes, de fait, soumis à l’Impôt sur le Revenu (IR) une fois par an sur votre déclaration de revenus habituelle. Son taux est calculé selon un barème progressif qui varie de 0 à 45 % selon les revenus perçus par votre foyer.
Sous le régime de la micro-entreprise, vous bénéficiez d’un avantage puisque votre revenu est soumis à un abattement forfaitaire avant d’être soumis aux impôts. Ce pourcentage varie en fonction de la nature de votre activité :
- 71 % pour les activités de vente
- 50 % pour les prestations de services (BIC) et les chambres d’hôtes et meublés de tourisme classés
- 30 % pour les meublés de tourisme non classés
- 34 % pour les prestations de services ou les activités libérales (BNC)
Autre possibilité : l’option pour le versement fiscal libératoire. Elle vous permet de payer vos impôts en même temps que vos cotisations sociales, tous les mois ou trimestres. Le taux appliqué dépend à nouveau de votre activité :
- 1 % pour les activités de vente ou de prestations d’hébergement
- 1,7 % pour les prestations de services (BIC)
- 2,2 % pour les prestations de services ou les activités libérales (BNC)
Si vous optez pour le versement libératoire, l'impôt sur le revenu que vous payez au cours de l'année est définitif. Il ne sera remboursé en aucun cas par l'administration fiscale, y compris si vous êtes non imposable.
Vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de demander à régler des cotisations sociales minimales qui vous permettront de bénéficier d’une meilleure protection sociale, en cas de chiffre d’affaires faible.
TVA
Sous le statut micro-entrepreneur, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA.
Autres Dépenses à Prévoir
Tout au long de la vie de votre micro-entreprise, s’ajouteront des charges qui vous permettront de la faire fonctionner. N'oubliez pas de les estimer et d’établir ainsi un budget prévisionnel de vos dépenses. Cela vous assurera la rentabilité de votre projet ! Parmi les coûts, prévoyez notamment :
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