Comment Définir Votre Taux Journalier Moyen (TJM) en Freelance : Guide Complet
Définir un prix adéquat est crucial pour tout freelance. Il est essentiel de suivre des règles fondamentales pour fixer un prix qui couvre vos frais, assure un salaire convenable, tout en restant compétitif sur le marché. Voici un guide détaillé pour vous aider à déterminer votre TJM.
1. Déterminer le Salaire Net Souhaité
La première étape consiste à définir le salaire net mensuel que vous souhaitez percevoir. Ce montant ne doit pas être trop bas, car cela pourrait être perçu comme un signe de prestations médiocres par les clients.
2. Calculer le TJM Net Mensuel
Le taux horaire ou le taux journalier moyen s’obtient à partir du montant du salaire net mensuel ciblé. Cette base de facturation convient pour les prestations ponctuelles et courtes.
3. Intégrer les Charges Sociales et Fiscales
Il faut ajouter au TJM net mensuel le montant des charges sociales et fiscales. Pour un auto-entrepreneur, majorez le salaire net mensuel idéal de 30 %, et ajoutez l’impôt sur le revenu. En partant de cette somme mensuelle, le TJM s’obtient en divisant par le nombre de jours travaillés par mois.
Il faut réduire le temps de travail estimé d’environ 30 % pour prendre en compte les heures non payées. Au lieu de travailler 22 jours complets de 8 heures par mois.
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Pour connaître le taux horaire moyen (THM), il suffit de diviser le TJM par 8 heures (durée moyenne d’une journée de travail).
4. Ajuster le Tarif en Fonction de l'Expérience
Il est naturel pour un consultant expert possédant un solide bagage de pratiquer des tarifs nettement supérieurs à ceux d’un débutant. Pour justifier des honoraires élevés, le freelance peut mettre en avant différents arguments. Par exemple, une formation spécifique, une expérience à l’étranger ou la participation à un projet important.
5. Moduler le Tarif Selon la Durée de la Mission
La durée de la mission est déterminante lors de la fixation du tarif. Pour une mission sur le long terme, le consultant consent souvent une remise pouvant atteindre 20 % de son TJM de base. En effet, une mission longue est synonyme de sécurité de revenus sur une certaine période, mais aussi d’efforts moindres pour la prospection.
6. Adapter le Tarif Selon le Profil du Client
Le tarif du freelance doit également être modulable selon le profil du client. En effet, les moyens financiers d’une association ou d’une PME, par rapport à une multinationale, sont nettement inférieurs. Leurs problématiques et attentes sont également différentes.
7. Comparer avec les Prix du Marché
Une fois son TJM en portage salarial estimé, le consultant doit le comparer avec les prix du marché. Si la concurrence est forte, les prix peuvent être bas. Il est recommandé de comparer les offres de professionnels ayant un profil similaire. Cela inclut les débutants et les expérimentés dans des métiers tels que graphiste, gestionnaire de communauté et rédacteur web.
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8. Couvrir les Charges Récurrentes
Les charges récurrentes à couvrir font partie des éléments à déterminer en priorité pour fixer ses honoraires en tant que freelance. Si les montants facturés sont moins élevés que les dépenses récurrentes, le consultant perd de l’argent et ne peut pas se payer. En période d’activité ou de baisse d’activité, il est important de considérer les différents frais professionnels en portage salarial. En fonction des prestations proposées, la liste des dépenses peut varier sensiblement.
9. Payer les Cotisations Sociales
Le freelance doit payer ses cotisations sociales chaque mois ou chaque trimestre, selon la fréquence qu’il a choisie au début de son activité. En fonction du secteur d’activité dans lequel le freelance œuvre, le taux de ses prélèvements sociaux varie entre 13 % et 23 %.
10. Gérer les Frais de Déplacement
Les frais de déplacement liés à la mission peuvent être remboursés par le client si cela est indiqué dans le contrat de prestation. Il est également possible de déduire les indemnités kilométriques (IK), en se basant sur le barème légal. Il est conseillé de conserver les preuves des déplacements, tels que les reçus de péages.
Le consultant peut les déduire sous réserve de prouver qu’il se trouve dans l’impossibilité de regagner son domicile pour le déjeuner. Il également peut inclure une partie de ses repas avec des clients dans ses dépenses professionnelles. La déduction n’est applicable que pour les dépenses dépassant 5,20 € TTC dans la limite de 20,20 € TTC (année 2023).
Un expert-comptable est le meilleur conseiller pour les frais professionnels déductibles.
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11. Souscrire une Assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro)
Le freelance, tout comme le salarié en portage salarial, doit être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro). Cette assurance protège les personnes et les biens pendant la mission. Elle protège également les biens personnels en cas de conflit.
12. Tenir Compte du Statut Juridique
Le montant du TJM doit également tenir compte du niveau de charges sociales et fiscales. Or, celles-ci sont directement liées au statut juridique choisi par le consultant. Pour les micro-entreprises, les charges sont moins élevées, mais il faut augmenter le salaire net de 30%. Ces frais sont inclus dans les paiements mensuels ou trimestriels du consultant qui a choisi le prélèvement libératoire. Dans ce cas, les charges d’activité ne peuvent pas être déduites.
Il est conseillé de demander un salaire deux fois plus élevé pour les autres formes juridiques d’entreprises. Cependant, il existe des exonérations de charges destinées aux demandeurs d’emploi qui créent leur propre entreprise. Des aides financières telles que l’ACCRE sont également disponibles pour soutenir financièrement les nouvelles structures.
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13. Prévoir une Marge de Manœuvre
Il est probable que l’entreprise cliente cherche à négocier le tarif, en particulier les grandes entreprises qui disposent d’un service Achats. Aussi, lors de la fixation du TJM, le freelance a tout intérêt à prévoir une marge de manœuvre. Elle consiste à définir deux prix essentiels : le prix cible et le prix de réserve. Le premier est celui que le consultant souhaite obtenir, tandis que le second correspond au prix minimum en dessous duquel il n’est pas prêt à descendre (prix « plancher »).
La démarche consiste à poser des questions pour comprendre les besoins du client. Ensuite, il faut proposer une solution en précisant la date de début, la durée et le tarif journalier. Pour clore la négociation, le consultant doit demander l’avis du client afin de confirmer la pertinence de la solution proposée. Cette technique propose une fourchette de prix pour négocier le prix final.
Dans tous les cas, diminuer son TJM pour décrocher une mission est une mauvaise stratégie, car il est rare de pouvoir renégocier le tarif à la hausse.
14. Éviter de S'appuyer Uniquement sur l'Ancien Salaire
Quel freelance n’a pas fait l’erreur de s’appuyer sur son ancien salaire pour définir son tarif journalier ? Entre le nombre d’heures facturées, les charges, l’expérience et l’ancienneté, calculer son TJM de freelance peut s’apparenter à un véritable casse-tête.
15. Conseils Pratiques pour Déterminer Votre TJM
- Consultez les profils de travailleurs indépendants plus ou moins expérimentés dans votre domaine d’activité sur des plateformes de freelancing, comme Malt. Vous constaterez de grandes disparités selon les sources, mais cela vous donnera un aperçu des tarifs moyens de vos concurrents.
- Alignez-vous sur le marché si vous ne savez pas vraiment où vous situer.
- Proposez des tarifs en dessous du marché si vous avez besoin d’alimenter votre portfolio et avez peu de réalisations à montrer pour valoriser votre TJM. Veillez tout de même à éviter de travailler à des prix indécents. Vous pourrez naturellement augmenter votre tarif petit à petit, à mesure que vous gagnerez en expérience.
- Proposez des tarifs au-dessus du marché si vous avez déjà une belle expérience de salarié ou de travailleur indépendant, puisqu’il y a de grandes chances que vos compétences et prestations soient également au-dessus de la moyenne.
- Votre TJM ne correspondra pas à votre rémunération.
- Établissez une moyenne mensuelle de vos dépenses.
- Chaque statut juridique d’entreprise a ses avantages et ses inconvénients.
- Faites le point sur vos avantages.
- Vos expériences professionnelles antérieures ont de la valeur, quelles qu’elles soient ! Si elles sont en lien avec votre activité, elles alimenteront directement votre portfolio. Si vous venez de changer d’activité, valorisez vos compétences transversales.
- Travailler en freelance implique de développer son image de marque.
- Estimez votre temps de travail facturable.
- Que vous envisagiez de travailler 35, 40 ou 50 heures par semaine, vous ne facturerez pas 100 % de votre temps de travail. Vous ne travaillerez pas non plus 7 jours sur 7, ni 52 semaines par an.
- Par exemple : vous prévoyez de prendre 5 semaines de vacances, 2 semaines de congé maladie (ou pour enfant malade) et 2 semaines de formation. Vous travaillerez donc 43 semaines dans l’année.
- Définissez ensuite un nombre d’heures travaillées par jour. Partez ensuite du principe que vous facturerez environ 60 à 70 % de votre temps de travail. Par exemple : vous travaillez 40 heures par semaine (8 heures par jour du lundi au vendredi).
- Définissez votre objectif de chiffre d’affaires mensuel net. Calculez-le en ajoutant vos charges (cotisations, dépenses et frais divers). Vous souhaitez gagner 3 000 € net par mois. Vous êtes en portage salarial et payez donc environ 50 % de cotisations sociales patronales et salariales. Vous estimez vos dépenses professionnelles déductibles à 200 € par mois. Votre objectif de chiffre d’affaires est donc de 6 200 € par mois. Par exemple : votre TJM est de 346 €. Vous travaillez 8 heures par jour et facturez 5,6 heures par jour.
- Ajustez votre TJM régulièrement.
- Tout comme les grilles de rémunération augmentent selon l’ancienneté et les résultats des salariés, votre TJM doit également évoluer au cours de votre carrière de travailleur indépendant.
- En vous formant continuellement, vous développez de nouvelles compétences.
- Plus le temps passe, plus votre portfolio se remplit. Et plus vous pratiquez, meilleures sont vos prestations.
- Chaque année, faites le point sur vos nouvelles compétences, sur vos résultats et sur l’inflation pour recalculer votre TJM de freelance.
Exemple de Calcul du TJM
Illustrons le calcul du TJM avec un exemple concret :
Imaginons que vous souhaitez vous dégager un salaire net de 3 000 €, en consacrant 15 jours par mois à vos missions. Vous travaillez depuis chez vous et votre activité ne génère pas de dépenses professionnelles. Vous avez toutefois prévu de souscrire à certaines couvertures :
- Un contrat de mutuelle TNS (50 € par mois).
- Une assurance chômage (100 € par mois).
- Une assurance responsabilité civile professionnelle (30 € par mois).
Le total de ces dépenses s’élève à 180 €, ce qui conduit à une rémunération de 3 180 €.
Vous devez ensuite ajouter le montant des cotisations sociales et des impôts auxquels vous êtes soumis. Pour simplifier, imaginons que vos charges sociales et fiscales équivalent à 45 % de vos revenus. Vous devez alors appliquer la formule suivante :
Salaire brut à viser = 3 180 / (1 - 0,45) = 5 782 €
Le salaire brut que vous devez cibler serait donc de 5 782 €, que vous pouvez arrondir à 5 800 €.
Pour calculer votre TJM, vous devez diviser ce montant par 15, soit votre nombre mensuel de journées travaillées :
TJM = 5 800 / 15 = 387 €
Le tarif journalier minimal que vous devez facturer à vos clients est ainsi de 387 €.
Vous pouvez ensuite calculer votre taux horaire moyen. Imaginons que vous travaillez sept heures par jour, dont une consacrée à des tâches administratives.
Vous ne pouvez donc facturer que six heures à vos clients. Par conséquent, votre THM serait déterminé comme suit :
THM = 387 / 6 = 64,5 €.
Tableau Récapitulatif des Charges Sociales en Micro-Entreprise (2025)
| Activité | Taux de Cotisations Sociales |
|---|---|
| Activités de commerce | 12,3 % |
| Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services (BNC) | 24,6 % (26,1 % à partir du 1er janvier 2026) |
| Professionnels libéraux relevant de la CIPAV | 23,20 % |
En suivant ces conseils et en adaptant votre TJM à votre situation, vous serez en mesure de facturer vos prestations de manière juste et rentable.
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