Comment calculer la valeur d’une franchise en cas de revente ou de transmission d’entreprise
Tout d’abord, il faut savoir que la franchise est un système de commercialisation de services, technologies ou encore de produits qui sont bâtis sur une collaboration entre deux entreprises financièrement et juridiquement indépendantes l’une de l’autre. Nous les nommons le franchisé et le franchiseur. Ainsi, ce système permet de mettre à disposition une marque, un concept ou un savoir-faire au franchisé, qui attribuera une rémunération en contrepartie au franchiseur. Le prix de la franchise est le plus généralement le premier critère de sélection.
Le RIF signifie la redevance initiale forfaitaire ou plus communément nommée le droit d’entrée. Cette somme est la première étape et est réclamée par les réseaux à la signature du contrat de la franchise et officialise ainsi l’entrée du franchisé au sein de l’activité professionnelle de l’entreprise. Le droit d’entrée est calculé par le franchiseur et son coût n’est pas aléatoire, il est proportionnel au savoir-faire, aux prestations des différents services réalisés par la direction du réseau de franchise. Le but est d’assurer l’intégration et la gestion du nouvel entrepreneur franchisé, de la notoriété de la marque et des bénéfices estimés que le franchisé pourra obtenir de cet accompagnement.
Les redevances, quant à elles, sont des sommes versées au franchiseur par le franchisé et impactent le prix d’une franchise. Les royalties permettent de rémunérer les services réalisés par le franchiseur après l’ouverture d’un point de vente. Leur coût se calcule par rapport au pourcentage du chiffre d’affaires de la vente des produits engendré par le franchisé, souvent la gestion se déroulant de manière forfaitaire. Les redevances périodiques se paient tout au long de la durée du contrat et non en une seule fois comme le droit d’entrée.
Le budget communication d’une franchise comprend les redevances publicitaires. Elles correspondent à des sommes payées par le franchisé au franchiseur, afin que le magasin marche et que sa caisse augmente grâce à une vente conséquente des produits. Généralement, le budget communication est un pourcentage du chiffre d’affaires du franchisé, oscillant entre 1 % et 3 %. Si la redevance publicitaire dépasse 1 % du CA HT, il faut interroger le franchiseur avant de signer pour obtenir des précisions sur le coût, car un tel pourcentage peut signifier un investissement important dans la communication au niveau national.
L’apport personnel représente au minimum 30 % du coût véritable de la franchise et de l’investissement global. Cette somme permet l’ouverture d’un point de vente et assure la vente des produits ou services. Le montant réel de l’apport personnel est réévalué par les organismes financiers et varie selon le degré de risque lié à l’activité. Le franchiseur peut demander plus de 30 % du montant total de l’investissement. Au niveau immobilier, certains franchises nécessitent la conversion d’un local commercial et des travaux d’aménagement pour la vente et l’achat des produits par les clients, représentant un coût immobilier et mobilier non négligeable.
Lire aussi: Tout savoir sur le Recensement INSEE
À cela s’ajoute, au choix, la location ou l’achat du matériel et de l’équipement dont a besoin le personnel. Les frais à prévoir incluent le BFR (besoin en fond de roulement), qui apporte des avantages lors de la création du magasin: il permet au franchisé de payer salariés, achats, loyers et autres frais avant même d’avoir encaissé la moindre somme par la société.
Comment évaluer la valeur d’une entreprise à reprendre ou à revendre
La valeur d’une franchise à vendre ne repose pas sur une seule règle: elle résulte d’un croisement entre performance financière, potentiel de développement et cadre du réseau. La Banque Populaire estime dans son enquête annuelle de 2016 qu’un franchisé perçoit en moyenne 32 385 euros. Il faut intégrer les charges fixes et variables et les résultats, car des coûts cumulés peuvent peser sur les profits.
En outre, le calcul de la rentabilité repose sur les prix de vente. Bien que le franchiseur impose certaines règles, le chef d’entreprise doit fixer son propre tarif. Outre la marge brute, certains indicateurs ont leur importance: le seuil de rentabilité correspond au CA minimum pour couvrir l’ensemble des charges. L’accompagnement d’un expert est recommandé pour aboutir à une évaluation réaliste et prendre en compte les données du DIP et les statistiques professionnelles fournies par le réseau.
Les franchisés en activité prodiguent des conseils précieux et apportent des renseignements complémentaires, tout comme les statistiques professionnelles. Avec le temps, une meilleure gestion des charges permet d’optimiser les marges. L’exercice d’évaluation est utile tant pour la vente, la cession ou la transmission de son entreprise que pour améliorer les performances.
La valeur d’une entreprise peut fortement différer selon les attentes des entrepreneurs et les méthodes d’évaluation utilisées. Pour valoriser votre entreprise, il faut comprendre pourquoi et comment procéder: l’évaluation permet de déterminer une fourchette de valeur et de préparer des négociations solides.
Lire aussi: Franchise restauration : combien ça coûte ?
Trois grandes approches d’évaluation pour une reprise ou une cession
- Évaluation patrimoniale: elle calcule la valeur en fonction des actifs nets (actifs moins passifs), en intégrant les plus-values latentes et en ajustant les valeurs d’actifs immobilisés et les passifs. Cette méthode est adaptée à des entreprises établies et stables, et elle fournit une base tangible, surtout pour les sociétés où les actifs matériels et immatériels dominent la valeur.
- Évaluation par les flux de trésorerie prévisionnels (DCF): elle estime la valeur à partir des flux futurs actualisés à un taux reflétant le risque. Cette méthode est particulièrement adaptée aux entreprises à fort potentiel de croissance et permet de mettre en avant l’avenir plutôt que le seul passé. Elle demande des hypothèses robustes et peut être complexe.
- Évaluation par les multiples de transactions comparables: elle compare le prix payé lors de transactions similaires pour estimer une valeur actuelle. Rapide et pratique, mais elle peut manquer de précision si les données ne sont pas suffisantes ou si les entreprises comparables ne sont pas parfaitement alignées.
Il est souvent recommandé d’utiliser plusieurs méthodes pour obtenir une fourchette réaliste et défendre le prix lors des négociations. L’évaluation patrimoniale convient bien aux sociétés stables, tandis que le DCF est adapté aux entreprises avec un fort potentiel de croissance et les méthodes comparatives servent de référence rapide et pratique.
Éléments à préparer pour valoriser une franchise ou une reprise d’entreprise
Pour bien préparer la valorisation, suivez ces étapes clés: collecter les documents financiers (bilan, compte de résultat, liasses fiscales), réaliser des diagnostics externes et internes, retraiter les informations économiques et estimer la valeur selon différentes approches. Il faut aussi tenir compte des conditions de transmission et des dettes associées aux actifs rachetés, le cas échéant.
La CMA Nouvelle-Aquitaine propose par exemple des diagnostics d’évaluation et un accompagnement pour présenter un rapport complet sur votre entreprise aux repreneurs potentiels, afin d’assurer une transmission en toute confiance. Les trois étapes majeures de l’évaluation pour une reprise sont: stockage des informations pertinentes, diagnostics et retraitements, puis l’application des méthodes appropriées pour établir un prix et préparer la négociation.
Limitations et conseils pratiques
Réaliser l’évaluation implique des limites: les méthodes ne sont pas universelles et exigent une expertise financière. Des erreurs courantes incluent la sous-estimation ou la surévaluation des actifs, ou l’usage d’une méthode inadaptée à la nature de l’entreprise. Un expert peut aider à déceler les facteurs de dépréciation et à bâtir un dossier solide pour justifier le prix lors des négociations.
Enfin, le prix final est souvent le résultat d’une négociation entre le vendeur et l’acquéreur, en tenant compte de la viabilité financière et de la capacité de financement du repreneur. Les fourchettes crédibles se situent généralement autour de 30 % d’écart toléré; au-delà, il faut rechercher un consensus et peut être réévaluer les termes de la transaction.
Lire aussi: Comprendre la TVA en France
Exemples et outils pratiques
Des exemples concrets montrent comment appliquer les méthodes: par exemple, calculer une valeur d’entreprise à partir d’un EBITDA et d’un multiple sectoriel, ou estimer la valeur à l’aide d’un flux de trésorerie prévisionnel sur 5 à 10 ans avec actualisation à un taux reflétant le risque. Des diagostics préalables et des rapports de comparaison permettent de contextualiser les résultats et d’établir une fourchette de prix raisonnable.
Les négociateurs de HARVARD expliquent : Comment obtenir ce que vous voulez à chaque fois
Pour clore, n’oubliez pas que la valorisation d’entreprise est un métier complexe qui combine chiffres, stratégie et relations humaines. S’appuyer sur des experts et des retours d’expérience permet d’augmenter la précision et la solidité des négociations.
Les informations présentées ci-avant servent de guide général: chaque cas nécessite une adaptation en fonction du secteur, de la taille de l’entreprise et des objectifs du repreneur et du cédant.
balises: #Franchise
