Comment est financé la reconstruction de Notre-Dame ?

Le lundi 15 avril 2019 en fin de journée, les images des flammes qui dévorent Notre-Dame-de-Paris font le tour du monde. Suite à l'incendie qui a touché Notre-Dame en 2019, c'est un élan de générosité international historique qui a permis de récolter les fonds nécessaires à sa restauration.

À la veille de la réouverture officielle de la cathédrale Notre-Dame à Paris, le bilan du coût de sa restauration est historique. Redonner au monument son éclat d'antan, en un temps record - un peu plus de 5 ans - n'a pu se réaliser que par la mobilisation de très grandes sommes d'argent.

Reconstruction de Notre-Dame : comment procéder ?

Un élan de générosité sans précédent

L'élan de générosité qui a suivi l'incendie de la mythique cathédrale parisienne a permis de récolter 846 millions d'euros auprès de 340.000 donateurs de 150 pays. Le montant total des dons reçus par les quatre organismes agréés est de 846 millions d'euros au total. Un montant historique à plusieurs titres : les sommes proviennent d'environ 340 000 donateurs issus de 150 pays, dont les plus grosses fortunes de France, les familles Arnault, Bettencourt et Pinault, qui pèsent pour plus de la moitié des dons.

Selon l'établissement public chargé du chantier de restauration de la cathédrale parisienne, "l'immense majorité" de la somme récoltée représentait des "dons de particuliers allant jusqu'à 1.000 euros". "On a beaucoup parlé des grands donateurs qui ont été très généreux mais il y a eu 300.000 petits donateurs", rappelle à l'AFP Stéphane Bern, à qui le chef de l'Etat Emmanuel Macron a confié une mission pour la sauvegarde du patrimoine en 2017.

Parmi les 150 nationalités de donateurs représentées, les Américains arrivent largement en tête derrière les Français selon Michel Picaud, président de "Friends of Notre Dame de Paris". Fondée en 2017, cette association a vu les donations déferler après l'incendie du 15 avril 2019. Elle a recueilli 57 millions de dollars, auprès de 45.000 donateurs essentiellement américains.

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Il faut ajouter les recettes du « loto du patrimoine » (estimées à 20 millions d’euros) et les 15 millions d’euros du fonds d’aide aux collectivités à faibles ressources pour rénover leur patrimoine. La Fondation du Patrimoine (organisme privé) a la première lancé une plate-forme : « Collecte internationale pour Notre-Dame de Paris.

L'État français, propriétaire de la cathédrale depuis la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, joue un rôle central dans le financement des travaux. Immédiatement après l'incendie, le président Emmanuel Macron s'est engagé à reconstruire Notre-Dame en cinq ans. Pour cela, le gouvernement a rapidement mis en place un dispositif fiscal incitatif pour encourager les dons.

Dans les jours suivant l'incendie, plusieurs milliardaires français, comme François-Henri Pinault et Bernard Arnault, ainsi que des entreprises majeures, ont annoncé des dons considérables. Ces engagements représentent une part significative du montant total promis.

Notre-Dame de Paris en reconstruction

Répartition des fonds et coûts des travaux

Quelques jours après le drame en avril 2019, les premières estimations, à chaud, évoquaient une fourchette entre 300 000 et 500 000 millions d'euros pour une restauration complète. Cinq ans plus tard, la facture finale est un peu plus élevée. Au total, 700 millions d'euros ont été nécessaires, pour les deux grandes phases de travaux jusqu'à la réouverture.

D'abord, celle de "sécurisation et de consolidation" qui s'est étalée de l'incendie à septembre 2021 - déblaiement, dépollution et renforcement de certaines parties abimées - pour environ 150 millions d'euros. Ensuite, de septembre 2021 à aujourd'hui, la phase de restauration à proprement parler pour environ 550 millions d'euros : reconstruction de la charpente en bois, de la flèche également - 55 millions d'euros à elle seule - ou encore le nettoyage des pierres et grilles à l'intérieur.

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Une troisième phase de travaux va maintenant démarrer : le traitement des pathologies antérieures, prévu avant même l'incendie, sur les parties extérieures de la nef, la sacristie et le presbytère. Le tout a été financé par l'excédent de dons reçus pour la restauration de Notre-Dame, soit approximativement 145 millions d'euros.

Les dons ont été faits auprès de plusieurs organismes, répartis comme suit :

  • La Fondation Notre-Dame, le premier financeur de la restauration du monument, avec 62 000 donateurs pour 358 millions d’euros.
  • La Fondation du Patrimoine a également été désignée pour la collecte et comptabilise 232 millions d’euros récoltés.
  • L’établissement public chargé de rebâtir Notre-Dame a récolté 208 millions d’euros.
  • La Fondation de France, désignée par l’État, a reçu 31 millions d’euros.
  • Enfin, le Centre des Monuments historiques, le quatrième organisme, a collecté 17 millions d’euros.

Sur le montant total, 150 millions ont servi à la phase 1, d’avril 2019 à l’été 2021, pour la sécurisation du monument. Puis 552 millions d’euros ont été injectés dans la phase 2, de l’été 2021 à décembre 2024, pour la restauration.

Tableau récapitulatif des sources de financement et des coûts des travaux :

Source de financement Montant (en millions d'euros)
Dons (total) 846
Phase 1 (sécurisation) 150
Phase 2 (restauration) 550
Phase 3 (travaux extérieurs) 145 (financé par l'excédent de dons)
Chantier de restauration de Notre-Dame

Transparence et contrôle des fonds

Le budget a donc été largement tenu, en toute transparence, sous la surveillance de la Cour des comptes. Une générosité encore plus critiquée car en partie assumée par l'Etat grâce à une loi en faveur du mécénat, renforcée pour les particuliers donateurs du chantier de Notre-Dame. Face au tollé provoqué, certaines grandes familles décident de renoncer à cette déduction fiscale avantageuse.

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La restauration de Notre-Dame a reposé sur deux principales sources de financement : une souscription nationale et des dons versés directement à l’établissement public, au total environ 846 millions d’euros en numéraire, en nature ou via des mécénats. L’État a soutenu ce projet grâce à des dispositifs fiscaux incitatifs qui ont encouragé les financements privés, notamment des dons déductibles des impôts. En complément, une subvention annuelle accordée par le ministère de la Culture a permis de répondre aux besoins du chantier.

Le suivi budgétaire rigoureux, attesté par le comité d’audit, a permis de respecter le budget et de limiter les dépassements, souvent fréquents dans ce type de chantiers. L’utilisation efficace des fonds a notamment permis de dégager une enveloppe supplémentaire de 150 millions d’euros pour des travaux structurels et complémentaires, comme le réaménagement du parvis et des extérieurs de la cathédrale.

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