Comment les Restos du Cœur sont-ils financés ?
Les Restos du Cœur, association créée par Coluche en 1985, jouent un rôle crucial dans l'aide alimentaire en France. Face aux difficultés financières croissantes et à l'augmentation de la demande, il est essentiel de comprendre comment cette organisation est financée pour assurer sa pérennité. Cet article explore les différentes sources de revenus des Restos du Cœur, allant des dons aux subventions publiques, en passant par les initiatives comme le concert des Enfoirés et l'aide de l'Union Européenne.
Diversité des sources de financement
Les Restos du Cœur disposent d'un budget de fonctionnement d'environ 200 millions d'euros par an. Ce budget est alimenté par diverses sources de revenus, garantissant ainsi leur capacité à fournir une aide alimentaire essentielle à ceux qui en ont besoin.
Dons et legs
Les dons et legs représentent une part importante du budget des Restos du Cœur. 87,7 millions d’euros proviennent de dons et de legs, ce qui représente environ 47 % du budget total. Parmi les Français qui se sont mobilisés figuraient beaucoup de particuliers dont la contribution au budget des Restos a augmenté de 21 % sur un an. Le don moyen s’élevant à 138 euros.
Subventions publiques
Les subventions publiques constituent une autre source de financement significative. Environ 61,8 millions d’euros proviennent de subventions publiques, représentant environ 33,1 % du budget des Restos du Cœur.
Le rôle des Enfoirés
Le concert annuel des Enfoirés, diffusé sur TF1, est un événement majeur pour le financement de l'association. Le concert des Enfoirés rapporte près de 13 millions d’euros aux Restos du Cœur en comptant les produits dérivés. Au total, une petite industrie qui a rapporté plus de 12,6 millions d’euros nets en 2017. Les Enfoirés représentent moins de 10 % du budget des Restos. En 2017, les recettes des Enfoirés ont représenté entre 6 et 8 % du budget de l’association.
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Il est important de noter que les recettes des Enfoirés ont diminué avec le temps. C’est deux fois moins qu’en 2009 (24,7 millions d’euros). Le résultat est bien loin du record de l’année 2011 avec plus de 31 millions d’euros collectés. « Ces baisses sont liées à l’effondrement du marché des CD et DVD en général, ces produits se vendent moins bien », assure Mathilde Viaud, du service Enfoirés des Restos du Cœur.
De même que les recettes des Enfoirés ont diminué, les charges liées aux représentations ont également été réduites. Aujourd’hui, sur un budget de 100 € dépensés par Les Restos, 1,50 € sert à régler les charges liées aux représentations. En 2009, elles représentaient 3,60 €.
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Aide de l'Union Européenne : Le FEAD
Un quart des denrées alimentaires distribuées par les Restos du cœur sont financées par l'Union européenne. Du sucre, des boîtes de raviolis, des salades de fruits en conserve, mais aussi des escalopes de poulet congelées et du beurre, stockés dans une chambre froide : une vingtaine de produits de première nécessité a été achetée cette année grâce au FEAD, après un appel d'offres national. « Notre association distribue gratuitement des denrées alimentaires dont l'achat est financé par l'Union européenne », explique une affichette accompagnée d'un drapeau européen, au bout du rayonnage.
Avec environ 25 millions d'euros par an, les Restos du cœur sont les premiers bénéficiaires français du FEAD, que touchent également la Fédération française des banques alimentaires, le Secours populaire et la Croix-Rouge. Sur les 130 millions de repas distribués par l'association chaque année, plus d'un quart est financé par ce fonds mis en place pour la période 2014-2020, selon une stratégie qui vise à faire sortir de la pauvreté 20 millions d'Européens.
Cependant, il existe une inquiétude concernant l'avenir du FEAD. Pourtant, l'inquiétude se mêle à la gratitude à l'égard de la Commission européenne : le FEAD pourrait être intégré à un fonds social plus large, dont seulement 2 % seraient consacrés à l'aide alimentaire, soit environ 2 milliards d'euros, contre 3,8 milliards aujourd'hui. « On perdrait presque ce que rapportent les concerts des Enfoirés, ce n'est pas facile à compenser ! » s'alarme Daniel Belletier. « Les pouvoirs publics français nous ont dit qu'au cas où le montant du FEAD diminuerait, ils apporteraient la différence.
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Défis financiers et solutions
Les Restos du cœur rencontrent des difficultés financières en raison de l'augmentation des coûts de fonctionnement due à l'inflation et à la hausse de la demande sociale. En 2023, l'association a accueilli 1,3 million de personnes, contre 1,1 million en 2022, ce qui a doublé le budget consacré aux achats alimentaires. Face à cette situation, les Restos du cœur ont dû prendre des mesures difficiles, comme réduire le nombre de bénéficiaires et la quantité de nourriture distribuée.
Pour surmonter ces défis, l'association a lancé des appels à l'aide et a reçu des promesses de soutien de la part du gouvernement et des entreprises. La ministre des Solidarités, Aurore Bergé, a promis une aide supplémentaire de 15 millions d'euros, tandis que des entreprises comme Les Mousquetaires (Intermarché, Netto) et Carrefour ont annoncé des dons et des collectes spécifiques.
A la rentrée 2023, les Restos du cœur avaient tiré la sonnette d’alarme, avertissant de leur fragilité financière. Ils n’étaient plus en mesure de faire face à l’afflux de personnes se présentant à eux, dans un contexte de hausse des coûts de fonctionnement. En outre, pour la première fois de leur histoire, ils ont dû baisser le niveau de revenu qui donnait droit à l’aide alimentaire, ce qui les a conduits à refuser 110.000 personnes lors de la campagne de 2023-2024.
« Le fruit de la générosité » des FrançaisLe président de l’association Patrice Douret avait alors lancé un appel exceptionnel aux dons : « qu’en sera-t-il demain alors que tous les indicateurs montrent que depuis 2020 la situation s’aggrave ? » Et les Français ont répondu en masse. Ainsi, si les Restos ont finalement retrouvé un peu d’air financièrement, c’est d’abord « le fruit de la générosité » des Français, qui ont répondu présents à l’appel exceptionnel aux dons lancé en septembre 2023, en contribuant à hauteur de 32 millions d’euros, soulignait il y a un mois le trésorier Jean-Michel Richard.
Les Restos du cœur lancent ce mardi leur 40e campagne de distribution alimentaire, ils vont accentuer leur aide envers les familles monoparentales et les jeunes enfants. Dès cet hiver, « nous allons renforcer fortement notre soutien à destination des tout-petits, mais aussi des familles monoparentales, en apportant des réponses au plus près des besoins alimentaires, matériels, mais aussi de lien social et d’insertion », a déclaré le président des Restos du cœurA l’occasion du lancement de cette campagne, le président des Restos a reçu le Premier ministre dans un chapiteau éphémère de l’association, installé à Gennevilliers, au nord de Paris, comme c’était le cas 40 ans plus tôt. Michel Barnier est revenu sur la situation financière délicate de la France : « On doit réduire cette dette. Mais je ne veux pas que cet effort touche les plus fragiles ».
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Microcrédit personnel
Le microcrédit personnel est un prêt bancaire accordé aux personnes exclues du crédit bancaire classique. Il finance un projet d’insertion qui permet d’accéder à l’emploi ou d’améliorer la situation (aide à la mobilité, formation…), de favoriser la réinsertion sociale notamment via l’accès au logement ou de faire face à un événement de la vie. Les prêts vont de 300 à 8 000 euros et le remboursement, mensuel, est étalé sur une période de 6 mois à 7 ans.
Toute personne faisant une demande de microcrédit est reçue par un bénévole dédié qui réalise le diagnostic de sa situation budgétaire. Si le budget permet de dégager une capacité de remboursement suffisante au regard du montant de la mensualité envisagée, le bénévole instruit la demande de prêt et la transmet au partenaire bancaire local. Celui-ci décide ensuite de l’attribution du prêt et le finance. L’accompagnement des Restos du Cœur est donc essentiel, tout au long de la démarche, dès le diagnostic et pendant toute la durée du prêt.
Transparence et gestion rigoureuse
Les Restos du Cœur mettent un point d'honneur à assurer la rigueur et la transparence dans leur gestion financière. Les comptes annuels sont certifiés tous les ans par deux cabinets de commissariat aux comptes. Dans cette organisation animée par les bénévoles, le pourcentage des frais généraux (frais de recherche de fonds, frais de fonctionnement et de communication) reste très faible.
| Source de financement | Pourcentage du budget |
|---|---|
| Dons et legs | 47% |
| Subventions publiques | 33.1% |
| Les Enfoirés | 6-8% |
| FEAD (Union Européenne) | >25% des denrées distribuées |
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