Comment financer les études de ses enfants en France ?

Sans la solidarité parentale, le quotidien d'un étudiant serait souvent encore (plus) compliqué qu'il ne l'est déjà. Face à toutes les dépenses, vous vous demandez jusqu'où doit aller votre contribution ? Découvrons ensemble les différentes facettes du financement des études supérieures en France.

Obligations légales des parents

Le financement des études supérieures apparaît d'abord comme une obligation naturelle. L'article 203 du Code civil impose toutefois aux parents d'assurer les dépenses d'entretien et d'éducation de leurs enfants.

Des obligations qui ne s'arrêtent pas à la majorité de ces derniers, mais se prolongent jusqu'à la fin des études supérieures. Les parents ont la responsabilité de financer l'obtention d'un diplôme ou d'une formation, quel qu'en soit le coût, permettant à leurs enfants de trouver un emploi et d'accéder ainsi à une autonomie financière.

S'il est important de veiller à respecter l'équité entre frères et sœurs au sein de votre famille, vous n'y êtes toutefois pas tenu par la loi.

Aider financièrement son enfant : témoignages

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« J'ai eu le sentiment de me retrouver au pied du mur lorsque le premier de mes trois enfants s'est engagé dans les études supérieures, avoue Isabelle A. Ils ne sont pas préparés à cette étape et nous, parents, pas davantage, poursuit la mère de famille. Il y a tellement de postes à financer qu'il faut mettre en place une véritable organisation. En résidant dans un petit village, nous savions que nos enfants seraient obligés d'aller en ville, en l'occurrence Lyon ou Marseille. Il a donc fallu assurer le logement, le transport, l'alimentation... », témoigne Isabelle.

Comme n'importe quel parent, même si on ne veut que le meilleur pour ses enfants, la réalité est parfois toute autre et chacun fait surtout en fonction de ses moyens. De par son expérience, elle conseille donc aujourd'hui de « se renseigner sur les aides possibles bien en amont » car elle-même s'est penchée sur cette question trop tardivement.

Responsabiliser les jeunes

La vie n'étant pas un long fleuve tranquille, la plupart des parents souhaitent que leurs progénitures commencent à prendre leurs responsabilités quand ils deviennent étudiants.

« J'avais aussi cette conception, se souvient Isabelle, mais au final, c'est moi qui me suis occupée de tout, tant les démarches à effectuer sont lourdes et complexes. » Même constat pour Nathalie E. : « Mon fils était encore mineur, je l'ai donc aidé à remplir les formulaires CAF pour son dossier d'aide au logement. Mais sur place, il s'est débrouillé seul, j'étais là au cas où. Pour le responsabiliser, il participe un petit peu au loyer avec son salaire d'apprenti. C'est plus une question de principe. Lorsque je mets de l'argent sur son compte bancaire, c'est par exemple en vue de payer l'assurance habitation, il ne doit donc pas dépenser cet argent. Pour le superflu, c'est à lui de gérer avec son budget. »

Tout comme Nathalie, Pierre H. a tenu à responsabiliser ses enfants. Sa première fille a ainsi donné des cours de maths durant ses deux ans de prépa et continue actuellement dans son école d'ingénieurs. « Maintenant, elle est autonome. Elle prépare un double diplôme et doit partir à l'étranger. Entre les réseaux sociaux et les anciens de l'école, elle a voulu tout organiser seule », dit-il fièrement.

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Coût des études et solutions de financement

Le financement d’études supérieures est d’année en année toujours plus onéreux. Si les étudiants ont la possibilité d’opter pour un emploi à temps partiel pour financer leurs études, cette solution est relativement énergivore et ne permet pas de se concentrer pleinement sur l’obtention d’un diplôme. Malgré la très large prise en charge des dépenses d’éducation par les pouvoirs publics, le financement des études des enfants représente un coût particulièrement important pour les parents, notamment lorsque ceux-ci viennent à entrer dans l'enseignement supérieur.

Toutes ces dépenses, si elles représentent un investissement pour l’avenir de leurs enfants, doivent inciter les parents à bien préparer en amont cette période. Savoir comment financer les études de ses enfants est une question importante. Car cela concourt à sécuriser financièrement le parcours de formation et permet de mieux anticiper les futures dépenses liées à leurs études.

Aides financières pour les études supérieures

Épargne

C’est l’autre solution, épargner en amont afin de constituer un pécule destiné à financer les études supérieures de vos enfants. Trois règles sont bonnes à suivre. D’abord, choisissez une enveloppe financière adaptée à de l’épargne longue mais conservant une certaine souplesse d’utilisation. Ensuite, optez pour une épargne régulière, par exemple 100 euros versés chaque mois. Enfin, le plus tôt sera le mieux.

  • Le Plan Épargne Logement (PEL) est un produit d’épargne qui peut être établi au nom de l’enfant et peut faire l’objet de versements réguliers ou plus ponctuels (pour un anniversaire par exemple).
  • L’assurance vie constitue un autre produit d’épargne de longue durée alimenté par des versements réguliers (généralement mensuels). Celle-ci peut être mise au nom de l’enfant qui peut alors en disposer au moment de sa majorité.
  • Un livret d’épargne permettant les retraits peut également être ouvert comme par exemple un livret A que l’enfant pourra utiliser à partir de ses 12 ans ou même un livret développement durable (LDDS) qui ne pourra cependant pas être au nom de l’enfant, celui-ci étant réservé aux majeurs.
  • Un placement financier permet de réaliser un investissement diversifié et modulable dans le temps : le contrat d’assurance vie. Ce dernier peut être ouvert au nom d’un enfant mineur dès son plus jeune âge, avec la signature de ses représentants légaux.

Investissement immobilier

Plutôt qu’un capital financier, vous pouvez miser sur l’immobilier, une démarche autrement plus lourde. L’idée ? Vous achetez un bien dans une grande ville. Si votre enfant y fait ses études, il l’occupera, réduisant du même coup significativement le coût de ses études (le logement est un poste clé). Et si ce n’est pas le cas, vous louerez ce bien, ce qui générera un revenu qui pourra aider votre enfant. Attention, placez-vous clairement dans la peau d’un investisseur immobilier.

Donations

Vous pouvez à tout moment donner un capital financier à votre enfant majeur, charge à lui de l’utiliser pour financer ses études. Mêmes les grands-parents peuvent le faire en profitant d’exonérations fiscales (sous réserve de ne pas dépasser certains montants). Moins connu, vous pouvez faire une donation temporaire d’un portefeuille de valeurs, de parts de Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), ou encore de l’usufruit d’un bien immobilier. Dans ce cas, votre enfant perçoit les revenus attachés à ces placements le temps qu’il termine ses études.

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Avertissement : le placement en Bourse est risqué, vous pouvez subir des pertes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Regroupement de crédits

Lorsque les parents ont des difficultés financières ou tout simplement un budget ne leur permettant pas d’épargner pour le financement des études de leur enfant, ils ont la possibilité de procéder à un regroupement de crédits. En allongeant la durée de remboursement du crédit, vous pouvez ainsi bénéficier d’une réduction de vos échéances de prêt mensuelles, parfois même jusqu’à 60 %, et améliorer votre reste à vivre chaque mois. Vous diminuez ainsi votre taux d’endettement qui correspond au rapport entre les charges fixes mensuelles et les revenus fixes mensuels.

Le regroupement de crédits permet en outre de bénéficier d’une trésorerie complémentaire, dont le remboursement est directement intégré au nouvel emprunt.

Regroupement de crédits

Aides financières et bourses

Bourse sur critères sociaux, aide au mérite, à la mobilité, allocation, il existe de nombreuses aides pour le financement des études supérieures. Elles sont délivrées et calculées en fonction de certains paramètres tels que les ressources des parents, la composition du foyer et notamment le nombre d’enfants scolarisés ainsi que l’éloignement géographique du domicile familial.

Elles sont versées mensuellement et leur montant est différent selon les caractéristiques du foyer et de l’étudiant. Les bénéficiaires de bourses sur critères sociaux sont également dispensés des frais d’inscription et sont prioritaires pour l’attribution des logements étudiants.

Les étudiants du supérieur peuvent également bénéficier de bourses universitaires à partir du niveau Master ou pour la préparation de l'agrégation. Les bourses mobilité ou bourses voyage sont destinées aux étudiants effectuant une formation supérieure à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échange ou d’un stage à l’international. Les étudiants en Erasmus peuvent également y être éligibles. Elles sont destinées aux étudiants déjà bénéficiaires de bourses sur critères sociaux.

Les Caisses d’Allocations Familiales participent indirectement aux frais d’enseignement des étudiants en finançant une partie du coût du loyer.

Dans le cas d’une demande de bourse au CROUS, le montant que votre enfant pourra percevoir dépendra en partie de votre revenu brut global.

Pour que votre enfant puisse bénéficier de cette bourse, vous pouvez faire une demande anticipée. Pour un enfant en classe de terminale par exemple, il est conseillé de faire la demande avant les résultats du Bac.

Il existe aussi des bourses et aides que vous pouvez demander pour les enfants du primaire et du lycée. Parmi celles-ci, il y a l’ARS (Allocation de Rentrée Scolaire). Il y a également la bourse de fréquentation scolaire pour l’école élémentaire. Cette dernière est offerte aux familles modestes par certains conseils départementaux. L’enfant bénéficiaire doit être dans une école élémentaire située loin du domicile familial.

Prêts étudiants

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L’étudiant peut envisager de solliciter un prêt étudiant. Il s’agit alors d’un prêt affecté devant servir uniquement au financement de la vie étudiante et dont le montant est compris entre 1 500 et 45 000 euros selon les besoins et les revenus de l’étudiant et de ses parents. Pour pouvoir le contracter, l’étudiant doit bénéficier d’une caution qui est bien souvent une caution parentale, les parents se portant alors garants du remboursement du prêt.

Vous pouvez également recourir à un crédit à la consommation classique pour le financement des études qui peut être à votre nom comme à celui de votre enfant. Celui-ci vous laisse alors plus de liberté quant à son utilisation et permet d’emprunter jusqu’à 75 000 euros sans justificatif.

Pour les étudiants qui ne disposent pas de garants ou ne souhaitent pas faire appel à une aide extérieure, il est possible de souscrire un prêt étudiant garanti par l’Etat. Celui-ci peut être sollicité auprès des banques partenaires du dispositif qui fixent librement le taux d’intérêt. Ce prêt peut être contracté par tout étudiant majeur de moins de 28 ans (ou mineur émancipé de plus de 16 ans) préparant un diplôme d’enseignement supérieur français (BTS, diplôme universitaire, école d’ingénieurs, etc.) dans un établissement situé en France.

Le montant attribué est fixé à 20 000 euros au maximum et l’emprunt est à remboursement différé c’est-à-dire que l’étudiant peut commencer à le rembourser jusqu’à deux ans après l’obtention de son diplôme. La durée minimum de remboursement est fixée à deux ans bien que des possibilités de remboursement anticipé existent sous conditions.

Parallèlement, la majorité des établissements financiers proposent des prêts « spécial étudiant » d’un montant variable, allant de de 20 à 40 000 euros en moyenne.

Grâce au prêt étudiant, votre enfant peut financer ses études et les dépenses associées. Les particularités de ce prêt ? L’étudiant a la possibilité de reporter le remboursement du capital et, le cas échéant, les intérêts. Toutes les banques proposent ce type de prêt. Quelques critères permettent de faire le tri. Le taux du prêt pour commencer. Le prix de l’assurance et les frais annexes ensuite.

Créer un site web pour générer des revenus

Une autre stratégie pour bénéficier d’un financement pour les études de votre enfant est de lui créer un site internet dont il pourra tirer des bénéfices pécuniaires. Vous pouvez monétiser le site web grâce au blogging. Il est aussi possible de monétiser un site internet avec Google AdSense. Pour cela, il faut inscrire le site sur cette régie publicitaire de Google et accepter la publication d’annonces. Vous avez de même la possibilité de publier des contenus commandités. Il s’agit d’articles à publier pour accroître la visibilité d’une entreprise par exemple. Il s’agit généralement de contrat « one shot ». Il existe bien d’autres moyens pour monétiser un site internet. En optant pour cette stratégie, vous aurez de quoi financer facilement les études des enfants.

Pour garantir un bel avenir à vos enfants, l’une des conditions est de leur donner la possibilité de faire les études qu’ils veulent, et si possible dans de bonnes écoles et universités.

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