Comment financer ma formation d'aide-soignante en France ?

Devenir aide-soignant est un choix professionnel riche de sens, tourné vers l’accompagnement, le soin et la relation humaine. Cependant, le coût de cette formation peut représenter un obstacle pour certains candidats.

Heureusement, il existe de nombreux dispositifs pour financer tout ou partie de ces parcours, que ce soit pour la formation initiale menant au diplôme d'État d'aide-soignant, une spécialisation en gérontologie, une passerelle vers le métier d'infirmier, ou des formations continues pour les aides-soignantes souhaitant actualiser leurs compétences.

Ce guide vous présente les différentes solutions de financement disponibles pour concrétiser votre projet professionnel.

Financement Formation Aide-Soignante

Financer sa formation initiale pour devenir aide-soignante

Se lancer dans la formation d’aide-soignante nécessite un investissement personnel important, mais aussi financier. Plusieurs dispositifs existent pour financer tout ou partie de votre formation initiale, que vous soyez demandeur d’emploi, en reconversion professionnelle ou étudiant.

1. France Travail (anciennement Pôle emploi)

Les personnes inscrites à France Travail peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs pour financer leur formation d’aide-soignante, selon leur situation et leur projet professionnel. Il est indispensable d’avoir un projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) validé par leur conseiller, incluant la formation d’aide-soignante. Sans cet accord préalable, aucun financement ne pourra être accordé.

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Les principaux dispositifs sont :

  • AREF (Aide au Retour à l’Emploi Formation) : Maintien de l’allocation chômage (ARE) pendant toute la durée de la formation, si celle-ci est validée dans le PPAE et que la personne est indemnisée au moment de l’entrée en formation. Le montant correspond à l’allocation mensuelle habituelle.
  • RFPE (Rémunération des Formations de Pôle emploi) : Rémunération versée aux demandeurs d’emploi non indemnisés au titre de l’ARE, lorsqu’ils suivent une formation agréée et validée par France Travail. Le montant varie généralement entre 310 € et 700 € par mois, selon la situation personnelle et familiale.
  • Financements régionaux gérés via France Travail : Dans de nombreux cas, la Région finance directement les frais pédagogiques de la formation (notamment en IFAS public ou privé conventionné). France Travail verse alors la rémunération (AREF ou RFPE) pour compenser l’absence de salaire.
  • Aides Individuelles à la Formation (AIF) : Si la formation choisie n’est pas financée par la Région, France Travail peut prendre en charge tout ou partie du coût pédagogique via l’AIF. Ce financement est accordé sous conditions, après étude du devis et validation par le conseiller référent. Le montant est plafonné selon le coût de la formation et peut nécessiter un complément via le CPF.

Il est également possible de cumuler le CPF avec l’AIF lorsque le compte personnel de formation ne couvre pas l’intégralité des frais. France Travail demandera alors un reste à charge nul avant d’accorder un financement complémentaire.

Suivre une formation via France Travail confère le statut de stagiaire de la formation professionnelle, permettant d’accéder à :

  • La sécurité sociale étudiante ou CPAM selon la situation
  • L’assurance en cas d’accident pendant la formation ou en stage
  • La validation de trimestres retraite sous certaines conditions

Bon à savoir : Ces financements concernent principalement les demandeurs d’emploi en reconversion. Les démarches doivent impérativement être réalisées avant l’entrée en formation, et les délais de réponse peuvent varier selon les agences et régions.

2. Aides de la région

Dans la majorité des régions, la formation initiale d’aide-soignante est financée directement par le Conseil régional. Ce financement constitue un soutien essentiel, notamment pour les personnes en reconversion ou sans ressources suffisantes pour autofinancer leur parcours.

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Ce que couvre le financement régional :

  • Les frais pédagogiques : La Région prend généralement en charge l’intégralité des frais de scolarité facturés par l’IFAS (Institut de Formation d’Aides-Soignants), qui peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros (en moyenne entre 5 000 et 7 000 € pour une formation complète).
  • Des aides annexes selon la Région et la situation de l’étudiant :
    • Bourses sanitaires et sociales, attribuées sous conditions de ressources, avec des montants variables (environ 100 à 550 € par mois).
    • Aides à la mobilité, couvrant tout ou partie des frais de transport entre le domicile et l’IFAS ou le lieu de stage.
    • Aides à l’hébergement, pour financer une partie du loyer ou de l’internat lorsque la distance domicile-école est trop importante.
    • Aides à la restauration, pour alléger le coût des repas quotidiens pendant la formation.
    • Fonds d’aide d’urgence, attribués ponctuellement aux étudiants en grande difficulté financière durant la formation.

Conditions d’éligibilité :

Pour bénéficier de ces financements, il est généralement nécessaire de :

  • Être admis dans un IFAS agréé ou conventionné par la Région.
  • Répondre aux critères définis par la politique régionale, qui peuvent inclure :
    • Ne pas déjà être titulaire d’un diplôme de niveau Bac +3 financé par la Région.
    • Être demandeur d’emploi inscrit à France Travail ou en poursuite d’études après un parcours scolaire initial.
    • Justifier de ressources inférieures à un plafond fixé pour les bourses sanitaires et sociales.

Bon à savoir : Chaque Région applique ses propres règles et barèmes. Les montants des aides et leurs conditions d’attribution peuvent donc varier. Les demandes se font généralement entre mai et septembre, via un portail régional ou directement auprès de l’IFAS, qui accompagne les candidats dans la constitution de leur dossier.

3. CPF (Compte Personnel de Formation)

Le Compte Personnel de Formation (CPF) peut être utilisé pour financer tout ou partie de la formation initiale d’aide-soignante, notamment dans le cadre d’une reconversion professionnelle ou d’une évolution de carrière.

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Pour les salariés en poste :

Ils peuvent mobiliser leur CPF en intégralité pour financer la formation aide-soignante, à condition d’obtenir un congé formation auprès de leur employeur.

Le dispositif le plus adapté est le PTP (Projet de Transition Professionnelle), anciennement CIF (Congé Individuel de Formation), qui permet au salarié de s’absenter de son poste tout en conservant une rémunération partielle ou totale, selon son ancienneté et les règles de l’entreprise.

La demande doit être déposée auprès de Transitions Pro (ex-Fongecif) plusieurs mois avant l’entrée en formation. Elle doit comporter un projet professionnel solide et argumenté.

Pour les demandeurs d’emploi :

Ils peuvent utiliser les droits CPF acquis au cours de leurs expériences professionnelles précédentes.

Si le montant disponible sur leur compte CPF ne couvre pas l’intégralité du coût de la formation, il est possible de demander un abondement complémentaire auprès de France Travail ou de la Région.

Cet abondement n’est pas automatique : il nécessite un projet professionnel validé par leur conseiller et l’admission préalable en IFAS.

Conditions d’éligibilité des formations au CPF :

Depuis janvier 2019, le CPF ne peut financer que des formations certifiantes ou qualifiantes. Sont notamment concernées :

  • Les diplômes et certifications inscrits au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), comme c’est le cas pour le diplôme d’État d’aide-soignante.
  • Les blocs de compétences validés, qui constituent une partie d’une certification enregistrée au RNCP.
  • Les certifications et habilitations répertoriées dans le Répertoire spécifique, correspondant à des compétences complémentaires à un métier.
  • Les actions liées à la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), permettant d’obtenir une certification grâce à son expérience professionnelle.

Bon à savoir : Le diplôme d’État d’aide-soignante étant inscrit au RNCP, il est donc éligible au CPF. Cependant, l’utilisation du CPF pour financer une formation nécessite d’anticiper les démarches administratives :

  • Vérifier le montant disponible sur son compte personnel via moncompteformation.gouv.fr.
  • Rechercher l’organisme de formation (IFAS) habilité à proposer une formation CPF.
  • Monter un dossier complet incluant le projet professionnel, l’admission IFAS et, si nécessaire, la demande de congé ou d’abondement.

Le CPF est un levier essentiel pour les salariés et demandeurs d’emploi souhaitant financer leur formation aide-soignante tout en sécurisant leur parcours et leur budget.

Comment utiliser son CPF

Infographie expliquant comment utiliser son CPF.

4. Autofinancement et aides complémentaires

Certaines personnes choisissent de financer elles-mêmes leur formation d’aide-soignante, notamment lorsqu’elles ne sont pas éligibles aux dispositifs de prise en charge régionaux ou lorsqu’elles souhaitent intégrer un IFAS privé hors convention régionale, dont les frais peuvent s’avérer élevés.

Dans ce cas, plusieurs solutions existent pour alléger la charge financière :

  • Les bourses sanitaires et sociales : attribuées sous conditions de ressources par la Région, elles permettent de couvrir une partie des frais de vie (logement, alimentation, transports) durant la formation. Leur montant varie selon les revenus du foyer fiscal et la Région concernée, généralement entre 100 € et 550 € par mois.
  • Les prêts étudiants : certaines banques proposent des prêts à taux préférentiels destinés aux étudiants en formations sanitaires et sociales, avec possibilité de différer le remboursement jusqu’à l’entrée dans la vie active. Bien que cette solution engage à un remboursement futur, elle permet de financer rapidement l’intégralité des frais de scolarité.
  • Les aides spécifiques selon la situation personnelle : plusieurs dispositifs complémentaires peuvent être mobilisés, comme :
    • L’aide à la mobilité, versée pour financer un déménagement ou des trajets longs entre le domicile et l’école.
    • L’aide d’urgence du CROUS, attribuée ponctuellement en cas de difficultés financières graves durant la formation (ex : perte de logement, rupture familiale).
    • Les aides des caisses de retraite ou mutuelles professionnelles, pour les salariés en reconversion qui cotisent auprès d’organismes proposant des fonds d’action sociale.
    • Les aides des conseils départementaux, parfois disponibles pour les personnes en situation de précarité engagées dans un projet d’insertion professionnelle.

Bon à savoir : Avant d’opter pour l’autofinancement, il est vraiment important de réaliser un bilan complet des aides mobilisables. Pour cela, il est recommandé de :

  • Contacter le secrétariat de l’IFAS visé, qui dispose d’une liste actualisée des dispositifs locaux.
  • Consulter les services d’action sociale de la Région et de France Travail.
  • Comparer les coûts entre IFAS privés et publics pour éviter un endettement inutile si une place publique est accessible.

Financements pour la formation continue des aides-soignantes

Se former tout au long de sa carrière d’aide-soignante est indispensable, que ce soit pour actualiser ses compétences techniques, se spécialiser ou encore évoluer vers d’autres métiers (ex : infirmier /infirmière). Plusieurs dispositifs de financement existent, principalement gérés par l’employeur ou des organismes dédiés.

1. Le plan de développement des compétences (ex-plan de formation)

Anciennement appelé « plan de formation », le Plan de Développement des Compétences (PDC) est le principal dispositif de financement des formations continues des aides-soignantes salariées. Il constitue un outil stratégique permettant aux établissements de maintenir et développer les compétences de leurs équipes soignantes.

Le PDC est élaboré par l’établissement employeur, que ce soit :

  • un hôpital public,
  • une clinique privée,
  • un EHPAD public ou privé,
  • un SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile),
  • ou de toute autre structure médico-sociale employant des aides-soignantes.

Ainsi, l’employeur élabore et met en œuvre le plan de développement des compétences pour l’ensemble de ses salariés.

Sa construction s’appuie sur :

  • L’analyse des besoins en compétences de l’établissement (évolution des métiers, des technologies, des réglementations…)
  • Les retours des salariés lors des entretiens professionnels
  • Les priorités stratégiques de la structure
  • Une consultations du CSE (Comité Social et Économique) dans les établissements de plus de 11 salariés
  • Les salariés peuvenet également proposer des demandes de formations à intégrer au plan

L’employeur établit un plan de formation annuel ou pluriannuel, en fonction des besoins identifiés au sein des services, des orientations stratégiques de l’établissement et des évolutions réglementaires du secteur sanitaire et médico-social.

Ce plan regroupe deux grandes catégories de formations :

  • Les formations obligatoires, imposées par la réglementation ou nécessaires au maintien des compétences, comme :
    • L’hygiène hospitalière
    • La sécurité et la prévention des risques professionnels
    • Les gestes techniques spécifiques à la pratique quotidienne
  • Les formations complémentaires ou d’évolution, visant à développer de nouvelles compétences ou à approfondir un domaine, telles que :
    • L’accompagnement en fin de vie et soins palliatifs
    • La prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS)
    • La communication avec les patients et familles
    • La bientraitance et la relation d’aide
    • Actions de lutte contre l’illettrisme, accès au socle de connaissances et compétences
    • Formations en situation de travail (FEST), à distance ou en présentiel

Dans la fonction publique hospitalière, il peut aussi inclure bilans de compétences, VAE, études promotionnelles, DPC, etc.

Les formations incluses dans le PDC sont financées directement par l’employeur, qui peut ensuite obtenir un remboursement :

  • Par l’ANFH (Association Nationale pour la Formation Hospitalière) pour la fonction publique hospitalière. L’ANFH gère le budget formation de chaque établissement public et valide les demandes selon les priorités définies.
  • Par l’OPCO Santé pour les structures privées. L’OPCO prend en charge tout ou partie des coûts pédagogiques, ainsi que, dans certains cas, les frais annexes (transport, hébergement).

Bon à savoir : les établissements doivent consacrer au moins 2,1 % de leur masse salariale au financement.

Modalités pratiques :

  • Ces formations sont généralement réalisées sur le temps de travail. L’aide-soignante est donc rémunérée normalement pendant leur durée.
  • Elles sont intégralement prises en charge, sans aucun frais à avancer par la salariée.
  • Cependant, l’accès à ces formations reste soumis à l’acceptation de la hiérarchie et du service formation, qui priorisent les demandes selon : les besoins organisationnels et réglementaires, le nombre de places disponibles, les projets professionnels individuels et leur cohérence avec la mission du service.

Autres dispositifs de financement

En France, il existe plusieurs aides financières pour aider les apprenties aide-soignantes à financer leur cursus, en formation initiale ou continue. Ces financements peuvent se cumuler, sous conditions d’avoir des organismes différents et de ne pas excéder les plafonds fixés.

Afin d’être aide-soignante, vous pouvez vous inscrire dans l’Institut de Formation d’Aide-Soignants (IFAS) sous le statut scolaire. Ainsi, les étudiants bénéficient de la gratuité de la formation et peut percevoir une bourse sur critères sociaux. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2005, les conseils régionaux sont chargés d’attribuer des bourses aux étudiants des formations sanitaires et sociales.

Les contrats en alternance, entre cours à l’école et présence en entreprise, sont gérées par les Centres de Formation des Apprentis (CFA) avec lesquels les IFAS ont signés une convention. Ces contrats en apprentissage ou professionnalisation sont réservés aux étudiants de moins de 30 ans et accordés par l’établissement formateur. Le montant de cette prestation est fixé à partir du salaire journalier de référence du bénéficiaire. L’aide peut être supprimée ou réduite si vous ne respectez pas votre obligation de rechercher activement un emploi. Il s’agit d’un revenu de remplacement pour les personnes qui ne peuvent toucher pas l’ARE. C’est à l’IFAS de constituer le dossier de financement. La structure fournit un document intitulé « AIS NI » (Attestation d’Inscription à un Stage Non-Indemnisé).

Ce type de financement est destiné aux personnes en activités salariés sous certaines conditions. Pour connaître les modalités de prise en charge de la formation, les conditions de maintien de la rémunération, les congés, etc., vous devez vous orienter vers le service de ressources humaines de votre entreprise. Toutefois, si vous avez entre 16 et 29 ans révolus, vous pouvez débuter votre formation en CFA ou section d’apprentissage sans avoir encore trouvé d’employeur. En effet, vous disposez de 3 mois pour trouver un contrat d’apprentissage. Par ailleurs, ce délai est allongé à 6 mois pour les cycles de formations qui ont commencé entre le 1er août 2025 et le 31 décembre 2025. Pendant la période de recherche d’un contrat, vous avez le statut de “stagiaire de la formation professionnelle”.

Les agents de la fonction publique hospitalière peuvent bénéficier de la « promotion professionnelle » ou d’un Congé de Formation Professionnelle (CPF). Ce dernier ne peut pas durer plus de 3 ans, cumulés sur l’ensemble de la carrière. Ces trois années de formation peuvent être réalisées d’affilé ou bien répartis en plusieurs stages d’une durée d’un mois minimum. Les conditions d’accès diffèrent pour la fonction publique d’État, la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière.

Le projet de transition professionnelle (PTP) donne aux salariés le droit de s’absenter de leur poste de travail afin de suivre une formation ou se préparer ou passer un examen, indépendamment du plan de développement des compétences de l’entreprise. Le dispositif intervient de leur propre initiative et à titre individuel. Pour y prétendre, les salariés en contrat à durée déterminée (CDD) doivent justifier de 24 mois d’activité salariée dans le secteur privé au cours des 5 dernières années, dont 4 mois, consécutifs ou non, en CDD au cours des 12 derniers mois.

Informations complémentaires

  • Quel est le coût d'une formation d'Aide-soignante ? La formation coûte près de 7 000 euros.
  • Qui peut aider à financer une formation ? Pôle Emploi, la région, l'employeur, les OPCO, le Compte Professionnel de Prévention (CPP), le Compte d'Engagement Citoyen (CEC) ou encore le Compte Personnel de Formation peuvent financer une formation.
  • Quel est le salaire moyen d'une aide-soignante ? Le salaire d'une aide-soignante de classe supérieure (C2) va de 1 255 euros nets par mois en début de carrière à 1 575 euros nets par mois en fin de carrière.

N'hésitez pas à vous renseigner auprès du centre de formation de l’IFSO le plus proche de chez vous, l’équipe administrative pourra vous apporter des réponses personnalisées en fonction de votre situation sur le financement de la formation aide-soignant.

Comment financer sa formation ? (CPF, POEI, AFPR, AIF, AGEFIPH)

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