Comment financer une formation de reconversion professionnelle en France ?
De plus en plus de salariés envisagent une reconversion professionnelle, que ce soit pour gagner en liberté, se tourner vers un métier passion, augmenter leurs revenus ou viser un secteur moins affecté par les crises. Cependant, financer une telle démarche peut être un obstacle. Heureusement, plusieurs dispositifs de financement existent pour faciliter la reconversion des salariés.
Les dispositifs de financement pour les salariés
1. Le Compte Personnel de Formation (CPF)
Le Compte Personnel de Formation (CPF) est le dispositif de financement le plus connu. Il est attribué à toute personne de plus de 15 ans dès son entrée sur le marché du travail. Il met à disposition des droits à la formation, que les travailleurs peuvent mobiliser pour le parcours de leur choix. Depuis 2015 et le remplacement du DIF (droit individuel à la formation) par le CPF, les travailleurs ne cumulent plus des heures de formation, mais des euros. Leur CPF est renfloué de 500 euros par année travaillée et ne peut pas dépasser 5.000 euros.
Pour consulter le montant total que vous avez accumulé au cours de votre carrière, il vous suffit de vous rendre sur le site mon compte formation et d’accéder à votre espace personnel.
Les travailleurs bénéficient d’une autonomie quasi-complète pour utiliser leur CPF. Le salarié n’a pas nécessairement besoin d’en parler à son entreprise, il peut rechercher la formation qui correspond à son projet parmi l’offre disponible, et l’acheter en un clic sur la plateforme Mon compte formation. En revanche, si le salarié souhaite mobiliser son CPF pour suivre une formation durant son temps de travail, il doit obtenir l’accord de son employeur. Si ce dernier l’accepte, le salarié continue de recevoir sa rémunération durant ses heures de formation.
2. Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)
Spécifiquement dédié à la reconversion professionnelle, le projet de transition professionnelle (PTP) remplace le CIF (congé individuel de formation) depuis le 1er janvier 2019. Il permet aux salariés souhaitant se reconvertir de suivre une formation certifiante dans un autre domaine d’activité, ou d’évoluer dans leur entreprise d’origine. Ils doivent pour cela mobiliser les droits qu’ils possèdent sur leur compte personnel de formation.
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Avantage notable du PTP, aussi appelé CPF de transition professionnelle : les salariés conservent leur poste ainsi que leur rémunération durant toute la durée de leur formation. En d’autres termes, le projet de transition professionnelle permet de prendre un congé spécifique pour suivre un parcours de formation, dont la durée peut désormais dépasser 12 mois.
Pour y avoir droit, il vous faut un certain niveau d’ancienneté à votre poste actuel (12 mois minimum pour les CDI, et 24 mois pour les CDD, pas nécessairement consécutifs) et obtenir l’accord de votre employeur, ainsi que la validation de la Transition pro de votre région, qui a pour mission d’évaluer les projets des salariés avant d’accorder ou non un financement. Une fois votre projet validé, vous choisissez une date d’entrée en formation et faites une demande de congé spécifique à votre employeur.
Les Transitions pro reçoivent plus de projets qu'elles ne peuvent accorder de financement. Pour maximiser ses chances que son dossier soit accepté, il faut que le projet de transition professionnelle repose sur trois critères : la cohérence du projet, la pertinence du parcours de formation au regard de la situation de la personne et de son projet et les perspectives d’emploi relatives au projet.
3. Transitions Collectives (TransCo)
Dispositif d’aide à la reconversion réservé aux emplois fragilisés, TransCo (pour Transitions Collectives) s’inscrit dans le cadre du plan France Relance et s’ajoute au PTP pour permettre aux salariés de s’orienter vers des métiers porteurs. Ce dispositif est à l’initiative de l’employeur et permet aux salariés volontaires, dont l’emploi a été identifié comme fragilisé, d’y avoir recours.
Il est financé par les associations Transition Pro et l’employeur, en fonction de la taille de l’entreprise. Pour bénéficier du dispositif, il faut remplir certaines conditions. “Sont éligibles les salariés ayant travaillé au moins deux ans, dont un an dans la même entreprise. Il faut également occuper un emploi considéré comme fragilisé par les mutations”. Pour que sa demande soit prise en charge, le salarié doit constituer un dossier Transco avec son employeur, et ainsi obtenir de sa part une autorisation de congé.
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La reconversion professionnelle via Transco n’est de fait pas possible pour toutes les professions : la liste des métiers “porteurs” est établie localement par le Crefop (Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles), afin de garantir l’adéquation entre les métiers proposés et les besoins des entreprises d’un territoire donné.
4. La Reconversion ou Promotion par Alternance (Pro-A)
La reconversion ou promotion par alternance, appelée Pro-A, est un dispositif qui permet de monter en compétences rapidement, via une formation, tout en gardant son poste. Le Pro-A permet donc de suivre une formation en alternance, accompagné d’un tuteur interne à l’entreprise, et d’obtenir une certification pour évoluer dans son entreprise ou se reconvertir.
Le dispositif concerne un public bien précis : les salariés peu qualifiés, c’est-à-dire ayant un niveau de diplôme inférieur au grade de licence (bac +3). La principale contrainte du dispositif : le salarié doit obtenir l’accord de son employeur car c’est lui qui, à l’aide des opérateurs de compétences (OPCO), va financer sa formation.
5. Le Plan de Développement des Compétences (PDC)
Dans le cadre du plan de développement des compétences, votre entreprise peut prendre en charge différentes actions de formation qui peuvent, plus ou moins directement, accompagner votre reconversion. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre service RH ou de votre employeur pour connaître les possibilités de formation offertes par votre entreprise ! C’est un bon départ pour entamer son virage professionnel avant de changer de métier.
Le plan de développement des compétences (PDC), qui a pour but de former les salariés aux besoins en compétences de l’entreprise. Contrairement au CPF, ce n’est pas le salarié qui est à l’initiative des actions de formation, mais son employeur. Elle peut être interne, on peut se reconvertir au sein même de son entreprise, en changeant de métier ou en évoluant.
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Si le salarié souhaite entamer une reconversion en interne, le PDC n’a que des avantages. La formation se déroule pendant le temps de travail, le salarié conserve ainsi sa rémunération et sa protection sociale.
Comment financer vos formations (avec le CPF) ?
Financement pour les demandeurs d'emploi
Il n’y a pas que les salariés qui peuvent se reconvertir. Les demandeurs d’emploi ont également le droit de bénéficier d’aides financières pour se former et changer de métier. Pour tout demandeur d’emploi, qu’il perçoive l’allocation chômage d’aide de retour à l’emploi ou non, il est indispensable de monter un Projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE) en amont afin d’éviter une radiation !
- CPF : Tout comme les salariés, les demandeurs d’emploi ont la possibilité de mobiliser leur CPF à tout moment pour se former.
- Aide de Retour à l’Emploi Formation : Lorsqu’une formation est validée par Pôle emploi, le demandeur d’emploi a la possibilité d’utiliser son CPF pour la financer, mais également de percevoir une Aide de Retour à l’Emploi Formation.
- Allocation de sécurisation professionnelle (ASP) : Vous avez été licencié pour motif économique et vous remplissez les conditions pour bénéficier des allocations chômage ? Vous pouvez conclure un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) et percevoir une Allocation de sécurisation professionnelle (ASP) qui vous permet de suivre une formation !
- Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise (ACRE) : S’ils souhaitent créer ou reprendre une entreprise, les demandeurs d’emploi indemnisés et les demandeurs d’emploi non indemnisés mais inscrits à Pôle emploi depuis plus de 6 mois peuvent bénéficier de l’Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise.
- Aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) : Avec l’Aide à la reprise et à la création d’entreprise, les demandeurs d’emploi qui créent ou reprennent une entreprise peuvent choisir de recevoir l’ARCE au lieu du maintien de l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
Tableau récapitulatif des dispositifs de financement
| Dispositif | Bénéficiaires | Objectif | Financement |
|---|---|---|---|
| CPF | Salariés, travailleurs indépendants, demandeurs d'emploi | Acquisition de compétences | Droits à la formation cumulés |
| PTP | Salariés en CDI, CDD, intérimaires, intermittents | Reconversion professionnelle | Maintien du salaire, prise en charge des frais de formation (jusqu'à 18 000€) |
| Transitions Collectives | Salariés dont l'emploi est fragilisé | Reconversion vers métiers porteurs | Maintien du salaire, prise en charge des frais de formation (jusqu'à 18 000€) |
| Pro-A | Salariés peu qualifiés | Montée en compétences, reconversion | Formation en alternance financée par l'employeur |
| PDC | Salariés | Développement des compétences au sein de l'entreprise | Formation financée par l'employeur |
Trouver la bonne solution de financement peut paraître complexe. Pour être sûr de ne pas se tromper, le mieux est encore de se faire conseiller. À l’Afpa, nous vous conseillons sur les opportunités d’emploi pour concevoir au mieux votre projet de reconversion.
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