Comment rédiger un projet de financement : un exemple détaillé

Tout entrepreneur est amené à devoir convaincre un partenaire, une banque ou un investisseur de financer son projet. Rares sont les projets qui ne nécessitent pas d’intervention extérieure pour se développer. Pour autant, convaincre un établissement financier, une société de crédit ou un investisseur de contribuer au financement d’un projet est souvent l’une des étapes les plus difficiles.

Présenter un dossier complet, explicite et bien argumenté augmente sensiblement vos chances d’obtenir votre financement professionnel, crédit bancaire ou prise de participation. Bien évidemment la qualité de votre projet est essentielle. Ainsi, pour mettre toutes les chances de son côté, le document doit être clair, précis et rédigé dans un style soigné.

Il est recommandé d’illustrer votre business plan ou votre document d’investissement à l’aide de tableaux, d’illustrations et de diagrammes explicatifs qui aident et facilitent la compréhension. Les éléments plus techniques (bilans détaillés, tableaux de chiffres …) seront présentés en annexe afin de ne pas alourdir la lecture.

Pensez à utiliser des données réalistes, à anticiper certains imprévus : prévoir des délais de paiements de plusieurs semaines, les impayés, les ruptures de contrats …La présentation du projet doit aussi expliquer les raisons pour lesquelles vous sollicitez un financement.

Comment créer un business plan étape par étape ? #LaChecklist | Crédit Agricole

Qu'est-ce qu'un plan de financement ?

Le plan de financement est un tableau qui synthétise les besoins de financement et les ressources d’une entreprise. Il permet ainsi de s’assurer que l’ensemble des investissements à réaliser peuvent être couverts. Il se décompose en deux parties :

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  • Le plan de financement initial témoigne du rapport entre les besoins et les ressources avant la création. Il dresse un diagnostic de la santé financière du projet au moment de son lancement.
  • Le plan de financement prévisionnel évalue l’équilibre entre les besoins et les ressources de l’entreprise pour les trois années qui suivent sa création. On l’appelle aussi « plan de financement à 3 ans ». Cette seconde partie intègre l’impact des investissements postérieurs au lancement, des remboursements d’emprunt, etc.

Le plan de financement est un élément essentiel du prévisionnel financier établi à l’occasion d’une création ou d’une reprise d’entreprise. Un plan de financement est un document qui présente les besoins financiers d’une entreprise à ses débuts puis sur plusieurs exercices et les ressources financières affectées en contrepartie. Le plan de financement initial sert à calculer le coût total du projet au démarrage et à déterminer son montage financier.

Exemple de plan de financement

Quel est le rôle du plan de financement ?

L’établissement d’un plan de financement constitue une étape incontournable de la structuration d’un projet de reprise ou de création d’entreprise. Il anticipe les problèmes de trésorerie que vous pourriez rencontrer au démarrage de l’activité et dans les années qui suivent. Il s’intègre dans le prévisionnel financier du business plan.

Ce document demeure ensuite un outil de gestion essentiel tout au long de la vie de votre société. En effet, vous devez toujours pouvoir anticiper vos besoins de trésorerie à moyen terme. Ainsi, vous pouvez faire en sorte de réduire le coût de vos financements externes. Ce tableau permet aussi de témoigner de la santé financière de l’entreprise auprès des actionnaires ou de ses partenaires. S’il montre une structure d’endettement saine, il rassure et crédibilise les investissements projetés.

On distingue deux grandes parties dans un plan de financement :

  • Les besoins, c’est-à-dire les dépenses que l’entreprise doit engager pour démarrer son activité.
  • Les ressources, qui correspondent aux moyens qu’elle peut mobiliser pour faire face aux besoins.

Les deux parties peuvent être incluses au sein du même tableau ou présentées dans deux tableaux différents. Généralement, un plan de financement peut se présenter de deux façons différentes :

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  • De manière verticale : les ressources sont placées sous les besoins.
  • De manière horizontale : chacune de ces catégories est intégrée dans une grande colonne, à l’image de l’actif et du passif d’un bilan comptable.

Avant de remplir vos tableaux

La construction de votre plan de financement nécessite de procéder à certains travaux préparatoires. Ils vous aideront à rassembler toutes les données dont vous aurez besoin pour compléter votre tableau.

Checklist

  • Identifier tous les frais de démarrage.
  • Recenser les investissements nécessaires.
  • Calculer votre besoin en fonds de roulement.
  • Lister le montant des apports des associés.
  • Rechercher tous les financements auxquels vous pouvez prétendre.

Il est maintenant temps de compléter les différentes rubriques de votre plan de financement !

Tableau des besoins

Vous devez prendre en compte trois types de dépenses.

Les investissements

Ce sont les dépenses nécessaires au lancement de votre activité. Elles peuvent être de diverses natures :

  • Les frais de création (immatriculation, rédaction des statuts, etc.) ;
  • Les immobilisations incorporelles (dépôts de brevet et de marque, droits d’entrée, droits au bail, etc.) ;
  • Les immobilisations corporelles (matériels, travaux, mobilier, véhicules, etc.) ;
  • Les investissements financiers (dépôts de garantie, cautions, etc.).

Vous devez renseigner l’ensemble des montants hors taxes (HT). Toutefois, vous devez réserver une ligne à la TVA pour prendre en compte l’impact de cet impôt, que vous devez avancer pour l’État. Les entreprises non assujetties doivent indiquer les montants en TTC (puisqu’elles ne récupèrent pas la TVA).

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Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Il représente l’écart temporel entre les encaissements et les décaissements. On constate généralement un décalage entre les entrées et les sorties d’argent, qui correspond au BFR. Vous devez prévoir son financement.

Pour le calculer, vous pouvez utiliser la formule suivante :

BFR = (stocks + créances clients + autres créances) - dettes fournisseurs, fiscales et sociales.

Pour limiter le BFR, vous pouvez négocier des délais de paiement plus longs auprès de vos fournisseurs. Vous pouvez aussi tenter de réduire vos stocks.

La trésorerie nécessaire au démarrage

Vous devez rassembler une somme plus ou moins importante pour couvrir les premières dépenses de l’entreprise (salaires, loyers, etc.). Anticipez également d’éventuels imprévus en les provisionnant dans votre plan de financement.

Tableau des ressources

On y trouve 3 éléments principaux, qui représentent les sources de financement de l’entreprise :

  • Les fonds propres, qui comprennent les apports personnels, les apports en compte courant d’associés, les prêts d’honneur et les subventions.
  • Les emprunts bancaires et les autres formes de crédits (Love Money, crowdfunding, etc.).
  • La capacité d’autofinancement (CAF) : elle correspond au flux de trésorerie généré par l’activité de l’entreprise, qu’elle peut mobiliser pour couvrir ses besoins.

La capacité d’autofinancement ne peut être incluse que pour les périodes postérieures au lancement de l’activité. En effet, c’est cette dernière qui permet de constituer la CAF.


Modèle de plan de financement

Le plan de financement est l’un des documents à étudier pour estimer la viabilité d’un projet. Il est notamment analysé par les prêteurs, qui commencent par s’assurer que les ressources sont au moins égales aux besoins. Dans l’idéal, un excédent permet de disposer d’une marge suffisante en cas d’imprévu ou de projections trop optimistes.

Un poids trop important des besoins doit vous conduire à rechercher d’autres sources de financement. Vos possibilités ne se limitent pas à l’emprunt bancaire. Étudiez les dispositifs d’aides publiques, le crowdfunding, les prêts aidés, etc. Établissez une vision sur plusieurs années pour votre plan de financement. Vous devez notamment inclure l’impact des variations du BFR et des versements de dividendes. Un suivi sur un horizon à trois ans est plébiscité dans le cadre de prévisions financières.

Réussir son plan de financement avec l'outil de Business Plan

L’objectif d'un plan de financement est simple : les ressources doivent être au moins égales aux besoins. En cas de déséquilibre, cela signifie que le projet n’est pas suffisamment financé pour démarrer dans de bonnes conditions. L’outil de Business Plan vous accompagne pas à pas dans la réussite d'un plan de financement. Concrètement, Propulse vous aide à :

  • Identifier tous les besoins liés à votre projet ;
  • Estimer les montants à prévoir pour chaque poste ;
  • Choisir les financements possibles selon votre situation (apport, emprunt, aides…) ;
  • Ajuster facilement votre plan en fonction de vos hypothèses.

Le plan de financement est automatiquement intégré dans le business plan, sous forme d’un tableau clair, prêt à être présenté à une banque ou un investisseur. Il est aussi possible de tester plusieurs scénarios de financement : par exemple, augmenter votre apport personnel, revoir à la baisse un investissement ou ajouter un financement externe.

Autre point utile : les montants sont adaptés selon votre statut juridique, et les champs sont pré-remplis selon le type d’activité sélectionné, ce qui permet de gagner du temps.

Exemple concret

Prenons l’exemple d’un entrepreneur qui souhaite lancer un service de food-truck. L'outil de Business Plan Propulse by CA l’aide à lister l’ensemble des dépenses de départ (camion, équipement, stocks initiaux, communication, fonds de roulement), puis à structurer les ressources : apport personnel, microcrédit, et éventuellement prêt d’honneur. Le tableau final peut être téléchargé en PDF et intégré tel quel à un dossier de demande de financement.

Les documents à fournir pour votre demande de financement

Lorsqu’un établissement bancaire est sollicité pour un financement professionnel, il demande de lui fournir un plan de financement. Dans la majeure partie des cas, la banque demande à la société de compléter un dossier personnalisé à l’aide des éléments financiers dont elle a besoin pour évaluer la demande. Il est essentiel de remplir ces éléments avec attention. Ils permettent d’homogénéiser les demandes ce qui facilite leur évaluation.

Les principaux documents qui devront être fournis pour constituer votre dossier de demande de financement sont :

  • L’extrait Kbis de la société lorsqu’elle est existante;
  • Le devis du bien que vous souhaitez acheter;
  • Vos comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexes des 3 dernières années).

Ce dossier comprend plusieurs parties :

  • Une partie pour présenter le projet. N’hésitez pas à utiliser ou vous baser sur votre executive summary ou votre pitch.
  • La description de l’exploitation ;
  • La nature de l’activité ;
  • Des informations d’ordre juridique.

Le business plan : un document essentiel

Comme évoqué ci-dessus, le business plan est un document essentiel qui présente l’ensemble des aspects d’un projet. Au-delà de permettre au financeur potentiel d’étudier le projet dans sa globalité (le concept, le marché, le modèle économique, l’équipe et bien évidemment sa partie financière et sa rentabilité prévisionnelle) le business plan permet d’évaluer la qualité de l’équipe fondatrice.

Ce travail de synthèse et de présentation reflète la qualité du ou des porteurs de projet. Il nécessite de travailler chaque étape du projet, de concevoir et présenter une stratégie souvent basée sur une étude de marché, de mettre en place un modèle économique et d’élaborer un prévisionnel financier. La demande de financement n’étant souvent que l’étape qui suit la constitution du business plan et qui précède le lancement concret du projet.

Ainsi, imposer de joindre le business plan à la demande de financement permet aux banques et aux établissements de crédit de s’assure que chacun des aspects du projet a été travaillé correctement, que le rendu final est homogène et que les porteurs du projet ont la volonté et les ressources pour le mener à bien et rembourser l’emprunt.

Le business plan n’est pas un document générique. Il est important d’adapter son contenu en fonction de la personne et le partenaire à qui il est destiné. Lorsqu’elle analyse le projet, la banque va être particulièrement attentive à certains indicateurs financiers révélateurs de la rentabilité du projet.

Conseils supplémentaires

Pour obtenir un accord de financement et notamment d’un prêt professionnel, il est nécessaire de répondre à certains critères comme le pourcentage d’apport personnel qui doit généralement être supérieur à 35%, la capacité d’emprunt personnel, taux d’endettement … Veillez à vous assurer de répondre à l’ensemble des critères avant de constituer votre dossier de demande de financement.

Pensez aussi à mentionner les aides de pôle emploi (maintien des ARE, ARCE, ACRE, … ) et tout ce qui pourra apporter de la crédibilité à votre projet (subvention Nacre, concours, subventions …). Si vous avez des comptes courants, pensez à les bloquer jusqu’au remboursement total du prêt professionnel. Cela garantira au banquier que le prêt ne servira pas à les rembourser.

Faites les choses dans l’ordre, pensez à faire vos demandes de subvention, de prêt d’honneur, de love money, de crowdfunding et autres financements avant de solliciter un emprunt. La demande de financement peut concerner un investissement spécifique comme l’achat de matériel professionnel (machine-outil, véhicule, extension …). Il n’est alors pas nécessaire de réaliser un business plan par contre il vous sera souvent demandé de fournir un tableau d’investissement.

Si ce dernier est important (achat d’un bâtiment, d’un fonds de commerce …) le business plan sera alors nécessaire. Solliciter un financement au bon moment facilite son obtention. En tant que créateurs ou entrepreneurs, nous avons souvent le reflex de déclencher un peu tôt notre demande de financement. Pour les banques comme pour les investisseurs, accorder un financement représente un risque.

Plus la société montre un modèle économique viable, moins le risque est important. Lorsque l’activité est pérenne, en attendant un peu on parvient souvent à faire évoluer le modèle ce qui confirme l’existence et la rentabilité du modèle. Les investisseurs ont, tout comme les autres sociétés, un modèle économique qui les contraints en termes de timing et de nature de clients (nature de l’activité, localisation, taille de la société, garanties exigées …).

Étapes clés du business plan

Pour créer, développer ou racheter une entreprise, il est fort probable que vos deniers personnels ne suffisent pas à financer la totalité de l’investissement ou des coûts. Pour compléter votre apport personnel, plusieurs solutions s’offrent à vous : love money, subventions, business angels et… votre banque !

Pour augmenter vos chances d’obtenir un prêt bancaire, il faut dans un premier temps se poser la question de l’objet de ce financement. Votre demande peut porter sur l’outil de production, une machine ou bien un logiciel nécessaire à l’exploitation par exemple, un véhicule de fonction, des installations. Dans ce cas, les attentes du créancier seront moindres. Si vous souhaitez réaliser un investissement lourd comme l’achat d’un fonds de commerce ou d’un bien immobilier, il vous faudra préparer une documentation fournie pour justifier le bien-fondé de cette demande.

La documentation relative au projet. L’executive summary pour présenter succinctement le projet. Ces documents doivent permettre à votre futur créancier d’avoir une vision claire de vos ambitions quant au développement de l’activité sur une période de 3 à 5 ans, et surtout de se convaincre que vous disposerez des ressources pour le rembourser. Nous vous recommandons d’attacher une importance toute particulière à la forme.

Parmi tous ces éléments, le banquier va surtout s’intéresser aux indicateurs financiers qui vont lui indiquer votre capacité à rembourser le prêt. Plus votre apport personnel est élevé, de l’ordre de 10 à 30% du total demandé, plus vous avez de chances d’obtenir les fonds. Au cours des premières années d’exploitation, le banquier veut s’assurer que vos ressources dépassent vos besoins, il va notamment pouvoir le faire en analysant votre capacité d’autofinancement (CAF).

Nous l’avons évoqué, les banques sont très sélectives et refusent une large majorité des demandes de financement pour des projets de création ou de reprise d’entreprise. Pourquoi ? Ne prenez pas ombrage d’un refus : l’échec d’hier est l’opportunité d’aujourd’hui. Prenez le temps de revoir votre business model, de vérifier vos prévisions pour que le projet gagne en maturité et que le second round soit le bon. Tapez à la porte d’autres établissements pour tester et améliorer votre pitch.

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