Comment se rémunérer en tant qu'auto-entrepreneur : Guide complet

En tant que chef d’entreprise, il n’est pas toujours facile de définir la rémunération adéquate par rapport à son travail, son activité et sa trésorerie disponible. Le chiffre d’affaires n’est pas la seule variable à prendre en compte. En effet, un gérant de société ou d’auto-entreprise peut se rémunérer lorsque les revenus de l’entreprise sont suffisants pour régler ses charges fixes et qu’il reste du bénéfice. Alors, comment se verser un salaire en micro-entreprise ou en société ? Comment se rémunérer au bon moment et calculer le bon montant ?

Beaucoup de variables (quand, comment, combien ?) dépendent directement de votre activité, de votre croissance et de votre chiffre d’affaires, mais aussi de choix stratégiques dans le pilotage de votre entreprise. Préférez-vous vous rémunérer rapidement ou vous constituer une trésorerie rapidement ?

Les bases de la rémunération en micro-entreprise

Le statut micro-entrepreneur offre de nombreux avantages ! Le premier est de ne pas distinguer votre patrimoine personnel de votre patrimoine professionnel. Il est donc possible de se verser un salaire sans faire de bulletin de paie. Il vous suffit de faire un virement de votre compte bancaire professionnel vers votre compte bancaire personnel, ou bien d’utiliser l’argent de votre entreprise directement si vous n’avez qu’un seul compte en banque. Votre salaire en micro-entreprise découle simplement de vos bénéfices.

En tant qu’auto-entrepreneur, on ne parle pas de salaire à proprement parler mais de revenus. Ici, pas de contrat, ni de montant fixe. Vous êtes payé selon votre chiffre d’affaires, c’est-à-dire ce que vous facturez à vos clients. Il est tout aussi important de noter que chiffre d’affaires ≠ revenu.

Avoir le statut d’auto-entrepreneur permet de jouir d’une grande flexibilité tout en générant des revenus issus d’une activité professionnelle. L’une des spécificités du régime d’auto-entrepreneur réside dans la grande liberté qui est offerte à la personne exerçant son activité.

Lire aussi: INPI : Guide complet Signature Électronique

Quand on est autoentrepreneur, il n’y a aucune formalité particulière à effectuer pour se verser un salaire. Techniquement, il est même possible d’utiliser directement, pour des dépenses personnelles, les moyens de paiement du compte professionnel.

Pour vous payer, il vous suffit de transférer l’argent de votre compte dédié (professionnel ou non) vers votre compte personnel. Cela dit, cette liberté implique aussi de bien gérer vos finances, car tout ne peut pas aller directement dans votre poche.

Auto-entrepreneur: comment fixer ses prix ?

Déterminer le montant idéal de votre rémunération

Pour se verser un salaire, vous devez déjà réfléchir à la rémunération minimale dont vous avez besoin. Établissez un plan financier prévisionnel en tenant compte des cotisations sociales et des impôts que vous devrez payer. Le plan de financement prévisionnel permet de vous assurer de l’équilibre financier de votre activité. Il récapitule l’ensemble de vos besoins financiers et vos ressources. Vous pourrez alors déterminer vos bénéfices, donnée clé pour votre rémunération entrepreneur.

Pour déterminer le montant idéal de votre rémunération, vous devez donc estimer toutes vos charges professionnelles : frais courants, cotisations sociales, impôt sur le revenu, taxes sur le chiffre d’affaires, etc. Se verser un salaire ne dépend pas uniquement de vos revenus ! Gardez en tête que vos cotisations sociales représentent la somme la plus importante à défalquer de votre CA total.

Les cotisations sociales

Les cotisations sociales ou charges sociales sont des prélèvements assis sur les salaires ou sur le chiffre d’affaires. Le statut de micro-entrepreneur permet à ce dernier de bénéficier d’un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations sociales obligatoires.

Lire aussi: SARL : Comment distribuer des dividendes ?

En micro-entreprise, les activités d’achat et vente de marchandises s’acquittent de 12,9 % de cotisations sociales. Pour de la prestation de services, ce taux s’élève à 22,2 % du chiffre d’affaires brut.

Pour se verser un salaire auto-entrepreneur sans impacter la santé financière de votre entreprise, n’oubliez pas de tenir compte des versements mensuels ou trimestriels que vous devez à l’URSAAF ! Vous devez défalquer de votre chiffre d’affaires le montant à verser à cet organisme au titre du paiement des cotisations sociales. Il s’agit d’un pourcentage de votre chiffre d’affaires déclaré, pourcentage qui dépend de votre secteur d’activité.

Après la création de votre auto-entreprise, pensez à demander l’Acre si vous y avez droit. C’est un dispositif d’exonération de cotisations pour favoriser les créations et reprises d’entreprises.

Un auto-entrepreneur doit payer des cotisations et contributions sociales à l'administration. Ces cotisations servent au financement de la sécurité sociale, et ouvrent des droits notamment pour la retraite et pour l'assurance maladie. Elles permettent également de financer la formation professionnelle. Leur montant varie en fonction du type d'activité.

Les cotisations permettent de se protéger personnellement mais également de protéger son conjoint et ses enfants par le biais d’une couverture maladie, d’indemnités etc… Elles permettent également de préparer l’avenir avec le régime des retraites et de contribuer au système de la Sécurité sociale, qui garantit en retour les prestations de base.

Lire aussi: Fiche INSEE : le guide

Les impôts

Tous les micro-entrepreneurs sont soumis par défaut à l’impôt sur le revenu qui est réglé chaque mois par prélèvement à la source. Cela consiste à déduire l’impôt sur le bulletin de paie avant versement du revenu. De ce fait, le paiement est étalé sur 12 mois et le décalage d’un an supprimé. Il peut toutefois opter sous conditions pour un prélèvement libératoire de l’impôt grâce au régime micro-social simplifié dont il bénéficie.

Il convient de souligner qu’il ne s’agit ici que d’une option réservée à l’auto-entrepreneur afin de faciliter ses démarches. Il est tout à fait possible de ne pas opter pour cette option.

En plus de l’impôt sur le revenu, l’auto-entrepreneur est redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la TVA. Il doit régler la CFE, tous les ans dans la commune où est domiciliée son activité.

En tant qu'auto-entrepreneur, il est important de comprendre votre responsabilité concernant la TVA. Généralement, les auto-entrepreneurs sont exemptés de TVA jusqu'à ce que leur chiffre d'affaires atteigne un certain seuil, qui varie en fonction de la nature de l'activité (services ou vente de marchandises).

Une fois ce seuil dépassé, vous êtes tenu de collecter et de déclarer la TVA sur vos ventes ou services. Le taux de TVA appliqué dépend du type d'activité et peut varier, mais le taux standard est souvent autour de 20%. Il est essentiel de se tenir informé des seuils actuels et des taux applicables, car ils peuvent évoluer avec le temps.

Les charges professionnelles

Il est essentiel de prendre en compte les dépenses nécessaires au bon fonctionnement de l’activité. Toutes ces dépenses sont à prendre en compte car elles constitueront un montant total à déduire du chiffre d’affaires.

Bien que le régime auto-entrepreneur ne permette pas de déduire directement des frais professionnels, il est important de les prendre en compte pour avoir une vision réaliste de votre rentabilité.

Les frais de débours représentent l’ensemble des sommes avancées par l’auto-entrepreneur au nom du client pour la réalisation d’un service. La facture est établie au nom du client final, ce qui accorde le droit à l’auto-entrepreneur de se faire rembourser. Il est important de préciser que les frais de débours ne sont pas une refacturation. Le remboursement ne peut comprendre un coefficient de marge.

Même si vos frais professionnels ne sont pas directement déductibles, ils impactent vos finances. Mettez en place une stratégie d’épargne dédiée.

Quand et comment se verser un salaire ?

Pour un entrepreneur individuel, il est possible d’obtenir une rémunération dès que la trésorerie le permet. Il suffit pour cela de se baser sur ce qui est planifié dans votre bilan prévisionnel. Il n’a de comptes à rendre à des associés et peut librement choisir les dates, avec un ou plusieurs versements par mois pour se rémunérer. Mais il est aussi possible d’attendre plusieurs mois avant de se rémunérer afin d’utiliser les premières rentrées d’argent pour recruter ou investir.

Un excédent de trésorerie peut vous servir à vous constituer des réserves financières pour financer votre besoin en fonds de roulement et anticiper des périodes futures plus difficiles financièrement.

Pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, se verser un salaire est régi par davantage de règles.

Déterminer votre « salaire » mensuel peut être un véritable défi, surtout quand notre chiffre d’affaire peut varier d’un mois à l’autre. Choisir entre un salaire fixe ou variable ne dépend que de vous, de vos priorités et de vos préférences en matière de gestion financière.

Définir un salaire mensuel fixe peut être une excellente idée, surtout si vous souhaitez sécuriser vos finances personnelles. Un salaire variable est plus flexible et convient particulièrement aux auto-entrepreneurs dont l’activité est saisonnière ou irrégulière.

Pour éviter les à-coups financiers, il est recommandé d’adopter une routine de virement. Si votre activité connaît des variations saisonnières, planifiez vos virements en conséquence pour lisser vos revenus sur l’année.

Les pièges à éviter

Jusqu’à ce que votre entreprise ait atteint son point d’équilibre avec des recettes supérieures ou égales aux dépenses, vous ne serez pas en mesure de vous verser un salaire mirobolant. De plus, si vous avez inclus des investisseurs dans la création de votre entreprise, vous devez utiliser cet argent pour participer à la croissance de la structure et non pour vous enrichir directement.

Pour garantir la pérennité d’une firme, sachez que le montant du salaire est limité par l’administration fiscale afin d’éviter une rémunération excessive. On considère qu’un salaire est excessif s’il s’agit d’une manière détournée de percevoir les bénéfices de la société.

En théorie, aucun plafond ou minimum réglementaire n’encadre la rémunération d’un auto-entrepreneur. Vous êtes donc totalement libre de définir le montant que vous vous versez chaque mois.

Avant de fixer sa rémunération, l’auto-entrepreneur doit prendre en considération les plafonds du statut d’auto-entrepreneur. Si la micro-entreprise dépasse ces plafonds durant 2 années consécutives, elle bascule dans le régime simple de l’entreprise individuelle.

Si vous approchez des plafonds légaux, vous pourriez être soumis à la TVA ou perdre le statut d’auto-entrepreneur.

Encore une fois, en tant qu’auto-entrepreneur, vous n’avez aucune obligation légale de vous verser un salaire. Vos cotisations sociales sont dues même si vous ne vous versez pas de salaire. Vous ne bénéficiez pas d’une fiche de paie. Vous pourriez manquer de points pour votre retraite. Si vous ne réalisez pas un chiffre d’affaires suffisant pour valider des trimestres, cela impactera directement votre future pension.

Ne pas se verser de salaire peut parfois sembler une bonne idée, notamment pour conserver un maximum de trésorerie dans l’entreprise.

Justificatifs de revenus pour l'auto-entrepreneur

Si vous ne réalisez pas un chiffre d’affaires suffisant pour valider des trimestres, cela impactera directement votre future pension.

Les banques exigent généralement des justificatifs de revenus pour évaluer votre capacité d’emprunt. Si vous souhaitez souscrire un prêt immobilier, personnel ou professionnel, un relevé équivalent à une fiche de paie peut rassurer les organismes prêteurs. Les propriétaires ou agences immobilières demandent souvent des fiches de paie pour évaluer la stabilité financière des locataires.

Même si vous n’êtes pas salarié, il est tout à fait possible de produire une fiche de paie ou un justificatif équivalent qui détaille vos revenus. Cela peut être fait manuellement ou à l’aide d’outils spécifiques.

Pour simplifier le processus, de nombreux outils et logiciels permettent de générer des fiches de paie ou des relevés adaptés aux auto-entrepreneurs.

Outils et documents utiles

  • L’URSSAF peut fournir une attestation de déclaration de chiffre d’affaires, qui est souvent acceptée comme preuve de revenus dans de nombreuses démarches.
  • Logiciels dédié et logiciels comptables : Si vous utilisez déjà un logiciel comme QuickBooks ou Sage, ils offrent souvent des fonctionnalités pour produire des rapports ou attestations de revenus.
  • Il est également possible d’utiliser les justificatifs de déclaration du chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur auprès de l’URSSAF.

Quelques Chiffres clés sur les auto-entrepreneurs

Fin 2021, près de 4 millions de Français exerçaient une activité non salariée, avec des disparités de revenus très importantes selon leur statut. Selon l'INSEE, le salaire des micro-entrepreneurs (ex-auto-entrepreneurs) actifs est en moyenne de 630 euros par mois, les entrepreneurs individuels 4 180 euros et les gérants de société 3 890 euros. À titre de comparaison, un salarié du secteur privé gagnait en moyenne 2 630 euros nets par mois.

Ainsi dans une étude de 2020, l’INSEE a dénombré 1,4 millions d’auto-entrepreneurs en France. Néanmoins, la même étude met en lumière le salaire moyen des auto-entrepreneurs. Ainsi, les personnes exerçant une activité d’auto-entrepreneurs obtiennent une rémunération moyenne s’élevant à 590 euros par mois.

Il convient de noter que la rémunération pour tout indépendant est souvent ajustée au fur et à mesure, étant étroitement liée à vos priorités en tant qu'entrepreneur, à la croissance de votre chiffre d'affaires, aux bénéfices réalisés et à la charge fiscale que vous supportez. Il est essentiel de prendre en compte ces éléments à l'avance afin de fixer votre rémunération en tant que chef d'entreprise aussi équitable que possible.

Selon une étude de l’INSEE en 2020, les personnes exerçant une activité d’auto-entrepreneurs obtiennent une rémunération moyenne s'élevant à 590 euros par mois.

Quel type de rémunération selon quel statut juridique ?

La rémunération en entreprise individuelle (dont la micro-entreprise)

En entreprise individuelle au régime classique ou au régime de la micro-entreprise (ex auto-entreprise), vous et votre société ne faites qu'un. Cela signifie que vous êtes libre de vous verser un salaire du montant que vous souhaitez à partir de vos revenus générés.

La rémunération en société (EURL, SARL, SAS et SASU)

En tant que gérant majoritaire de société, vous pouvez percevoir une rémunération au titre de votre mandat social. Une spécificité du statut de dirigeant de SAS ou SASU, ou de gérant égalitaire ou minoritaire en SARL, est que vous avez un statut d'assimilé salarié avec lequel vous devez générer un bulletin de paie tous les mois lorsque vous vous versez un salaire.

L'imposition de la rémunération d'un dirigeant de société

Si vous êtes dirigeant d'une entreprise qui relève de l'impôt sur les sociétés (IS), vous devez déclarer votre rémunération en tant qu'entrepreneur dans la catégorie des traitements et salaires (ou rémunérations des dirigeants en cas de participation majoritaire). Le montant de votre salaire est ensuite assujetti au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR). Une déduction forfaitaire de 10 % est appliquée à cette rémunération, mais vous avez la possibilité d'opter pour la déduction de vos frais professionnels réels et justifiés.

Pour les déclarations à l'IR, la catégorie fiscale appropriée qui détermine l'impôt dépend de l'activité exercée, qu'il s'agisse de BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou de BNC (Bénéfices Non Commerciaux).

Rémunération classique ou dividende ?

En réalisant un apport au sein de votre entreprise, et si cette dernière est soumise à l'IS, vous pouvez choisir de vous rémunérer en dividende. Contrairement à une rémunération classique, autrement dit un salaire, il n'y a pas de cotisations sociales avec les dividendes. D'un point de vue purement fiscal, les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % et doivent être déclarés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: