Calcul et fonctionnement des cotisations retraite des infirmiers et infirmières libéraux
Loin de nous l’idée de polémiquer sur la réforme des retraites du moment. Cependant on profite de l’actualité pour dresser un état des lieux de la retraite des infirmières. Qu’en est-il en ce mois de mars 2023 avant l’adoption de la réforme en cours ? Partir à la retraite quand on est infirmier ou infirmière libérale nécessite de l’anticipation ! Afin de déterminer l’âge idéal de départ, il est indispensable de prendre le temps de vous poser certaines questions. Retraite à taux plein ou pas forcément ? Régime de base et complémentaire, à quoi avez-vous droit ? Combien de trimestres avez-vous cotisés ? Selon votre parcours et votre état, quel est l’âge limite pour prendre encore bien soin ? Autant de réponses à apporter pour vous aider à bien choisir votre date d’arrêt. Ce cheminement prend du temps alors penchez-vous sur votre retraite au moins un an avant. Plus vous serez organisé, moins vous serez pris au dépourvu.
Les bases du système de retraite pour IDEL
L’âge légal de départ à la retraite pour une infirmière libérale au moment où nous écrivons cet article (mars 2023) est de 62 ans, au plus tôt, pour le régime de base. Pour le régime complémentaire et l’ASV, l’âge légal est de 60 ans, au plus tôt. Mais attention, l’âge légal de départ à la retraite ne signifie pas l’âge de la retraite à taux plein. Comme nous l’indique la Carpimko : « Avoir l’âge légal ne vous garantit pas le versement de vos pensions à taux plein. Pour bénéficier de vos pensions à taux plein, vous devez soit justifier d’une durée d’assurance suffisante, soit attendre d’avoir l’âge requis (âge légal + 5 ans). »
Vous êtes perdu ? Ce régime de base dépend, comme pour tous les professionnels libéraux, de la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales). Ce régime est calculé avec un système de points. Cette retraite complémentaire d’infirmière libérale dépend de la Carpimko (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, pédicures-podologues, Orthophonistes et orthoptistes). Ce régime complémentaire s’ajoute à votre retraite de base. De la même manière que pour le régime de base, il est calculé avec un système de points. La Carpimko est l’une des 10 sections professionnelles de la CNAVPL. Le tout pour les 3 régimes: la retraite de base, la retraite complémentaire et la retraite supplémentaire. Notez que la valeur du point est différente dans chaque régime. Et que selon si vous avez atteint le taux plein ou pas, des décotes peuvent avoir lieu.
Régimes et points: base, complémentaire et ASV
La CARPIMKO est la caisse spécifique des IDEL et elle gère le régime complémentaire, en plus du régime de base CNAVPL. En tant qu’organisme dédié, elle collecte les cotisations sociales auprès des professionnels libéraux, et veille à la constitution de leurs droits en vue de leur retraite. En complément du régime de base, les infirmières libérales peuvent bénéficier du régime supplémentaire d’Assurance de Retraite des Professionnels Libéraux (ASV). Que ce soit pour la retraite de base, complémentaire ou supplémentaire, le calcul de la pension des infirmières libérales repose sur le système de points. Si une infirmière libérale prend sa retraite avant de valider tous ses trimestres (entre 167 et 172 selon l’année de naissance) dans le régime de base et le régime complémentaire, une décote s’applique.
Cas pratique et éléments d’anticipation
« On le voit avec ces chiffres, la retraite de l’IDEL c’est pas l’Eldorado. » Pour pouvoir profiter d’une meilleure retraite, et ne pas dépendre uniquement de la Carpimko, la solution est de varier les statuts entre salarié et libéral (salariat dans un centre de soin, une SELARL ou une HAD). Certes vous gagnerez peut-être moins, sur le moment, mais votre retraite sera plus élevée. L’autre solution est d’investir dans des retraites complémentaires. Depuis le 1er octobre 2019, le Plan Épargne Retraite (PER) est le nouveau dispositif en place. Il propose un seul et unique produit d’épargne retraite. Ce PER vient en remplacement de la Loi Madelin, du PERP, PERCO…
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Avant toute chose, pensez bien à anticiper votre demande de retraite. C’est le premier organisme à qui vous adressez. Vous devez déposer votre demande de retraite au moins 6 mois avant sa prise d’effet. Les délais de traitement peuvent être assez longs, ne vous laissez pas surprendre. Pour effectuer cette demande, rendez-vous sur le site « info-retraite.fr » et laissez-vous guider. Vous pouvez encore faire la démarche par courrier. Ce site réunit tous les organismes de retraite obligatoire (de base et complémentaire) et mutualise toutes les données. Cela vous permet une démarche simplifiée. Vous devez informer votre CPAM de votre départ à la retraite, 3 mois minimum avant la date de votre début de retraite. 1 mois avant la date de votre départ en retraite, vous devez informer l’URSSAF de votre cessation d’activité. Le tout par écrit et en remplissant le bon formulaire ! À la suite de cela, vous allez recevoir une attestation de radiation à conserver soigneusement. Le centre de formalités des entreprises (CFE) se charge alors de transmettre l’information auprès des différents organismes concernés. Il vous reste ensuite à informer l’ONI (Ordre National des Infirmiers) de votre départ à la retraite. On vous recommande de le faire par courrier recommandé avec accusé de réception (AR).
Calcul et régimes: base, complémentaire et ASV
Pour calculer vos droits, plusieurs facteurs sont pris en compte : votre date de naissance, le nombre de trimestres que vous avez cotisés, la date à laquelle vous allez arrêter de travailler, et vos droits dans les régimes de retraite complémentaire. À titre indicatif, les IDEL touchent en moyenne environ 1 647 € par mois selon les dernières données, mais ce montant varie selon votre parcours et vos points.
Le régime de base correspond à un dispositif retraite obligatoire. Les cotisations que vous payez en tant qu’IDEL à la CARPIMKO sont converties en points, avec une tranche initiale de 525 points annuels. Le régime complémentaire est calculé pareilment sur le système de points. Depuis 2026, le régime complémentaire est basé sur un système 100 % proportionnel à vos revenus BNC, au taux de 8,70 % sur une assiette comprise entre 0,5 PASS et 3 PASS. La valeur du point est de 21,48 € au 1er janvier 2026. L’Allocation Supplémentaire de Vieillesse (ASV) est calculée par points avec une valeur du point à 1,50 € au 1er janvier 2026 pour les points acquis après 2006. Pour toucher l’ASV, partir à 65 ans minimum sans condition de cessation de votre activité libérale.
La retraite de base et complémentaire s’accompagne d’un dispositif Épargne Retraite (PER) et d’investissements comme l’immobilier pour générer des revenus complémentaires. La retraite progressive et le cumul emploi-retraite offrent des transitions adaptées : progression douce vers l’arrêt total avec maintien d’une partie des revenus, et possibilité de cumuler pension et revenus sous conditions.
Tableau récapitulatif et exemples
| Régime | Valeur du point (2026) | Conditions principales |
|---|---|---|
| Retraite de base (CNAVPL) | 0,6599 € | Cotisation ~17,75 % des revenus BNC jusqu’au PASS |
| Retraite complémentaire CARPIMKO | 21,48 € | 8,70 % des revenus BNC entre 0,5 et 3 PASS |
| ASV | 1,50 € | Départ à 65 ans minimum |
Pour finir, le calcul et le montant de la retraite dépendent largement de la carrière individuelle. Les chiffres donnés ici illustrent des tendances et des mécanismes, mais chaque parcours est spécifique et doit être vérifié sur Info-Retraite ou via CARDMKO et l’ONI.
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Les démarches finales et conseils pratiques
Pour préparer votre départ, combinez des outils comme le simulateur CARPIMKO ou simuler-ma-retraite sur Info-Retraite pour vérifier votre relevé de carrière et votre estimation retraite. Informez systématiquement les organismes concernés et anticipez les délais de traitement. En cas de dissociation avec un cabinet, préparez la transmission de la patientèle et les aspects contractuels en amont, afin de sécuriser la continuité des soins et vos revenus post-retraite.
Bonnes pratiques: consultez votre relevé de carrière, vérifiez les trimestres validés et anticipez les éventuelles décotes ou surcotes. En cas de doute, contactez un expert-comptable spécialisé ou un conseiller CARPIMKO pour une étude personnalisée.
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