Comprendre le Chômage : Analyse et Explication par l'INSEE

Le chômage est un concept simple mais une réalité complexe. Il est défini comme la situation d’un individu ou d’une partie de la main-d’œuvre d’un pays sans emploi et à la recherche d’un emploi. Sur le marché du travail, le chômage apparaît lorsque la demande d’emplois des travailleurs (offre de travail) est supérieure aux offres d’emplois des entreprises (demande de travail).

Les « chiffres du chômage » reviennent de façon récurrente au cœur du débat public et sont parfois discutés. Leur publication est toujours médiatisée et leur évolution signale l’échec ou la réussite des politiques mises en œuvre par les gouvernements. Comment mesure-t-on le chômage ? Quelles sont les limites de sa mesure ?

La Mesure du Chômage : INSEE vs Pôle Emploi (France Travail)

Si les chiffres du chômage font parfois l’objet de débat, c’est en partie parce qu’il existe deux mesures du phénomène, qui en réalité se complètent plus qu’elles ne s’excluent ne poursuivant pas les mêmes objectifs. En effet, Pôle Emploi (désormais France Travail), dont la mission est de prendre en charge le service de l’emploi et d’indemnisation, comptabilise les demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM). Il s’agit d’une mesure administrative du chômage qui obéit à une logique de gestion de personnes et de réglementation du service public dédié aux chômeurs plutôt qu’une mesure statistique du chômage.

C’est pourquoi, comme la plupart des organismes statistiques des pays, l’INSEE se réfère aux critères établis pour le Bureau international du travail (BIT) pour mesurer le chômage. Ainsi, pour être considéré comme chômeur au sens du BIT, une personne doit remplir simultanément trois conditions :

  • Être sans emploi au cours de la semaine de référence de l’enquête.
  • Avoir effectué une démarche active de recherche d’emploi.
  • Être disponible pour travailler immédiatement.

Contrairement à France Travail, la logique du BIT est avant tout économique : il s’agit de déterminer les ressources en main-d’œuvre immédiatement disponibles pour contribuer à l’emploi et par là à la richesse. De ce fait, le nombre de chômeurs peut être différent suivant la méthode employée, car la définition du chômage au sens du BIT est complètement indépendante du fait que les personnes soient ou non inscrites à France Travail.

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La définition officielle du chômage (« au sens du BIT ») délimite en même temps les deux catégories complémentaires des chômeurs : d’une part, celle des actifs occupés (« en emploi »), qui recouvre l’ensemble des personnes qui ont un emploi salarié ou non ; d’autre part, celle des inactifs, composée par les personnes qui ne recherchent pas d’emploi ou qui ne sont pas disponibles pour en occuper un. L’ensemble formé des chômeurs et des actifs occupés constitue la population active.

Le « Halo du Chômage »

La réalité de la situation des personnes est toutefois plus complexe que ne suggère la séparation nette entre « chômeurs », « actifs occupés » et « inactifs ». Dans les années 1980, la notion de « halo du chômage » est apparue pour décrire des situations de personnes qui semblaient assez proches du chômage sans pour autant être comptabilisées parmi les chômeurs au sens du BIT. Ces personnes ont des situations qui se trouvent à la frontière entre chômage, emploi et inactivité.

Dans le « halo du chômage », on trouve notamment les situations de sous-emplois qui concernent les personnes considérées comme actives occupées au sens du BIT mais occupant une activité réduite involontaire. C’est le cas des travailleurs qui subissent un emploi à temps partiels ou encore de ceux qui sont en chômage partiel. Au troisième trimestre 2019, 5,4 % des personnes en emploi sont en situation de sous-emploi. Il s’agit principalement de personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage.

Dessine-moi l'éco : Comment mesure-t-on le chômage ?

Analyse Statistique du Chômage

L’analyse statistique du chômage montre qu’il s’agit d’un phénomène massif, durable et sélectif. Si le taux de chômage de la France est particulièrement élevé sur la dernière décennie, il l’est également relativement à d’autres pays dont le dynamisme du marché du travail est souvent mis en exergue, c’est notamment le cas de l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis.

L’analyse de longue période du chômage révèle son caractère durable et massif depuis la fin des Trente Glorieuses. Le chômage est aussi un phénomène inégalitaire car il touche deux fois plus les jeunes actifs et les moins diplômés.

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Au-delà des personnes qu’il frappe, le chômage entraîne un coût important pour la société. Un coût direct qui correspond à la perte de richesse qui aurait pu être produite par les personnes inemployées, auquel s’ajoute le montant de l’indemnisation de cette situation de non-emploi.

Disparités et Risques de Chômage

Toutes les catégories sociales ne présentent pas le même risque de chômage. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail est de 6,6 % pour les actifs ayant déjà travaillé (en 2017). Il existe des disparités selon les catégories socioprofessionnelles. Le taux de chômage est plus élevé pour les moins diplômés. Par exemple, le taux de chômage est plus faible pour les cadres (4,7 %) que pour les ouvriers peu qualifiés (15,4 %).

Les situations à l’entrée au chômage diffèrent nettement selon l’âge. Le licenciement, qu’il soit économique ou non, est rare (3,5 %) pour les 50 ans ou plus. En revanche, la démission est plus fréquente (figure 3). Seulement 2,3 % des 50 ans ou plus ont été licenciés, contre 2,5 % de ceux de moins de 25 ans.

En France, seule l’enquête Emploi met en œuvre ces questions et permet de mesurer le chômage au sens du BIT. Chaque trimestre, environ 90 000 personnes répondent à l’enquête. Depuis 2003, l’enquête est réalisée en continu.

Taux de chômage en France

Source: INSEE

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Évolution du Chômage en France

L’amélioration de l’emploi amorcée en 2015 est nette. Depuis cette date, le taux de chômage a baissé de 10,3 % à 7,5 %, selon l’Insee. Le mouvement est important : il a retrouvé son niveau du milieu des années 1980. En 2022, on a observé une nette diminution. Le taux de chômage est stable en moyenne depuis 2022. En 2023, le chômage s’est stabilisé.

Les Chiffres Récents (2025)

  • En juillet 2025, on compte 5 669 700 inscrits à France Travail en catégories A, B, C en France (+1,1 % en un mois).
  • Au 2e trimestre 2025, on compte 5 612 100 inscrits à France Travail en catégories A, B, C en France (-2,2 % par rapport au trimestre précédent).

Les Sources d'Information de l'INSEE

L'INSEE met à disposition plusieurs sources d'information pour suivre le chômage :

  • Une photographie du dernier trimestre, disponible environ 50 jours après la fin du trimestre.
  • Pour les experts, des données détaillées, disponibles en milieu d’année « N+1 ».
  • Un ouvrage annuel sur l'analyse du marché du travail, l'Insee Références « Emploi, chômage, revenus du travail », disponible en juillet de l’année « N+1 ».

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