Financement à taux zéro pour auto-entrepreneurs : Conditions et alternatives

L’auto-entrepreneur a parfois besoin de recourir à un prêt pour financer le démarrage ou le développement de sa micro-entreprise. Issue de la loi de modernisation de l’économie (LME) n°2008-776 du 4 août 2008, la micro-entreprise est une forme juridique convoitée par les entrepreneurs en raison de la simplicité des formalités de création et de gestion. Le statut d’auto-entrepreneur est accessible à toute personne qui souhaite exercer une activité libérale, artisanale ou commerciale, à titre principal ou en complément d’une autre activité. Si ce statut juridique est relativement souple, il ne peut être choisi lorsque l’activité est pratiquée dans le cadre d’une relation de subordination, sous peine de requalification en contrat de travail. À noter : la loi PINEL du 18 juin 2014 a toutefois apporté quelques modifications au régime micro-entrepreneur.

À l’instar de tout entrepreneur, l’auto-entrepreneur peut avoir besoin de financement pour couvrir les frais inhérents au démarrage ou au développement de son activité. Un prêt professionnel auto-entrepreneur est généralement sollicité lorsque les économies personnelles de l’entrepreneur ne suffisent pas à couvrir les dépenses engagées au titre du démarrage ou du développement de l’activité. En réalité, le besoin de financement dépend de l’activité exercée. À titre d’exemple, les professions artisanales (coiffeur à domicile, maçon, menuisier, plombier, etc.) nécessitent l’achat de matériel et d’une voiture professionnelle.

6 SOLUTIONS CONCRÈTES pour financer son projet d'entreprise 🚀

Difficultés d'accès aux prêts bancaires pour les auto-entrepreneurs

Le prêt bancaire est la première solution de financement à laquelle les entrepreneurs pensent. Toutefois, obtenir un crédit sous le statut auto-entrepreneur est assez difficile en pratique. En effet, les banques exigent de l’emprunteur qu’il fournisse des documents comptables attestant de la rentabilité et de la stabilité de son activité. Or, sous le régime auto-entrepreneur la comptabilité est assez sommaire, de sorte qu’il est compliqué de produire une telle preuve.

Pour optimiser ses chances d’accéder à un prêt professionnel, l’auto-entrepreneur doit préparer un dossier solide afin de rassurer le banquier quant à la viabilité et la rentabilité de son projet. Si la micro-entreprise est en phase d’amorçage, l’entrepreneur doit particulièrement soigner son business plan. Ce document est conçu pour faciliter la compréhension du projet par les partenaires financiers et s’appuie sur une étude de marché réalisée au préalable. Si l’auto-entreprise est en activité, l’entrepreneur doit démontrer que son activité lui a permis de générer des revenus stables et réguliers. Or, contrairement aux sociétés, le micro-entrepreneur ne dispose pas de compte de résultat et de bilan comptable lui permettant d’apporter cette preuve.

Bon à savoir : il est également important de bien préparer l’entretien avec le conseiller bancaire. Au cours de ce rendez-vous, l’auto-entrepreneur présente son business plan ou son projet de développement ainsi que son plan de financement.

Lire aussi: Conditions du Crédit d'Impôt

L'importance de l'apport personnel et des garanties

En fournissant un apport financier personnel, l’auto-entrepreneur rassure la banque qui est alors plus encline à octroyer un prêt. Cela démontre que ce dernier croit réellement au succès de son projet et est prêt à y investir une partie de ses ressources personnelles. Cela permet également de prouver que l’entrepreneur est en mesure de bien gérer ses finances et d’économiser. Toutefois, sans apport de fonds propres, l’accès à un prêt bancaire professionnel est extrêmement difficile.

Outre l’apport de fonds propres, les établissements bancaires exigent généralement que l’emprunteur apporte une garantie pour couvrir le prêt en cas de défaillance de paiement. Ces garanties peuvent prendre plusieurs formes :

  • Une hypothèque : le prêt hypothécaire consiste à donner un ou plusieurs immobiliers en garantie.
  • Un nantissement : l’auto-entrepreneur s’engage à céder un ou plusieurs biens mobiliers incorporels (valeurs mobilières, fonds de commerce, assurance-vie…) pour garantir son prêt.
  • Un cautionnement : une personne physique ou morale s’engage à régler les sommes dues au créancier si le débiteur n’est pas en mesure d’honorer sa dette.

À noter : en pratique, dans le cas où l’entrepreneur est marié sous le régime de la communauté, la banque demande que le conjoint s’engage en tant que caution personnelle. Le consentement de ce dernier au cautionnement a pour conséquence d’étendre le gage du créancier aux biens de la communauté.

![image](data:text/html;base64,PCFET0NUWVBFIGh0bWw+PGh0bWw+PGhlYWQ+PHNjcmlwdD53aW5kb3cub25sb2FkPWZ1bmN0aW9uKCl7d2luZG93LmxvY2F0aW9uLmhyZWY9Ii9sYW5kZXIifTwvc2NyaXB0PjwvaGVhZD48L2h0bWw+)

Alternatives au prêt bancaire classique

Malgré tous les efforts déployés, l’auto-entrepreneur peut se voir refuser sa demande de prêt professionnel par la banque. Fort heureusement, il existe d’autres moyens d’obtenir un financement.

Le prêt d'honneur

Le prêt d’honneur permet aux créateurs ou aux repreneurs d’entreprise de bénéficier d’un prêt à taux zéro, sans garantie ni caution. Le montant varie selon les projets et les organismes sollicités. Il peut atteindre 90 000 € pour les projets présentant un caractère très innovant. Quoi qu’il en soit, l’octroi d’un prêt d’honneur apporte de la crédibilité au projet et facilite l’obtention d’un prêt bancaire en complément. Pour obtenir un tel prêt, l’auto-entrepreneur doit présenter une demande de financement avec un plan d’affaire solide et réaliste.

Lire aussi: Délais Remboursement TVA

Les prêts d’honneur sont obtenus après sélection et le plus souvent après avoir "pitché" son projet devant un jury de professionnels. Les dirigeants d'entreprises peuvent également solliciter un prêt d'honneur à l'occasion d'un projet de développement de leur activité. Les critères de recevabilité concernant le porteur de projet varient d'un organisme à un autre. Important ! C'est un prêt octroyé à la personne (c'est-à-dire "vous") et non pas à l'entreprise créée.

Leur montant varie en fonction des projets, des besoins en fonds propres et des organismes sollicités. Initiative France : les prêts varient en règle générale de 3 000 à 50 000 euros. Le montant moyen des prêts accordés s'élève à 10 000 euros. Réseau Entreprendre : les prêts d'honneur varient en règle générale de 15 000 à 50 000 euros (30 000 à 90 000 euros pour les projets de développement structurant). Ces prêts sont à taux 0 et sans garantie ni caution personnelle. Ils peuvent faire l'objet d'un différé de remboursement.

L'effet de levier est important ! Pour 1 euro de prêt d'honneur accordé, les banques accordent en moyenne : 9,5 euros de financement complémentaire (chiffres Initiative France), 13 euros de financement complémentaire (chiffres Réseau Entreprendre). L'effet levier est plus important dans le cadre d'une "création aidée", c'est-à-dire lorsque le porteur de projet est accompagné par les experts des réseaux d'accompagnement. C'est un gage de réussite entrepreneuriale.

Si votre dossier présente de bonnes garanties de viabilité, vous devrez le présenter et le défendre devant un comité d'agrément composé de chefs d'entreprises et de professionnels, qui, après délibération, décidera ou pas d'octroyer le prêt. Les prêts de ces différents réseaux sont cumulables ! Il s'agit d'une ressource intéressante à taux zéro.

Le microcrédit professionnel

Le microcrédit professionnel est destiné aux entrepreneurs qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques en raison de leurs faibles ressources. La demande de microcrédit professionnel peut être formulée auprès d’un organisme comme l’Adie, la Banque de France, ou d’un réseau accompagnant (France initiative, Réseau Entreprendre…). Son montant ne peut excéder généralement 10 000 € et les intérêts sont souvent de 5% environ. Ce type de crédit est ouvert à tous les entrepreneurs quel que soit leur statut juridique.

Lire aussi: Guide d'utilisation du crédit d'impôt

Le prêt d'honneur solidaire

Le prêt d’honneur solidaire s’adresse aux créateurs et repreneurs d’entreprise qui se trouvent dans une situation financière fragile. Il est généralement souscrit en complément d’un prêt bancaire. Il s’agit d’un prêt personnel à taux zéro dont le montant peut atteindre jusqu’à 8 000 €. Il est souscrit sans garantie et sans frais de dossier. Bon à savoir : la durée de remboursement du prêt solidaire varie de 1 à 5 ans.

Le prêt garanti par l’État (PGE)

Le prêt garanti par l’État (PGE) est une aide mise en place par le gouvernement pour aider les entreprises dont la situation financière a été fortement impactée par l’épidémie du Covid-19. Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique, pouvaient solliciter un PGE auprès de leur établissement bancaire.

Le crowdfunding ou financement participatif

Crowdfunding

Né au début des années 2000, le crowdfunding ou financement participatif est une autre alternative au prêt bancaire classique. Ce mécanisme de financement s’adresse à tous, et notamment aux entrepreneurs qui rencontrent des difficultés pour financer leur projet de création ou de développement d’entreprise. Le financement participatif consiste à récolter des fonds par le biais d’une plateforme en ligne dédiée.

balises: #Entrepreneur #Taux

Articles populaires: