Cryogénisation humaine: enjeux scientifiques et éthiques — problématique TPE
La cryogénisation humaine, procédé visant à préserver des corps dans l’azote liquide à très basse température dans l’espoir d’une future résurrection, soulève autant d’espoirs que de questions éthiques. La cryogénisation relève encore de la spéculation même si Aliens, Austin Power, Resident Evil, Avatar, Interstellar ou encore Captain America nourrissent ce fantasme.
Entre rêve d’immortalité et spéculation technologique, la cryogénisation fascine autant qu’elle inquiète. Pour l’heure, elle reste un pari coûteux, où l’espoir repose bien plus sur la foi en la science que sur des preuves tangibles.
Origines, concepts et chronologie d’un imaginaire devenu industrie
Le concept de préservation cryogénique (congélation des matières organiques à l'état de suspension pour les ranimer ultérieurement, éventuellement des décennies, voire des siècles plus tard), un sujet populaire et permanent relevant de la science-fiction, est considéré avec beaucoup de scepticisme dans la communauté médicale. L’idée de suspendre la mort par le froid trouve ses racines dans les travaux pionniers du XIXe siècle sur la liquéfaction des gaz.
Dès 1892, le chimiste et physicien Sir James Dewar réalise les premiers travaux sur les phénomènes à très basses températures et met au point des réservoirs isolés sous vide permettant de stocker de l’hydrogène liquide. Mais c’est un roman de science-fiction de Neil Ronald Jones, The Jameson Satellite (1931), qui inspira véritablement Robert Ettinger, considéré comme le père de la cryogénisation moderne.
La cryogénisation a été évoquée la première fois dans les années 1960 par Robert Ettinger, un professeur du Michigan, dans un livre intitulé «The Prospect of Immortality» soutenant que la mort pouvait être un processus réversible. Physicien, naturaliste et professeur universitaire, ce dernier publie en 1962 The Prospect of Immortality, manifeste fondateur du mouvement cryonique.
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M. Ettinger, décédé en 2011, a créé l'Institut cryogénique du Michigan où il est désormais conservé dans des bocaux conservés à -196°C avec sa mère et ses deux épouses. Cinq ans plus tard, en janvier 1967, James Bedford est le premier homme cryogénisé aux États-Unis.
Le concept n'a jamais obtenu de large soutien du public mais de plus en plus de personnes décident chaque année de s'inscrire. Aujourd’hui plus de 300 personnes sont cryogénisées et plusieurs milliers d’autres attendent de l’être dans le monde.
Définitions et discipline scientifique associée
La cryogénisation, également appelée cryonie, tire son nom du grec kryos, signifiant froid. L’étude du comportement des êtres vivants exposés au froid est une discipline nommée cryobiologie, nommée d’après le mot grec « kryos » qui signifie « froid ».
La cryogénisation est décrite comme une forme de biostase, c’est-à-dire comme une suspension de l’animation grâce à un état proche de l’hibernation, tandis que le défunt placé dans le cryostat est assimilé à un « patient » et non à un « défunt ». Cette momification d’un nouveau genre a développé une méthode précise.
Protocole technique: de la mort légale à la vitrification
La cryogénisation moderne repose sur un protocole précis devant être initié dans les minutes suivant la mort clinique. Les pays qui l’autorisent (les États-Unis, par exemple) imposent la cryogénisation après la mort légale du patient.
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Concrètement, le protocole est glaçant: le jour du décès, une ambulance spécialisée arrive, le corps est immédiatement plongé dans la glace, des perfusions de produits chimiques (cryoconservateurs) sont injectées, puis le défunt est placé dans une cuve d’azote liquide, à très basse température. Et ensuite… on attend.
Point de départ : le concept de « mort informationnelle ». Cette théorie (non prouvée) repose sur le fait que le cerveau conserve l’individualité d’une personne, même si la mort clinique est prononcée.
Vitrification : la dépouille est graduellement refroidie jusqu’à une température de -124 °C, ce qui permet sa transition vers un état vitreux non-cristallin. Deux choix sont généralement proposés aux candidats à la cryogénisation : la conservation du cadavre entier ou celle du cerveau uniquement.
Cas emblématiques: l’adolescente britannique et la judiciarisation du choix
Suite à l'accord donné aux instructions d'une adolescente britannique d'être préservée par cryogénisation pour pouvoir revivre plus tard alors qu'il existe des remèdes au cancer, il y a eu des débats intenses, tant au sein qu'à l'extérieur de la communauté scientifique, sur la viabilité de la congélation cryogénique mais également sur les problèmes éthiques que pose la procédure. La Haute Cour britannique a donné suite à la demande de l'adolescente, que l'on ne peut pas nommer pour des raisons juridiques, le 6 octobre, soit 11 jours avant sa mort.
Ses restes ont déjà été transférés dans une installation spécialisée aux États-Unis pour entamer le processus de préservation. En octobre 2016, un juge de la Haute Cour de Londres a accordé à une adolescente, atteinte d’un cancer en phase terminale, l’autorisation d’être cryogénisée après sa mort, dans l’espoir que la médecine du futur puisse un jour la ressusciter et la soigner.
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Quelques jours plus tard, la jeune fille décédait et son corps (dont le sang a été remplacé par un produit empêchant la cristallisation des vaisseaux) était transféré au Cryonics Institute, dans le Michigan, où il a été refroidi à - 196 °C puis placé dans une citerne remplie d’azote liquide. Ce pari sur l’avenir est légalement prohibé partout ailleurs, ce qui a pu déclencher des vagues de protestation comme en 2014, lorsqu’une adolescente britannique a obtenu un droit officiel à la cryogénisation sur le territoire américain, se sachant condamnée.
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État de l’art scientifique et verrous technologiques
Barry Fuller, spécialiste en médecine basse température à l'University College London (UCL), a déclaré que la technologie de préservation des cellules à des températures ultra-basses était prometteuse mais pas encore prête à être appliquée à une structure aussi importante que l'espèce humaine. «Nous ne disposons actuellement d'aucune preuve tangible que le corps humain entier peut survivre à la préservation cryogénique ni que ses cellules peuvent fonctionner après avoir été réanimées», a-t-il déclaré au sujet d'une future réactivation des cellules.
De la même manière, les avancées cliniques en matière de stockage de sperme et d'ovules n'ont que peu de relations avec le défi qu'est la tentative de congeler, puis de réanimer l'intégralité de l'appareil circulatoire humain et, surtout, le cerveau sans causer de dommage irréversible. Selon Clive Coen, professeur de neurosciences au Kings College London (KCL), c'est ici que défaille la science de la cryogénie malgré des aspects théoriques fondés.
«Le plus grand problème est que [le cerveau] est une masse dense de tissus. Malgré des avancées concrètes, la communauté scientifique reste sceptique, arguant que les neurones subissent inéluctablement des dommages irréversibles lors de la décongélation.
Des corps de mammouths préservés dans le pergélisol (la partie gelée en permanence d’un cryosol) ont démontré posséder des fragments d’ADN viables, après des milliers d’années ! comme le réveil d’un tardigrade congelé pendant 30 ans ou un rein de lapin vitrifié puis transplanté avec succès chez un autre lapin.
La cryoconservation propose de préserver des personnes à très basse température pour les réanimer dans le futur, lorsque la médecine aura progressé. Bien que l'idée de Robert Ettinger remonte à 1962, elle reste controversée et non prouvée.
Comparaison des éléments avancés et limites actuelles
- Obstacles neuronaux: «Le plus grand problème est que [le cerveau] est une masse dense de tissus.»
- Preuves partielles: «un rein de lapin vitrifié puis transplanté avec succès chez un autre lapin».
- Toxicité des cryoprotecteurs et dégâts à la décongélation: «les doutes sont immenses» et «rien ne prouve qu’une "réanimation" sera un jour possible».
- Distinction cellules/tissus vs organisme: «les avancées cliniques en matière de stockage de sperme et d'ovules n'ont que peu de relations».
Acteurs, marché et offres: des pionniers aux nouveaux entrants
Il existe trois entreprises leaders sur ce marché en expansion : les firmes américaines Cryonics Institute et Life Foundation Alcor, et Kriorus en Russie. Aux États-Unis, des sociétés pionnières comme Alcor ou Cryonics Institute dominent le marché.
Les trois entreprises les plus connues dans ce domaine, Alcor Life Extension Foundation, le Cryonics Institute et KrioRus, proposent différentes formules de cryopréservation allant de 28 000 à 200 000 dollars et pouvant être financées grâce à la souscription d’une assurance-vie dont le bénéficiaire désigné est l’entreprise choisie. En Europe, l’allemande Tomorrow Bio a récemment ouvert la première usine de cryogénisation du continent.
De nos jours, seuls les États-Unis, la Russie et la Chine, récemment, tolèrent la cryogénisation sans avoir de cadre juridique clair. Malgré les controverses, le secteur est en pleine expansion.
Pratiques et extensions: des humains aux animaux
Des humains… mais aussi des animaux. Une startup américaine, Cryopets, propose désormais de cryogéniser… les animaux de compagnie.
Le concept de « mort informationnelle » et l’assimilation du défunt à un « patient » s’inscrivent dans une stratégie marketing extrêmement révélatrice dès larrivée sur la page d’accueil de leur site internet. Elles impulsent in concreto une véritable reconfiguration de la mort au sein d’une stratégie marketing extrêmement révélatrice dès l’arrivée sur la page d’accueil de leur site internet.
Cadres juridiques: interdictions, tolérances et vides législatifs
Alors que la cryogénisation humaine gagne en visibilité, son encadrement juridique révèle des approches radicalement divergentes selon les pays. La cryogénie est interdite un peu partout en Europe.
Née dans les années 1960 sous l’impulsion de l’universitaire Robert Ettinger, cette pratique est illégale en France, où l’inhumation et la crémation demeurent les seuls modes de sépulture autorisés. La loi du 15 novembre 1887 sur la liberté des funérailles stipule que « tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner et le mode de sa sépulture ».
Toutefois, les articles R2213-31 à R2213-34 du Code général des collectivités territoriales viennent restreindre implicitement cette liberté, en mentionnant uniquement les opérations de crémation et d’inhumation. En France, la loi ne dit rien de la cryogénisation : elle ne l’autorise ni ne l’interdit.
Deux décisions rendues par le Conseil d’État dans les années deux mille sont également allées dans ce sens. La première concernait la conservation du corps de leur défunte mère par un frère et sa sœur, Michel et Joëlle Leroy.
La seconde affaire concernait le maintien de la dépouille du Docteur Raymont Martinot et de celle de son épouse dans un appareil de congélation dont s’occupait leur fils, Rémy Martinot. En 2006, le Conseil d’État a tranché: la congélation post-mortem n’est pas un mode de sépulture légal.
Les USA appliquent une régulation décentralisée. La FDA (pour Food and Drugs Administration, l’autorité publique chargée de la surveillance des denrées alimentaires et des médicaments) classe les cryoprotecteurs (ces éléments venant remplacer le sang des défunts) comme « dispositifs médicaux expérimentaux » soumis à autorisation.
Les contrats cryoniques, reconnus dans 43 États américains, prévoient des clauses de gestion patrimoniale pluriséculaire. La société KrioRus, basée près de Moscou, opère dans un vide législatif partiel.
| Pays | Statut | Points clés |
|---|---|---|
| France | Interdite | Inhumation/crémation seuls; décisions du Conseil d’État |
| États-Unis | Tolérée (régulation décentralisée) | FDA: cryoprotecteurs expérimentaux; contrats reconnus dans 43 États |
| Russie | Vide partiel | KrioRus opère; absence de cadre clair |
| Chine | Tolérée | Pas de cadre juridique clair mentionné |
| Allemagne/Suisse | Tolérances limitées | Cryoconservation de tissus humains; Tomorrow.Bio en Suisse |
Éthique, société et « mort informationnelle »
Ce point nous amène aux dilemmes éthiques très réels qui entourent ce sujet controversé - les défendeurs de la congélation cryogénique offrent-ils un faux espoir à leurs patients très malades alors que la technologie est encore incapable de congeler puis de réactiver un simple organe humain, sans parler du corps humain dans son intégralité? Même si la technologie progresse suffisamment à l'avenir pour faire aboutir le processus, est-il sensé de soumettre les futures générations à un tel devoir si les personnes réanimées deviennent une nuisance ou une charge?
La cryogénisation soulève de nombreuses questions éthiques, morales et sociétales. Elle interroge notre rapport au temps et à l’identité.
Prenons l’exemple d’un individu ressuscité dans 200 ans : à sa « renaissance », celui-ci perdrait tout repère, tant sur le plan affectif (ses proches ayant disparu) que culturel et sociétal (le monde ayant profondément changé en deux siècles). De nombreuses questions économiques, éthiques et philosophiques se poseront à terme pour ces « sleeping beauties ».
Dans le langage courant, l’immortalité est définie comme le fait d’être immortel, c’est-à-dire de ne pas être sujet à la mort, de ne pas mourir. Ce terme est aujourd’hui dépourvu d’acception juridique spécifique et force à interroger la légalité et le bien-fondé de la cryogénisation.
Le professeur Nils Hoppe, expert en législation sur les sciences de la vie et éthicien, a résumé les éventuels dilemmes à venir sur une technologie qui relève aujourd'hui encore de la science-fiction mais pourrait s'avérer viable à l'avenir: «Tant qu'elle ne fonctionne pas, nous n'avons pas besoin de parler de réglementation, mais, d'ici 10 ans, si les avancées atteignent un niveau tel qu'elle pourrait fonctionner, nous devrons répondre à des questions éthiques, juridiques et sociétales très sérieuses», déclare-t-il. Il n'existe aujourd'hui aucune réglementation concrète sur la cryogénie et certains défendeurs de cette technologie argumentent que toute réglementation gouvernementale entraverait les avancées de la technologie.
D'autres partisans souhaitent l'arrivée d'une réglementation. Cryogenics UK, l'ONG qui a aidé à la préparation du corps de l'adolescente avant son transport aux USA, a déclaré: «Nous espérons qu'une future réglementation aidera les hôpitaux à savoir où ils en sont tant juridiquement qu'en termes de procédures.»
Données, patrimoines et « mort numérique »
In fine, si la cryogénisation fait un jour la démonstration de ses possibilités effectives, à quoi ressembleront les données postmortem ? En France, la loi pour une République numérique de 2016 aborde la question de la « mort numérique », désormais, il appartient aux individus de décider de leur vivant ce qu’il adviendra de leurs données après leur mort.
S’agissant des corps cryogénisés, on pourrait retoucher l’alinéa 1 de l’article 16-1-1 du code civil et y intégrer une référence à la cryogénisation en le formulant comme suit : « le respect dû au corps humain ne cesse ni avec la mort ni avec la cryogénisation ». S’agissant du patrimoine des personnes cryogénisées, diverses solutions sont envisageables.
La plus logique serait certainement d’ouvrir la succession puisque la résurrection est, en l’état actuel des choses, un simple espoir. Il suffirait alors de modifier l’actuel article 720 du code civil afin qu’il précise que « les successions s’ouvrent par la mort et par la cryogénisation, au dernier domicile du défunt ».
Motivations, espoirs et critiques: regards croisés
Si l’on en croit ses défenseurs, la cryogénisation serait la voie par laquelle l’actuelle communauté des mortels deviendra la future « société postmortelle » que décrit Céline Lafontaine et dont les transhumanistes prédisent l’avènement. Autrement dit, les revendications cryoniques renouvellent la quête d’immortalité et participent sans doute du phénomène de relégation de la mort qu’a pu décrire Philippe Ariès en constatant que « la société a expulsé la mort ».
Pour son fondateur, ancien croyant devenu athée, la cryogénisation est une façon de remplacer la promesse religieuse d’éternité par une promesse scientifique. Certains peuvent penser que cette technique est une sorte de liberté achetée par les plus riches, tandis que d’autres peuvent penser qu’il serait injuste de limiter l’accès à cette technologie et que celui-ci devrait être plus équitable (moins coûteux), voire même proposé par des services de santé à l’avenir.
La cryogénisation… Ce mot évoque aussitôt les univers de science-fiction, de Hibernatus à Futurama. D’Hibernatus à Ubik, la cryogénisation ne cesse d’inspirer la fiction comme le montrent deux romans récents : L’Horizon à l’envers de Marc Levy et Zero K de Don DeLillo.
Témoignage d’un dirigeant cryonique
Le Canadien Stéphan Beauregard est l’un des directeurs de cette société. Nous souhaitons être préservés, en attendant que la science, la médecine et la technologie puissent nous ramener à la vie d’une manière ou d’une autre, tout simplement parce que l’existence est trop courte.
Mais bon, qui ne tente rien n’a rien. Pourquoi ne pas essayer ? Certains tentent de rafler la mise en achetant une multitude de billets de loterie au cours de leur vie. Moi, je parie sur la cryogénisation dans l’espoir de gagner de la vie.
Les chances de revenir à la vie sont minces, le Cryonics Institute n’en fait pas mystère. En 2010, des scientifiques du centre de recherche 21 st Century Medicine sont parvenus à cryogéniser un rein de lapin puis à le ramener à température ambiante avant de le greffer avec succès sur un autre animal.
Je souhaite me réveiller dans mon corps ou dans une autre enveloppe charnelle m’offrant des capacités similaires ou même supérieures à celles de mon corps actuel. J’aimerais bien sûr me réveiller avec ma mémoire, ma personnalité et mon intelligence.
Chiffres, offres et coûts: panorama synthétique
Obtenir des données exactes concernant le nombre de personnes cryogénisées est difficile car il n’existe à ce jour aucun système stockant ces informations. On estime aujourd’hui que près de 2000 personnes à travers le monde ont prévu cette étape après leur mort, et qu’environ 300 êtres humains y ont déjà eu recours.
Aujourd’hui, environ 600 personnes dans le monde reposent dans de grandes cuves d’azote liquide, conservées à -196 °C. Les trois entreprises les plus connues dans ce domaine, Alcor Life Extension Foundation, le Cryonics Institute et KrioRus, proposent différentes formules de cryopréservation allant de 28 000 à 200 000 dollars et pouvant être financées grâce à la souscription d’une assurance-vie dont le bénéficiaire désigné est l’entreprise choisie.
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