Barème kilométrique impôts : calcul et déclaration détaillés
Lorsqu’un salarié ou un dirigeant utilise son véhicule personnel à des fins professionnelles, il engage différents frais : carburant, entretien, assurance, usure du véhicule. Pour le traitement fiscal de ces dépenses, deux options principales existent : un abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires ou la déduction des frais réels, pour laquelle le barème kilométrique joue un rôle central.
Frais kilométriques et imposition : principes de base
Par défaut, l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires déclarés, plafonné à 14 555 € par personne pour l’année 2026 (revenus 2025) et planché à 509 €. Cet abattement simple, sans justificatif, est censé couvrir l’ensemble des frais professionnels, dépassant largement le seul poste des déplacements.
La seconde option consiste à opter pour la déduction des frais réels en renonçant à cet abattement. Le contribuable déclare alors ses dépenses effectives, qui doivent être justifiées. Pour simplifier cette démarche complexe, le barème kilométrique permet de calculer forfaitairement les frais liés aux déplacements professionnels en fonction du type de véhicule et du kilométrage annuel parcouru. Seuls les péages et frais de stationnement peuvent être remboursés en supplément, sur justificatifs.
L’option pour les frais réels devient avantageuse uniquement si la déduction obtenue est supérieure à l’abattement forfaitaire de 10 %. Par exemple, pour un salaire net imposable de 30 000 €, l’abattement représente 3 000 €. Les frais réels (kilométriques, repas, péages) doivent donc dépasser ce seuil pour être rentables. Il est conseillé d’utiliser des simulateurs en ligne, comme celui de LEC ou impots.gouv.fr, pour estimer les deux options.
Les barèmes kilométriques 2026 : détails et calculs
Le barème kilométrique 2026 est identique à celui de 2025, conformément à l’arrêté du 27 mars 2023, sans revalorisation pour la troisième année consécutive. Ce barème s’applique pour la déclaration de l’impôt sur le revenu ainsi que pour le remboursement des notes de frais.
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Barème voitures 2026
| Puissance fiscale | Jusqu'à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,369 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Exemple : un salarié parcourant 12 000 km avec une voiture de 5 CV à essence déclare : (12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 € de frais déductibles.
Majoration pour véhicules électriques
Depuis 2021, les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 % sur le montant calculé par le barème classique. La formule est simple : calculer l’indemnité selon le barème standard, puis multiplier le résultat par 1,20. Cette majoration s’applique aux voitures, motos et cyclomoteurs électriques. En revanche, les hybrides rechargeables n’y ont pas droit.
Par exemple, pour le même véhicule électrique électrique : 5 679 € × 1,20 = 6 815 €.
Barèmes motos et cyclomoteurs 2026
| Puissance fiscale | Jusqu'à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,247 |
| 3, 4 ou 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
| Cylindrée cyclomoteurs | Jusqu'à 2 000 km | De 2 001 à 5 000 km | Au-delà de 5 000 km |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 cm³ | d × 0,315 | (d × 0,079) + 471 | d × 0,198 |
La puissance fiscale est indiquée sur la carte grise, rubrique P.6, et est indispensable pour appliquer le barème adapté.
Déduction fiscale pour les salariés
Le salarié utilisant son véhicule personnel pour des déplacements professionnels (domicile-travail ou déplacements liés aux missions) peut déduire ses frais réels via le barème kilométrique après avoir choisi cette option dans sa déclaration de revenus. Pour les trajets domicile-travail, la distance prise en compte est limitée à 40 km par trajet (soit 80 km aller-retour par journée de travail), sauf circonstances particulières comme mutation professionnelle, rapprochement du domicile du conjoint ou contraintes sociales/familiales. Seul un aller-retour par jour est retenu, sur une base annuelle d’environ 228 jours.
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Si l’employeur verse des indemnités kilométriques, le salarié doit choisir entre la déduction forfaitaire de 10 % ou les frais réels, sans cumul possible. En cas de frais réels, il faut déduire du calcul les indemnités perçues pour éviter la double déduction. Les indemnités versées dans la limite du barème officiel sont exonérées d’impôt, au-delà, la part excédentaire est imposable.
Sur la déclaration des revenus (formulaire 2042), l’option frais réels s’inscrit dans la rubrique "Traitements et salaires", cases 1AK ou 1BK.
Cas particuliers : vélos et forfait mobilités durables
Deux dispositifs existent pour les déplacements à vélo :
- Indemnité kilométrique vélo (IKV) : 0,25 € par kilomètre remboursé par l’employeur, avec un plafonnement de 200 € par an et par salarié. Cette indemnité est incluse dans les frais réels déductibles.
- Forfait Mobilités Durables (FMD) : dispositif mis en place depuis 2020, facultatif pour l’employeur, qui permet de prendre en charge les déplacements à vélo (classique ou électrique), en covoiturage ou via des services de mobilité partagée.
En l’absence de FMD, le salarié peut déduire ses frais de vélo à hauteur de 0,25 € par km en frais réels.
Traitement fiscal en entreprise
Les entreprises remboursant les frais kilométriques à leurs salariés ou dirigeants peuvent déduire ces indemnités de leur résultat imposable, sous réserve de respect des règles de justification et d’intérêt pour l’exploitation. Pour exonérer ces indemnités de cotisations sociales, deux conditions sont nécessaires : leur montant ne doit pas dépasser le barème officiel et l’employeur doit conserver les justificatifs (moyen de transport, puissance fiscale, distance parcourue, nombre de trajets).
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La fraction excédant le barème est requalifiée en complément de rémunération soumis à cotisations sociales. Attention à ne pas calculer les indemnités sur une base mensuelle plutôt qu’annuelle, ni à ajouter des frais (carburant, entretien) au barème qui est censé couvrir forfaitairement tous les coûts liés au véhicule. Seuls les péages et frais de stationnement sont remboursables en supplément, sur justificatifs.
Questions fréquentes
L’employeur verse des indemnités kilométriques, puis-je déduire mes frais réels ?
Oui, mais il faut soustraire les indemnités déjà versées du montant total des frais réels calculés selon le barème pour éviter la double déduction.
Un auto-entrepreneur peut-il utiliser le barème kilométrique ?
Non, pas au régime micro, car l’abattement forfaitaire couvre déjà les frais. En revanche, un indépendant au régime réel peut déduire ses frais kilométriques via le barème ou sur la base des frais effectifs.
Le barème kilométrique couvre-t-il les péages et stationnements ?
Non, le barème couvre forfaitairement carburant, entretien, assurance et usure. Les péages et frais de stationnement sont remboursables en supplément, sur justificatifs.
Simulation et outils pour le calcul des frais kilométriques
Pour optimiser la déduction de vos frais professionnels, l’utilisation de simulateurs dédiés est fortement recommandée. Ces outils permettent de comparer la déduction forfaitaire et la déduction des frais réels, en tenant compte du barème kilométrique actualisé. Ils facilitent aussi le calcul rapide des indemnités que vous pouvez déclarer ou demander à votre employeur.
La déduction des frais réels est bénéfique lorsque les coûts professionnels engagés dépassent nettement la déduction forfaitaire de 10 %. Si ce n’est pas le cas, le fisc applique automatiquement la déduction forfaitaire, même si le contribuable opte pour les frais réels.
Pour une gestion plus efficace des déplacements professionnels, certains employeurs utilisent des applications mobiles permettant l’enregistrement automatique des trajets, évitant ainsi la tenue fastidieuse d’un tableur Excel et garantissant une traçabilité stricte des kilomètres parcourus.
Comment calculer ses indemnités kilométriques ?
Le barème kilométrique s’applique aussi bien aux propriétaires qu’aux véhicules loués en location longue durée ou crédit-bail, ainsi qu’aux véhicules du foyer fiscal. Il est utilisé par les salariés, dirigeants, et entrepreneurs individuels imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (hors régimes micro).
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