Définition de l'artisanat en Préhistoire : techniques et outils

Les premières expressions de l'artisanat se fondent sur des techniques et des outils qui apparaissent dès la Préhistoire et se perfectionnent nettement au Néolithique. À partir de 10 000 avant J.-C., les hommes pratiquent l'agriculture et domestiquent des animaux. La « révolution » néolithique apparait simultanément dans plusieurs régions et se diffuse pendant plusieurs millénaires. Les hommes commencent à intervenir sur leur environnement. Le rapport des hommes au monde évolue : la figure humaine apparait dans l'art, pour représenter des divinités.

Matériaux et corpus d'outils

Les objets employés pour les activités domestiques sont principalement d'origine lithique. Ce fonds commun lithique est complété par divers instruments en matières osseuses. Meules et molettes en pierre, parfois de simples galets, ont été employées comme instruments de broyage, notamment pour l'obtention de poudre d'ocre intervenant dans différentes activités techniques, artistiques et symboliques, et possédant aussi des propriétés assainissantes. De par leur nature, certains outils ou artefacts n'ont pas pu se conserver plusieurs milliers d'années : le bois et le tissu sont particulièrement putrescibles… Selon les circonstances on peut retrouver quelques vestiges mais ils sont rarement complets.

Certaines impressions subsistent lorsqu'on ne retrouve pas l'artefact lui‑même : parfois ce n'est pas l'artefact qu'on retrouve, mais son empreinte, comme un morceau de tissu ou un fond de panier !

Outils en os et fonctions spécialisées

Les bâtons percés sont généralement interprétés comme des redresseurs de sagaies, à la manière de ce qui est observé chez les Eskimos. La sagaie est introduite dans la perforation du bâton. En tirant sur le manche, une flexion est progressivement appliquée sur toute la longueur de la sagaie de manière à infléchir et corriger sa courbure naturelle. D’autres hypothèses sont avancées tel un rôle dans les systèmes d’attache. Aiguilles à chas et poinçons en os sont dédiées à la couture.

Transformation des matières et spécialisation au Néolithique

Le Néolithique, c’est d'abord la première manipulation de la matière vivante, végétale ou animale par l'homme, et la construction d'un milieu désormais contrôlé. Pour la plupart des personnes, le Néolithique c’est l'Âge de la pierre polie. Cette définition est donnée par le préhistorien John Lubbock en 1865 par opposition au Paléolithique « Âge de la pierre taillée ». Les historiens voient dans cette période le moment où l'homme chasseur-cueilleur nomade est devenu agriculteur et sédentaire. Auparavant, l'homme prélevait dans son environnement selon ses besoins (cueillette, chasse, pêche…). Au Néolithique, l'homme ne fait pas que prélever dans la nature, il la transforme, et pour ce faire il a besoins d'outils de plus en plus spécialisés.

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De nouveaux besoins sont à l'origine du développement d'outils différents… Si l'on pense tout de suite à la céramique, c'est plutôt l'agriculture qui va être un véritable moteur pour l'inventivité et les techniques qui y sont associées. La sédentarité et le tissage vont également être à l'origine de nouveaux outils de plus en plus compliqués.

Haches, défrichement et construction

Les haches permettent de défricher la forêt et créer des surfaces cultivables, des clairières. Elles vont permettre également d'abattre des arbres et de tailler le bois afin de bâtir des maisons. Pour installer les hameaux, les néolithiques devaient donc déboiser et façonner des clairières au milieu de la forêt. Pour Jean-Paul Demoule, « il semble que les inventions se soient accélérées à partir du réchauffement climatique qui déboucha il y a douze mille ans sur notre période interglaciaire… Climats, faunes et flores changèrent, obligeant les humains à de nouvelles adaptations ». Il y a 7000 ans, en France, les premières maisons étaient rectangulaires, en bois ou en terre, de 5 à 8 mètres de largeur en moyenne et de 15 à 45 mètres de longueur, avec un toit à double pente…

Techniques de façonnage lithique : de la taille au polissage

On trouve donc majoritairement des outils néolithiques taillés : les lames et éclats sont rapidement transformés en grattoirs, burins, racloirs et couteaux… Ces outils sont souvent munis d'un manche, le plus souvent en bois végétal, bois de cerf ou en os. Les lames étaient débitées sur un silex de grande taille, avec une grande préparation et une grande précision qui montrent la grande expertise des tailleurs de l'époque. Si certaines lames pouvaient mesurer jusqu'à 40 cm, la plupart étaient d'une vingtaine de centimètres. Une fois retouchées, les lames sont appelées couteaux. Leur utilisation n'est pas véritablement définie : souvent fragiles, les préhistoriens pensent que les lames pouvaient être des marques de prestiges. Les lames du Grand-Pressigny sont souvent citées en exemple car on les retrouvent très loin de leur lieu de production…

Au Néolithique final, la production de grandes lames sera une activité de « spécialistes (Péllegrin, 007) » comme dans les ateliers de région du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire) où elles sont détachées par percussion indirecte de nucleus volumineux, appelés « livre de beurre ». Pour polir une pierre taillée les néolithiques la frottaient sur un bloc rocheux pour en éliminer les aspérités. Ce va-et-vient devait être réalisé sur un polissoir pendant un long moment, voire plusieurs jours.

Pour Jean-Luc Piel-Desruisseaux, « le polissage, essentiellement des haches, est une originalité de cette période. Afin de soulager le manche en bois, une « gaine » en bois de cerf peut être insérée entre la lame et le manche. L'âge de la pierre polie ne signifie pas que tous les outils ont subi un traitement de polissage ! La majorité des d'outils du Néolithique sont avant tout taillés. On devrait presque parler uniquement d'un âge de la hache et de l'herminette polie car ces outils sont presque les seuls exclusivement polis ! »

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Céramique, poterie et cuisson

Premiers objets intégralement fabriqués par l'homme, les premières poteries sont au départ justes mises au soleil pour sécher. L'artisan trouve la terre, la façonne (souvent en montant des colombins) selon ses besoins et la cuit directement sur un foyer au sol. Avec ce processus, la montée en température n'est pas aussi élevée qu'avec un four et les céramiques obtenues sont donc plus fragiles. Pour gagner en solidité, le néolithique va employer de nouvelles méthodes. Au début, les récipients sont fabriqués en petite quantité au fur et à mesure des besoins. Ce sont des vases pour stocker des graines, de la nourriture ou des liquides, des marmites pour cuire ou chauffer des aliments… Le four ne viendra que plus tard et permettra de fabriquer des récipients plus résistants.

La poterie s'est peu à peu répandue dans plusieurs points du monde : en Sibérie orientale 16000 ans BP, Japon 13000 ans BP. Il faudra attendre 9000 ans BP pour que l'on trouve plus près de nous au Proche-Orient les premières poteries.

Tissage, vannerie et parure

Au début du Néolithique on utilise des fibres végétales comme le lin pour fabriquer des petites pièces qui ne supplantent pas encore les vêtements en cuir. Le tissage est une activité qui prend beaucoup de temps. Vannerie : la vannerie et le tressage des végétaux, l'osier ou les cordes ne laissent que peu de traces : la matière première disparaît rapidement sous l'action du temps. Morceau de fusaïole et sa reconstitution - Station du magasin Gaume - Beaulieu-sur-mer - Néolithique chasséen 5500 BP - Musée de préhistoire régionale de Menton - Photo Kroko pour minimes.

Au Néolithique on retrouve des parures qui, selon les régions, sont fabriquée en pierre, coquillages ou autres matériaux ayant pour caractéristique première la rareté (couleur, éloignement…). Toutefois, les femmes et hommes qui portaient ces « bijoux » pouvaient également choisir des matériaux plus banals, utilisés brut ou finement ciselés. Il apparaît que ces parures étaient probablement des signes d'appartenance à une communauté ou à un statut. Fragment d'anneau et anneau en pierre polie (serpentine) ayant vraisemblablement servi de bracelet - Période néolithique. Ces anneaux-disques qui nécessitent un long travail de perforation et de polissage sont des marqueurs d'un statut social particulier. Une lame de silex accompagnait l'ensemble.

Échanges, spécialisation et économie des matières premières

Mais, parallèlement, il va devenir de plus en plus fréquent de faire plusieurs centaines de kilomètres pour s'approvisionner d'une matière en particulier. C'est ainsi que le silex en tant que matière première va être colporté, échangé d'une région à l'autre. Les hommes commencent à dépendre les uns des autres et créent de nouvelles relations sociales. Un travail de qualité demande les bons outils.

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Continuité et héritage : artisanat traditionnel et outillage

Quand on parle d'artisanat traditionnel, on fait référence à un mode de production artisanal qui utilise des techniques et méthodes anciennes, souvent transmises de génération en génération. Ces techniques impliquent généralement un savoir-faire manuel et se distinguent par leur attention aux détails et au travail personnalisé. L'artisanat traditionnel se distingue par plusieurs caractéristiques spécifiques : matériaux naturels, techniques anciennes, savoir-faire spécifique, pièces uniques. L'artisanat traditionnel se caractérise par l'utilisation de techniques et matériaux hérités de générations, souvent à des fins utilitaires et culturelles.

La transmission des savoirs s'opère par l'observation et la pratique directe sous la supervision d'artisans expérimentés. L'artisanat traditionnel joue un rôle crucial non seulement pour sa valeur esthétique, mais aussi pour son apport culturel et économique : il conserve les traditions culturelles et promeut l'identité nationale et régionale, favorise l'économie locale et attire le tourisme. Les défis contemporains de l'artisanat traditionnel incluent la concurrence avec la production industrielle de masse, une demande fluctuante, et la nécessité de transmettre ces savoirs aux nouvelles générations.

Préhistomuseum - Stage : Taille du silex

Outillage traditionnel à travers les âges

Les artisans exercent leur métier à la main et utilisent aujourd'hui les mêmes outils que leurs ancêtres du Moyen Âge. En matière de conservation-restauration, l'outillage traditionnel d'un savoir-faire ancien s'impose. L'atelier de taille de pierre est doté d'outils dont la forme est restée inchangée depuis des siècles. Le sculpteur utilise quant à lui des outils à percussion frappée, comme la pointerolle, la gradine et plusieurs formes de ciseau. La forge se trouve également équipée de manière traditionnelle, avec l'enclume, les marteaux, les pinces et les sabots, issus d'une longue tradition. L'atelier de menuiserie n'est pas en reste en matière d'outils anciens, même si les machines-outils ont pris le relais des rabots et des scies.

Au fil des siècles, quelques innovations notables enrichissent l'outillage de la taille de pierre. L'outillage à main moderne, utilisé en complément des outils forgés, comporte une amélioration précieuse au tailleur de pierre. Par mesure de sécurité d'abord, puis par souci d'efficacité, les ateliers adoptent également les progrès de l'équipement moderne. En plus d'être un outil de communication et d'administration, l'informatique et plus particulièrement le Dessin Assisté par Ordinateur (DAO) est devenu commun au métier d'appareilleur. En matière d'instruments de mesure, le distancemètre, le conductimètre et l'hygromètre apportent leur précision numérique aux différentes études.

Patrimoine et reconnaissance

Il est important de reconnaître que les techniques artisanales traditionnelles sont aujourd'hui protégées par des mécanismes de valorisation et parfois par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel. Des organismes et fondations veillent à la préservation et à la transmission des outils et des savoir-faire, garantissant l'authenticité au travers d'outils traditionnels éprouvés et en documentant la veille technique et technologique.

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