Financement Intermédié : Définition et Explication
Salut à toi, jeune étudiant de CPGE. Aujourd’hui, nous allons aborder un chapitre assez dense sur le financement de l’économie.
Pour réaliser leurs activités économiques, tous les agents économiques ont besoin de se financer. Le financement peut être défini comme le fait d'apporter des fonds (de la monnaie) à un agent économique. Cela est vrai pour les entreprises, mais cela l'est aussi pour les ménages et les administrations publiques.
Intermédiation financière : panorama et nouvelles dynamiques [Karima Bouaiss]
I. Les Agents Économiques et le Financement
Tout d’abord, les agents à besoin de financement sont ceux qui ont des ressources financières insuffisantes afin de financer leurs dépenses. Au niveau macroéconomique, les entreprises et l'État sont des ABF (agents à besoin de financement) alors que les ménages sont des ACF (agents à capacité de financement). Les ACF sont les agents économiques dont les revenus sont supérieurs aux dépenses. Une fois leurs dépenses courantes et leurs investissements financés, les ACF disposent d'excédents financiers.
En règle générale, les ménages parviennent à épargner une partie de leurs revenus (environ 15 %). Jusque dans les années 70 (Trente Glorieuses), l’État parvenait à maintenir l’équilibre budgétaire. L’État semble être un agent à besoin de financement. En effet, les besoins de financement de cet agent n’ont fait qu’augmenter ces dernières années. Les administrations de sécurité sociale ne sont plus à besoin de financement depuis 2016 et depuis, leur capacité de financement s’améliore.
La situation financière des entreprises a évolué au cours du temps. En effet, on note deux périodes pendant lesquelles les entreprises sont en capacité d’autofinancement (entre 1997 et 1999, puis entre 2003 et 2004).
Lire aussi: Enjeux des Familles Homoparentales
II. Financement Intermédié (Indirect)
On parle de finance indirecte ou d'intermédiation financière pour désigner le mode de financement par les banques. Le financement est indirect ou intermédié lorsque les institutions financières servent d'intermédiaires entre les agents à besoin de financement et les agents à capacité de financement. Les intermédiaires financiers collectent les fonds des ACF et les prêtent aux ABF. Selon que ces agents prêteurs et emprunteurs se rencontrent ainsi directement sur le marché ou par le biais d'un intermédiaire financier, on parle de « financement direct » ou de « financement indirect ou intermédié ».
Le financement non monétaire correspond à la transformation de l'épargne de certains agents en financement pour d'autres. On parle de circuit de financement externe indirect.
III. Rôle et Importance des Banques
Dans une économie d’endettement, l’économie est assurée par les banques, qui jouent le rôle d'intermédiaire. Chaque banque doit disposer d’un compte auprès de la Banque centrale pour effectuer des opérations de paiement interbancaires. Les règlements s’effectuent aux moyens de la monnaie Banque centrale.
L’importance des banques dans l’intermédiation sur les marchés s’est accrue au cours des 25 dernières années par la concentration du secteur, la disparition d’un certain nombre de statuts (comme celui des agents de change) et leur internalisation bancaire. Les banques sont des intervenants puissants sur les bourses mondiales (à Paris, c’est Euronext Paris SA, filiale d’Euronext, qui a le statut « d’entreprise de marché ») en tant qu’intermédiaires agissant pour le compte de leurs clients : particuliers, entreprises ou institutionnels, ou pour leur propre compte. Elles le font au travers des entreprises d’investissement (qui ont succédé aux sociétés de bourse).
Activités des Banques
- Conseil et garantie: Si une entreprise veut s’introduire en bourse, procéder à une augmentation de capital, lancer un emprunt obligataire, faire une offre publique d’achat, elle doit rédiger des prospectus et les faire valider par l’autorité de marché (en France, l’Autorité des Marchés Financiers) ; pour cela elle a besoin des conseils des banques. Il arrive que ces opérations soient assorties de garanties de la part des banques (qui s’engagent à prendre une partie des titres et à les reclasser par exemple).
- Gestion de portefeuille: Cette activité consiste à gérer des portefeuilles d’actifs financiers pour le compte de tiers. Ces « tiers » sont des clients privés, dotés généralement de gros patrimoine ou des clients institutionnels (banques, compagnies d’assurance, caisses de retraite et de prévoyance, etc.) desquels la banque aura reçu un « mandat de gestion » qui fixera par exemple une orientation de gestion (portefeuille composé plutôt en actions, en obligations ou mixte) et un rendement attendu sur un horizon temporel défini (une année, deux ans, cinq ans, etc.).
IV. Avantages et Inconvénients du Financement Intermédié
Alors que l'intermédiation bancaire était la norme en France jusque dans les années 1980, on a vu depuis cette date un très important essor des marchés financiers, lesquels permettent une désintermédiation, puisque les emprunteurs peuvent plus facilement emprunter directement auprès d'épargnants et, surtout, que les entreprises qui ont des besoins de financement peuvent désormais émettre plus facilement des actions plutôt que d'emprunter.
Lire aussi: Tout savoir sur la SARL
La désintermédiation est au fond une sorte de circuit direct entre emprunteurs et prêteurs, alors que l'intermédiation suppose un passage par une banque, qui collecte des ressources auprès de certains (dépôts à terme, bons de caisse, produits financiers divers) pour prêter à d'autres. Comme toujours, l'existence d'un intermédiaire a un coût : d'où l'avantage de la désintermédiation, qui se traduit par une réduction du coût du financement pour les emprunteurs (et, éventuellement, par un rendement plus élevé pour le prêteur).
Mais l'intermédiation bancaire permet une mutualisation du risque : la banque assume ce risque, et garantit à ses prêteurs une rémunération plus faible, mais sûre. Au contraire, avec la désintermédiation, c'est le prêteur qui assume directement le risque.
Mais il est vrai que les relations de long terme, qui caractérisent ordinairement le financement intermédié, peuvent être un obstacle à la ré-allocation du capital durant les phases d'innovation technologique majeure. Cette situation conduit Bertrand du Marais à parler d'une « capture » du régulateur, s'appuyant sur une croyance très puissante : la supériorité de la finance de marché par rapport au financement intermédié, le dogme de l'efficience et de la perfection des marchés financiers.
V. Les Marchés Financiers
Le marché financier est un lieu de rencontre fictif entre l’offre et la demande de capitaux (réalisation d’un échange ou transaction). En effet, pour les néoclassiques, le financement de l’activité économique se fait grâce à une allocation optimale des ressources (concurrence pure et parfaite). Le taux s’établit à un niveau qui permet d’équilibrer l’offre et la demande. Le marché est efficient, car les prix reflètent toute l’information disponible (Eugene Fama).
Types de Marchés
- Marché monétaire : Il s’agit du marché des capitaux à court terme (moins d’un an).
- Marché interbancaire : comme vu un peu plus haut, c’est un marché réservé aux institutions financières afin de se procurer des liquidités.
- Marché des titres négociables : marché ouvert à tous.
- Marché des capitaux : lieu d’émission des titres (ce marché est appelé marché du neuf).
- Action : titre de propriété d’une partie du capital d’une entreprise. Sa variation dépend de la loi de l’offre et de la demande.
- Obligation : titre de créance (titre de reconnaissance de dette). Elle est essentiellement émise par l’État et les grandes entreprises.
VI. Crises et Régulations
L’économie d’endettement provoque de l’inflation => le développement du crédit bancaire entraîne une hausse générale des prix qui s’autoentretient. Cette inflation va impacter le niveau des taux d’intérêt. En effet, l’inflation va diminuer la valeur réelle de la dette.
Lire aussi: Fonctionnement de la Commission en Finance
Les crises bancaires : impossibilité de faire face aux échéances de paiement immédiates, le passif est supérieur à l’actif. Le risque est que la crise atteigne l’ensemble du système bancaire quand les banques ne prêtent plus à d’autres banques (manque de confiance et de fiabilité).
Les crises financières : la spéculation peut avoir pour effet une forte volatilité des cours des titres, ce qui conduit à une hausse des cours qui n’est pas justifiée par les données réelles. Se crée alors une bulle spéculative, qui finit par éclater et provoque une chute brutale des cours (krachs). Des problèmes de solvabilité et de liquidités vont apparaître, ce qui va pousser les banques à réduire les crédits (crédit crunch), ce qui va alors conduire à un cercle vicieux (baisse de la consommation et de l’investissement, donc une chute de la production et une hausse du chômage).
Rôle de la BCE et Régulations
- Le rôle de la BCE : elle accorde aux banques les liquidités dont elles ont besoin. De plus, elle joue le rôle de prêteur en dernier ressort.
- Les règles prudentielles : les accords de Bâle par exemple qui doivent assurer la stabilité du système financier à l’échelle mondiale. Ils obligent, entre autres, les banques à détenir un minimum de fonds propres par rapport à l’ensemble des encours de crédits. C’est le ratio Cooke qui détermine le pourcentage de fonds propres minimum à détenir.
- Le renforcement des pouvoirs des autorités de contrôle et de supervision : l’AMF (Autorité des marchés financiers) s’est vu accorder plus de pouvoir par exemple.
- Une meilleure coordination internationale : mise en place d’un mécanisme de supervision bancaire unique (MSU), qui place 128 banques européennes sous la supervision de la BCE depuis 2014, qui complète le MRU (Mécanisme de résolution unique des défaillances bancaires). Déploiement de garanties de dépôts, d’un règlement uniforme ou encore d’un MES (Mécanisme européen de stabilité).
balises: #Financ
