Le Mal-Logement en France : Définition, Causes et Conséquences

Le mal-logement est une problématique persistante en France, touchant une part significative de la population. Il désigne toutes les situations dans lesquelles une personne vit dans un logement indécent, insalubre, surpeuplé, ou en est totalement privée. En France, 4 millions de personnes souffrent du mal-logement ou d’absence de logement.

La Fondation Abbé Pierre présente son 25ème rapport sur le mal-logement en France et donne une estimation du nombre de personnes mal-logées en 2020. Ce rapport alerte sur la « multiplication des atteintes au droit au logement et à l’hébergement d’urgence ».

Le mal-logement regroupe les situations de logement qui ne répondent pas aux normes minimum d’une société donnée, ou dans lesquelles la personne ne maîtrise, elle-même, pas la durée de son hébergement. L’Insee distingue trois grandes catégories au sein des « personnes privées de logement ou de confort » : les sans-domicile, les « autres situations sans logement personnel » et les personnes qui vivent dans un logement privé de confort. La fondation Abbé Pierre publie chaque année un rapport sur le sujet.

Selon le rapport 2025 de la Fondation pour le logement des défavorisés, quatre millions de personnes - soit 6 % de la population - sont considérées comme mal logées en France. Du sans domicile fixe au jeune contraint de revenir vivre chez ses parents, en passant par un couple qui vit avec son enfant dans un studio, ce chiffre rassemble des populations logées dans des conditions très différentes.

L’article 6 de la Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 définit, le premier, quels sont les critères attendus d’un logement décent. La Fondation pour le logement des défavorisés a largement contribué dans l’apport d’éléments pour définir la notion de mal logement.

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Les Différentes Formes de Mal-Logement

Le mal-logement peut prendre trois formes qui ne se recoupent pas nécessairement :

  • La mauvaise qualité de l’habitat (bruit, humidité, chauffage défaillant, etc.)
  • La superficie trop faible
  • La précarité de l’hébergement

La distinction entre les formes de mal-logement est discutable car elles se combinent souvent. Les personnes sans domicile conjuguent le manque de logement et des conditions de confort le plus souvent extrêmement difficiles. Le caractère « inconfortable » d’un logement regroupe des situations très différentes, du bidonville à l’absence de cuisine.

Habitat Dégradé

La première forme de mal-logement est le fait de vivre dans un habitat dégradé : 2,2 millions de personnes sont concernées.

D’abord, pas moins de 100 000 personnes vivent dans des habitats de fortune, des cabanes, dans des campings, etc. S’y ajoutent 208 000 gens du voyage qui ne disposent pas d’aire aménagée et vivent dans des conditions souvent particulièrement dures. On compte aussi 20 000 travailleurs immigrés hébergés dans des foyers vétustes en attente de rénovation.

À ces très mal-logés s’ajoutent ceux qui disposent de leur propre logement mais pas du minimum de confort, soit 1,9 million de personnes.

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Habitat insalubre

Habitat insalubre à Saint-Denis.

Manque d’Espace

La deuxième forme de mal-logement est le manque d’espace, situation qui concerne plus d’un million de personnes. Selon l’Insee, le peuplement normal d’un logement répond à la norme suivante : au moins une pièce pour le ménage (le séjour), plus une pour un couple (une chambre), plus une pour les célibataires de 19 ans ou plus, plus une pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de sept ans, sinon une chambre supplémentaire par enfant. Un logement qui ne répond pas à ce minimum est dit « surpeuplé ».

Absence de Logement Personnel

Enfin, la troisième forme de mal-logement est de ne pas disposer de logement personnel : un million de personnes sont concernées. Une enquête réalisée en 2012 par l’Insee estimait le nombre de sans-abri (les « sans domicile fixe ») à plus de 10 000, mais le chiffre a sans doute augmenté depuis.

En plus, 25 000 personnes vivent en permanence à l’hôtel, souvent de très mauvaise qualité, sans cuisine. Enfin, 643 000 personnes sont hébergées chez des tiers.

Il faut savoir, qu'une partie de la population française continue à vivre dans des conditions particulièrement indignes.

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Qui est Concerné par le Mal-Logement ?

Le mal logement peut toucher des personnes de tous âges et de toutes origines, mais il frappe particulièrement les personnes sans logement les plus vulnérables et les plus fragiles de la société. D’après l’enquête auprès des bénéficiaires de minima sociaux 2018 de la DREES, les bénéficiaires du minimum vieillesse et de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) disposent moins souvent d’un logement ordinaire autonome du fait de leur âge, handicap ou problème de santé.

Les Conséquences du Mal-Logement

Cette situation peut avoir de graves conséquences sur la vie et la santé des personnes qui en sont victimes :

  • Les problèmes de santé : Les personnes mal-logées peuvent être exposées à des conditions de vie dans des logements insalubres qui peuvent causer des problèmes de santé, tels que des allergies, des infections respiratoires, des maladies cardiovasculaires ou des maladies mentales. L’accès à un logement décent est un droit fondamental et un déterminant de santé majeur, reconnu comme tel par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
  • L’isolement social : Les personnes mal-logées peuvent se sentir isolées de leur communauté en raison de leur situation de logement. Cela peut avoir des conséquences négatives sur leur bien-être mental et leur qualité de vie. Par exemple, le fait d’habiter dans un logement dégradé entraîne un processus de stigmatisation, de dégradation sociale et de perte d’estime de soi.
  • Les conséquences sur l’éducation : Les enfants vivant dans des conditions de logement précaires peuvent avoir des difficultés à se concentrer à l’école en raison du stress et de l’insécurité de leur environnement.

Les Causes du Mal-Logement

Plusieurs facteurs contribuent au mal-logement :

  • Le prix de l’immobilier : Les prix élevés des loyers et de l’immobilier en général contraint les populations à vivre dans des logements indignes et surpeuplés. Depuis le début des années 1960, le poids de la dépense de logement dans l’ensemble des dépenses de consommation des ménages est passé de 11 % à 27,8 % en 2021, soit plus du double.
  • Les crises nationales et internationales : Les crises successives de ces dernières années (économiques, énergétiques, militaires) ne font qu’amplifier la tension sur les ménages.

Comment Lutter Contre le Mal-Logement ?

Une approche globale est nécessaire dans la mesure où sont impliqués différents acteurs : les pouvoirs publics, les acteurs associatifs et du logement social, les professionnels de l’immobilier et la société civile. Cette lutte passe bien évidemment par des politiques publiques fortes qui permettent la création de logements, incitent et favorisent la rénovation des logements précaires.

Lutter contre le mal-logement peut également passer par favoriser les modes d’habitat alternatifs, tels que les coopératives d’habitants, l’habitat participatif, l’éco-habitat, l’habitat inclusif, le logement social, les colocations solidaires.

Forme de mal-logement Nombre de personnes concernées
Habitat dégradé 2,2 millions
Manque d'espace 1 million
Absence de logement personnel 1 million

Les Petites Pierres est un acteur engagé dans la lutte contre le mal-logement. Depuis plus de 10 ans, Les Petites Pierres agit concrètement contre le mal logement. En quelques chiffres, Les Petites Pierres a permis le financement de plus de 600 projets solidaires de lutte contre le mal logement, en reversant plus de 8 millions d’euros aux associations. Ensemble, construisons un habitat digne. Le mal logement n’est pas une fatalité.

Sans-abri à Paris

Sans-abri à Paris.

Certes, la situation du logement en France n’a pas grand-chose à voir avec celle que notre pays a pu connaitre dans l’après-guerre. Mais la persistance d’un tel niveau de mal-logement est d’autant plus problématique que notre pays est parmi les plus riches au monde et que, justement, les conditions générales de logement se sont globalement améliorées sur le long terme.

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