Différence entre syndicat CFTC et CFE-CGC

En France, la liberté syndicale est un grand principe de base dans le monde du travail. Un employeur ne peut pas agir en faveur ou à l’encontre d’un syndicat de salariés. Il existe huit syndicats de salariés dont cinq sont dits représentatifs et trois non représentatifs.

Origines et caractéristiques générales

La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), syndicat de salariés se référant à la morale chrétienne, est née en 1919. La Confédération française démocratique du travail (CFDT) a été créée en 1964 lors d’un congrès extraordinaire à la suite d’une rupture idéologique au sein de ce mouvement. La Confédération générale des travailleurs (CGT) est un syndicat de salariés qui a été créé le 23 septembre 1895 à Limoges. La Confédération générale du travail - Force ouvrière (CGT-FO) est née d’une scission de la CGT en 1948.

Créé en 1944 sous le nom de Confédération générale des cadres (CGC), ce syndicat de salariés est devenu la Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC) en 1981. La CFE-CGC, née en 1944, est le premier syndicat français des cadres et de l’encadrement dont elle défend les intérêts tant dans l’entreprise que dans la société.

Champ de représentation : catégoriel vs intercatégoriel

La CFE-CGC tient à la particularité qui la distingue, depuis sa création en 1944, des autres organisations syndicales représentatives françaises : elle est la seule à défendre les intérêts d’une catégorie professionnelle spécifique, l’encadrement. Par définition, un syndicat catégoriel ne représente qu’une partie des salariés, généralement les cadres, mais parfois au-delà par exemple les agents de maîtrise.

La CFE-CGC s'adresse aux classes moyennes, tout en gardant sa spécificité qui est d'être la voix des techniciens, agents de maîtrise, forces de vente, cadres, ingénieurs et à ceux qui ont vocation à le devenir - c'est-à-dire, à des salariés dont les fonctions comportent responsabilité, initiative et/ou commandement. Ouverte depuis longtemps déjà aux agents de maîtrise et aux techniciens, elle accueille depuis 1998 tous les « professionnels de l’entreprise ».

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La section syndicale fait partie d'un syndicat professionnel déterminé en fonction de sa branche d'activité (par exemple : la métallurgie, la chimie, la banque...). La CFE-CGC est représentée au niveau de l'entreprise par la section syndicale, conformément à la loi du 27 décembre 1968.

La CFTC, quant à elle, est un syndicat interprofessionnel traditionnellement ancré dans une culture chrétienne-sociale et historique, qui a vu une partie de ses adhérents laïciser l'organisation en 1964 en donnant naissance à la CFDT.

Mode d’action et culture syndicale

La CFE-CGC défend les intérêts professionnels et sociaux des salariés qu’elle représente, par ses compétences économiques et sociales à l’exclusion de toute considération politique (comme d’ailleurs philosophique et religieuse).

Le syndicat des cadres a une approche très professionnelle du syndicalisme. Son truculent patron François Hommeril le reconnaît. Son rôle repose sur le dialogue, le compromis, la concertation et la négociation, et ces armes ont permis de gagner bien des combats dans les entreprises.

La CFTC, fidèle à ses racines, porte une approche plus large, interprofessionnelle et souvent axée sur des principes moraux et sociaux hérités de sa tradition d’origine.

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Représentativité et poids électoral

Pour être habilité à s’exprimer, à négocier et à signer des accords au nom de l’ensemble des salariés, un syndicat doit être considéré comme représentatif, ou autrement dit, il doit être légitime pour représenter les salariés. Ce critère est mesuré tous les quatre ans lors des élections professionnelles.

La CFE-CGC est reconnue comme organisation syndicale représentative (présomption irréfragable de représentativité). Avec 20,71 % dans son champ statutaire de l’encadrement, la CFE-CGC a progressé et, lors des deux derniers cycles électoraux, elle est l’organisation syndicale représentative qui a le plus progressé. En quatre ans, la CFE-CGC a progressé de plus de 36 000 voix et, tous syndicats et tous collèges confondus, elle atteint une audience de 12,95 % contre 11,92 %.

La CFE-CGC est devenue il y a quelques années le premier syndicat d’entreprises telles qu’EDF, et elle est aussi en tête dans des entreprises comme la Société Générale ou BNP. La CFE-CGC compte bien profiter de son nouveau statut pour peser dans les discussions.

Objectifs prioritaires et revendications

La défense des droits des cadres dans les négociations interprofessionnelles n’en reste pas moins le moyen d’action privilégié de la CFE-CGC. Un partage équitable des acquis des 35 heures, un droit à la formation tout au long de la vie professionnelle, une gestion assouplie et des conditions garanties de retraite, telles sont, parmi d’autres, les exigences qu’elle promeut.

S’opposant aux logiques purement financières qui précarisent la vie des cadres comme de l’ensemble des salariés, la Confédération milite pour une intégration effective des principes éthiques fondamentaux à la gestion des entreprises. C’est dans ce but qu’elle a créé en juillet dernier avec la Caisse des Dépôts, SANOFI, VEDIORBIS et d’autres grandes entreprises pour partenaires, l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE).

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Attitudes face aux négociations nationales

Sur des dossiers nationaux comme les retraites complémentaires Agirc-Arrco ou l’assurance-chômage, la CFE-CGC a parfois pris des positions distinctes ou refusé de signer certains accords si elle estimait que les solutions proposées nuisaient aux intérêts spécifiques des cadres. Par exemple, la CFE-CGC a clairement indiqué sur certains projets d’accord qu’elle n’était pas favorable à la signature et que la possibilité de faire jouer le droit d’opposition existait.

Trois organisations - la CGT, la CFE-CGC et la CFTC - ne devraient pas signer certains textes jugés insuffisants, tandis que d’autres syndicats comme la CFDT ou FO peuvent se montrer plus enclins au compromis selon les dossiers. Ces différences traduisent des cultures syndicales et des priorités divergentes entre organisations.

Fonctionnement interne et gouvernance

Les responsables confédéraux de la CFE-CGC ont tous une activité professionnelle. Ils sont tous élus, y compris le président et l’exécutif, directement élus par le congrès. Avoir des dirigeants élus est une autre spécificité de ces structures syndicales dans lequel le politique pèse lourd.

Les confédérations sont d’autant moins enclines à faire preuve de proactivité en matière de communication sociale quand il y a des tensions. Hormis les informations sur les principaux élus, aucun des sites confédérés ne diffuse la moindre information sur son effectif et les grandes lignes de sa politique RH maison. Les confédérations pourraient pourtant faire la preuve de leur responsabilité sociale en illustrant par exemple comment le capital humain est valorisé. Pas question de s’exposer inutilement. Moins on en dit, mieux on se porte.

Ressources humaines et moyens

Les confédérations syndicales sont des entreprises, presque, comme les autres. On y négocie des accords collectifs sur l’égalité professionnelle, les seniors, la formation, les risques psychosociaux... Le niveau de l’augmentation collective est négocié chaque année.

La structuration des effectifs est aussi particulière du fait qu’une partie est détachée. Les détachés, ce sont des militants mis à disposition et payés par les employeurs publics ou privés, chez lesquels ils ont entamé leur parcours syndical. Les salaires des détachés sont parfois reversés à leur employeurs par les confédérations dès lors que le militant concerné fait partie des têtes d’affiche du syndicat.

Tout juste peut-on dénicher le montant de la masse salariale confédérale dans les rapports financiers. À la confédération CFTC par exemple, la masse salariale est de 6 millions d’euros pour 97 salariés. Cela donne une moyenne (charges sociales incluses) de 61 855 euros par an et par salarié. Pas autant que ça quand on sait que 60 % des salariés de la CFTC ont le statut cadre, qu’ils sont rémunérés sur 13,5 mois et que l’ancienneté est importante. Or, la convention collective de ce syndicat, comme les autres, valorise l’ancienneté.

Tensions internes et visibilité

Les confédérations sont d’autant moins enclines à faire preuve de proactivité en matière de communication sociale quand il y a des tensions. Le 17 novembre 2010, le syndicat CGT des personnels de la confédération CGT mettait la direction du syndicat face à ses responsabilités sur la profonde dégradation des conditions de travail. Les effectifs sont à la baisse. Entre 2004 et 2011, la confédération CGT est passée d’un effectif de 153 équivalents temps plein à 128... Dans le même temps, la charge de travail a augmenté.

La gestion des effectifs est tout aussi tendue dans toutes les confédérations. Aucun syndicat n’a les moyens financiers de multiplier les recrutements classiques et les détachements sont à la baisse.

Impact sociologique et évolution des adhésions

Il y a de moins en moins d’ouvriers dans les usines. Ce qui a tendance à réduire les troupes naturelles de la CGT, de SUD ou encore de FO. L'évolution sociologique joue contre la CGT. Les jeunes qui arrivent dans les entreprises à des postes de techniciens ou de maintenance ont beaucoup moins en tête la lutte des classes ou l’époque des grandes luttes ouvrières.

La CFE-CGC, qui vise l’encadrement et les professions dites à responsabilité, profite de ces évolutions sociologiques pour augmenter ses effectifs et son audience électorale. Comme une entreprise qui doit gagner des marchés pour grossir, “nous, on doit gagner des adhérents pour être plus fort”. En pleine crise du syndicalisme, la CFE-CGC s'enorgueillit de faire croître ses troupes de 2 à 3% par an.

À qui s’adresser et pourquoi adhérer

La CFE-CGC permet d'accéder à des informations cruciales et, en s’impliquant dans la négociation collective (accords sur les salaires, la formation, le télétravail, etc.), aide à orienter les politiques d’entreprise. Même s'il s'agit d'un syndicat catégoriel, la CFE-CGC est autorisée à négocier et signer un accord collectif d'entreprise intercatégoriel (qui s’applique à tous les salariés).

Adhérer à un syndicat n’oblige pas à militer activement. « Adhérer » ne veut pas dire « Militer »... Vous pouvez adhérer en toute discrétion. La cotisation à un syndicat est déductible des impôts à 66 % et peut être perçue comme une assurance pour sa vie professionnelle.

Tableau récapitulatif (extrait)

Critère CFTC CFE-CGC
Année de création 1919 1944 (CGC), renommée 1981
Champ Interprofessionnel, tradition chrétienne Catégoriel : encadrement, techniciens, agents de maîtrise
Approche Sociale et morale Professionnelle, dialogue et négociation
Évolution électorale Variable Progression notable, consolidation auprès des cadres

Si vous vous interrogez encore sur l’intérêt d’adhérer, rappelez-vous : la meilleure façon de faire changer un syndicat que l’on trouve « ringard » est d’y adhérer en masse pour avoir le poids nécessaire pour modifier ce que l’on souhaite changer.

Vidéo 13 Les différents types de syndicalisme

Enfin, la représentation, la stratégie et les méthodes d’action diffèrent selon les syndicats. La CFE-CGC privilégie l’action professionnelle au service des cadres et de l’encadrement, tandis que la CFTC conserve une identité interprofessionnelle ancrée dans une tradition sociale spécifique.

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