Histoire et développement de l'artisanat en Côte d'Ivoire

L'artisanat ivoirien, secteur d’une vitalité incontestable, se positionne aujourd’hui comme un levier essentiel de l’économie nationale. Véritable vivier de l’emploi, le monde artisanal compte aujourd’hui 245 métiers issus de huit branches d’activité dont 44 corps de métiers, plusieurs secteurs d’activité allant des métiers de la production, de l'extraction, l'agroalimentaire, la restauration, le BTP de l’automobile et ainsi que tous les métiers de proximité (coiffeur, fleuriste, pressing…) et bien d'autres (traitement des métaux, sérigraphie, imprimerie, laboratoire photographique, récupérateur de matière recyclable…).

L’essor de l’artisanat en Côte d’Ivoire ne se limite pas à une simple activité économique. Il contribue également à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel du pays. Les artisans, fiers de leur héritage, transmettent leurs savoirs aux générations futures, assurant ainsi la pérennité de ces traditions.

Origines historiques et contextes socio-économiques

L’étude du début de l’économie de plantation comporte trois parties : l'évolution des cultures commerciales avant 1908 ; la mise en place des nouvelles structures de production ; les répercussions socio-économiques. Avant 1908, le dynamisme de l'agriculture spéculative précoloniale s'oppose à une sorte de blocage dû à l'absence d'une véritable politique agricole du pouvoir colonial. Cette obstruction résulte de la nécessité de restructuration pour l'établissement de l'économie de cueillette.

Les premières références à une industrie en Côte d’Ivoire remontent au XVIIème siècle, et portent sur l’exportation de l’huile de palme produite par les populations autochtones, tandis que l’histoire coloniale de la Côte d’Ivoire débute en 1893 (date à partir de laquelle ce territoire des rivières du sud a été proclamé colonie française) et s’achève en 1960 (proclamation de son indépendance). L'installation de nouvelles cultures et l'économie de plantation, ainsi que l'immigration de groupes extérieurs, ont profondément transformé les structures économiques et sociales dans lesquelles s'inscrit l'artisanat.

Diversité des influences et des savoir-faire

La pêche artisanale maritime connaît actuellement un développement remarqué en Côte d’Ivoire; celui-ci est essentiellement le fait de pêcheurs originaires du Ghana voisin, notamment de pêcheurs Fante et Ewe, implantés en de nombreux points de la côte ivoirienne. Ce dynamisme des pêcheurs piroguiers ghanéens est souvent ramené à des qualités d'essence qui feraient d'eux de grands pêcheurs migrants par opposition aux ivoiriens planteurs, et par la interprète en termes de "traditions" figées, mais cette situation renvoie bien davantage à des processus historiques.

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Originaire d’Amérique Latine, le cacaoyer a été introduit de Gold Coast (actuel Ghana) en Côte d’Ivoire au moment de la colonisation. Les échanges régionaux et transnationaux ont donc contribué à diversifier les techniques, les matériaux et les marchés, influençant ainsi les pratiques artisanales locales.

Formations, politiques publiques et structuration du secteur

Pour donner au monde rural et particulièrement aux jeunes ruraux des conditions d'existence semblables à celles de leurs camarades des grandes villes, l'Etat ivoirien a choisi la voie de la formation en initiant le "projet unités mobiles". En Côte d'Ivoire, il est reproché au système de formation professionnelle, entre autres griefs, de produire des diplômés peu ou pas qualifiés. Pour répondre à ces critiques, des solutions alternatives sont préconisées, notamment l'introduction de l'alternance dans la formation et sa généralisation dans tous les établissements de formation.

En effet, les artisans en règle peuvent solliciter des fonds d’appui via les guichets de l’Agence Emploi Jeunes ou du GUDE-PME, renforçant ainsi leurs capacités de production et leur compétitivité. S’exprimant lors de la tribune hebdomadaire "Tout Savoir Sur" (TSS) du Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), Monsieur Yao Silvère Konan, Directeur Général de la Promotion des PME et de l’Artisanat, a appelé les acteurs de ce secteur à formaliser leurs activités. Cette démarche, imposée par la loi de 2014, exige une inscription au Registre des métiers, condition sine qua non pour bénéficier des divers mécanismes d’accompagnement mis en place par l’État.

Abidjan, le 1er avril 2025 - Le directeur général de la Promotion des PME et de l’Artisanat, Yao Silvère Konan, a partagé la politique nationale du gouvernement ivoirien en matière de promotion de l’artisanat. Pour ce faire, trois principales actions sont mises en place. Poursuivant, le directeur général en charge de la Promotion de l’Artisanat a relevé cinq axes pour atteindre les objectifs de la stratégie gouvernementale. Pour réussir cette mission, a indiqué Yao Silvère Konan, le gouvernement a confié à la Chambre Nationale de Métiers (CNMCI), le rôle opérationnel d’encadrement et de structuration du secteur.

Dans l’optique d’une promotion accrue, le gouvernement ivoirien a inscrit dans son Plan National de Développement (PND 2021-2025) des activités pour l’amélioration de la compétitivité des acteurs et des structures du secteur de l’Artisanat. Le secteur a fait de sa promotion une priorité dans les Plans Nationaux de Développement successifs (2012-2015, 2016-2020 et 2021-2025).

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Impacts économiques récents et chiffres clés

Ayant contribué à hauteur de 19,5% au PIB en 2022, il a vu sa valeur ajoutée progresser de 124% en sept ans, passant de 3 855,7 milliards FCFA en 2015 à 8 653,5 milliards FCFA en 2022. Un dynamisme qui atteste du rôle structurant de ce secteur, riche de traditions et porteur de perspectives d’emplois. Selon le ministre du Commerce et de l’industrie, le secteur de l’artisanat représente plus de 40% du tissu économique du pays pour une contribution de 12% au produit intérieur brut (PIB).

Les artisans formalisés bénéficient aujourd’hui d’un meilleur accès aux mécanismes d’accompagnement étatiques ; la formalisation via le Registre des métiers est présentée comme une condition pour solliciter des fonds d’appui et accéder à des dispositifs de renforcement des capacités.

Territoires, ateliers et exemples locaux de savoir-faire

Pour transformer ces morceaux de terre en perles, les artisans forment, cuisent puis décorent chaque bille à la main à l’aide de pigments naturels et d’une plume de poule en la tournant entre leur pied ! Au quartier Petit-Paris de Korhogo, une coopérative de femmes s’est spécialisée dans la production artisanale du beurre de karité. Chacune des étapes de sa confection vous sera expliquée, de la graine au beurre.

Dans ces 2 villages, les artisans vous expliqueront la technique utilisée pour tisser, fil par fil, les magnifiques pagnes baoulés et autres batiks. Pots à kedjenou, canaris, vases du chef, jarres… à Tanou, les artisans potiers travaillent l’argile pour en faire de magnifiques poteries. Les toiles que l’on appelle « toiles de Korhogo » sont peintes dans ce village rendu célèbre par Picasso.

Ce bâtiment accueille une dizaine d’artisans qui réalisent, exposent et vendent leurs œuvres sur place. Dans ce dédale de boutiques et ateliers, vous trouverez ce qui se fait de mieux en Côte d’Ivoire. Colorés, animés, vivants et souvent multinationalités, les marchés d’Abidjan sont à l’image du pays !

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Événements, promotion et consommation locale

Ce rendez-vous annuel est une aubaine pour les artisans de Côte d’Ivoire et d’ailleurs pour faire connaître leur savoir-faire créatif, innovant et faire la promotion de l’artisanat, mais surtout appeler les uns et les autres à la consommation locale. «J’encourage les Ivoiriens à consommer local, parce que cela permet de créer des emplois, de la valeur ajoutée et une économie forte. En consommant local, vous valorisez le savoir-faire de nos braves artisans, de nos responsables des PME», a exhorté Souleymane Diarrassouba.

C’est à juste titre que cet événement se tient autour du thème «L’Artisanat, moyen d’inclusion sociale et de développement durable» et vise à valoriser les ressources locales par leur transformation, promouvoir le Made In Côte d’Ivoire et célébrer les lauréats nationaux et d’ailleurs. Œuvres d’arts, poteries africaines, textiles, limonades et produits d’épicerie : le made in Africa est en marche.

Genre, inclusion et défis

Bien que largement dominé par les hommes, le secteur compte 22,5% de femmes, soulignant la nécessité d’une inclusion accrue des entrepreneuses artisanales. Les auteurs réunis veulent mettre en exergue la pertinence du renforcement de la production artisanale en vue de promouvoir l’emploi et le développement parmi les populations les plus marginalisées, en particulier les jeunes et les femmes les plus pauvres.

Avec l’évolution technologique, les mécaniciens n’ont plus besoin de tournevis pour régler une voiture mais ils ont plutôt besoin d’une valise (électronique) pour faire correctement leur travail, a fait remarquer Siaka Ouattara, soulignant l'importance d'adapter les formations professionnelles aux mutations techniques pour maintenir la compétitivité des métiers artisanaux.

Tableau synthétique : Les huit grandes branches de l'artisanat ivoirien

Branches Exemples de métiers
Agroalimentaire Transformation alimentaire, limonades, produits d'épicerie
Construction BTP, maçonnerie, menuiserie
Métaux et mécanique Mécaniciens, traitement des métaux
Bois et ameublement Ebénisterie, mobilier
Textile et cuir Tissage, pagnes baoulés, batiks, maroquinerie
Audiovisuel et communication Imprimerie, sérigraphie, laboratoires photographiques
Hygiène et soins corporels Cosmétiques artisanaux, savons traditionnels
Artisanat d'art et décoration Poterie, sculpture, peinture sur toile

Patrimoine, créativité et enjeux de reconnaissance

De 1970 à 1990, le Vohou-Vohou s'est fait remarquer dans la société ivoirienne tant pour la mise en évidence des formes visuelles accompagnant les messages de vie quotidienne que pour les relations inter-individuelles et la transformation des mentalités. Nonobstant une présence continue sur le terrain, le Vohou-Vohou se trouve aujourd'hui dans une impasse qui contraste avec la célébrité légendaire qu'il a connue. Sans doute, est-ce dû à la réduction, comme peau de chagrin au fil des années, du nombre des artistes qui se reconnaissent en Vohou-Vohou.

L’essor créatif dans le secteur de l’artisanat en Côte d’Ivoire témoigne de la capacité du pays à conjuguer tradition et modernité. À travers leurs créations, les artisans ivoiriens s’affirment comme de véritables ambassadeurs culturels, ouvrant une fenêtre sur la richesse artistique et artisanale de ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Perspectives : structuration, valorisation et consommation locale

Les auteurs et responsables insistent sur la nécessité de valoriser par nous-mêmes notre artisanat. «La chose qui nous a toujours manqué c’est la valorisation par nous-mêmes de notre artisanat. Et les pays africains l'ont désormais compris. Nous voulons dorénavant transformer et consommer localement nos ressources et nos productions et les vendre en produits finis», expliquait une responsable régionale, soulignant l'importance stratégique de la transformation locale.

Le renforcement des capacités via la formalisation, l'accès au financement, l’adaptation des formations et la promotion à travers des événements nationaux et internationaux apparaissent comme des leviers indispensables pour consolider l’artisanat ivoirien et en faire un moteur durable d'inclusion sociale et de développement économique.

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