École Sainte Marie à Païta et son évolution jusqu’au Collège Sainte Marie à Nouméa
En 1873, les frères maristes sont arrivés en Nouvelle-Calédonie pour instruire et former les enfants à l’appel des habitants de Nouméa. Deux ans plus tard, l’école communale de Païta, fréquentée par les fils des colons, leur est confiée par décision du Gouverneur. Ils en auront la charge jusqu’en 1904. Mais dès 1877, monsieur Bouscarel, le président de la municipalité, demande une classe pour les autochtones. Frère Ulbert va s’y dévouer de longues années. Les enfants viennent des tribus de Païta, il faut les loger et les nourrir. Monsieur Bouscarel fournit les lits du dortoir et Frère Aristide confectionne leurs premiers habits.
Cette institution est transférée à Yahoué en 1883 et réunie à celle des Orphelins venus de Nouméa : elle reste confiée aux Frères. C’est par ce contact avec les enfants et les parents que les missionnaires ont pu assurer l’évangélisation au sein des tribus. En 1887, les Frères quittent Yahoué, emportant avec eux un certain nombre d’élèves et reviennent sur Païta dans la propriété voisine de Saint Léon alors pensionnat pour Européens. Ce petit groupe sera le noyau de l’Orphelinat Sainte-Marie qui prend naissance le 1er janvier 1888. Néanmoins, il n’y a aucun bâtiment et on loge à Saint Léon jusqu’en mars. Il faut tout créer : Frère Louis-Antonio est chargé de cette œuvre.
En 1890, l’Orphelinat de Yahoué ferme ses portes et plusieurs élèves viennent encore à Sainte Marie. Le Gouverneur Feillet intervient pour que les enfants des tribus voisines puissent fréquenter les classes de l’Orphelinat. C’est le début de Sainte Marie en tant qu’école dédiée aux Kanak. L’orphelinat continue de se développer. En 1903, suite aux influences laïques, les bourses sont supprimées et Sainte Marie n’a plus de ressources régulières. L’orphelinat continue cependant à donner l’instruction et l’éducation chrétiennes. Les Frères se lancent alors dans l’élevage de troupeaux de bétail dont l’élevage permet d’entretenir les élèves orphelins et enfants des tribus.
En 1912, l’école est purement constituée d’élèves Kanak. La réputation s’étend au loin et arrivent les premiers enfants de Yaté, Bouloupari, Thio. En 1946, les effectifs croissent encore et régulièrement, les études deviennent plus sérieuses. En 1950, les Frères présentent des élèves Kanak au Certificat d’Études Primaires. Ces jeunes lauréats, et d’autres, désirent apprendre un métier. Les Frères installent des ateliers de menuiserie, de forge et de mécanique. Ils construisent alors le grand bâtiment qui longe le haut de la cour de l’actuel LPMC.
En 1962, les vieux bâtiments qui abritent l’internat, la cuisine, les classes… sont trop petits pour les nombreuses inscriptions et les exigences d’un travail sérieux. Un nouveau bâtiment s’élève rapidement. Le 1er mars 1964, l’école accueille 200 élèves et c’est l’ouverture d’un CEG (Collège d’Enseignement Général)… C’est le début du Collège Sainte Marie, les classes sont pleines, la place manque et il faut élever un deuxième étage. En 1966, ce sont les premières réussites au BEPC (DNB actuel). Comme pour les études, les victoires sportives sont nombreuses au niveau local et territorial. En 1968, la partie technique se sépare pour créer le lycée Technique : le Lycée professionnel Marcellin Champagnat.
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En 1972, les classes primaires essaiment à leur tour dans les nouveaux locaux de l’école Luc Amoura. Le collège Sainte Marie prend essor avec le développement de la mixité et l’ouverture du foyer des filles à Sainte Thérèse. Un nouvel internat pour les garçons est construit près du collège. Orphelinat… École… Collège… Sainte Marie devient progressivement un établissement avec plus de 700 élèves dans les années 1990. Sous la protection de Marie, le petit grain semé en 1888 est devenu un arbre géant aux branches solides.
Ce sont les missionnaires catholiques sur la Grande Terre (Société de Marie, 1843, Nord de la Grande Terre), et protestants aux îles Loyauté (London Missionary Society, 1840) qui s’attachèrent les premiers à donner l’instruction aux populations indigènes dans des conditions matérielles souvent précaires. Ils ont alphabétisé un grand nombre d’individus, appris aux femmes à coudre la robe mission et à cuire le pain marmite. Partout où elle est définitivement implantée, la mission catholique entretient une école ; à la fin des années 1850, ce sont 500 à 600 indigènes qui sont scolarisés entre les missions de Pouébo, Balade, Saint-Louis, La Conception, l’île des Pins. Le phénomène est similaire chez les protestants des îles où les missionnaires s’appuient sur les langues autochtones. L’enseignement laïque ne débute qu’avec l’arrivée du premier gouverneur en titre de la Nouvelle-Calédonie, Charles Guillain, en 1862.
Pendant la colonisation Feillet (1894-1903) peu de crédits sont octroyés aux écoles indigènes qui ont tendance à régresser. En 1903, il n’existe que 6 écoles laïques autochtones, dotées d’un unique instituteur et de 5 moniteurs contre 25 écoles laïques réservées aux Européens et dirigées par 40 instituteurs. Ce n’est qu’à partir du 27 septembre 1923 que les programmes des écoles indigènes sont soumis au contrôle de l’État et que surtout l’enseignement du français devient obligatoire. Jusqu’aux années 1950 et même jusqu’aux années 1980, les écoles confessionnelles restent largement les écoles des Kanak. Néanmoins, il faut insister sur la modestie des contenus offerts aux indigènes dans ces écoles. Avec la fin du régime de l’indigénat et avec l’obtention de la citoyenneté le 27 octobre 1946, les Mélanésiens peuvent enfin prétendre aux diplômes.
À partir de 1947-1948, les réalisations en faveur de la promotion économique et sociale des Mélanésiens sont mises en œuvre sous l’impulsion de l’État et grâce à des transferts provenant de métropole (FIDES). L’enseignement des indigènes reste malgré tout rudimentaire : trois Mélanésiens obtiennent le certificat d’études primaires en 1950, cinq en 1951. Le premier bachelier Kanak (Boniface Ounou) a été recensé en 1962. Les années 1970 marquent un tournant pour l’enseignement public qui affirme sa place aux côtés du privé, bien que des lycées privés ouvrent : Blaise Pascal en 1971, Do Kamo en 1979. En 1970, 54% des enfants sont scolarisés dans le public et 46% dans le privé; en 1980, 65% des élèves sont dans le public pour 35% dans le privé. Le 1er janvier 1978, la loi Debré est appliquée en Nouvelle-Calédonie mettant les enseignements privés sous contrat.
Lors des Événements des années 1980, s’ouvrent des écoles populaires Kanak (EPK). Celles-ci vont disparaître petit à petit, suite aux Accords de Matignon. Le gouverneur Guillain ouvre la première école en 1860. En 1909, l’enseignement devient un service distinct. La direction de cette école est confiée à Frédéric Surleau par le maire Jean-Baptiste Dézarnaulds. La première rentrée des classes a lieu en février 1883 et concerne 198 élèves répartis dans quatre classes. Quelques temps après, Suzanne Russier ouvre la première école publique laïque destinée aux filles dans un bâtiment situé à l’emplacement de l’actuel hôtel de ville de Nouméa.
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Les enfants des colons libres fréquentent majoritairement les écoles publiques, dont le collège La Pérouse ; tandis que les enfants des libérés sont envoyés dans des fermes écoles souvent tenues par des missionnaires afin de leur assurer une « bonne éducation ». On peut citer pour exemple l’internat de Néméara à Bourail, tenu par des Frères maristes et ouvert en 1878, et celui de Fonwhari à La Foa, tenu par les sœurs de Saint-Joseph de Cluny et ouvert en 1894, qui préparent les fils et filles de concessionnaires à leur futur métier d’agriculteur. On peut souligner l’importance des internats dans la scolarité des Néo-Calédoniens. Bourail apparaît ainsi comme un important centre de formation. En 1959, est ouverte la première école normale à Nouméa, aujourd’hui Institut de Formation des Maîtres.
On notera une inégalité d’instruction selon l’origine géographique ou sociale des habitants. L’école ne devient réellement obligatoire pour tous qu’en 1957. Auparavant, elle n’était pas obligatoire si on habitait à plus de 2,5 km d’une école. C’est encore le gouverneur Guillain qui pose les bases de l’enseignement secondaire. Louis Flize et Michel Noëllat furent les organisateurs de l’enseignement du cycle secondaire. Louis Flize suscita pendant près de 30 ans les réformes indispensables pour doter la colonie d’un enseignement secondaire adapté à ses besoins particuliers. En 1886, le collège de Nouméa prend le nom de collège colonial. Il compte 54 élèves et 9 professeurs. En 1888, il change encore de nom pour devenir le collège La Pérouse, avec Louis Flize pour principal de 1889 à 1920. Le 31 juillet 1910, un décret instaure le Brevet de Capacité Coloniale donnant l’équivalence du baccalauréat. À partir de 1919, des bourses sont accordées aux élèves européens du secondaire. Elles le sont aux Mélanésiens à partir d’avril 1951 grâce au gouverneur Cournarie. Entre 1953 et 1958, les effectifs du secondaire augmentent de 50% et ceux du technique de 75%. En 1961, le collège La Pérouse et le collège Technique deviennent des lycées et un foyer des étudiants est ouvert à Paris. En 1963, une réforme du statut territorial supprime les ministères locaux. C’est à un vice-recteur nommé l’année suivante que fut confiée la responsabilité de l’enseignement.
Suite à la signature des Accords de Matignon, on a vu s’ouvrir des lycées en brousse et à Lifou par mesure de rééquilibrage : Poindimié, Pouembout, Touho et Wé. Pour suivre la montée démographique, un nombre important de collèges publics sont construits dans le Grand Nouméa: Kaméré, Normandie, Plum, Portes de fer, Païta, le GOD de Katiramona… En 1987 est ouvert l’Université française du Pacifique, qui devient l’Université de la Nouvelle-Calédonie en 1999. Le centre universitaire se répartit entre Magenta et Nouville. Par l’arrêté du 24 août 1863, le gouverneur Guillain organise la première école professionnelle de Nouvelle-Calédonie. Celle-ci, créée en juillet 1862, située à Nouméa, est ouverte à tous les jeunes indigènes de la colonie. Mais elle sera fermée dès 1866 faute de crédits. Les enfants seront alors placés chez des colons afin de continuer à apprendre un métier mais ils sont astreints à des leçons de lecture et d’écriture par la décision du 15 juillet 1866. Le gouverneur Guillain met aussi en place les fermes écoles pour les enfants de concessionnaires. Puis l’enseignement professionnel est délaissé, bien que les récits montrent une grande pratique agricole et artisanale dans toutes les écoles de brousse. En 1951, sont ouvertes les premières écoles professionnelles à Port Laguerre, Do Neva, Havila, Païta, Azareu et Nouville. La voie professionnelle continue à s’étoffer: ouverture du lycée professionnel Pétro Attiti en 1974, création en 1980 des ALP. Les formations professionnelles sont maintenant un enjeu majeur dans le domaine économique et social. La Nouvelle-Calédonie prépare ses candidats aux concours de l’enseignement. En 1992 est créé l’Institut de formation des maîtres (IUFM) du Pacifique, placé sous la tutelle du ministre chargé de l’Éducation nationale et rattaché à l’université française du Pacifique. Son siège se trouve à Nouméa, mais l’institut est réparti sur trois sites: Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna.
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