Différence entre entrepreneur et manager
L’entrepreneuriat et le management sont deux domaines qui, bien que distincts, sont intrinsèquement liés. L’un engendre souvent l’autre : il est difficile d’imaginer entreprendre sans volonté de se développer et donc de recruter, ce qui implique nécessairement le management.
Dès lors, l’entrepreneur devra aussi devenir un manager. Certes, le créateur à ses débuts se retrouve souvent seul, mais il devra manager ses fournisseurs, entre autres. Si donc les deux personnages, entrepreneur et manager, sont présentés comme distincts au plan étymologique, ils se confondent très généralement surtout dans les petites et moyennes entreprises. Seules les grandes entreprises peuvent se permettre de décharger le dirigeant par les cadres managers !
Parce qu’il est dans leur nature de catégoriser, les sociologues et les économistes tendent à différencier entrepreneurs et managers.
En France, où le tissu économique compte 159 000 petites et moyennes entreprises, la notion la plus juste est celle de l’entrepreneur-manager. Ces PME emploient 4,3 millions de salariés et réalisent près de 23 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des entreprises. Le patron, comme l’imaginaire populaire le nomme encore majoritairement à tort, est le plus souvent créateur et cadre dirigeant de son entreprise.
Le constat est clair : si le manager n’est pas toujours entrepreneur, l’entrepreneur est lui tôt ou tard manager. Vous voilà averti : pensez à cultiver ces qualités de manager qui tôt ou tard vous seront fort utiles dans votre aventure entrepreneuriale.
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Comment devenir un entrepreneur à succès: 3 principes - Franck Nicolas
I) La logique entrepreneuriale
La logique entrepreneuriale qualifie un mouvement de pensée qui vise à avoir une démarche/comportement portée sur l’innovation, la création de valeur, la prise de risque et le leadership.
Joseph Schumpeter, le célèbre économiste autrichien du milieu XXᵉ siècle, a bien posé les principes de la logique entrepreneuriale. Pour celui-ci, l’entrepreneur est au cœur du capitalisme et ce dernier ne devra sa sauvegarde qu’à la perpétuation de l’esprit d’entreprendre.
Les thèses de Schumpeter laissent à penser qu’en s’agrandissant les entreprises sont marquées par la multiplication des cadres gestionnaires peu ou pas enclins à prendre des risques comme dans le modèle de l’entrepreneur. Les théoriciens opposent ainsi logique entrepreneuriale et logique managériale alors que dans la pratique celles-ci s’articulent plus qu’elles ne s’opposent.
1) Définition de l’entrepreneur
L’entrepreneur est une personne qui investit des moyens humains, matériels et/ou financiers pour porter, développer et réussir un projet économique, avec pour volonté de réaliser des profits et d’assurer la réussite d’une entreprise sur le long terme.
2) L’entrepreneur innovateur
Cela correspond à un profil d’individu qui est capable d’identifier de nouvelles opportunités d’affaires. Il est capable d’innover en créant, en imaginant et en inventant de nouvelles choses (Joseph Schumpeter).
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3) L’entrepreneur organisateur
Cela représente un profil d’individu qui est capable de gérer des ressources et de les optimiser pour accroître la production de l’entreprise (Jean Baptiste Say). L’objectif final de l’entrepreneur est de créer de la valeur à travers la création, la reprise ou la réactivation d’une entreprise.
4) Les qualités de l’entrepreneur
Pour porter un projet à sa réussite, un entrepreneur doit disposer des qualités suivantes : innovateur, créatif, prise de risque, opportuniste et créateur de valeur.
II) La logique managériale
À la différence de la logique entrepreneuriale liée principalement à l’innovation et à la création de ressources, la logique managériale est un mouvement de pensée qui est porté sur la gestion et l’optimisation des ressources de l’entreprise.
Henri Fayol est l'un des premiers théoriciens à s'être intéressé au rôle du manager dans l'organisation. Il présente le manager dans une logique de rationalité fonctionnelle. Le travail du manager consiste à se concentrer dans quatorze activités différentes dont les principales sont la planification, l'organisation, la gestion du personnel, la direction et le contrôle. Henri Fayol a une vision prescriptive du travail des managers qui consiste à trouver et à affecter les ressources nécessaires à l'organisation. Les gestionnaires sont donc des agents de prédiction et de rationalité. Ils surveillent l'environnement, établissent une stratégie, allouent des ressources, assistent d'autres gestionnaires, développent l'organisation et supervisent les opérations.
Des arguments contradictoires ont toutefois été avancés par des auteurs tels que Henry Mintzberg (1973) et T. J. Watson, 1994 qui ont souligné la nature fragmentée du travail de gestion, ainsi que la nécessité pour les managers de s'attaquer aux problèmes imprévus, d'allouer et de réaffecter des ressources incertaines selon des circonstances imprévues.
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Les managers qui se situent en dessous du niveau hiérarchique des propriétaires de l'entreprise ou des hauts dirigeants peuvent être considérés, dans l'ensemble, par ce qu'Israel Kirzner a appelé des maximiseurs robbinsiens. Ce sont des individus dont la tâche consiste à contrôler l'utilisation de moyens donnés pour les faire correspondre fidèlement à la hiérarchie de fins données. La tâche de l'entrepreneur est de nature différente. Elle consiste à percevoir dans ce même cadre de fin-moyen quelles sont les alternatives d'allocations possibles et quelles sont les économies à faire.
Certes, les managers peuvent aussi faire preuve d'initiative ou d'innovation dans la recherche de la meilleure solution possible à un problème donné, mais leur degré d'innovation est confiné à la limite de leurs capacités et non pas de leur fonction dans l'organisation.
Orvis Collins, David Moore, Darab Unwalla ont apporté des contributions significatives pour comprendre les différences entre les entrepreneurs et d'autres groupes de dirigeants, ainsi que l'hétérogénéité au sein du groupe des entrepreneurs. Ils ont repris le travail de l'étude de Warner et Martin, "The Industrial Man" (1959), qui visait à caractériser les chefs d'entreprise qui réussissent. Dans leur recherche, Collins et al. se sont concentrés sur la comparaison entre les gestionnaires des grandes entreprises et les entrepreneurs. Selon Collins et al., les gestionnaires ont tendance à se conformer au système existant et perçoivent l'avancement de carrière dans la structure hiérarchique comme quelque chose de naturel. En revanche, les entrepreneurs ressentent souvent les contraintes du système et aspirent à s'en affranchir.
Un entrepreneur possédant une logique managériale définit les objectifs à réaliser, planifie et structure l’existant. Il contrôle les ressources, motive et forme les équipes. Avec son profil différent de l’entrepreneur, le manager gère une entreprise, prend des décisions complexes et mesurées.
Mais se fier uniquement à son talent ou à des qualités génétiques, dans le cadre de l'entreprise familiale, n'est pas suffisant. Le manager doit se former d'où la préoccupation pour l'apprentissage managérial pour lui-même mais aussi pour les autres collaborateurs de l'organisation. Dans ce dernier cas, le manager joue le rôle de facilitateur de l'apprentissage des employés.
| Caractéristique | Entrepreneur | Manager |
|---|---|---|
| Objectif principal | Créer de la valeur, innover | Gérer et optimiser les ressources existantes |
| Attitude face au risque | Prise de risque | Gestion mesurée du risque |
| Vision | Identifier de nouvelles opportunités | Planifier et structurer l'existant |
| Qualités | Créativité, innovation, leadership | Organisation, contrôle, motivation |
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