Comment devenir freelance à la Maison des Artistes

Vous envisagez de démarrer une activité en tant qu’artiste indépendant ? Vous exercez comme graphiste, illustrateur, webdesigner, photographe, peintre, ou dans toute autre profession relative à la création artistique ? S’il est tentant de devenir artiste freelance en raison des multiples avantages de ce mode de travail, un tel projet doit néanmoins être préparé avec soin.

Devenir artiste freelance signifie démarrer une activité professionnelle indépendante, souvent ponctuée de missions freelance variées. Mais d’abord, c’est quoi un artiste indépendant ? La réponse est simple : c’est un créateur d’œuvres artistiques, une personne qui exerce l’un des arts appliqués en tant que professionnel.

Pourquoi devenir freelance graphiste ou illustrateur ?

Devenir artiste freelance, c’est profiter de tous les avantages inhérents à l’exercice d’une activité professionnelle indépendante. Le principal avantage du freelance, c’est donc l’autonomie. En tant qu’artiste indépendant, vous choisissez avec qui vous travaillez, sélectionnez les missions qui vous intéressent, fixez vos propres tarifs. Vous pouvez vous déplacer sur votre lieu de travail (chez les clients, dans un local que vous louez, dans un espace de coworking) ou exercer depuis votre domicile.

En contrepartie, devenir artiste freelance vous oblige à gérer les différents aspects de votre activité professionnelle. Ces obligations varient en fonction du statut juridique choisi (selon que vous avez créé ou non une entreprise), mais elles comprennent le plus souvent des formalités administratives, comptables et fiscales. En outre, vous devez prendre en charge la partie commerciale de votre activité : trouver vos clients, négocier les modalités de vos missions, gérer votre planning et facturer vos prestations.

Les prérequis pour devenir freelance

Pour devenir artiste freelance, il ne suffit pas d’avoir du talent. Il faut aussi avoir les compétences incontournables pour exercer, en particulier maîtriser les outils exigés par le métier. Par exemple, un graphiste indépendant est amené à travailler sur des logiciels de création sur ordinateur, comme InDesign ou Photoshop.

Lire aussi: Droits des Auto-Entrepreneurs en Congé Parental

C’est pourquoi, même si les métiers artistiques ne sont pas réglementés et ne nécessitent pas de présenter de diplômes spécifiques, il est recommandé d’avoir suivi une formation dédiée. Il existe un grand nombre de cursus adaptés : BTS design graphique, Bachelor en art, diplôme d’arts appliqués, licence en communication visuelle, Master en graphisme, et bien d’autres.

Quant aux qualités requises pour devenir artiste freelance, citons : la créativité (indispensable), la polyvalence (essentielle), la rigueur (plus que souhaitable) et l’adaptabilité (cruciale). Il faut aussi être à l’écoute du client, afin de bien comprendre sa demande et ses contraintes, pour ensuite concrétiser son projet dans le format ou sur le support souhaité.

Choisir son statut juridique

Devenir artiste freelance nécessite aussi de donner un cadre juridique à votre activité. À ce titre, vous pouvez choisir d’en passer par la création d’entreprise, d’opter pour le statut d’artiste-auteur, ou de recourir au portage salarial. Telles sont les formes juridiques que les créateurs indépendants choisissent le plus souvent.

Créer une entreprise

La micro-entreprise est adaptée à un lancement d’activité. Les formalités sont réduites, les charges sociales limitées, et le régime fiscal simplifié. L’auto-entrepreneur peut démarrer son activité professionnelle en quelques heures. L’inconvénient, c’est le manque de souplesse du statut, une protection sociale anecdotique, et les plafonds de chiffre d’affaires (72 500 € par an pour une activité libérale).

L’entreprise individuelle est une version plus souple de l’auto-entreprise. Le chiffre d’affaires n’est pas plafonné, au contraire de ce qu’il se passe pour le micro-entrepreneur, mais la protection sociale reste faible. Dans les deux cas, toutefois, l’entrepreneur engage sa responsabilité complète : seul l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) permet de séparer le patrimoine personnel du patrimoine professionnel.

Lire aussi: Devenir auto-entrepreneur : le guide

La société unipersonnelle (EURL ou SASU) est un type d’entreprise dont la création et la gestion sont soumises à des obligations plus lourdes. Dans le cas de la SASU, le freelance est considéré comme salarié et jouit d’une meilleure protection sociale (affiliation au régime général de la Sécurité sociale). Ces statuts sont intéressants pour devenir artiste freelance si vous prévoyez de développer votre activité et de passer, dans un avenir proche, à une forme plus classique de société.

Adhérer au statut d’artiste-auteur et la Maison des Artistes

Le statut d’artiste-auteur permet aux indépendants qui exercent une activité artistique (création d’œuvres) de bénéficier d’un régime social avantageux. Ce régime, solidaire, est plus protecteur que celui des activités libérales, et vise à pallier la précarité relative propre aux métiers des arts. C’est donc une bonne option pour devenir artiste freelance.

Selon la nature de l’activité, un artiste-auteur dépend de la Maison des Artistes ou de l’Agessa. Les rémunérations sont soumises à des formalités déclaratives spéciales, permettant au freelance graphiste ou illustrateur d’être affilié au régime de Sécurité sociale des artistes indépendants.

Bon à savoir : Depuis la réforme du statut artiste-auteur en application depuis 2022, La Maison des Artistes n’assure plus la gestion et l’affiliation au régime social des artistes-auteurs. Suite à vos démarches sur le site de l’INPI, les informations sont envoyées automatiquement à ces 4 organismes publics qui encadrent régime social des artistes-auteurs : l’Insee, l’administration fiscale (impôts), la Sécurité sociale des artistes-auteurs et l’URSSAF artistes-auteurs.

Suite à la réception de votre premier échéancier, vous avez la possibilité de moduler vos appels de cotisations, à la baisse (potentiellement 0 euros en cas d’absence de revenus) ou à la hausse pour que ces derniers correspondent à la réalité de vos revenus.

Lire aussi: Tout savoir sur le cumul emploi-entreprise

Le portage salarial

Le portage salarial combine les avantages de l’indépendance avec ceux du salariat. Sous contrat avec une société de portage salarial, le salarié porté jouit d’une autonomie complète tout en profitant d’une protection sociale accrue. De plus, les démarches administratives et comptables sont prises en charge par l’entreprise de portage, qui s’occupe aussi de facturer les clients et de transformer le chiffre d’affaires réalisé par l’artiste en salaire versé chaque mois.

En contrepartie, le consultant verse à la société de portage des frais de gestion, qui sont déduits de son chiffre d’affaires, et s’acquitte des cotisations patronales et salariales. Le salaire net correspond à environ 50 % du bénéfice réalisé. Le statut de salarié porté s’avère très intéressant pour devenir artiste freelance : votre activité est lancée dès que vous trouvez un premier client et signez un contrat de travail avec une entreprise de portage.

Fixer ses honoraires

Pour un freelance, la question de la rémunération est importante à deux égards : d’abord, parce qu’il faut bien gagner sa vie. Ensuite, parce que le salaire net dépend des honoraires fixés en amont et négociés avec les clients, mais aussi des charges et autres taxes dues en fonction du statut juridique.

Il est donc essentiel, pour devenir artiste freelance, d’apprendre à fixer ses honoraires. Et pour cela, de prendre en compte différents paramètres : votre expérience et votre spécialité, les prestations que vous proposez, la nature et la durée de chaque mission, les modalités de la mission (négociées avec le client), l’état de l’offre et de la demande sur le marché (en fonction de votre activité : consultez les tarifs demandés par les autres graphistes ou illustrateurs), le mode de rémunération choisi (tarif journalier ou tarif horaire), le temps passé à gérer votre activité, vos frais professionnels (déplacements, hébergement, repas, achat de matériel), vos charges et taxes diverses.

Trouver ses premières missions

Pour devenir artiste freelance pour de bon, vous devez réaliser vos premières missions, donc trouver vos premiers clients. Dans ce but, il est recommandé de jouer sur plusieurs tableaux :

  • Constituez un portfolio pour montrer vos créations à vos futurs clients. L’objectif est double : mettre en avant l’étendue de vos talents, mais aussi permettre aux prospects d’évaluer la qualité de votre travail et de s’assurer que votre style correspond à leurs besoins.
  • Soyez actif(ve) sur le web. Un site internet professionnel, un blog et des comptes sur les réseaux sociaux sont autant de leviers de visibilité digitale qui vous aideront à générer des contacts.
  • Créez des profils sur des plateformes pour freelances, qu’elles soient généralistes (comme Malt) ou spécialisées dans la création et la communication visuelles (99designs, Creads, Graphiste.com ou encore Talents Around).
  • Mobilisez votre réseau pour trouver des clients. Vous pouvez compter sur vos anciens collègues salariés, sur vos camarades de formation et sur vos proches.

Aspects spécifiques aux métiers artistiques

Les métiers artistiques ont des particularités qui n’ont pas d’autres activités indépendantes, et qui doivent faire l’objet de mentions spécifiques dans le contrat de prestation :

  • La cession des droits d’auteur. Par définition, l’artiste est l’auteur des œuvres qu’il crée. Toutefois, le plus souvent, les droits des œuvres en question sont cédés au client à titre gratuit ou onéreux. Cela doit être précisé dans le contrat.
  • Le droit à l’image. Si vous avez recours à des visuels existants dans le cadre de votre prestation, leur usage peut nécessiter d’obtenir des autorisations préalables et/ou de verser une somme d’argent.
  • Les frais liés à l’emploi des logiciels. Qu’il soit graphiste, DA, webdesigner, photographe, illustrateur…, quand un créa veut se lancer en indépendant, c’est toujours le bazar quand il s’agit de choisir son statut…

Déclarations, cotisations et formalités sociales

Lorsque vous créez votre activité en tant qu’artiste-auteur, les artistes-auteurs dès lors qu’ils souhaitent présenter et commercialiser leurs œuvres (lors d’expositions, d’ateliers portes ouvertes, de ventes sur internet, facture de droits d’auteurs, etc…) doivent se déclarer auprès du guichet unique géré par l’INPI afin d’être reconnus fiscalement et socialement en vertu des lois sociales.

Suite à vos démarches sur le site de l’INPI, les informations sont envoyées automatiquement à ces 4 organismes publics qui encadrent régime social des artistes-auteurs : l’Insee, l’administration fiscale (impôts), la Sécurité sociale des artistes-auteurs et l’URSSAF artistes-auteurs. Vous allez recevoir un courrier de l’Insee dans un délai d’1 à 3 semaines : Le Certificat d’inscription au répertoire des entreprises et des établissements (SIRENE) contenant votre identifiant fiscal : votre n° siren-siret ainsi que votre code APE (Activité Principale Exercée) qui doit être le 90.03A ou B. Vous recevrez ensuite un courrier des impôts dans un délai d’1 mois.

Il faut savoir qu’en France, il existe un régime de Sécurité sociale des artistes-auteurs. Au moment de la création de votre activité, et sous certaines conditions, deux régimes fiscaux s’offrent à vous : traitements et salaires ou bénéfices non commerciaux. Vous pouvez aussi, en 3ème option, déclarer une partie de vos revenus dans chaque catégorie TS et BNC.

Il est important de savoir que seuls les droits d’auteur (droits de reproduction ou de diffusion) versés par des organismes de gestion collective (OGC), ou des diffuseurs peuvent être déclarés en traitements et salaires. En effet, les revenus tirés de la vente d’une œuvre originale, les aides à la création ou encore les revenus accessoires comme des cours ou ateliers ne peuvent pas être déclarés dans ce régime.

Si vous choisissez le régime TS, il faudra faire une déclaration de début d’activité sur le Guichet unique des entreprises. À la suite de cette démarche, un numéro Siret vous sera attribué par l’Insee. C’est à vous de régler vos cotisations auprès de l’Urssaf.

Dès le début de votre activité, vous commencerez à payer des cotisations provisionnelles chaque trimestre. Première chose à savoir : vous commencerez à payer des cotisations provisionnelles chaque trimestre dès le début de votre activité, les 15 janvier, 15 avril, 15 juillet et 15 octobre. Dès le début de votre activité, vos revenus sont calculés sur un forfait équivalent à 600 × le Smic horaire en attendant votre première déclaration annuelle de revenus artistiques. Il s’agit d’un acompte sur vos cotisations, qui sera régularisé en juin de l’année suivante à la suite de votre déclaration.

Comme vous êtes en BNC, vous êtes dispensé de précompte. L’Urssaf met à votre disposition cette dispense chaque année, en décembre, dispense que vous devez ensuite transmettre à vos diffuseurs. Si vous déclarez en mixte, votre déclaration annuelle cumulera à la fois vos revenus en bénéfices non commerciaux et ceux en traitements et salaires.

En tant qu’artiste-auteur et sous certaines conditions, vous avez le choix entre différents régimes fiscaux. micro-BNC : cette option est adaptée aux débutants ou à ceux dont les recettes brutes ne dépassent pas 83 600 €. régime de la déclaration contrôlée des BNC : cette option est obligatoire pour les professionnels dont le chiffre d'affaires brut dépasse 83 600 €. Pour déclarer en BNC vous devez déclarer votre début d’activité auprès du Guichet unique de formalités des entreprises.

Points d’attention et conseils pratiques

Il ne faut pas confondre le social, le fiscal et le juridique (le Code de la Propriété Intellectuelle). Cette question me permet de relever un point important : il ne faut pas confondre le social, le fiscal et le juridique.

Être Artiste (à la Sécurité sociale des artistes-auteurs) et Micro-entreprise en même temps, si on est en dessous des seuils, c’est parfaitement légal. Être Artiste à la Sécurité sociale des artistes-auteurs au réel et Micro-entreprise en même temps : la Maison des artistes le recommande, et certains disent que c’est incompatible… Quoi qu’il en soit, l’administration l’accepte.

Attention, la loi a fixé un nouveau taux de cotisations pour les micro-entrepreneurs (activités libérales BNC uniquement) qui est passé à un peu plus 23% au 1er juillet 2024, puis qui passera pour certains à 24,6% en 2025 et enfin à 26,1% en 2026. D’un côté le micro-entrepreneur payera entre 23,10% et 26,10% de cotisations sociales sur la base de son CA total alors que l’artiste relevant de la Sécurité sociale des artistes-auteurs 28%.... mais de son CA amputé de 34%, ce qui revient à un taux effectif de 18%.

Pour les calculs, il est préférable de se faire aider individuellement par un expert-comptable. Pour que ce soit plus clair, il faut comprendre la distinction entre Siren et Siret.

L’ACRE est une aide à la Création d’entreprise qui consiste en des réductions de charges sociales les 3 premières années. La banque de France est formelle : pour les Micro-entrepreneurs et les autres indépendants un second compte en banque, à usage professionnel et dédié à l’activité, est obligatoire. Mais il n’y a aucune obligation à ce que ce compte soit un compte PRO, malgré ce que les banques essaient de faire croire. La seule exception à l'obligation d’avoir un compte bancaire dédié à son activité, c’est si le CA est inférieur à 10000 €.

Freelance : Faut-il être spécialisé ou généraliste ?

Rappels légaux et vigilance

Conformément aux dispositions des articles L7123-1 à L7123-32 du Code du travail, l'activité de modèle vivant est assimilée à l'activité de mannequin et est, à ce titre, soumise aux mêmes obligations légales. Pour rappel, il est possible de faire appel au CDDU Contrat à Durée Déterminée d'Usage (CDDU) et que des dispositifs de simplification administrative, tels que le Chèque-Emploi Associatif (CEA), sont disponibles afin de faciliter la mise en œuvre de vos collaborations.

⚠️ Nous vous invitons à être extrêmement vigilant lorsque vous répondez à une annonce. Certaines annonces peuvent se révéler frauduleuses. Merci pour votre vigilance. Attention aux arnaque à l’achat ! Des escrocs se font passer pour des acheteurs potentiels, via une procédure bien rodée (vrai numéro de portable, scan de papiers d’identité, approche sur plusieurs jours, demande de renseignements…). Une fois l’approche faite et la confiance installée, un lien est fourni afin d’activer un paiement, après demande de renseignement de la CB. Ce lien sert en fait d’entrée dans les comptes bancaires.

Ressources utiles et contacts

L’association La Maison des Artistes vous répond par téléphone au 01 42 25 06 53 (lundi, mardi et mercredi de 10h à 12h30), vous reçoit dans ses locaux, sans rendez-vous, au 11 rue Berryer - 75008 Paris (jeudi de 10h à 12h30 et de 14h à 16h30, et le vendredi de 10h à 12h30).

Pour vous authentifier via FranceConnect+, vous devez utiliser votre identité numérique. Les ressortissants étrangers ne pouvant pas disposer d’un compte FranceConnect+ ont la possibilité de désigner un tiers de confiance comme mandataire afin qu’elle effectue la démarche en leur nom.

Action Organisme Délais / fréquence
Déclaration de début d’activité Guichet unique / INPI Avant activité
Attribution SIRET et APE Insee 1-3 semaines
Envoi courrier impôts Administration fiscale 1 mois après
Échéances de cotisations URSSAF artistes-auteurs 15 jan / 15 avr / 15 juil / 15 oct

Si vous avez besoin d’un accompagnement personnalisé pour choisir votre statut ou pour vos déclarations, il est conseillé de faire appel à un expert-comptable spécialisé ou à un conseiller dédié aux créateurs.

Vous y êtes presque ! Néanmoins, pour devenir artiste freelance pour de bon, vous devez réaliser vos premières missions, donc trouver vos premiers clients. Faisons le point et lancez-vous en connaissance de cause.

balises: #Freelance

Articles populaires: