Exemple de synthèse TPE sur la ségrégation: analyse et enjeux

Ségréger, c’est séparer un groupe en sous-ensembles d’individus aux caractéristiques semblables.

Par exemple, des élèves de même milieu social dans les mêmes établissements (ségrégation scolaire), les personnes de même couleur de peau dans les transports (ségrégation raciale) ou encore, les individus de même genre ou origine dans les mêmes métiers (ségrégation professionnelle), etc.

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La ségrégation et ses contours historiques

La ségrégation · Séparation de la société entre les personnes blanches et les personnes noires - Présente en Afrique (années 50), Etats-Unis (1860).

Le commencement Proclamation de l'émancipation, 1863.

Les lois Jim Crow "Separate but equal".

En réaction, les Africains-Américains se sont politiquement organisés dans leurs communautés, divisées devant l’alternative entre intégration et séparation comme objectifs d’organisation sociale et politique.

Le but de cet article est ainsi de clarifier, à partir d’une synthèse de travaux d’histoire portant sur le sujet, les enjeux posés par l’expérience de la ségrégation raciale dans les formes de politisation et d’organisation de la communauté africaine-américaine.

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À partir du début du XVIIe siècle, l’essor de l’économie de plantation a progressivement systématisé la division raciale et spatiale de la population des colonies britanniques d’Amérique du Nord entre « Noirs » esclaves et « Blancs » libres.

Ainsi, en 1860, à la veille de l’abolition de l’esclavage, près de 4 millions de personnes travaillaient en tant qu’esclaves sur les plantations du sud des États-Unis.

Parallèlement, vers 1860, près de 500 000 personnes catégorisées comme noires vivaient libres, le plus souvent dans les centres urbains du pays, comme Boston, Philadelphie et New York au Nord, Baltimore, Charleston et la Nouvelle-Orléans au Sud.

À la suite de la Révolution américaine, ces communautés de Noirs libres se sont développées grâce à l’abolition de l’esclavage au Nord et à la fuite continue d’esclaves hors des plantations.

Exclus de la vie politique, économique et culturelle dominante, les Africains-Américains libres ont cherché à fortifier leurs propres communautés de l’intérieur.

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La réaction de la société blanche à l’abolition de l’esclavage en 1865 renforça l’exclusion sociale et spatiale des Noirs.

Par la violence, les suprémacistes blancs réussirent à détruire la démocratie biraciale expérimentée à la suite de la guerre de Sécession.

Dans le Sud, où vivaient 90 % des Africains-Américains, le terrorisme armé des ligues blanches, comme le Ku Klux Klan, ainsi que la mise en place de lois de ségrégation raciale, dites lois Jim Crow, ont consolidé une société racialement séparée.

Au Nord et à l’Ouest, c’est par la loi, mais également par la violence (notamment celle des émeutes anti-noires comme pendant l’Été rouge de 1919) qu’un régime de ségrégation raciale fut imposé.

Comportements privés, politiques publiques et pratiques institutionnelles imposèrent une « ligne de couleur » relativement étanche dans l’ensemble de la société américaine.

Au début du XXe siècle, la formation de « ghettos » urbains en fut l’un des aspects les plus visibles, en particulier dans les métropoles du Nord.

Obligés de répliquer les structures politiques, économiques et culturelles de la société englobante, les habitants du ghetto noir vivaient dans ce que W. E. B. Du Bois décrivait comme des mobilisations internes défensives.

Les mobilisations et leurs cadres

Au XXe siècle, les mobilisations politiques des Noirs américains se sont largement développées à l’intérieur de leurs communautés ségréguées.

Ces mobilisations visaient à l’origine la lutte contre la violence et la ségrégation raciales, puisque les institutions à l’usage des Noirs ont toujours été moins dotées que celles offertes aux Blancs.

Ainsi, dans les années 1910, les premières actions judiciaires de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) attaquèrent la pratique du lynchage, la privation du droit de vote des Noirs et la ségrégation résidentielle de l’espace urbain.

Dans les décennies suivantes, ces mobilisations judiciaires et syndicales se portèrent contre la ségrégation et la discrimination des emplois, des écoles, des lieux de loisir, etc.

En offrant un cadre logistique et idéologique puissant, les Églises noires et leurs pasteurs - au premier rang desquels Martin Luther King - ont organisé ce long Mouvement pour les droits civiques.

Diverses traditions du nationalisme noir ont progressivement et explicitement revendiqué la « non-mixité » raciale comme objectif politique.

Au cours de leur histoire, les Africains-Américains ont cherché une forme de refuge à la violence de la foule et de la police blanches dans l’entre-soi, notamment résidentiel.

Cette recherche d’une protection communautaire trouve son exemple le plus abouti avec la fondation en 1966 du Black Panther Party for Self-Defense (BPP).

Le BPP plaidait en faveur de l’autodéfense armée des quartiers noirs face aux violences policières, à l’époque responsables de soulèvements urbains sans précédent.

Les Panthers mirent ainsi en place des initiatives sociales dans les quartiers où ils opéraient (petits déjeuners gratuits pour les enfants, centres communautaires, distribution de vêtements, cours du soir, cliniques médicales, etc.).

L’entre-soi a également permis, sur le plan symbolique, de forger une fierté raciale noire.

L’Universal Negro Improvement Association (UNIA) est représentative de cette tradition politique.

Fondée en 1914 par l’immigrant jamaïcain Marcus Garvey, l’UNIA entendait rendre son estime de soi à la « race noire » en retournant la ségrégation raciale à son profit.

Bien que prônant un « retour en Afrique », l’association créa sur le sol états-unien un journal, une Église, des entreprises, des usines (dont l’une fabriquait des poupées noires), des forces de police, chorales, orchestres, coopératives et syndicats.

Les discours énergiques de Garvey sur la dignité des Africains galvanisaient les classes populaires noires des années 1920, dont le père du futur Malcolm X.

Garvey permit à l’association de devenir, avec 1 million de membres, la plus grande organisation politique noire du monde, avant d’entrer en conflit frontal avec la NAACP.

La Nation of Islam (NOI), popularisée par Malcolm X, fut l’héritière de l’UNIA dans sa révocation de l’objectif d’intégration raciale.

Depuis l’abolition de l’esclavage, l’option intégrationniste et l’option séparatiste ont coexisté au sein des mobilisations politiques africaines-américaines.

Elles ont divisé la communauté africaine-américaine, en particulier entre ses classes moyennes, plutôt intégrationnistes, et ses classes populaires, plus souvent séparatistes.

Néanmoins, ces deux options furent complémentaires dans les luttes africaines-américaines pour la justice.

Par exemple, W. E. B. Du Bois rejoignit les positions de Garvey sur la nécessité d’une autoségrégation pour stimuler un développement autonome, position qui fit scandale et le força à démissionner du magazine The Crisis en 1934.

Alliances et intersections

Malgré tout, les Africains-Américains n’ont jamais combattu seuls pour la justice raciale.

Structuré à la fin du XVIIIe siècle, le mouvement abolitionniste constitue un moment essentiel dans l’histoire des mobilisations interraciales aux États-Unis.

Parmi les précurseurs de ce mouvement, les Quakers appuyèrent leur engagement antiesclavagiste sur leur doctrine religieuse et fondèrent la Pennsylvania Abolition Society.

Jusqu’à aujourd’hui, le mouvement abolitionniste est resté un modèle d’organisation politique interraciale.

Exemples et cas notables

Rosa Parks fut une militante noire américaine qui luttra pour l’égalité et refusa de céder son siège dans le bus en 1955, provoquant une vague de manifestations.

Le président Lyndon B. Johnson signa la Civil Rights Act en 1964, marquant une étape majeure dans la lutte contre la ségrégation légale.

Martin Luther King utilisa la non-violence pour demander que les Noirs aient les mêmes droits que les Blancs.

Malcolm X fut un leader clé du mouvement Nation of Islam et promut l’autodéfense et l’unité des populations d’origine africaine.

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