Comment facturer ses prestations de freelance
Freelances, vous le savez bien : il n’est pas toujours aisé de savoir comment fixer ses tarifs ou bien encore facturer. Mais ce sont des points stratégiques, sur lesquels vous ne pouvez pas faire l’impasse. En effet, sur un marché concurrentiel, votre objectif, en termes de tarification et de facturation, est de séduire les clients potentiels, tout en bien sûr restant rentable.
Modes de facturation : forfait, régie (TJM) et facturation au résultat
Il existe deux grandes modalités de facturation pour les freelances : le forfait et la régie. La facturation en régie est le type de facturation le plus répandu. Il consiste à facturer le client sur la base d’un taux journalier moyen (TJM) ou horaire, en fonction du temps passé sur la mission. La facturation au forfait consiste à fixer en amont un prix global pour l’ensemble de la prestation, quels que soient le temps passé et les difficultés rencontrées.
Facturer au TJM signifie que tu factures tes services en fonction du nombre de jours travaillés. Facturer au forfait (= au projet = au package) signifie que tu fixes un prix total pour le projet pour lequel tu es missionné.e, quelque soit le temps que tu passes à travailler dessus.
Facturer au forfait est un mode de facturation orienté « livrable », c’est-à-dire que votre client a besoin que quelque chose lui soit livré : par exemple un site web, un article de blog, un logo, un dessin réalisé en 3D, etc. Dans cette configuration, vous avez une idée relativement précise du temps de travail que vous allez consacrer à la mission. C’est à partir de cette estimation de temps - en y ajoutant bien sûr le temps que vous estimez nécessaire aux différentes corrections souhaitées par le client - que vous pouvez chiffrer votre proposition.
Vous n’avez pas besoin d’un livrable précis mais de votre expertise dans le cadre de son projet ? Dans ce cas, optez pour la facturation à la durée, avec un tarif horaire ou à la journée : vous vendez du temps de travail. C’est aussi le mode de fonctionnement à privilégier quand les incertitudes sont nombreuses et qu’il est difficile de cerner l’ensemble du périmètre de la mission.
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Risqué, mais très efficace sur le plan commercial, la facturation au résultat repose sur la négociation d’une rémunération, le plus souvent élevée, dont l’attribution est directement liée au résultat obtenu. Évidemment, ce type de facturation implique que vous ayez totalement confiance en vos compétences et aux résultats de vos actions. Généralement, la facturation au résultat s’articule autour d’une part fixe.
Avantages et inconvénients en bref :
- Forfait : meilleure valorisation de l’expertise, maîtrise du temps, le consultant s’engage sur un résultat et une date ; risque si l’estimation est erronée, trésorerie plus difficile à gérer.
- Régie (TJM/Taux horaire) : sécurité, paiement en fonction du temps passé ; nécessite un suivi précis du temps et peut limiter la valorisation au-delà du temps travaillé.
- Résultat : potentiellement très rémunérateur, nécessite confiance et garanties, souvent une part fixe et une part variable.
Comment établir votre tarif freelance
Établissez une liste des prestations que vous proposez, en détaillant précisément ce que ces dernières comprennent. Une fois cette liste établie, évaluez votre investissement en temps pour réaliser chacune de ces prestations. Évaluer le temps que l’on prend à réaliser une tâche ou une mission est primordial.
Quand on démarre son activité freelance, on a tendance à sous-évaluer son travail ou le temps que l’on va mettre à le réaliser. Quand on débute, on a tendance à se croire rapide dans la réalisation d’une mission, mais on perd généralement du temps à établir devis et factures ou à contacter et relancer un client. Une mission qui vous prendra 2 jours de travail mérite en réalité d’être payée bien plus.
Notre conseil : soyez précis dans le nombre de retours et corrections que vous proposez par défaut dans votre forfait. La plupart du temps, les graphistes freelances incluent au moins 3 allers-retours avec le client afin que ce dernier soit pleinement satisfait du design proposé. Si le client souhaite aller au-delà, il devra débourser du temps supplémentaire.
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Le mode de calcul au forfait implique en effet d’être certain que le tarif que vous proposez couvre bien l’ensemble des attentes de votre client. C’est parfait pour les missions répétitives, comme la création d’un logo, la maintenance de matériel, la rédaction d’un certain type de documents, etc.
Formalités : devis, contrat, facturation obligatoire
Le devis est en amont de l’accord entre le freelance et le client. Il annonce ce que sera la prestation, son prix, ses conditions de réalisation et de paiement. Un devis signé engage les deux parties et lance la réalisation de la prestation par le freelance. Une facture sera envoyée pour encaisser le prix.
La facture est non seulement une pièce comptable obligatoire, mais aussi un justificatif officiel de transaction, voire un contrat exprimant les modalités de réalisation de la prestation lorsqu’aucun autre document n’existe à cet effet. Les factures sont des documents essentiels (et pas seulement pour votre compta). Elles doivent comporter certaines mentions obligatoires permettant de formaliser la relation.
La facture peut être accompagnée d’un contrat de freelance pour détailler les modalités de réalisation de la prestation (niveau de qualité, délais, conditions...). En cas de litige, la facture et le contrat de freelance permettent au tribunal de commerce d’ordonner une injonction de payer au client débiteur.
Quand peut-on facturer ?
En tant que freelance, indépendant ou consultant, vous pouvez facturer vos clients à partir du moment où vous avez créé votre entreprise. Pour ce faire, plusieurs statuts juridiques sont possibles : le statut auto-entrepreneur, l’EI (entreprise individuelle), l’EURL, la SASU.
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En principe, vous devez émettre votre facture dès que votre prestation est finalisée. Dans le cas d’une mission longue, constituée de plusieurs étapes, rien ne vous empêche d’émettre plusieurs factures, une à chaque étape. Cela peut s’avérer intéressant si vous avez négocié un acompte avec le client (souvent 30 % de la prestation), qui intervient en cours de route ou même avant le commencement du travail effectif.
Mentions obligatoires sur une facture freelance
Les factures suivent un formalisme strict. Vous devez obligatoirement établir une facture prestation de service pour chaque mission réalisée. Certaines mentions sont obligatoires, et d’autres vont venir s’ajouter selon votre statut :
- La date de la facture.
- Le numéro de facture (unique, chronologique et continu).
- Vos coordonnées et numéro SIREN (ou SIRET) ; ou la mention « SIRET en cours d’attribution » si nécessaire.
- Les coordonnées et numéro SIREN du client s’il s’agit d’un professionnel.
- La désignation, le volume et la date de réalisation de la prestation.
- Votre TJM (taux journalier moyen) si nécessaire.
- Le prix unitaire et le prix total Hors Taxes (HT).
- Le prix unitaire et le prix final Toutes Taxes Comprises (TTC) si TVA applicable.
- Les éventuelles réductions de prix.
- La date limite de paiement (ou délais de paiement), les intérêts de retard, taux de pénalités et le montant de l’indemnité forfaitaire légale en cas de retard de paiement.
- Éventuellement vos mentions légales et mentions liées à la TVA (voir infra).
Les factures doivent être émises en double exemplaire. L’une d’entre elles sera transmise au client et l’autre sera dédiée au suivi de votre comptabilité.
Numérotation des factures
Le numéro de facture est une mention obligatoire. Il doit être unique pour chaque facture et la facturation se réalise de manière chronologique et continue. Par exemple, la facture n°4 ne peut pas venir directement à la suite de la facture n°2. Il faut nécessairement la facture n°3 entre les deux. Le numéro peut être une suite de chiffres (001, 002, etc.) ou contenir un préfixe et des chiffres.
TVA : quand et comment la facturer
Quant à la TVA, la question est relativement facile à appréhender : vous savez si vous y êtes soumis en fonction de votre chiffre d’affaires (CA) annuel précédent. Les auto-entrepreneurs bénéficient d’une franchise en base de TVA tant qu'ils ne dépassent pas certains seuils.
Les auto-entrepreneurs doivent facturer leurs produits et prestations hors taxe (HT) tant qu'ils ne dépassent pas les seuils de la TVA. En effet, jusqu'à un certain chiffre d'affaires, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA, ce qui signifie qu'il ne facture pas de TVA sur ses ventes et n’a pas à la reverser à l’État. Lorsque l'auto-entrepreneur n'est pas assujetti à la TVA, il doit obligatoirement mentionner sur ses factures : « TVA non applicable - article 293 B du CGI ».
En cas de dépassement des seuils de TVA, les auto-entrepreneurs doivent appliquer la TVA sur leurs factures et peuvent récupérer la TVA sur leurs achats professionnels. Le solde de TVA se calcule : Solde de TVA = TVA collectée - TVA déductible. Si le solde est positif : l’entreprise doit reverser la différence. Si le solde est négatif : elle peut demander un remboursement.
Exemple de facture avec TVA :
| Description | Prix HT | TVA (20%) | Prix TTC |
|---|---|---|---|
| Prestation de service | 1 000 € | 200 € | 1 200 € |
Facturation pour les auto-entrepreneurs et obligations spécifiques
Pour un indépendant en auto-entreprise exonérée de TVA, la facture doit mentionner la référence à l’article 293 B du Code Général des Impôts ainsi que l’absence de TVA applicable. Les micro-entrepreneurs tiennent en outre un livre des recettes : ils doivent y enregistrer toutes les recettes encaissées et s’appuyer sur leurs factures correctement numérotées et transmises.
Outils et modèles pour facturer efficacement
Parce que lancer son entreprise, petite ou grande, est une activité chronophage, il est important d’être bien organisé et équipé afin de pouvoir se concentrer sur l’essentiel : le développement de son activité. Bien choisir ses outils est donc une étape essentielle pour gagner du temps tout en restant efficace.
Plusieurs solutions s’offrent à vous pour émettre une facture : utiliser un logiciel de facturation (souvent couplé au module devis), un modèle Excel, ou un site spécialisé proposant un remplissage et téléchargement. Les logiciels de facturation en ligne présentent plusieurs avantages : ils peuvent être simples à utiliser, personnalisables, automatiser l’envoi des factures récurrentes, calculer automatiquement la TVA et gérer la numérotation, et s’intégrer à vos outils comptables, bancaires ou CRM.
Ces logiciels permettent un suivi des factures en cours : des alertes peuvent même être envoyées en cas de relance à effectuer. C’est un bon moyen pour garder une trace, rangée et organisée, des devis et factures envoyés en cas de contestation du client. Demandez conseil à votre expert-comptable, il pourra sans doute vous conseiller un outil qu’il affectionne.
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Relances, impayés et procédures
Une fois le prix fixé et accepté par le client, il faut encore réussir à se faire payer. Les clients qui ne vous paient pas à échéance de la facture auront toujours une bonne raison pour ce délai. Il faut donc leur envoyer la facture rapidement, dans un format pdf pour qu’ils puissent la lire sans soucis, et les relancer dès les premiers retards.
En cas de facture impayée, vous devrez tenter de résoudre le litige à l’amiable (en envoyant par exemple quelques relances) puis envoyer une lettre de mise en demeure. En dernier recours, la procédure « d’injonction de payer » est la plus simple pour l'indépendant, car le juge ordonne le paiement sans la présence du débiteur au tribunal. Cette ordonnance d’injonction de payer permet au créancier de récupérer le montant de sa facture au moyen d’un huissier de justice. Pour y parvenir, la facture et le contrat de freelance sont des moyens de preuve indispensables.
Vous pouvez lancer une procédure d’injonction de payer au titre de débiteur professionnel auprès du tribunal de commerce ou directement en ligne.
Cas particulier : facturer à l’étranger
Vous travaillez avec une société dont le siège social est à l’étranger ? Renseignez-vous sur le taux de TVA applicable, car votre facture sera différente d’un pays à un autre, en fonction du taux de TVA en vigueur. Si vous émettez une facture pour une entreprise Suisse par exemple, vous ne devrez pas appliquer de TVA.
Facturation électronique et calendrier
La facture électronique est une facture transmise par le biais d’une plateforme de dématérialisation par les entreprises assujetties à la TVA et établies en France. Elle contient des données structurées qui sont traitées selon un processus automatisé. En plus de réduire les délais de paiement et le coût de la facturation, la facturation électronique permet de lutter contre la fraude à la TVA et d’en simplifier les déclarations.
La généralisation de la facturation électronique prévoit des étapes de déploiement : le 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront recevoir les factures électroniques. À terme, la facturation électronique et l’e-reporting modifient les obligations et les échanges entre entreprises et administration fiscale.
Règles à respecter et sanctions en cas de non-conformité
Les factures non conformes peuvent coûter cher : une amende fiscale de 15 euros par mention manquante ou inexacte (plafonnée au quart du montant de la facture), et une amende s’élevant à 50 % des sommes perçues en cas de défaut de facturation ou de fausses factures. Pour éviter bien des tracas, il est donc primordial que tu apprennes à facturer dans les règles de l’art dès le début de ton activité.
Conseils pratiques pour bien démarrer
- Établissez une offre claire : listez vos prestations et détaillez ce qu’elles comprennent.
- Évaluez votre temps de réalisation et prévoyez une marge pour imprévus, devis et relances.
- Choisissez le bon mode de facturation selon le projet et votre profil : forfait pour livrables maîtrisés, TJM pour missions incertaines.
- Rédigez un devis et/ou contrat clair : conditions, délais, nombre de retours, pénalités de retard.
- Utilisez un logiciel de facturation ou un modèle fiable pour garantir la conformité des mentions et simplifier le suivi.
- Numérotez vos factures de façon chronologique et conservez un exemplaire pour votre comptabilité.
- Envoyez rapidement vos factures en PDF et relancez dès que nécessaire.
Vous venez de créer votre entreprise en tant que freelance et vous vous demandez comment facturer à un client ? Vous souhaitez connaître les mentions obligatoires, les spécificités par statut et régime social, ou encore être conseillé sur modèles de factures voire des logiciels de facturation pour vous accompagner ? Vous êtes au bon endroit et L-Expert-comptable.com vous dit tout.
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