Faut-il avoir peur de parler de son projet entrepreneurial ?

Un projet de création d’entreprise est avant tout un cheminement personnel. Que l’on veuille des revenus plus importants, une meilleure qualité de vie ou encore la liberté de gérer son temps, les raisons de devenir son propre patron sont différentes pour chacun. Mais avant de se lancer dans cette formidable aventure, vient forcément le moment où l’on se questionne sur la bonne manière de parler de son projet à son entourage personnel et professionnel. Alors, est-ce une bonne idée de parler de son projet professionnel autour de soi ? Et si oui, à qui et à quel moment ?

Les bénéfices de parler de son projet entrepreneurial

Parler d’un projet de vie aussi important qu’une création d’entreprise n’est jamais évident. On doute de soi, on a peur de la réaction des autres, ou on ne sait tout simplement pas comment aborder la chose avec son entourage. Pas d’inquiétude, c’est tout à fait normal !

Tout d’abord, présenter votre projet à des tiers vous aidera à le visualiser de façon plus concrète et à confirmer votre envie de le concrétiser. De plus, à condition d’en parler avec les bonnes personnes, c’est une bonne façon de booster sa confiance en soi.

Un autre avantage est le partage d’informations. Essayez si vous le pouvez de discuter avec d’autres entrepreneurs, idéalement dans le domaine que vous visez. Parler de votre projet professionnel au maximum de monde peut aussi vous ouvrir des portes inattendues ! Qui sait, peut-être qu’autour de vous se cachent des futurs clients ou des prescripteurs potentiels ? Ne sous-estimez jamais le pouvoir du réseau !

De plus, c’est un bon moyen de vérifier que votre offre correspond à un besoin réel sur le marché et qu’il y a un vrai intérêt pour celle-ci. Enfin, parler de son projet professionnel à des personnes tierces peut également amener à le faire évoluer. En discutant avec une connaissance, vous vous rendez compte qu’il serait bénéfique d’ajouter un service complémentaire à vos prestations. Problème : vous n’avez pas les compétences ou les qualifications pour cela. Mais votre ami, oui !

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Bien sûr, décider de s’associer n’est pas une décision à prendre à la légère. Cela demande une étude profonde du projet, et de s’assurer que le collaborateur en question est une personne de confiance. De même, il se peut que votre conjoint ou conjointe veuille vous accompagner dans cette aventure ; c’est possible grâce au statut du conjoint collaborateur.

À qui et quand parler de son projet ?

Comme on l’a dit plus haut, obtenir le soutien de ses proches est très important pour la confiance en soi. Attention quand même à ne pas vous laisser trop influencer. Gardez à l’esprit qu’il est difficile d’être totalement objectif quand il s’agit d’une personne que l’on connaît, surtout intimement. Il se peut donc que votre entourage projette ses propres peurs et insécurités sur vous.

Parler de son projet dans la sphère professionnelle (employeurs, collègues, etc.) peut être un peu plus délicat, notamment si vous travaillez déjà en tant que salarié dans le secteur dans lequel vous voulez lancer votre boîte. Il est donc dans votre intérêt de leur annoncer votre projet et d’essayer de maintenir de bonnes relations avec eux. Ce sont eux les premiers témoins de vos compétences et de votre savoir-faire.

Sachez qu’il existe en France des structures spécialisées dans l’accompagnement aux créateurs d’entreprise. Ces organismes vous permettent de rencontrer des personnes formées et compétentes, avec qui discuter de votre projet professionnel.

Si vous avez besoin de financement pour mettre votre projet sur pied, vous devrez sûrement prévoir de vous adresser à des banques ou des fonds d’investissement. Ce genre de demande implique de monter un dossier très complet, comprenant business plan, prévisionnel, etc. En fonction du montant du prêt dont vous aurez besoin, et si le système bancaire traditionnel n’est pas une option, il existe également des solutions alternatives comme le microcrédit, aussi appelé prêt pour démarrage d’activité.

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Bref, dans tous les cas, il n’est pas conseillé d’attendre le tout dernier moment pour parler de son projet professionnel autour de soi. Un projet de création d’entreprise commence donc à se construire dès le moment où on l’évoque autour de soi ! Parler de son projet professionnel permet en effet de se sentir soutenu, de s’entraîner à le présenter à des tiers, de challenger son idée de départ et pourquoi pas de trouver des collaborateurs ou partenaires.

Les peurs courantes liées à l’entrepreneuriat

Oser se lancer demande du courage et de la détermination, mais en sortant de notre zone de confort, certaines peurs commencent à nous envahir : suis-je légitime ? Que se passera-t-il si j’échoue ? Et si je me trompais ? Autant de questions qui font hésiter et empêchent parfois de se lancer.

L’angoisse est le vertige de la liberté, comme le disait Kierkegaard. Dans la mythologie de l’entrepreneur, on évoque souvent les défis à relever, mais on parle peu des émotions profondes, des doutes et des angoisses que l’on ressent.

Beaucoup d’entrepreneurs vivent une peur intense dès le début ou lorsque leur projet entre dans une phase plus stable. Cette peur peut se transformer en anxiété chronique, affectant la santé mentale, la vie familiale ou sociale.

Les peurs principales qui freinent les entrepreneurs sont :

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  • La peur de se tromper : Prendre des décisions lourdes de conséquences sans savoir si elles sont les bonnes est difficile et engendre un poids psychologique important.
  • La peur de ne pas réussir : Craindre les échecs financiers, la perte de stabilité, ou l’impact sur la vie personnelle.
  • La peur du temps qui passe : Pression de réaliser ses objectifs rapidement, notamment dans l’univers startup où la rapidité est exigée.
  • La peur de tout perdre : La crainte permanente d’un événement catastrophique qui pourrait faire s’écrouler le projet, même lorsque la situation s’améliore.

Gérer ses peurs et l’angoisse entrepreneuriale

Il n’existe pas de solution miracle pour éliminer toutes les angoisses liées à l’entrepreneuriat. Cependant, plusieurs techniques permettent d’améliorer sensiblement la gestion des peurs :

  1. Évaluer l’utilité de la peur : Se poser la question : cette peur est-elle justifiée et utile dans la situation actuelle ? Parfois, la peur est un réflexe exagéré, parfois un signal important.
  2. L’auto-conviction : Reconnaître que personne ne sait à l’avance si une décision est parfaite, mais que l’apprentissage vient avec l’expérience.
  3. Écrire ses peurs : Noter ses inquiétudes sur papier permet de les objectiver et de les mettre à distance, facilitant la prise de recul.
  4. Imaginer le scénario catastrophe : Visualiser la pire situation possible, pour constater que la vie continue et que des solutions existent.
  5. Travailler son état d’esprit (State-Story-Strategy) : Changer son état émotionnel pour influencer positivement la manière de se raconter l’histoire de son projet, et donc les actions à mener.
  6. La méditation : Diriger son attention pour diminuer le stress et cultiver un esprit calme face aux difficultés.

Ces pratiques, combinées à un accompagnement professionnel si besoin, contribuent à franchir les étapes difficiles de la création d’entreprise avec plus de sérénité.

Les craintes spécifiques au lancement d’une franchise : exemple d’Arnaud

Prendre la décision de se lancer dans une franchise est un cas particulier qui illustre bien les peurs communes à tout entrepreneur :

  • Stabilité financière : La peur de quitter un emploi stable et un salaire régulier.
  • Manque de compétences spécifiques : Par exemple, Arnaud ne connaissait rien à la fleuristerie au départ, mais a suivi une formation en magasin.
  • Investissement personnel et temps : Les horaires chargés, le travail les week-ends, la nécessité d’adapter son mode de vie.
  • Besoin de validation : Chercher l’avis de professionnels (experts-comptables, franchisés en activité) pour consolider son projet.

Arnaud a surmonté ses craintes en s’appuyant sur la formation, le réseau, et une approche réaliste et déterminée de son projet. Aujourd’hui, il gère plusieurs magasins avec succès et continue à développer son activité.

Les principales peurs qui empêchent de se lancer en entrepreneuriat

Parmi les craintes répandues, on trouve :

  • La peur des difficultés financières, souvent renforcée par l’image des échecs mais qui en réalité recouvre bien d’autres causes.
  • La peur de l’administratif, largement simplifié aujourd’hui notamment grâce au statut de micro-entrepreneur.
  • La peur de l’isolement, contrebalancée par le développement rapide des espaces de coworking, incubateurs et événements d’entrepreneuriat.
  • La peur que son idée ne vaille rien : en réalité, c’est la mise en œuvre qui crée la valeur. Le projet évolue souvent sur la base des retours clients.
  • La peur de ne pas être compétent ou d’échouer, alors qu’aucun entrepreneur ne réussit du premier coup et que l’apprentissage vient avec l’action.

Pourquoi ne pas garder son idée secrète ?

La peur de se faire voler son idée peut bloquer la communication, or c’est souvent une fausse bonne idée. De nombreux entrepreneurs célèbres ont rencontré de nombreux échecs avant de réussir.

Partager son projet permet non seulement d'améliorer son idée grâce aux retours extérieurs, mais crée également des opportunités insoupçonnées, en particulier le soutien et l’accès à un réseau.

Le fameux accord de confidentialité (NDA) peut ralentir le processus de création en introduisant des barrières juridiques aux échanges nécessaires avec partenaires et clients.

Les clés pour dépasser la peur de se lancer

Au-delà des peurs, la motivation est la clé de tout : avoir un cap et travailler chaque jour dans cette direction. La peur de manquer de motivation décroît lorsqu’on est rassuré sur les autres aspects du projet.

L’entrepreneuriat n’est pas synonyme de solitude grâce aux réseaux, aux espaces de coworking, et à un vaste tissu associatif et professionnel qui accompagne les créateurs.

S’aventurer dans l’entrepreneuriat c’est vivre une aventure humaine pleine d’apprentissage, où l’échec n’est pas une fin mais une étape possible, source de développement personnel et professionnel.

Enfin, être entrepreneur, c’est apprendre à gérer l’incertitude, prendre des risques mesurés, et adapter son projet dans un environnement en constante évolution.

Accompagnement et outils pour les entrepreneurs

Se lancer demande des connaissances, du conseil et du soutien. De nombreuses structures d’aide aux créateurs existent en France, apportant accompagnement, formations et conseils pratiques. Il est important d’en profiter pour augmenter ses chances de réussite.

Un bon business plan doit contenir au moins trois scénarios : le plan idéal, un plan B d’adaptation, et un plan Z qui anticipe l’échec afin de protéger ses intérêts personnels et professionnels.

L’adaptation constante, l’écoute du marché, la remise en question régulière et la capacité à tirer les leçons d’erreurs sont des qualités essentielles de l’entrepreneur.

Par ailleurs, souscrire des assurances adaptées permet de gérer les risques et limiter les conséquences d’éventuels problèmes.

Tableau : Les principales peurs entrepreneuriales et leurs solutions

Peur Description Solutions
Peur de se tromper Crainte de prendre de mauvaises décisions aux conséquences lourdes Auto-conviction, prendre du recul, apprendre de chaque décision
Peur de ne pas réussir Inquiétudes financières ou personnelles liées à l’échec Définir sa propre vision de la réussite, anticiper les scénarios
Peur du temps qui passe Pression à aller vite dans un monde compétitif Accepter le rythme, prioriser, tester et apprendre en continu
Peur de tout perdre Crainte d’un accident pouvant détruire le projet Prévoir des assurances, diversifier les risques, planifier les imprévus
Peur de l’isolement Solitude du créateur d’entreprise Rejoindre coworkings, incubateurs, réseaux d’entrepreneurs
Peur de l’administratif Complexité des démarches et formalités Se faire accompagner, profiter du statut micro-entrepreneur

Conclusion sur l’importance de communiquer son projet

Parler de son projet entrepreneurial n’est pas seulement une étape utile, c’est une nécessité pour se construire et s’épanouir dans cette aventure. Cela permet de renforcer sa confiance, d’affiner son projet, d’élargir son réseau, de bénéficier de conseils et parfois de trouver des partenaires clés.

La peur de dévoiler son idée ou de s’exposer à des jugements est compréhensible, mais largement dépassée par les bénéfices du partage. L’entrepreneuriat se nourrit des échanges, des retours et de la souplesse d’adaptation.

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