Budget de Villeurbanne: Analyse et Perspectives Financières
Le vote d’un budget primitif est un moment marquant pour une Collectivité. Avant de le soumettre au vote, établir un budget est un exercice technique. Puisque c’est un acte politique, au sens noble du terme, il nous appartient de montrer que derrière des tableaux de dépenses et recettes, derrières des histogrammes et diagrammes circulaires, derrière des acronymes souvent énigmatiques pour tout un chacun, le budget a des impacts concrets sur la vie des habitants, à court et à long termes. C’est tout l’exercice pédagogique qui nous incombe.
La Ville de Villeurbanne a présenté ce mercredi 11 décembre son budget 2025. C'est dans un contexte politique particulier que Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, a présenté ce mercredi 11 décembre le budget 2025 de sa ville.
Structure du Budget
Le béaba du budget dresse l’ensemble des recettes et des dépenses pour l’année à venir. Il comporte deux sections, le fonctionnement et l’investissement qui se composent chacune d’une colonnes dépenses et d’une colonnes recettes. Ces deux parties doivent être à l’équilibre.
Section de Fonctionnement
Les produits de fonctionnement représentent l'ensemble des revenus permettant à Villeurbanne d'assurer le fonctionnement courant de ses services communaux. Les dépenses sont liées à la gestion courante de la collectivité. Avec 163 millions d’euros de dépenses de fonctionnement et 211 millions de recettes de fonctionnement, Villeurbanne a donc généré de l’épargne en 2024.
Le résultat comptable représente la différence entre les produits et les charges de fonctionnement. A la différence de la capacité d'autofinancement, il ne caractérise pas le potentiel de liquidité de la commune.
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En 2024, nos dépenses ont augmenté, et nos recettes ont augmenté encore plus. Générer de l’épargne, c’est bien, mais cela n’a jamais été une fin en soi. L’épargne est un des leviers pour financer les investissements.
Section d'Investissement
Les ressources d'investissement (emprunts, subventions, etc.) constituent les recettes qui visent, d'une part, à financer les investissements réalisés par Villeurbanne et, d'autre part, à rembourser le capital des emprunts que la commune a contractés.
Premier chiffre : 56,4 M€. C’est le montant des dépenses d’équipements en 2024. Cela représente plus de 150 000 € par jour sur une année. Second chiffre : les dépenses consacrées aux travaux ont augmenté de 29 % par rapport à 2023. Troisième chiffre : 73 % de nos dépenses d’équipement sont des travaux. D’ailleurs, les études et les acquisitions foncières sont en baisse sur 2024. Rien que de très normal : on lance les études en début de mandat, on fait les travaux en milieu et fin de mandat.
La spécificité à Villeurbanne, c’est qu’il n’y avait pas de réserve foncière pour faire atterrir les équipements publics nouveaux.
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Contexte Budgétaire Spécifique
Le fonds de roulement constitue la trésorerie de Villeurbanne. Cet instantané présente des particularités qui le rendent plus ou moins comparable à ceux des années précédentes. Ici, les opérations liées aux Gratte-Ciel affectent la lecture du bilan financier. En 2020 et 2021, c’était le COVID. En 2022, c’était Capitale Française de la Culture. En 2023 puis 2024, la crise inflationniste s’est invitée dans nos finances.
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Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne, comme la plupart des élus d’autres collectivités, a été clair : "Quel que soit le gouvernement qui s’installe, les collectivités seront ponctionnées, pour pallier le budget de l’Etat. Les villes sérieusement gérées comme la nôtre vont devoir s’endetter davantage pour continuer à assurer leurs services à la population et leurs investissements pour le long terme".
"Sans projet de loi de finance, les municipalités se retrouvent dans une situation assez particulière. On ne sait pas à quelle sauce on va être mangé" débute l'édile de la commune.
En attendant donc de connaître le montant prélevé par l'État sur les collectivités locales, la Ville de Villeurbanne a anticipé et mis en place une enveloppe permettant de répondre à cette contribution de solidarité nationale. "Avant la chute du gouvernement Barnier et donc l'abandon, pour l'heure, du projet de loi finances, on avait prévu que l'Etat allait nous prendre 4,5 millions d'euros" détaille le maire.
Dépenses et Recettes
Dépenses
D’un côté, on trouve des augmentations de prix subies. L’électricité et le gaz ont augmenté de 132 %, les assurances de 76 %. À eux seuls, les fluides et les assurances représentent 4,5 M€ de dépenses supplémentaires contraintes en une année.
Un dernier point sur les dépenses : les budgets consacrés aux « fêtes et cérémonies » et aux « frais de réception » sont en baisse de 5,5 %. Étrangement, on ne nous parle de ces dépenses - au demeurant très anecdotiques dans le budget municipal - que quand elles augmentent.
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Les dépenses réelles d'investissement, historiquement élevées pour l'année 2024 avec près de 100 millions d'euros, resteront à un niveau assez élevé en 2025 avec 90,34 millions d'euros.
- Dépenses d’équipements en 2024: 56,4 M€
- Augmentation des dépenses consacrées aux travaux par rapport à 2023: 29 %
- Part des dépenses d’équipement consacrées aux travaux: 73 %
Recettes
Principalement pour dire que l’augmentation de la fiscalité décidée successivement par l’État et par la ville en 2024 ne représente qu’une petite partie de nos recettes supplémentaires. La fiscalité locale est en effet le poste de recette qui augmente le moins vite, et représente toujours un peu moins de 70 % de nos recettes totales.
Avec une très faible augmentation du budget de fonctionnement (+0,1%) pour 169,4 millions d'euros, la Ville de Villeurbanne veut mettre ce budget 2025 "au service de priorités politiques fortes". "L'augmentation de notre budget de fonctionnement est inférieur à celui de l'inflation alors que le nombre d'équipements publics ne cesse de croître" se félicite le maire.
La prévision du PLF (Projet de loi de finances 2025) entraîne une augmentation de la colonne dépenses de 2,3% : "Mais l’autofinancement de la Ville augmente plus vite", pondère l’adjoint aux finances Jonathan Bocquet.
En 2024, nos dépenses ont augmenté, et nos recettes ont augmenté encore plus. Avec 163 millions d’euros de dépenses de fonctionnement et 211 millions de recettes de fonctionnement, nous avons donc généré de l’épargne.
Endettement
L'endettement de Villeurbanne s'évalue en fonction de deux critères : l'encours de la dette, qui représente la somme que la commune du Rhône doit aux banques, et l'annuité de la dette, qui équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de Villeurbanne et du montant de remboursement du capital au cours de l'année.
L'encours de la dette représente la somme que Villeurbanne doit rembourser aux banques. La capacité de désendettement de Villeurbanne évalue le rapport entre l'encours de la dette de Villeurbanne et son épargne (sa capacité d'autofinancement). Ce ratio permet de déterminer le nombre d'années que la commune mettra à rembourser la totalité de sa dette si elle y consacre tous les ans l'intégralité de son épargne.
Comme nous le répétons depuis 5 ans, nous assumons un recours raisonnable à la dette. Forcément, les conséquences de l’emprunt font réagir ceux qui y sont allergiques par idéologie. Oui, les charges financières augmentent : elles sont liées à l’augmentation du stock de dette et des taux d’intérêts. Oui, une part de notre investissement est consacrée au remboursement des annuités d’emprunt. Mais c’est le principe de l’emprunt bancaire. C’est un service utile, mais payant.
L’emprunt en 2024 était finalement de 31 M€, inférieur aux prévisions de décembre 2023. Toutes les villes de plus de 150 000 habitants (sauf une) ont un stock de dette supérieur au nôtre. De même, toutes les villes de plus 150 000 habitants (sauf une) ont une durée capacité de désendettement très inférieure à la nôtre. L’autofinancement a donc progressé de plus de trois points en 5 ans.
Peu endettée, à hauteur de deux à trois ans de capacité de désendettement, lorsque la moyenne des villes de même strate se situe entre 7 et 8 ans (450 euros par habitant contre 700 euros sur la strate), Villeurbanne affiche au tableau de son budget primitif 2025, un investissement de 90 millions d’euros sur 260 millions d'euros de budget général (263,5 millions d'euros en 2024). Un niveau d’investissement encore élevé, même s’il était un peu plus haut en 2024 (98 millions d'euros).
Le recours prévisionnel à l’emprunt est donc en augmentation comme l’a annoncé le premier magistrat de Villeurbanne avec 48 millions d’euros, contre 42 en 2024, pour prévenir les conséquences de la contribution que l’Etat demandera aux collectivités.
Priorités et Investissements
Disons-le tout de suite : il n’y a pas de « course aux investissements ». La course au rattrapage des manques d’équipements publics, qu’il s’agisse de parcs, d’écoles, de crèches ou d’équipements sportifs.
Sur ces 90 millions d'euros, 75 millions d'euros sont fléchés vers les dépenses d’équipements (écoles, parcs, complexes sportifs…). Le maire de s’enorgueillir de 350 millions d’investissements sur le mandat, "ce qui est deux fois plus que sur le mandat précédent", précise-t-il.
L'éducation, la qualité du cadre de vie, la sécurité et l'hospitalité sont autant de priorités mises en avant par la Ville après avoir rencontré pas moins de 4000 Villeurbannaise et Villeurbannais ces derniers mois.
Ainsi, plus de 18 millions sont orientés vers l’enfance, le scolaire et la restauration. On peut aussi citer la rénovation thermique des groupes scolaires et gymnases Léon-Jouaux et Jean-Moulin, qui auront des effets positifs sur nos dépenses à terme.
Plus de six millions d’investissements seront accordés à l’aménagement des parcs et espaces verts, avec deux gros projets importants : la requalification des parking, skate-park et square Raphaël-de-Barros (1,6 million), création du parc Roger-Planchon / ACI (1,8 million).
Les principaux projets de mobilité et de transports en 2025 sont le prolongement du tram T6 et du C3, les Voies lyonnaises, la phase 3 de la rue Garibaldi, les stationnements sécurisés pour les vélos ou le développement de lignes de covoiturage.
En matière d’éducation, 19 % sont consacrés aux collèges (dotations, cantines, entretien ou rénovation). La Métropole soutient 152 structures sur tout le territoire. Pour 143 d’entre elles, le budget reste identique. Neuf grandes institutions (musée des Confluences, Lugdunum, Nuits de Fourvière, les Biennales…) sont impactées, fruit d’un dialogue entre elles et la collectivité.
Ce sont 309,9 millions d’euros qui sont consacrés à la politique d’insertions et d’emploi.
Pour ce qui est de l’habitat et du logement, c’est un budget qui représente 93,3 millions d’euros.
C’est l’un des plus gros postes de dépenses. Il comprend tout le volet social : handicap, personnes âgées, enfance et famille …autant de budgets qui ont augmenté de 18 % à 41 % depuis 2019.
Du côté de la sécurité, "soit 50% de mon occupation personnelle, déplore Cédric Van Styvendael, nous maintenons l’objectif de 75 postes pourvus de policiers municipaux à la fin du mandat, dont 72 en 2025. La contribution de l'Etat à la dette représente environ notre budget de la police municipale. Et nous savons déjà qu’il en faudra encore davantage dans le prochain mandat".
Comme Lyon qui vient de l’annoncer, mais en plus forte proportion par rapport à l’existant, Villeurbanne accroît son parc de caméras de vidéo-surveillance : "Nous allons passer de 100 à 410 flux de caméras sur le mandat, détaille le maire, soient 202 flux nouveaux en 2025 grâce à la dotation exceptionnelle de 500 000 euros du ministère de l’Intérieur pour un coût global de 912 000 euros.
Les efforts d’attractivité portent aussi leurs fruits au niveau de la police municipale où 64 postes sont effectivement pourvus, soit plus du double de celui observé en début de mandat. La stratégie locale de sécurité et de prévention de la délinquance doit porter ce nombre à 75 d’ici à la fin du mandat, selon notre engagement, une présence humaine d’autant plus indispensable que Villeurbanne doit tenir bon face au trafic de drogues et au climat d’insécurité que celui-ci amène sur notre territoire, en tenant l’équilibre entre répression et prévention, équilibre auquel nous restons très attachés.
Alors même que le pays a besoin de carnets de commande remplis pour remettre en route la machine économique, l’État serre la ceinture aux Collectivités, qui sont les premières actrices d’une commande publique ambitieuse, comme nous venons d’en faire la liste. Soutenir les Collectivités, ce n’est pas seulement prendre un avion pour présider un Conseil Municipal à l’autre bout de la France quand on est Premier ministre.
Le budget de la puissance publique peut et doit amortir les accidents de conjoncture, mais c’est bien fondamentalement à l’activité économique de financer les infrastructures communes dont elle bénéficie (réseaux de transport, éducation et formation, santé…). Si les efforts sont à la fois partagés et justes, en tant que Collectivité, nous sommes prêts à y contribuer, tout en maintenant le niveau de service attendu par la population. Ce budget responsable et prudent en est la meilleure des illustrations.
Villeurbanne accroît son parc de caméras de vidéo-surveillance : "Nous allons passer de 100 à 410 flux de caméras sur le mandat, détaille le maire, soient 202 flux nouveaux en 2025 grâce à la dotation exceptionnelle de 500 000 euros du ministère de l’Intérieur pour un coût global de 912 000 euros.
Les efforts d’attractivité portent aussi leurs fruits au niveau de la police municipale où 64 postes sont effectivement pourvus, soit plus du double de celui observé en début de mandat. La stratégie locale de sécurité et de prévention de la délinquance doit porter ce nombre à 75 d’ici à la fin du mandat, selon notre engagement, une présence humaine d’autant plus indispensable que Villeurbanne doit tenir bon face au trafic de drogues et au climat d’insécurité que celui-ci amène sur notre territoire, en tenant l’équilibre entre répression et prévention, équilibre auquel nous restons très attachés.
Alors même que le pays a besoin de carnets de commande remplis pour remettre en route la machine économique, l’État serre la ceinture aux Collectivités, qui sont les premières actrices d’une commande publique ambitieuse, comme nous venons d’en faire la liste. Soutenir les Collectivités, ce n’est pas seulement prendre un avion pour présider un Conseil Municipal à l’autre bout de la France quand on est Premier ministre.
Le budget de la puissance publique peut et doit amortir les accidents de conjoncture, mais c’est bien fondamentalement à l’activité économique de financer les infrastructures communes dont elle bénéficie (réseaux de transport, éducation et formation, santé…). Si les efforts sont à la fois partagés et justes, en tant que Collectivité, nous sommes prêts à y contribuer, tout en maintenant le niveau de service attendu par la population. Ce budget responsable et prudent en est la meilleure des illustrations.
Malgré une hausse de fréquentation, faible, mais réelle, malgré l’inflation et l’augmentation des matières premières, reste constant ; et ce grâce à un travail sur le gaspillage alimentaire associant les personnels, et les petits et grands usagers. Nous n’avons pas non plus à rougir de notre contribution à lutter contre le sans-abrisme, venant une nouvelle fois compenser les défaillances récurrentes de l’État.
Pour finir sur la partie dépenses de fonctionnement, nous souhaitons évoquer le plus gros budget de la Ville, le budget RH. 2025 sera l’année du dépassement des 100 millions d’euros pour ce budget. Il s’élève à plus de 59 % des dépenses totales, mais, s’il augmente en valeur absolue, il diminue légèrement en valeur relative.
Mesures d'Économie et Ajustements Budgétaires
Le budget 2025 a été resserré pour trouver huit millions d'euros d’économie. Le prix des fluides a baissé avec l’inflation, ce qui permet d’économiser deux millions d’euros, de même que des marges gagnées sur l’achat de fournitures : "De plus, nous revoyons nos partenariats à la baisse, dont celui des écoles privées, de moins 500 000 euros. Toutefois, le forfait versé aux écoles privées reste très élevé par rapport à la moyenne des communes."
L’ensemble des subventions de la Ville connaît une baisse dans tous les domaines.
Ces échanges ont permis de ne pas appliquer une diminution uniforme pour toutes les politiques publiques. Certaines ont bénéficié d’une forme de sanctuarisation convenue en commun. Nous avons aussi veillé à préserver autant que possible les actions qui donnent lieu à du co-financement, pour permettre un effet démultiplicateur à nos dépenses. Ce travail nous a permis non seulement d’agir en conscience et en faisant des choix politiques rationalisés, mais également d’anticiper.
Et anticiper, dans la période incertaine que nous vivons, n’est pas simple. Or, la prise en compte des éventuels effets du Projet de Loi de Finances, et même si celui-ci est pour l’instant caduc, mais pourrait revenir sous une autre forme, nous a conduits à affaiblir ces ratios en ajoutant 4,7 millions d’euros à nos dépenses de fonctionnement d’une manière globale, en intégrant l’augmentation du taux de la Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales pour 1,1 million et le fond de réserve de 3,6 millions. C’est 2 % de nos recettes de fonctionnement.
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