Financer sa Formation d'Infirmier(e) : Guide Complet des Aides et Solutions
Un métier qui recrute, le sentiment de se sentir utile aux autres, la diversité des environnements de travail, la richesse des interactions humaines... Autant de raisons qui peuvent vous encourager à envisager une (nouvelle) carrière en tant qu'infirmier ou infirmière. Il serait néanmoins dommage que la question du coût de votre formation coupe votre élan jusqu'à remettre votre projet en question. Heureusement, diverses solutions existent pour vous permettre d'atteindre votre objectif, sans que la question financière ne vienne entraver votre détermination !
Vous souhaitez vous lancer dans des études d’infirmière, mais vous vous interrogez sur le coût d’une formation d’infirmière sur 3 ans ? Le coût de la formation est variable selon les instituts de formation de soins infirmiers (IFSI) et du statut de l’élève.
Pour rappel, la formation pour devenir infirmier se déroule dans un IFSI (Institut de Formations en Soins Infirmiers). On en compte près de 330 répartis dans toute la France.
Quel est le coût d'une formation d'infirmier ?
Dans les instituts publics, la scolarité est gratuite même si elle comprend des frais d'inscription dépassant rarement plus de quelques centaines d'euros. La question du financement s'avère donc moins problématique pour les étudiants qui empruntent cette voie. Mais la situation de l'élève peut aussi faire varier le coût d'une formation en soins infirmiers.
Les instituts publics et l’Assistance publique / Hôpitaux de Paris sont très prisés lors du passage du concours. Le montant des frais d’inscription est indexé sur les tarifs de l’université, auquel l’IFSI se rattache. La future IDE doit s’acquitter des frais d’inscription, dont le montant est fixé par l’université et des frais de scolarité, qui sont variables et libres.
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La Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI) édite tous les ans son indicateur des coûts induits par la rentrée dans les différentes formations infirmières. Cette année, une augmentation de 8, 83 % a été enregistrée par rapport à 2022. Le coût de la rentrée s’élève ainsi à 3 182,95 euros. Une enveloppe importante à débourser pour la première année.
« La plupart des étudiants entrant en IFSI sont tout juste bacheliers et bénéficient, pour une majorité du soutien financier de leurs parents, temporise toutefois Côme Champion, secrétaire général adjoint en charge des affaires sociales à la FNESI et étudiant en 3e année à l’IFSI de Rennes. Ajoutant qu'à cette aide vient parfois s’ajouter une bourse.
« Mais plus on avance dans les années, plus les besoins évoluent et les ressources également. Et les aides disponibles aux étudiants restent trop insuffisantes, quel que soit le niveau d’études.
Comment financer votre formation d'infirmier ? Le financement des 3 années. CPF ? Conseil régional ?
Les Aides Financières Disponibles
Car travailler pendant ses études est loin d'être la meilleure solution pour optimiser ses chances d'obtenir son DEI (Diplôme d'Etat d'Infirmier), il est important de bien étudier toutes les possibilités de financement qui s'offrent à vous pour pouvoir suivre votre formation en toute sérénité.
Voici les principales solutions de financement qui existent en fonction de votre situation professionnelle !
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Le Conseil Régional
Les étudiants relevant de la formation initiale bénéficient généralement d'une aide du Conseil régional. Au même titre que les étudiants en formation initiale, les demandeurs d'emploi peuvent bénéficier d'une aide financière en fonction de la politique du Conseil régional. Ce dernier peut contribuer voire financer intégralement, les études. Cette mesure vise à atténuer les disparités financières tout en permettant de combler le manque de personnel soignant dans les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, EPHAD, etc.).
Les Aides Financières de France Travail (ex Pôle Emploi)
Des allocations comme l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) peuvent également aider les chercheurs d'emploi à poursuivre leur formation d'infirmier sans avoir à s'inquiéter de son financement. L’allocation d'aide au retour à l'emploi formation (AREF), destinée aux personnes qui arrivent en fin de droit, en cours de leur formation.
Les Bourses
Destinées aux étudiants, les bourses sur critères sociaux peuvent constituer une source de soulagement pour ceux et celles qui souhaitent se former au métier d'infirmier sans avoir à solliciter un prêt auprès de leur banque. Le montant des bourses est calculé en fonction des ressources du foyer et de la situation personnelle de l'étudiant.
Les bacheliers ou les étudiants qui ont fait plusieurs années universitaires peuvent bénéficier d’un statut d’étudiant. C’est en fonction du plafond familial de revenus, lié à la déclaration d’impôt des parents, que le CROUS accorde ou non des aides financières aux étudiantes.
Le statut de boursier donne droit à des exonérations de frais d'inscription, de la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC). Il donne aussi accès de façon prioritaire aux logements Crous, aux repas à un euro, etc. « Il est important de faire une simulation de bourse sur le site. Parfois on est éligible sans même le savoir », recommande Côme Champion.
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L'Apprentissage
L'apprentissage peut être une solution envisageable pour financer ses études d'infirmier lorsqu'on a entre 16 et 29 ans révolus. Cependant, cette voie demeure peu répandue en raison de la rareté des contrats d'apprentissage étalés sur trois ans. En pratique, la plupart des contrats d'apprentissage démarrent à partir de la deuxième ou troisième année, car il est nécessaire d'obtenir au préalable l'équivalence du diplôme d'aide-soignant (DEA) qui est délivré à la fin de la première année de formation d'infirmier.
Moins connue, cette autre voie de formation par alternance, permet à l’étudiant, après signature d’un contrat entre l’IFSI et « l’entreprise » (hôpital public ou privé essentiellement) de devenir salarié. Pour cela, l’étudiant doit avoir validé sa première année d’IFSI ou être titulaire d’un diplôme d’aide-soignant. Il lui faut ensuite se rapprocher d’un Centre de formation d'apprentis (CFA) proposant l’apprentissage infirmier. La rémunération fixe et stable, est basée sur le Smic horaire. L’apprenti infirmier est donc redevable d’un certain nombre d’heures de travail en plus de ses études ; le plus souvent donc durant les week-end et les vacances scolaires.
Le CPF de Transition
En tant que salarié, il est possible de demander à son employeur de s'absenter de son poste pour suivre une formation dans le but d'évoluer dans sa carrière ou de changer de métier. Le CPF de transition ou Projet de Transition Professionnelle (PTP) fait partie des principaux dispositifs existants pour faciliter cette démarche.
Le Compte Personnel de Formation
Enfin, il est important de noter que tous les actifs ont la possibilité d'utiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF) à n'importe quel stade de leur carrière pour suivre une formation éligible au dispositif.
L'Allocation d'Étude
L'allocation d'étude est la solution la plus confortable pour financer sa 2ème et 3ème année de formation. Au terme de la 1ère année validée en IFSI, l’étudiante signe un contrat de pré-recrutement auprès d’un employeur, qui s’engage à une embauche, suite à l’obtention du diplôme d’Etat.
Congé Individuel de Formation (CIF) et Congé de Formation Professionnelle
Le congé individuel de formation (CIF) permet de maintenir le salaire durant un an et peut être prolongé sur demande, auprès du Fongécif. Le congé de formation professionnelle est réservé aux fonctionnaires ou contractuelles, ayant travaillé au moins 3 ans dans la fonction publique hospitalière.
La rémunération est indexée suivant son âge et son année de formation, allant de 41 à 78% du Smic.
Autres Options et Conseils Utiles
Les étudiants en première année peuvent ainsi travailler en tant qu’agent de service hospitalier, principalement pour effectuer des tâches de ménage et de l’aide alimentaire. A la fin de la première année, les étudiants acquièrent une équivalence aide-soignante.
Moins connu, il y a aussi les tâches de tri de patients au téléphone en service d’urgence et les premiers secours qui peuvent parfois déborder sur de l’urgence. « Je dirais qu’il s’agit davantage d’activités à envisager comme une expérience personnelle et professionnelle, plutôt que comme des options très rémunératrices », note Côme Champion.
Piste à ne pas négliger, à partir de la 2e année, les étudiants peuvent signer, avec des établissements sanitaires et/ou médico-sociaux, un contrat d’allocation d’études.
La formation est financée par la Région pour les jeunes bacheliers. Pour les personnes de plus de 26 ans et ayant déjà travaillé plus de six mois, la formation est autofinancée, via Pôle Emploi, via les Opco (opérateurs de compétences) ou les Opca, autrement dit les organismes paritaires collecteurs auxquels cotisent les employeurs.
De nombreux étudiants n’ont pas conscience qu’ils sont éligibles à certaines aides sociales. « Notre première mission lorsqu’un étudiant vient nous voir à la FNESI pour des difficultés financières, est de l'orienter vers les services sociaux étudiants : bourses, aides d'urgence du Crous, aides d'urgence de la région et de la métropole », explique Côme Champion.
Il existe par ailleurs des associations locales qui développent des projets pour lutter contre la précarité alimentaire, menstruelle, etc. « Il ne faut pas hésiter, dès la rentrée, à s’adresser directement à l’association locale de son IFSI. Pensez aussi aux fédérations de territoire qui jouent un rôle de relais vers les aides spécifiques à chaque territoire. La métropole peut, par exemple, proposer des réductions sur les cartes d'abonnement pour les transports au sein de la collectivité.
En France, on compte plus d’une trentaine d’épiceries sociales et solidaires gérées par la Fage sur les Agorae, ces espaces d’échanges et de solidarité qui se composent d’un lieu de vie ouvert à tous et d’une épicerie solidaire accessible sur critères sociaux. « La FNESI est en contact avec l'ensemble des fédérations de territoires présentes dans le réseau de la Fage.
Autre alternative à ne pas négliger : le prêt garanti par l’État. Ce dernier est, en effet, de plus en plus favorable aux étudiants infirmiers, susceptibles de trouver rapidement un travail après leur formation.
Pour rappel, le rythme hebdomadaire d’un étudiant à l’IFSI est de 35 heures, de stage ou de cours. Aussi, enchaîner une semaine de 35 heures avec un job de remplacement d’aide-soignant le week-end, peut s’avérer compliqué sur la durée : « Nous avons énormément de pression sur les épaules en tant qu'étudiant, soutient Côme Champion. Et la posture demandée à l’étudiant en stage n’est pas simple puisqu’il s’agit de s’investir pleinement à chaque moment. A la maison, nous faisons des recherches et travaillons nos cours et TD/ TP… A l’arrivée, jongler entre son job étudiant, son stage et ses cours n’est pas chose aisée. Pour certains étudiants, cela s’apparente à une forme de mise en danger. C'est un engrenage qui peut conduire à des situations d’isolement et de grand mal-être.
En tout état de cause, même si le salariat est possible pour les étudiants infirmiers, il demeure complexe d'un point de vue rythme de travail.
« Cela a été difficile d’un point de vue financier, confie Ilona Denis, étudiante infirmière en 3ème année à Dijon. Les aides ne sont jamais suffisantes. En travaillant à côté, je suis épuisée, je vais en stage et n’ai pas le temps de préparer mes cours. J’ai à peine assez d’argent pour prendre un verre. Mais à côté de cela, je connais des étudiants dans des situations de grande difficulté, non éligibles à la bourse et que les parents ne peuvent pas suffisamment soutenir financièrement. Je souhaiterais que le gouvernement soit correctement informé de nos difficultés et que le montant des bourses soit revalorisé pour que nous ne mettions pas nos études en péril.
Pour les étudiants infirmiers, la gestion des bourses est de la compétence des régions.
« Le statut d'étudiant d'une manière générale n'est pas un statut de salarié, observe Côme Champion. Ce n'est qu'à cause du contexte social que les étudiants doivent aujourd'hui travailler à côté de leurs études. La FNESI milite et dénonce depuis des années les conditions de vie des étudiants infirmiers et demande à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités pour proposer des mesures fortes de lutte contre la précarité étudiante. En attendant, quelques initiatives se font jour du côté des régions. En Île-de-France notamment, des mesures de soutien ont été prises en faveur du pouvoir d’achat des 44 000 élèves et étudiants en formation sanitaires et sociales. Parmi les mesures notables annoncées figurent le relèvement de 6 % de la grille des barèmes pour les bourses, permettant l’éligibilité de 15 % de nouveaux étudiants, l’augmentation de 370 € annuel pour chacun des 8 échelons, le gain d’un échelon supplémentaire pour les élèves et étudiants en situation de handicap ou aidants familiaux d’un parent en situation de handicap.
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