Financement Monétaire : Définition et Enjeux
Le financement peut être défini comme le fait d'apporter des fonds (de la monnaie) à un agent économique. Pour réaliser leurs activités économiques, tous les agents économiques ont besoin de se financer. Cela est vrai pour les entreprises, mais cela l'est aussi pour les ménages et les administrations publiques.
Avant l’apparition de la monnaie dans les sociétés, il y avait le troc. Puis vint la monnaie. Et avec elle le développement extraordinaire des échanges. Avec la monnaie, les hommes créèrent des banques. Commença alors une aventure qui dure depuis des milliers d’années. Car, l’émergence des systèmes bancaires dans le monde permirent quelque chose qu’il était difficile d’imaginer. Désormais, on pouvait emprunter de l’argent pour acquérir des biens et des services, s’équiper et accroître ses activités.
La politique monétaire est l’une des composantes de la politique macroéconomique, avec la politique budgétaire et les politiques structurelles qui sont du domaine de l’État. La politique monétaire est de la responsabilité des banques centrales, qui doivent veiller à la stabilité monétaire et financière pour favoriser la prospérité économique.
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Les Acteurs du Financement
- Agents à capacité de financement (ACF): Les ACF sont les agents économiques dont les revenus sont supérieurs aux dépenses. Une fois leurs dépenses courantes et leurs investissements financés, les ACF disposent d'excédents financiers.
- Agents à besoin de financement (ABF): Les ABF sont les agents économiques dont les dépenses excèdent les revenus. Ils ne peuvent se financer qu'en faisant appel à d'autres agents. Au niveau macroéconomique, les entreprises et l'Etat sont des ABF alors que les ménages sont des ACF.
Les ménages et les entreprises ont profité très largement de l’essor des banques commerciales dans le monde. Sans les banques, il n’y aurait pas eu d’innovations trouvant le financement nécessaire à leurs réalisations concrètes. Il n’y aurait pas eu de révolution agricole ou industrielle. Il n’y aurait pas eu tout le confort auquel nous accédons aujourd’hui.
Toutefois, grâce aux crédits qu’elles accordent à leurs clients, les banques commerciales vont permettre à une grande partie de ces projets de se matérialiser.
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La première consiste à utiliser les dépôts de leur clientèle qui sont non employés. Comme les dépôts de leurs clients sont généralement liquides à court terme et que les prêts qu’elles accordent sont à plus long terme, les banques pratiquent la transformation d’une épargne liquide préexistante en financements plus adaptés aux besoins de l’économie. Ce processus est résumé par l’adage « les dépôts font les crédits« .
La seconde façon d’octroyer des crédits consiste justement à créer de la monnaie, c’est à dire à effectuer un prêt sans avoir les montants correspondant en ressources. Les banques commerciales vont créditer le compte courant de leur client du montant du prêt accordé. Par un simple jeu d’écriture, elles vont ainsi créer de la monnaie, ex nihilo.
Les Formes de Financement
Il existe plusieurs formes de financement, chacune ayant ses propres caractéristiques et implications :
- Financement interne: Le financement interne est réalisé par voie d'autofinancement.
- Financement direct: On désigne par financement direct le mécanisme par lequel un ABF obtient des ressources directement auprès d'un ACF sans passer par un intermédiaire. Pour ce faire, l'ABF émet des titres (actions, obligations..) qui sont acquis par les agents ayant des excédents de financement.
- Financement intermédié (ou indirect): On parle de finance indirecte ou d'intermédiation financière pour désigner le mode de financement par les banques. Les intermédiaires financiers collectent les fonds des ACF et les prêtent aux ABF. Le financement non monétaire correspond à la transformation de l'épargne de certains agents en financement pour d'autres.
Pour produire, les entreprises ont besoin de trouver des ressources financières car leurs dépenses sont, en général, supérieures à leurs ressources : elles ont un besoin de financement.
Financement des Entreprises
Les entreprises disposent de plusieurs options pour financer leurs activités :
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- L'autofinancement: Les bénéfices non distribués constituent la principale source de l'autofinancement des entreprises. L'autofinancement a le mérite de ne rien coûter à l'entreprise et de préserver son indépendance vis-à-vis des banques.
- Le financement par le capital: Les entreprises ayant un besoin de financement font appel à leurs propriétaires ou à des nouveaux investisseurs en faisant une augmentation de capital.
- Le financement par l'endettement: Les entreprises peuvent s'endetter en contractant un emprunt auprès des établissements de crédit. Cette opération constitue un financement indirect ou intermédié. Elles peuvent également lancer un emprunt obligataire sur le marché des capitaux, si elles sont cotées sur ce marché. Les grandes entreprises ont un accès aisé au marché financier.
Schéma représentant les différentes sources de financement des entreprises.
Financement des Ménages
Les ménages s'endettent auprès des institutions financières pour financer des biens de consommation et des biens immobiliers. Les biens de consommation sont financés par des crédits à court ou moyen terme et à taux élevés. Les biens immobiliers sont financés par des crédits à long terme et à taux faibles.
Financement des Administrations Publiques
Les administrations regroupent toutes les organisations dont l’activité principale consiste à produire des services non marchands et à effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales.
- Le financement sur fonds propres: Pour financer son budget, l'Etat dispose de ressources constituées à plus de 90 % de recettes fiscales. Le solde budgétaire de l’État permet de déterminer sa situation financière. Si les recettes de l’État sont supérieures à ses dépenses, le budget de l’État est en excédent. En revanche, si les dépenses sont supérieures aux recettes, le solde budgétaire est déficitaire.
- Le financement par l'endettement: Le trésor public émet des titres de dette qui sont achetés par des investisseurs. Les transactions s'effectuent sur le marché obligataire.
Création Monétaire
La création monétaire est l’opération par laquelle un émetteur met en circulation de la monnaie qui n’a encore jamais circulé. On parle aussi d’émission monétaire. L’émetteur est un agent financier : établissement de crédit, Banque centrale.
La Banque de France, créée en 1800, a obtenu en 1848 le monopole de l’émission des billets. La plus grande partie de la monnaie scripturale est émise par les établissements de crédit, principalement par les banques dites commerciales ou de second rang, rapport à la Banque centrale ou de premier rang. On recense aujourd'hui en France différents types d'établissements de crédit : les banques tout d’abord, les sociétés financières, les caisses de crédit municipal, les banques mutualistes ou coopératives et les institutions financières spécialisées.
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L’émission consiste soit en une simple substitution d’une forme d’une monnaie à une autre, soit en une création de monnaie supplémentaire. Le premier cas peut être illustré par l’exemple d’un individu effectuant un dépôt de billets auprès de sa banque, qui crédite son compte du montant correspondant : de la monnaie scripturale (augmentation du solde créditeur du compte en banque de la personne) est alors substituée à la monnaie manuelle (les billets), retirée de la circulation.
Le deuxième cas est toutefois plus important puisqu’il donne lieu à l’apparition d’un supplément de monnaie en circulation ; il se produit à l’occasion de l’opération dite de monétisation de créances.
Dans le cadre du modèle du multiplicateur de crédit, on suppose que les banques ont besoin de détenir au préalable une certaine quantité de réserves pour prêter. Au contraire dans le modèle du diviseur de crédit, les banques prêtent d'abord, puis se refinancent ensuite. Ainsi elles créent la quantité de monnaie correspondante à la demande de crédit qui leur est adressée, et la quantité de réserves (et donc la base monétaire) s'ajuste en conséquent.
Si l’on suppose que la création monétaire est conditionnée par l’existence de réserves bancaires, ce dépôt supplémentaire constituera ensuite le support de nouveaux crédits par vague successives : Mais la création monétaire nouvelle sera de moindre ampleur que la précédente puisqu’il est nécessaire de conserver une partie du dépôt supplémentaire sous forme de monnaie centrale.
Le Multiplicateur de Crédit
Au terme de ce processus, le crédit consenti au départ aura permis la création de monnaie scripturale dont le montant est égal à plusieurs fois celui du crédit initialement accordé. On parle donc de multiplicateur de crédit qui résulte du constat que toute opération de crédit suscite simultanément un besoin de liquidités.
Une augmentation de la base monétaire, c’est-à-dire de la monnaie centrale détenue par les banques (constituée de monnaie manuelle et de dépôts en compte courant auprès de la Banque centrale), entraîne une variation amplifiée de la masse monétaire.
Le coefficient multiplicateur K est égal à 1/ r+b + rb, où r est le coefficient de réserves obligatoires (dépôts non rémunérés que les banques de second rang sont contraints de faire auprès de la Banque centrale) et b la proportion de monnaie scripturale dont les agents économiques demandent la conservation en billets.
La prise en compte des fuites en monnaie centrale permet de déterminer dans quelle proportion les banques commerciales sont susceptibles de créer de la monnaie scripturale. Si ∆M est la quantité de monnaie scripturale qu’une banque serait susceptible de créer à partir des crédits distribués par elle et ∆D les dépôts qu’elle reçoit, nous avons : ∆M = 1/1-r+b + rb. ∆D.
En définitive, on voit qu’un dépôt initial en liquidités permet à la banque d’accorder un crédit d’un montant limité par les possibilités de fuite en monnaie scripturale.
Les économistes postkeynésiens ont un autre point de vue et s’opposent à l’analyse monétariste de Friedman. Les banques créent des crédits et des dépôts et ensuite font face au besoin de monnaie centrale en raison des demandes de leurs clients et des obligations de réserves obligatoires.
Le multiplicateur est contesté dans son pouvoir explicatifs de la création monétaire car il suppose que la banque envisage de répondre à une demande de crédit raisonne plus en fonction de l’importance de ses dépôts qu’en termes de risque et de rentabilité.
Le multiplicateur de crédit suppose que l’offre de monnaie soit déterminée de façon exogène par la Banque centrale et que les banques commerciales attendent de disposer de liquidités pour créer de la monnaie.
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