Financer ses soins dentaires : Options et solutions en France

Les soins dentaires peuvent représenter un poste de dépenses important. Heureusement, plusieurs options de financement existent pour alléger cette charge. Cet article explore les différentes solutions disponibles en France, de la réforme 100% santé aux prêts dentaires, en passant par les mutuelles et les aides financières.

Réforme 100% santé

La réforme 100% santé : Un meilleur remboursement des soins dentaires

Depuis 2020, la réforme 100% santé offre un meilleur remboursement des soins dentaires. Après des effets d’annonce, la réforme du reste à charge zéro dentaire appelée « 100% santé » est entrée en vigueur.

La grande nouveauté de la réforme tient aux remboursement intégral de certaines prothèses dentaires. En théorie, ce sont 46 % des actes prothétiques réalisés aujourd’hui qui vont faire l’objet d’un remboursement total. Cela concerne notamment les couronnes et bridges sur les dents dites visibles (canines et incisives). Les dents moins visibles (molaires) ne bénéficient en effet d’un remboursement intégral que si elles sont recouvertes de couronnes métalliques. D’autres prothèses entreront progressivement dans ce panier « reste à charge 0 » à partir de 2021.

En 2021, dans le secteur dentaire, 55% des actes prothétiques dentaires ont été réalisés sans reste à charge pour le patient. Plus de 6 millions de Français auraient ainsi bénéficié du 100% santé pour leurs soins dentaires depuis 2019.

Depuis janvier 2022, les organismes complémentaires ont l’obligation de permettre à leurs assurés de bénéficier du tiers-payant intégral sur les soins du 100% santé, ce qui impacte les cotisations. A cela s’ajoute une baisse des remboursements dentaire de l’Assurance maladie au profit des mutuelles.

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Il est important de noter que tous les dentistes conventionnés doivent inclure une solution « 100 % Santé » dans leur devis, si elle existe. Après examen, le praticien établit un plan de soins, précisant les traitements proposés et les matériaux utilisés. En cas d’absence de solution « 100 % Santé », le praticien propose des actes à « tarif maîtrisé », entraînant un reste à charge limité.

Chaque patient reste libre de son choix. Il peut opter pour l’offre 100 % Santé, un tarif maîtrisé, ou un traitement plus cher. Avant de décider, vous devez vérifier les garanties de votre complémentaire santé.

En dentaire, cette réforme apporte de nombreux changements tels que :

  • Un remboursement total de 46% des actes prothétiques.
  • Un remboursement qui dépend de la localisation de la dent (visible ou non) et des matériaux utilisés pour la fabrication de la prothèse.
  • Un large choix de prothèses dentaires fixes ou mobiles.

Avant chaque acte le praticien doit présenter un devis détaillé sur lequel figurent notamment les tarifs du panier 100% santé.

Les limites de la réforme et les soins non couverts

Si certains actes dentaires sont réellement gratuits pour le patient, le prix d’autres soins va augmenter. Ce reste à charge est de l’ordre de 23% en ce qui concerne les soins dentaires et grimpe jusqu’à 40 % sur les actes prothétiques en 2020, date de l’entrée en vigueur de la réforme. Il se situe aujourd’hui en moyenne autour de 15%, mais ne prend pas en compte tous les traitements.

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Le grand absent de la réforme concerne les actes en implantologie dentaire. Le reste à charge zéro implant dentaire n’est donc pas prêt de voir le jour. Or, ce type de soins dentaires reste souvent incontournable pour des réhabilitations dentaires importantes. Dès lors, il est impossible d’envisager des parcours de soins sans reste à charge pour des solutions dentaires complètes fixes.

Dans la pratique, un effet de déplacement risque de se créer entre les paniers de soins. Le dentiste à l’obligation en théorie de proposer des prothèses reste à charge 0. Mais il peut passer outre et choisir des prothèses à honoraire libre, s’il considère qu’elles apportent un avantage au patient. Le risque de renoncement ou de report de soins pourtant importants pour la santé, risque donc de subsister.

La promesse des soins dentaires gratuits est une illusion. Les soins dentaires gratuits pour tous n’existent pas. Par ailleurs, les complémentaires santé doivent absorber un surcoût estimé à 266 millions d’euros d’ici à 2023, ce qui fait craindre une hausse des cotisations.

La réforme 100% santé marque la poursuite du désengagement de l’Etat au profit des mutuelles et laisse craindre une médecine à deux vitesses et le développement de la dentisterie low-cost en France. Contrairement à l’objectif affiché, les inégalités risquent donc de se creuser encore davantage.

Le rôle des mutuelles et complémentaires santé

En France, la mutuelle ou complémentaire santé prend une part de plus en plus importante dans le financement dentaire. La meilleure option de financement de soins dentaires reste ainsi d’acquérir une mutuelle dentaire performante. Bon à savoir : pour obtenir de nouveaux clients, les mutuelles proposent souvent des offres d’adhésion attrayantes.

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Il existe 3 types d’organismes qui proposent une couverture complémentaire en santé dentaire : les mutuelles, les instituts de prévoyance, et les assurances. Pour comparer la meilleure prise en charge possible dans votre cas, en fonction de votre profil et des soins envisagés, utilisez un comparateur de mutuelle ou passez par un broker.

Le choix d’une bonne complémentaire santé permet de mieux rembourser vos soins dentaires. Elle couvre en premier lieu le ticket modérateur lors d’une consultation, soit les 40 % restants. La Sécurité sociale, en effet, ne couvre pas du tout certains actes. Une complémentaire santé adaptée vous permet de couvrir les dépenses chez votre dentiste.

Une assurance santé est un contrat global. Il peut se présenter sous forme de forfait annuel, généralement exprimé en euros. Le niveau de garantie joue un rôle important. Un contrat basique couvre surtout le ticket modérateur des consultations simples chez le dentiste.

L’âge de l’assuré peut également être pris en compte. Les cotisations sont plus basses pour un jeune adulte. Elles augmentent avec le temps. Certains contrats imposent un délai de carence. Pendant cette période, le remboursement reste partiel ou inexistant. Elle peut durer de trois à six mois selon les formules, et débute dès la souscription du contrat.

Une bonne complémentaire santé vous aide à éviter les déconvenues ! Comparez les niveaux de garanties, vérifiez les délais de carence, et choisissez une couverture qui vous correspond.

Comment choisir la meilleure mutuelle dentaire ?

Choisir la meilleure mutuelle dentaire peut sembler complexe : voici quelques conseils pour vous guider.

  1. Évaluer vos besoins en soins dentaires: Réfléchissez à la fréquence de vos soins dentaires et à la fragilité de vos dents. Si vous avez besoin de traitements spécifiques ou de prothèses dentaires, assurez-vous que votre mutuelle santé dentaire couvre ces actes.
  2. Considérer les besoins de votre famille: Si vous avez des enfants, leurs besoins en orthodontie peuvent être importants. Certaines mutuelles proposent des garanties spécifiques pour les appareils dentaires et les frais d'orthodontie.
  3. Comparer les niveaux de couverture santé: Vérifiez les niveaux de remboursement des soins dentaires proposés par différentes complémentaires santé. Les dépassements d'honoraires peuvent représenter des coûts élevés ; assurez-vous que votre mutuelle offre une prise en charge suffisante.
  4. Prendre en compte les avantages supplémentaires: Avec Harmonie Mutuelle, vous pouvez bénéficier d'avantages supplémentaires en consultant des chirurgiens-dentistes du réseau Kalixia.
  5. Considérer le budget et les plafonds de remboursement: Votre budget est un élément crucial. Comparez les contrats en fonction des plafonds de remboursement et des forfaits annuels.

Par exemple, pour la pose d'une couronne céramo-métallique sur incisives, canines et premières prémolaires (prothèse dentaire 100% santé) dont le devis s'élève à 500€, la Sécurité Sociale prend en charge 72€ et la mutuelle 428€. Le reste à charge est donc de 0€ puisqu'il s'agit d'un tarif réglementé.

Afin de profiter de meilleurs remboursements sur vos soins et poses de prothèses dentaires, découvrez notre mutuelle Santé Particuliers. Une protection complète pour tous vos besoins de santé au quotidien.

Le crédit dentaire : une solution de financement spécifique

Facettes, couronnes, bridges, implants... les traitements dentaires peuvent vite devenir un gouffre financier. Et malheureusement, la Sécurité sociale est loin de tout rembourser. Pour aider les patients à faire face, il existe des solutions de crédit spécifiques. On fait le point sur ces prêts dédiés aux frais de santé bucco-dentaire.

Le crédit dentaire est un prêt à la consommation destiné à financer des soins et prothèses dentaires onéreux. Son principe est simple : la banque ou l'organisme prêteur avance tout ou partie des frais, que le patient rembourse ensuite de façon échelonnée, avec des intérêts.

Concrètement il s'agit souvent d'un crédit affecté, c'est-à-dire que les fonds peuvent être directement versés au professionnel de santé, sur présentation d'un devis, ou d'un prêt personnel dont l'usage est justifié par le devis dentaire. Le patient ne reçoit pas toujours l'argent directement sur son compte pour un usage libre dans le cas d'un crédit strictement affecté.

Le crédit dentaire entre dans la catégorie des crédits santé, au même titre que le crédit optique ou le crédit auditif. En fonction des établissements, il peut prendre deux formes principales :

  • Un prêt personnel, qui permet d'emprunter une somme définie (jusqu'à 75 000€ généralement) et de la rembourser à un taux fixe sur une durée choisie (souvent de 6 à 84 mois, parfois plus). Le coût total du crédit est connu dès le départ.
  • Un crédit renouvelable (ou réserve d'argent), qui met à disposition une somme d'argent utilisable en une ou plusieurs fois, reconstituée au fur et à mesure des remboursements. Plus souple mais souvent plus cher et plus risqué en termes de gestion.

À noter : contrairement à d'autres pays comme la Suisse, il n'existe pas en France de prêt spécifiquement et uniquement labellisé "crédit dentaire". Les offres disponibles relèvent du crédit à la consommation classique (prêt personnel, crédit renouvelable).

Le crédit dentaire s'adresse aux patients devant financer des soins coûteux et souvent mal remboursés par la Sécurité sociale seule, comme :

  • La pose d'implants dentaires et des prothèses associées (couronnes, bridges)
  • La réalisation de facettes en céramique
  • Un traitement d'orthodontie pour adulte
  • Des soins parodontaux type greffe gingivale ou osseuse

Pour donner un ordre d'idée, un implant avec sa couronne coûte en moyenne 1500 à 2500€, un bridge de 3 éléments (hors 100% Santé) 1400 à 2500€, et un traitement d'orthodontie adulte peut représenter plusieurs milliers d'euros au total (par exemple, entre 3000€ et 7000€ voire plus selon la durée et la technique). Des sommes difficiles à régler en une fois pour la plupart des ménages ! Souscrire un crédit permet alors d'étaler la dépense sur plusieurs mois ou années, en fonction de ses capacités de remboursement.

Comme tout crédit à la consommation, le prêt dentaire présente des risques dont il faut avoir conscience avant de s'engager :

  • Un coût élevé lié aux intérêts (le TAEG), assurances facultatives et frais annexes qui peuvent augmenter significativement le montant total à rembourser par rapport au capital emprunté. Plus la durée de remboursement est longue, plus le crédit coûte cher au final.
  • Un risque de surendettement si l'on cumule plusieurs crédits ou si l'on surestime sa capacité à rembourser. Ne pas pouvoir payer ses échéances expose à des pénalités et à une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP).
  • Un manque de transparence sur les taux réellement pratiqués, parfois présentés de façon avantageuse dans les publicités. Seul le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), qui inclut tous les frais obligatoires, reflète le coût réel du crédit.

Bref, le crédit dentaire n'est pas une solution miracle. Mieux vaut l'envisager en dernier recours, après avoir étudié les autres options disponibles. Le plus sage est encore d'anticiper en souscrivant une bonne mutuelle santé !

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Les aides financières et dispositifs spécifiques

Certains actes dentaires ou chirurgicaux restent peu voire pas du tout pris en charge. C’est le cas par exemple des implants dentaires et de certaines prothèses sur implants.

Vous recevez un patient bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire. Depuis le 1er novembre 2019, la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’aide au paiement de la complémentaire santé (ACS) ont évolué pour devenir la Complémentaire santé solidaire. Plus simple au niveau des démarches à accomplir, elle a aussi été conçue pour offrir une protection renforcée à ses bénéficiaires. Elle reste sans participation financière pour les foyers dont les ressources sont inférieures au plafond de l’ancienne CMU-C.

Comme pour les bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS précédemment, vous devez demander au patient de justifier ses droits avec la présentation de sa carte Vitale à jour. Pour justifier de ses droits à la Complémentaire santé solidaire, votre patient doit vous présenter sa carte Vitale à jour. En pratique, l’utilisation de votre logiciel équipé du dispositif d’« Acquisition des droits intégrés » (ADRi) viendra utilement compléter ces données en vous donnant accès aux informations qui n’ont pas été mises à jour sur la Carte vitale.

En cas de non renouvellement de ses droits à la Complémentaire santé solidaire, votre patient peut toutefois continuer de bénéficier pendant 12 mois de la dispense d'avance de frais sur la partie prise en charge par l'Assurance Maladie, sur présentation d'une attestation de tiers payant.

Dans ce cas, le code 9999999 7 (si la Complémentaire santé solidaire est gérée par une CPAM) ou 8888888 8 (si la Complémentaire santé solidaire est gérée par un autre organisme) s'inscrit sur la FSE.

La Sécurité sociale rembourse l’orthodontie à 100 % pour un traitement commençant avant 16 ans. La prise en charge suppose une demande d’accord préalable auprès de votre caisse d’assurance maladie. Le dentiste ou stomatologiste s’en charge avec vous. Un devis détaillé du professionnel de santé est nécessaire.

Autres alternatives pour financer vos soins dentaires

Il n’est pas toujours facile de financer ses soins. Le patient prendra le temps de se renseigner sur les possibilités de financement d’une part, et des options de traitement d’autre part.

Les patients demandent parfois au dentiste pour leur implant dentaire de payer en plusieurs fois. Le chirurgien dentiste peut demander un acompte à la réservation, puis le paiement du solde en plusieurs tranches, par exemple à chaque étape du traitement.

Les traitements dentaires s’échelonnent habituellement en plusieurs phases espacées dans le temps. Le patient paie ainsi ses soins au fur et à mesure, et reçoit ses remboursements avant d’effectuer les actes suivants.

Faire jouer la concurrence permet parfois de baisser le prix du traitement. Il est également possible d’optimiser sa prise en charge en changeant simplement de praticien, voire de pays.

Pour financer leurs soins dentaires, il franchissent parfois la frontière à la recherche de soin dentaire moins cher.

Le remboursement des soins dentaires par la Sécurité sociale

La Sécurité sociale rembourse une partie de vos soins dentaires. Depuis le 15 octobre 2023, elle applique un taux de 60 % du tarif de base. L’Assurance Maladie fixe le tarif d’une consultation chez un dentiste à 23 € : le remboursement atteint donc 13,80 €. Chez un stomatologiste, le tarif est de 28 €.

Les soins dentaires remboursés regroupent de nombreux types d’actes. Les dentistes conventionnés du secteur 2 appliquent des honoraires libres. Le montant facturé peut dépasser le tarif de base de la Sécurité sociale. Le remboursement reste le même, ce qui augmente votre reste à charge.

Conseils pour optimiser votre remboursement

Optimiser votre remboursement dentaire est à portée de main, et cela commence par une bonne connaissance des dispositifs et des aides disponibles. Vous hésitez à faire soigner vos dents à cause du prix ? Pas de panique, il y a des solutions adaptées à chaque situation financière.

Le premier levier pour maximiser votre remboursement est de bien choisir votre mutuelle dentaire. Certaines mutuelles couvrent bien plus que d'autres en ce qui concerne les prothèses, implants dentaires ou soins orthodontiques. Avant de vous engager, prenez le temps de comparer les offres et de choisir celle qui vous apportera la meilleure prise en charge pour vos besoins spécifiques.

En plus des mutuelles, le dispositif 100% santé dentaire (anciennement appelé "reste à charge zéro") est une autre solution pour accéder à certains soins sans frais supplémentaires. Ce dispositif permet de bénéficier d'une prise en charge complète de la Sécurité sociale et de votre mutuelle pour des soins comme les couronnes, bridges et prothèses amovibles. Renseignez-vous auprès de votre clinique dentaire pour savoir si vous êtes éligible à ces offres, et quels traitements sont couverts à 100%.

Pour les patients à revenus modestes, des aides comme la CMU-C (Couverture Maladie Universelle Complémentaire) ou l’ACS (Aide au paiement d'une Complémentaire Santé) peuvent également intervenir. Ces dispositifs permettent de réduire, voire d'éliminer, le reste à charge sur certains soins dentaires. Nous vous aidons à comprendre si vous êtes éligible à ces aides et vous guidons dans vos démarches pour les obtenir.

Notre objectif est de rendre les soins dentaires accessibles à tous, et nous sommes là pour vous accompagner dans le choix des meilleures options pour votre santé bucco-dentaire et votre portefeuille. Profitez des possibilités offertes par les mutuelles et les dispositifs comme le 100% santé pour retrouver un sourire éclatant sans casser votre budget.

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