Fiscalité des Actions et Imposition des Plus-Values en France

En France, les plus-values réalisées par les particuliers sur la vente de valeurs mobilières sont imposables. Cela concerne les titres vendus directement ou par le biais d’un établissement financier. Si vous avez encaissé des gains suite à la cession d’actions, vous devrez les déclarer à l’Administration fiscale en même temps que les autres revenus de votre foyer, l’année qui suit la vente.

L’investissement en bourse présente des pertes en capital partielles ou totales. Les informations transmises dans cet article ont un caractère purement informatif et ne sauraient être considérées comme un conseil délivré par Fortuneo (juridique, fiscal, investissement ou autre).

Champ d’application de la fiscalité des plus-values boursières

Les cessions de titres concernées sont les suivantes :

  • Cessions d’actions (cotées ou non cotées)
  • Cessions de parts de sociétés
  • Cessions d’obligations
  • Cessions de parts d’OPC (FCP, Sicav)
  • Rachat par une société de ses propres actions

Sont également concernées par le régime d’imposition des plus-values de cession : les répartitions d’actifs des FCPR ainsi que les distributions de plus-values de cession des OPC/FCPR/FCPI/FIP. Elles sont reprises sur l’IFU ou imprimé fiscal unique transmis par votre établissement financier dans le montant des cessions.

Le régime d’imposition des plus-values de cession ne concerne pas les retraits ou rachats sur un PEA effectués avant l’expiration de la cinquième année de fonctionnement du plan : voir notre fiche sur la fiscalité du PEA.

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Impôts : Comment déclarer vos revenus boursiers ? (étape par étape)

Modalités d’imposition des plus-values de cession de titres

L’imposition des plus-values de cession de titres peut se faire selon deux modalités (fiscalité en vigueur, susceptible d’évolution).

Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU)

Par défaut, les gains issus de la vente de vos titres seront soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), au taux de 30 %. En vigueur depuis janvier 2018, le PFU, ou ‘flat tax’, inclut une part d’impôt sur le revenu (12,8 %) et une part de prélèvements sociaux (17,2 %).

Le PFU est calculé sur le montant des plus-values subsistant après l'imputation des moins-values. Les moins-values réalisées au cours d’une année s’imputent prioritairement sur les plus-values de même nature imposables au titre de la même année puis, le cas échéant, sur celles des 10 années suivantes (pas de possibilité de choisir l’année d’imputation des moins-values).

Il n’y a pas d’abattements proportionnels pour durée de détention applicables en cas d’application du PFU.

Barème Progressif de l’Impôt sur le Revenu

Sur option expresse, l’imposition de vos plus-values de cession de titres pourra se faire au barème progressif pour la part d’impôt sur le revenu. Les gains tirés de la vente de vos titres seront alors ajoutés aux autres revenus de votre foyer, et le barème sera appliqué sur le montant global.

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Pour les plus-values réalisées, il est possible d’opter pour l’imposition des plus-values boursières selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu (au lieu de l’application du PFU). Cette option pour le barème est globale : cela signifie qu’elle entraîne l’imposition au barème de tous les revenus, revenus, produits de placement, dividendes et plus-values mobilières entrant dans le champ du PFU. Il n’est donc pas possible de combiner une imposition au PFU pour certains revenus mobiliers et une imposition au barème progressif pour d’autres. L’option est exercée chaque année lors du dépôt de la déclaration de revenus.

En cas d’option, les plus-values de cession de titres acquis avant le 1er janvier 2018 (calculées après l’imputation éventuelle de moins-values) bénéficient d’un abattement pour durée de détention égal à :

  • 50 % du montant des gains nets lorsque les titres ou droits sont détenus depuis au moins 2 ans et moins de 8 ans à la date de la cession.
  • 65 % du montant des gains nets lorsque les titres ou droits sont détenus depuis au moins 8 ans.

En revanche, les plus-values de cession de titres acquis ou souscrits à compter du 1er janvier 2018 ne bénéficient pas des abattements ci-dessus.

En plus de l’impôt sur le revenu, le montant des plus-values (avant abattement éventuel) est soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Une partie de la CSG (6,8 %) est déductible des revenus imposables de l’année de son paiement.

Bon à savoir : Certaines plus-values de cessions bénéficient d’un abattement renforcé, pouvant atteindre 85 %. Plus d’info sur impots.gouv.fr.

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Tableau Récapitulatif des Modalités d'Imposition

Modalité Taux d'imposition Prélèvements sociaux Abattement pour durée de détention
PFU 12.8% 17.2% Non applicable
Barème progressif Variable selon tranche d'imposition 17.2% Applicable (si titres acquis avant 2018)

Cas d’exonération d’impôt

Dans certains cas, les plus-values réalisées suite à la vente de titres peuvent être exonérées d’impôt, notamment, si les titres que vous avez cédés étaient détenus sur un plan d’épargne entreprise (PEE), ou s’ils étaient présents sur votre plan d’épargne en actions (PEA ou PEA-PME) à condition qu’ils soient détenus depuis plus de 5 ans. Cependant, les prélèvements sociaux restent applicables.

Si vous sortez des titres ou des espèces du PEA après le 5ème anniversaire de votre plan, vos gains ne sont pas imposés. En cas de retrait avant le 5ème anniversaire du plan : les gains sont soumis, pour les retraits réalisés à compter du 1er janvier 2019, au PFU au taux de 12,8 % auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux (17,2 %), soit un taux global de 30 %.

Bon à savoir : Vous avez opté pour l’imposition de vos plus-values de cession d’actions au barème, ou vos gains sont exonérés d’impôt ? Les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 17,2 %.

Impôts

PFU ou Barème progressif : quel est le plus avantageux ?

Le PFU est souvent la modalité d’imposition des plus-values sur titres la plus avantageuse pour le contribuable. Toutefois, il existe des situations dans lesquelles il est pertinent d’opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Il serait notamment plus intéressant de choisir le barème progressif si votre taux marginal d’imposition se limite à 11 % ou si vous n’êtes pas imposable, plutôt que de régler d’office 12,8 % d’impôt sur vos plus-values mobilières.

L’imposition de vos plus-values de cession de titres au barème progressif de l’impôt sur le revenu pourra également être intéressante si vous avez vendu des titres que vous possédiez depuis un certain temps. En effet, l’imposition au barème progressif pourra vous permettre de profiter d’un abattement de 50 à 85 % du montant de la plus-value réalisée issue de la vente de titres acquis avant le 1er janvier 2018 (c’est ce que l’on appelle l’abattement pour durée de détention1). Une simulation sur le site des impôts vous aidera à déterminer si l’application du barème progressif de l’impôt sur le revenu est plus favorable pour vous que celle du PFU.

Bon à savoir : L’option pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu est globale. Elle ne concernera pas uniquement vos plus-values de cession de titres, mais l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values sur valeurs mobilières.

Calcul de la plus-value imposable

Lors de la cession d’une action par exemple, la plus-value correspond à la différence positive entre le prix de vente et le prix d’achat du titre. Dans le calcul de vos plus-values imposables, les prix de vente peuvent être diminués des frais que vous avez supportés lors des opérations de cession (frais de courtage, commissions d’intermédiaire, etc.). Ils doivent néanmoins inclure les charges et indemnités éventuellement réglées à votre profit par les acheteurs (par exemple, la prise en charge d’une de vos dettes).

Les prix d’achat, quant à eux, peuvent être augmentés des charges et indemnités que vous avez payées au profit des vendeurs, ainsi que des frais supportés au moment de l’acquisition des titres.

Bon à savoir : Si vous avez enregistré des moins-values sur la vente de certains de vos titres (prix de cession inférieurs aux prix d’achat), vous pourrez les déduire de vos plus-values réalisées sur la cession d’autres titres.

Si vous avez réalisé une mauvaise année boursière, n’hésitez pas à vendre avant le 31 décembre les actions sur lesquelles vous enregistrez des pertes élevées. Vous pourrez ainsi dégager, avant le 31 décembre, une moins-value reportable sur les plus-values de même nature pendant dix ans.

Moins-values

Les moins-values subies au cours d'une année sont imputables exclusivement sur les plus-values de même nature pour leur montant et sur les plus-values de votre choix réalisées au cours de la même année, ou des dix années suivantes.

Vos moins-values ne sont donc pas déductibles de votre revenu global.

Seules les moins-values résultant d'opérations imposables sont imputables sur vos plus-values. Les moins-values constatées lors d'une cession à titre gratuit ne le sont pas.

Si au cours d'une même année, vous réalisez à la fois des plus et des moins-values, vous devez d'abord compenser vos plus-values avec vos moins-values. Si vous disposez de moins-values réalisées au cours des dix années antérieures qui n'ont pas pu être imputées les années précédentes, ces moins-values s'imputent (après imputation des moins-values de l'année) également sur les plus-values de l'année.

Vos plus-values de l'année doivent être réduites de la totalité de vos moins-values disponibles (de l’année et antérieures) dans la limite de ces mêmes plus-values. Vous ne pouvez pas choisir de conserver une partie des moins-values de l’année pour les imputer les années suivantes.

Exemple de calcul des moins-values

En 2024, vous avez vendu des titres "A" qui vous ont permis d'obtenir un gain de 3 000 €, et des titres "B" qui vous ont causé une perte de 4 000 €.

Vous subissez donc une moins-value de 1 000 € (3 000 € - 4 000 €).

La moins-value peut être déduite d'une plus-value de même nature, sous certaines conditions.

Vous ne pouvez pas déduire vos moins-values sur valeurs mobilières de votre revenu global.

Si vous avez subi des moins-values, vous pouvez les déduire des plus-values de même nature réalisées au cours de l'année d'imposition.

Vous devez déduire la totalité des moins-values de l'année, dans la limite des plus-values que vous avez réalisées pour la même année.

Si vous n'avez pas réalisé de plus-value ou s'il vous reste un excédent de moins-value, vous pourrez le déduire des plus-values que vous réaliserez au cours des 10 années suivantes.

Déclaration des plus-values

Pour que l’Administration fiscale puisse procéder à l’imposition de vos plus-values de cession de titres, vous devez les déclarer. La déclaration des gains encaissés sur une année s’effectue l’année suivante, à l’occasion de la déclaration de revenus. Si vous calculez vous-même vos plus-values, il vous faudra remplir le formulaire annexe n° 2074 et reporter le montant total obtenu sur le formulaire n° 2042.

C’est aussi lors du dépôt de votre déclaration de revenus que vous pourrez demander l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, si vous le souhaitez (en cochant la case 2OP). Vous pourrez renouveler ou, au contraire, renoncer à cette option l’année suivante.

Bon à savoir : La banque qui détient vos titres vous transmet généralement un récapitulatif annuel de vos plus et moins-values sur valeurs mobilières. Si l’intégralité de vos gains a été calculée par votre établissement financier, vous n’aurez pas besoin de remplir le formulaire n° 2074. Il vous suffira d’indiquer sur le formulaire n° 2042 le montant précisé sur votre récapitulatif.

Calendrier déclaration d'impôts

Déclarer en 2025 ses plus-values boursières réalisées en 2024

Compte tenu des modalités de calcul des gains nets de cession après abattement pour durée de détention, les établissements teneurs de vos comptes titres ne sont pas en mesure de vous fournir des informations directement reportables sur votre déclaration n° 2042. Dans ce cas, vous recevrez un relevé de cessions et un relevé de plus-values vous permettant de procéder vous-même au calcul de votre plus ou moins-value nette pour l’année N-1.

Il vous appartiendra, sur cette base, de déclarer le détail du calcul de vos plus-values boursières imposables réalisées sur une déclaration complémentaire (imprimé n° 2074) avant de reporter les résultats obtenus sur votre déclaration n° 2042 dans la rubrique « Plus-values de cession de valeurs mobilières, droits sociaux et gains assimilés ». Vous devrez également remplir une déclaration spécifique n° 2074 ABT pour calculer, le cas échéant, votre abattement pour durée de détention.

L’abattement pour durée de détention est à déclarer ligne 3SG de votre déclaration n° 2042. Le gain net avant abattement est à reporter sur la ligne 3VG. En cas de moins-value, celle-ci est à déclarer sur la ligne 3VH.

Vos plus-values boursières 2024 seront soumises aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.

A défaut d’option pour le barème lors de la déclaration des revenus, les plus-values de cession seront soumises au PFU de 12,8 % majoré des prélèvements sociaux de 17,2 %. Dans ce cas les abattements pour durée de détention ne sont pas applicables et il n’y a pas de CSG déductible.

Actions gratuites : régime fiscal du gain d’acquisition

L’avantage consenti par l’entreprise qui attribue gratuitement des actions à ses salariés est appelé « gain d’acquisition ». Il correspond à la valeur des titres le jour de l’attribution définitive (nette, le cas échéant, de la valeur symbolique exigée de l'attributaire).

L’imposition de ce gain intervient ultérieurement lors de la cession des titres (à titre onéreux ou gratuit), en même temps que l’imposition de la plus-value éventuelle de cession, imposée au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 % ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Si l’attribution de ces actions résulte d’une autorisation de l’Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) intervenue à compter du 08/08/2015, vous ne pouvez pleinement en disposer qu’à l’issue d’une période de deux ans minimum, en fonction de la période minimale de conservation prévue par l’AGE.

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