Fiscalité de l'Assurance-Vie après 8 ans en France
L'assurance-vie est un contrat d'épargne et d'assurance signé entre un assuré et un assureur, dont le but est de disposer d'un capital à une date déterminée d'avance et qui constitue l'échéance du contrat. Les versements (appelés « primes ») donnent lieu à des intérêts qui sont capitalisés. Arrivé au terme du contrat, l'assureur reverse à l'assuré soit son capital, soit une rente. Si l'assuré décède avant le terme du contrat, le capital est versé au(x) bénéficiaire(s) désigné par l'assuré.
Si l’assurance-vie remporte l’adhésion des Français, c’est donc parce que ce placement d’épargne polyvalent offre des avantages fiscaux intéressants après 8 ans. Elle permet d’investir son argent sur différents supports (plus ou moins sécurisés ou risqués selon la part d’unités de compte, et les supports choisis) et offre une fiscalité réduite sur les gains en cas de retrait après cette période.
Comprendre la fiscalité de l’assurance vie lors d’un rachat
Les Avantages Fiscaux après 8 ans
Vous avez souscrit à un contrat d’assurance-vie ? Sa fiscalité change après 8 ans de détention : elle devient plus intéressante pour qui souhaite bénéficier d’un taux d’imposition plus faible et d’un abattement fiscal annuel séduisant. À partir de 8 ans de détention, l’assurance-vie présente également des avantages fiscaux non négligeables, grâce à l’application d’un abattement fiscal et d’une imposition plus faible.
Dès que votre contrat d’assurance vie atteint une durée de 8 ans, il bénéficie d’un régime fiscal plus avantageux sur les gains réalisés en cas de retrait. La fiscalité applicable sur les intérêts générés par votre placement devient plus douce, comparativement à celle des 8 premières années du contrat.
Au bout de 8 ans de détention, l’assurance-vie vous permet de profiter d’un abattement annuel sur les plus-values lors d’un retrait. Ainsi, après 8 ans, chaque souscripteur bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 euros sur l'ensemble des gains issus des rachats d’assurance-vie, tous contrats confondus. Tant que les gains retirés restent en dessous de ce seuil, aucun impôt n’est dû sur les plus-values (hors prélèvements sociaux de 17,2%).
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En plus de l’abattement annuel, la fiscalité applicable aux gains baisse passé 8 ans.
Imposition des Gains: PFU et Barème Progressif
Passé 8 ans, les versements effectués avant le 27 septembre 2017 sont soumis aux prélèvements sociaux à hauteur de 17,20%, et au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5% (sur option). A compter du 27 septembre 2017, le prélèvement forfaitaire unique, aussi appelé flat tax, est mis en place. Le PFU désigne le prélèvement forfaitaire unique.
Ce forfait de 12,8% est applicable dans le cas de l’assurance-vie au-delà d’un seuil de versement de 150 000 € (si l’option de l’imposition au barème n’est pas choisie lors de la déclaration des revenus). Il est possible de souscrire au barème progressif de l’imposition sur le revenu au moment de la déclaration des revenus.
Lorsqu’un rachat est effectué, la fiscalité sur les primes versées est calculée en fonction des produits générés par ces primes dans le cadre de l’investissement. Ces produits peuvent être partiellement imposés en fonction de l’option choisie par l’épargnant (PFU ou barème progressif de l’impôt sur le revenu), mais ils bénéficient également d’un abattement fiscal annuel qui peut alléger l’impact de l’imposition.
Tableau Récapitulatif de la Fiscalité
Pour les rachats effectués après 8 ans, l’imposition va dépendre de la date des versements (avant ou après le 27 septembre 2017) et du montant des versements (plus ou moins 150 000 €).
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| Date des versements | Taux d’imposition | Abattement annuel |
|---|---|---|
| Avant le 27 septembre 2017 | 7,5 % | 4 600 € pour une personne seule / 9 200 € pour un couple |
| Après le 27 septembre 2017 | 7,5 % (jusqu’à 150 000 € de versements) / 12,8 % (pour les versements nets supérieurs à 150 000 €) | 4 600 € pour une personne seule / 9 200 € pour un couple |
A cette imposition s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. L’assuré peut choisir entre l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu ou le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou Flat tax).
Rachat Total vs. Rachat Partiel
Voici les modalités d’imposition selon que vous effectuez un rachat partiel (qui permet de récupérer une partie de l’épargne) ou un rachat total (qui permet de récupérer la totalité de l’épargne et donc de clôturer le contrat d’assurance vie).
Rachat Partiel
Pour calculer le montant imposable, on utilise la même formule que pour les rachats partiels avant 8 ans : P = r - (T x r / R) Soit : Produit imposable = Montant du rachat partiel - (Total des primes versées X Montant du rachat partiel / Valeur de rachat à la date du rachat partiel)
Prenons l’exemple d’un contrat souscrit le 1er mars 2007, pour lequel le total des primes versées s’élève à 25 000 € (y compris les frais d’entrée). Le 11 octobre 2017, soit après plus de 10 ans de détention, un retrait partiel de 5 000 € est effectué alors que la valeur totale de rachat du contrat est de 32 000 €.
En appliquant la formule, le produit imposable se calcule ainsi : Produit imposable = 5 000 - (25 000 x 5 000 / 32 000) = 1 094 €.
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Dans ce cas précis, le montant imposable de 1 094 € est largement inférieur aux abattements fiscaux applicables (4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune). En conséquence, ce retrait ne génère aucune imposition.
Rachat Total
Lorsqu’un rachat total est effectué, le produit imposable est la différence entre le capital investi et la valeur de rachat. Par exemple, si vous avez versé au total 110 000 € et que la valeur de votre contrat au moment du retrait est de 165 000 €, ce sont les produits générés, soit 55 000 €, qui seront soumis à l’impôt.
L’abattement fiscal peut permettre de limiter cette imposition sur les revenus générés par votre placement. L’épargnant peut choisir entre une imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu ou le prélèvement forfaitaire unique (PFU), auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux à hauteur de 17,2 %.
Cas d'Exonération d'Impôt
Dans des situations exceptionnelles telles que le licenciement ou l’invalidité de seconde ou troisième catégorie (la mise en retraite anticipée, la cessation d’activité non salariée suite à une liquidation judiciaire), il est possible de récupérer les produits de votre assurance vie sans avoir à payer d’impôt. Cependant, les produits échappent à l’impôt mais pas aux prélèvements sociaux, qui restent dus. Seule l’invalidité permet une exonération des prélèvements sociaux.
Stratégies pour Optimiser la Fiscalité
L’épargnant qui veut limiter sa fiscalité a tout intérêt à ne pas dépasser chaque année la limite des abattements de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. La maîtrise du timing constitue un levier majeur pour réduire l’impact des prélèvements sur les revenus générés. Programmer vos rachats en fin d’année civile donne l’opportunité de profiter d’un double abattement sur deux années consécutives, réduisant ainsi les droits dus.
Une stratégie complémentaire peut consister à répartir les primes sur plusieurs contrats. Cette diversification vous offre davantage de souplesse dans la gestion de vos abattements annuels. La transformation partielle en rente viagère représente également une solution pertinente pour optimiser la fiscalité sur le long terme. Son imposition allégée diminue progressivement avec l’âge du rentier au moment de la conversion.
La Sortie en Rente Viagère
Lorsque l’assuré choisit de récupérer une partie ou la totalité de ses capitaux en rente viagère, celle-ci bénéficie d’un abattement. Seule une fraction est imposable en fonction de l’âge du rentier à la date de son premier versement :
- Moins de 50 ans : 70%
- De 50 à 59 ans : 50%
- De 60 à 69 ans : 40%
- Plus de 69 ans : 30%
Un rentier de 62 ans qui percevrait une rente viagère annuelle de 1 000 € bénéficierait d’un abattement de 60 % et il ne serait imposé que sur une base de 400 euros.
Autres Options de Placement
Une fois les gains retirés de votre contrat d'assurance-vie, vous avez la possibilité de les réinvestir dans des produits défiscalisés pour réduire la charge fiscale tout en profitant d’autres avantages fiscaux. Par exemple :
- Le PEA (plan d'épargne en actions) : destiné à ceux qui souhaitent investir dans des actions européennes, son capital n’est pas garanti et sa rémunération se fait en fonction de la performance des titres possédés.
- Le PER (plan d'épargne retraite) : conçu pour préparer la retraite, son principal atout est la possibilité de déduire les versements de ses revenus imposables, et ainsi potentiellement réduire son imposition. Cependant, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf exceptions (achat d’une résidence principale, accidents de la vie).
- Le Livret A : défiscalisé, plafonné à 22 950 euros, liquide, et au capital garanti, son rendement reste faible en comparaison à d’autres produits d’épargne plus risqués.
- Le livret d’épargne populaire : soumis à condition de revenu, plafonné à 10 000 euros, son taux est plus intéressant que celui du livret A.
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