Frais de service après coupure freelance : fonctionnement et légalité
Le terme de freelance recouvre différents statuts juridiques - micro-entreprise, portage salarial, SASU, EURL… - avec des droits et devoirs différents. Que l’on soit salarié porté, entrepreneur individuel ou dirigeant d’une société unipersonnelle, il n’est pas rare d’avancer des frais pour son activité professionnelle. Pour espérer en obtenir le remboursement, il est nécessaire d’établir une note de frais. Achat de matériel, billets de train, frais de bouche… La note de frais est un document recensant l’ensemble des informations concernant la dépense effectuée, associées à des justificatifs.
Qu’est-ce qu’une note de frais et quelles conditions pour son remboursement ?
On entend par notes de frais les documents prouvant les dépenses que vous avancez dans le cadre de votre activité. En principe, les frais sont pris en compte pour leur montant réel, sur la base des justificatifs. Pour être considérée comme un frais professionnel, la dépense doit remplir trois conditions :
- être justifiable et nécessaire à l’activité économique de l’entreprise ;
- être justifiée par un document officiel (facture) qui doit être conservée pendant 10 ans ;
- ne pas être somptuaire, disproportionnée, notamment vis‑à‑vis du chiffre d’affaires de l’entreprise.
Les dépenses doivent être faites pour les besoins de l’activité et dans l’intérêt de l’entreprise ; les frais engagés doivent se rattacher à une gestion normale de l’entreprise, ce qui signifie qu’ils ne doivent pas être excessifs ou fictifs ; vous devez pouvoir justifier ces dépenses sous peine de redressement fiscal. L’URSSAF et l’administration fiscale veillent au grain et traquent les fraudes !
Quels types de frais peuvent être remboursés ?
Devenir entrepreneur, c’est pouvoir mettre de nombreuses dépenses à la charge de sa société, dès lors qu’elles répondent aux conditions exposées. Généralement, les notes de frais recouvrent :
Frais de restauration et de repas
Seul un montant fixé par la loi est déductible, qui correspond à la différence entre le montant de la note et l’évaluation forfaitaire de l’avantage en nature nourriture. En 2020, le montant déductible par jour est fixé à 14,10 €, l’évaluation forfaitaire à 4,90 € et le plafond à 19 €. Par exemple, si la note est de 35 €, les frais déductibles représentent 19 - 4,90 = 14,10 €. En outre, vous devez indiquer au dos de la note de restaurant le nom de vos invités et les circonstances qui justifient le caractère professionnel du repas.
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Frais de déplacement / transport
Peuvent être portés sur vos notes de frais les frais de déplacements professionnels, billets d’avion, billets de train, frais de péage et voyages d’affaires. Pour calculer les notes de frais kilométriques, il faudra préciser les motifs du déplacement, le nombre de kilomètres effectués, le lieu et la puissance fiscale du véhicule utilisé. La loi prévoit un barème d’indemnités kilométriques selon la puissance fiscale et le type de carburant. Les frais concernant le trajet domicile-travail ne peuvent pas être considérés comme des frais déductibles.
Dépenses d’hébergement
Les dépenses de logement et d’hébergement sont remboursables seulement si vous ne pouvez pas regagner votre domicile après un rendez-vous client, soit parce que votre logement est éloigné de plus de 50 km, soit parce que le trajet dure au moins 1h30.
Frais de fournitures et matériel
Les frais de fournitures (matériel informatique, fournitures de bureau) peuvent être déduits du résultat imposable dès lors qu’ils correspondent à l’activité. Si vos frais de fournitures sont inférieurs à 500 € HT alors ils peuvent également être déduits du résultat imposable.
Frais de formation
À condition que la formation ait une finalité professionnelle et un intérêt économique pour l’entreprise, il est possible de financer une formation avec sa société. Il est également possible de bénéficier d’un crédit d’impôt formation d’au minimum le SMIC horaire multiplié par 40 heures, en demandant que votre nom et le nombre d’heures soient mentionnés sur la facture.
Remboursement : méthodes et distinctions comptables
La gestion des notes de frais obéit à des règles bien spécifiques. En principe, les frais sont pris en compte pour leur montant réel, sur la base des justificatifs. Cependant, vous pouvez vous faire rembourser selon un calcul :
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- Forfaitaire : seules certaines professions libérales sont concernées ;
- Au barème : c’est surtout le cas pour les indemnités kilométriques (barème selon puissance fiscale et distance).
Il convient aussi de différencier frais et débours :
- Les débours sont les sommes engagées au nom et pour le compte du client : la facture est établie au nom du client, c’est donc lui qui récupère la TVA éventuelle et bénéficie des garanties. Ils impliquent un mandat préalable et explicite.
- Les frais correspondent aux dépenses accessoires facturées aux clients (déplacements, restauration, hôtellerie…). Ils restent portés dans la comptabilité du freelance et peuvent affecter le chiffre d’affaires.
Comment choisir entre frais et débours ? Facturer trop de frais peut gonfler artificiellement vos charges et vos produits et, par conséquent, faire baisser la rentabilité affichée. N’hésitez pas à demander une avance sur frais ou débours à vos clients.
Micro‑entreprise : limitations et alternatives
Si vous êtes freelance micro‑entrepreneur, le régime de gestion des notes de frais diffère : vous n’êtes pas autorisé à déduire une quelconque dépense de votre chiffre d’affaires. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire qui prend en compte vos frais professionnels. Les taux d’abattement varient selon la nature de l’activité :
| Type d’activité | Abattement forfaitaire |
|---|---|
| Achat-revente ou fourniture de logement | 71 % du CA |
| Activités relevant des BIC (autres) | 50 % du CA |
| BNC (prestations de services libérales) | 34 % du CA |
Ainsi, peu importe les frais engagés pour l’activité, ils ne seront pas déductibles pour leur valeur réelle. Pour compenser, certains micro‑entrepreneurs surfacturent leurs clients pour inclure les dépenses avancées dans la facture globale, mais cela fait gonfler le chiffre d’affaires et peut faire dépasser des seuils autorisés. Une autre solution consiste à procéder en deux temps : une facture pour la prestation et une autre pour les dépenses engagées - les frais de débours - de façon à ce que seule la facture des prestations soit comptabilisée dans le chiffre d’affaires.
Portage salarial : particularités pour les frais
Si vous êtes freelance en portage salarial, vos frais professionnels s’apparentent à des frais de fonctionnement. Ces derniers doivent rester inférieurs à 30 % du salaire brut, mais sont pris en charge à condition de présenter les justificatifs correspondants. Le prestataire de services auquel le freelance fait appel dressera les factures et relancera les clients à sa place. L’entrepreneur, qui règlera des commissions à la société de portage, pourra profiter de tous les avantages que procure le statut de salarié.
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Quelles dépenses ne sont pas déductibles ?
- Dépenses luxueuses ou manifestement disproportionnées ;
- Tenues portées en dehors du cadre professionnel (costume, tailleur) - seuls les vêtements spécifiques sont autorisés (blouse de médecin, robe d’avocat) ;
- Cadeaux d’affaires dont le montant est disproportionné par rapport au contrat ;
- Amendes administratives (amende de stationnement, etc.).
Gestion des justificatifs : obligations pratiques
C’est simple : conservez toutes les pièces justificatives de vos dépenses ! Elles devront être jointes à vos notes de frais et être le plus détaillées possible. Il vous faut donc garder les tickets de péage, de restaurant, les factures d’hôtels, etc., et indiquer le motif professionnel pour obtenir le remboursement des frais. Vous devez différencier frais personnels et frais professionnels, car une des principales conditions au remboursement réside dans le caractère indispensable de la dépense pour l’activité professionnelle.
Outils pour simplifier la gestion des notes de frais
Pour peu que votre activité implique de nombreux frais professionnels, la gestion des notes de frais peut vite devenir un boulet. Pour en finir avec les tableaux Excel, des solutions existent :
- N2F : logiciel web et mobile de gestion des notes de frais et des indemnités kilométriques - scan intelligent, import et traitement des e‑factures, exports PDF et Excel, etc. ;
- Tiime : application mobile qui dématérialise les justificatifs de note de frais, gratuitement et en illimité ;
- Jenji : solution aidant dans la gestion des frais professionnels et le calcul des indemnités kilométriques ;
- Faire appel à un expert‑comptable ou à un cabinet spécialisé pour externaliser la gestion des notes de frais.
En sortant du restaurant, vous n’avez qu’à scanner votre reçu pour remplir instantanément votre note de frais. De cette façon, plus de risque de perdre un justificatif ou d’oublier une note de frais, le logiciel remplit tout automatiquement.
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Impact des statuts juridiques sur la prise en charge des frais
Les charges du freelance varient dès la création d’entreprise en fonction de la forme juridique choisie, de l’étendue de la couverture souscrite ainsi que des frais professionnels nécessaires au bon fonctionnement de l’activité. En guise de rappel, le terme « freelance » ne désigne pas un statut à proprement parler : c’est une personne exerçant une activité professionnelle de manière indépendante. Que le travailleur indépendant constitue une SAS, une EURL ou une micro‑entreprise, ses charges comptables se composent essentiellement d’impôts et de cotisations sociales.
- Micro‑entreprise : charges sociales prélevées sur le chiffre d’affaires (12,3 % achat-vente, 21,2 % prestations de services commerciales/artisanales, 26,1 % autres prestations de services). Pas de déduction des frais réels (abattement forfaitaire automatique).
- EURL : niveau moyen de cotisations sociales autour de 45 % de la rémunération du gérant associé ;
- SASU : le dirigeant assimilé‑salarié supporte des charges pouvant représenter environ 80‑82 % du revenu en comptant charges salariales et patronales selon le montant ;
- Portage salarial : frais de fonctionnement pris en charge dans la limite de 30 % du salaire brut et sous condition de justificatifs.
Ces chiffres sont des estimations et donnés à titre indicatif. Le choix du statut juridique dépendra de votre situation, de vos frais professionnels prévus et de vos perspectives d’évolution. Il est recommandé de se renseigner ou de consulter un professionnel.
Autres obligations et éléments à prendre en compte
- Cotisation foncière des entreprises (CFE) : due à partir de la deuxième année d’activité, échéance en fin d’année (paiement entre novembre et 15 décembre), exonération possible sous conditions mais non automatique ;
- Contribution à la formation professionnelle (CFP) : prélevée avec les cotisations sociales (0,1 % pour activités commerciales, 0,2 % pour activités libérales, 0,3 % pour artisanales) ;
- TVA : rôle de collecteur pour l’État - pas une charge réelle si récupérable, mais impacte vos tarifs. Franchise en base possible si CA < 37 500 € pour prestations de services ;
- Délai de paiement des clients : si le client est un professionnel, le délai ne peut dépasser 30 jours après exécution ou réception. En cas de retard, relances et mise en demeure sont prévues.
Comment facturer pour intégrer les frais et préserver la trésorerie ?
De nombreux freelances engagent des frais pour le compte de leurs clients. Il est possible de facturer ces sommes en tant que frais ou débours. Pour ne pas affecter la rentabilité, pensez à :
- Demander une avance sur frais ou débours ;
- Convenir par écrit du budget alloué pour les débours et demander le remboursement à la fin de la mission au moyen d’une facture détaillée ;
- Inclure une ligne claire sur vos factures indiquant frais, débours ou remboursements de dépenses avancées.
Conseils pratiques pour le freelance
- Conservez tous les justificatifs pendant 10 ans et documentez le motif professionnel pour chaque dépense.
- Utilisez un outil de gestion de notes de frais pour simplifier la dématérialisation et le calcul des indemnités kilométriques.
- Choisissez votre statut juridique en fonction du volume de frais et d’investissements : la micro‑entreprise est simple mais limite les déductions réelles ; la société (EURL/SASU) offre plus de possibilités de déduction mais implique des obligations comptables plus complexes.
- Si vous ne voulez pas être submergé par les obligations administratives, le portage salarial peut être une alternative intéressante.
- Pensez aux assurances (RC pro, prévoyance, mutuelle) pour sécuriser votre activité : elles ne sont pas obligatoires mais sont vivement conseillées.
- Calculez votre TJM en partant du salaire net que vous souhaitez percevoir, en intégrant charges et frais : pour un indépendant, il faut compter en moyenne entre 25 % et 40 % de charges obligatoires selon la forme juridique.
Gérer correctement ses frais professionnels est essentiel pour la pérennité de l’activité freelance : savoir ce qui est remboursable, conserver des justificatifs solides, choisir le bon régime fiscal et utiliser des outils adaptés permet de sécuriser ses revenus et d’éviter les mauvaises surprises en cas de contrôle.
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