Génération Libre : Exploration des Financements Alternatifs
La question d'un revenu de base (ou d'existence, ou encore universel) est au cœur du débat public. L'idée est formulée pour la première fois au XVIe siècle par l'humaniste Thomas More, qui imagine une société utopique où chaque individu serait assuré de pouvoir subvenir à ses besoins, indépendamment de son travail.
En France, plus de 80 personnalités politiques et civiles ont signé, le 4 mai, un appel à la mise en place d'un "socle citoyen". La Corse souhaite de son côté l'expérimenter sur son territoire. Mais si l'idée d'un transfert financier universel semble facile à mettre en place, "le sujet n'a que l'apparence de la simplicité" , rappelle l'économiste Marc de Basquiat.
Revenu de base, utopie réaliste ?
I. Revenu de Base : Une Idée Ancienne Remise au Goût du Jour
En cet automne, la question d’un revenu de base est au cœur du débat public. L’ex-ministre Benoît Hamon en a fait la mesure phare de sa candidature à la primaire socialiste, tandis qu’en face, Nathalie Kosciusko-Morizet l’a choisi elle aussi comme marqueur dans la primaire de la droite. Les sénateurs de droite Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI) et de gauche Daniel Percheron (socialiste) viennent de présenter ensemble un rapport sur le sujet.
Plus concrètement encore, le département de la Gironde veut l’expérimenter en 2018, tandis que le Premier ministre Manuel Valls s’est lui aussi emparé de l’idée en septembre dernier, suite à un rapport remis par Christophe Sirugue au printemps. Et on ne compte plus les débats et les écrits sur ce sujet tant dans la sphère citoyenne que chez les universitaires, comme par exemple la journée de travail que l’OFCE y a consacré le 13 octobre dernier.
Mais de quoi s’agit-il au juste? Pour la plupart de ceux qui le défendent, il s’agit d’un revenu qui doit être universel, individuel et inconditionnel. Universel, c’est-à-dire versé à tous, sans distinctions. Individuel, car il ne doit pas tenir compte de la situation de famille des personnes, contrairement à la plupart des minima sociaux actuels. Et inconditionnel, parce que l’Etat ne doit rien exiger en contrepartie de son versement.
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L’idée est ancienne. On en situe généralement l’origine chez Thomas More, l’inventeur de l’utopie au XVIe siècle. Elle est reprise ensuite par le grand révolutionnaire franco-américain Thomas Paine au XVIIIe siècle ou encore, plus près de nous, par des gens aussi divers que le philosophe John Rawls, le pasteur Martin Luther King ou l’économiste ultralibéral Milton Friedman.
Ce qui donne autant d’attrait aujourd’hui à cette idée, c’est évidemment la profondeur de la crise que traversent nos économies depuis plus de quarante ans maintenant. Mais comme souvent avec les idées qui soulèvent un enthousiasme quasi unanime, il faut y regarder de plus près...
Thomas More, figure historique associée à l'idée du revenu universel.
A. Les Origines et les Promoteurs du Revenu Universel
L'idée d'un revenu d'existence - est ancienne. La mission l'un de ses principaux promoteurs actuels, M. et auteur avec M. publié en 1516. Ainsi, Martin Luther King Jr. notamment par les travaux sur la question de M. généralisé pour les plus démunis. Lors de son audition par la mission, M. « socialistes utopiques ». États-Unis. inspiré la proposition formulée par M. crédit d'impôt.
Génération libre, animé par M. universel. contributives et l'impôt sur les sociétés. bourses de l'enseignement supérieur. d'exonération seraient aussi remises en question. écologique du capitalisme productiviste. ». économiques, la consommation et l'emploi. à l'agenda de la Commission européenne. ».
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B. Expérimentations Internationales du Revenu de Base
Plusieurs expérimentations ont été mises en place au cours de la dernière décennie. En 2017, 2 000 demandeurs d'emplois finlandais tirés au sort ont ainsi reçu une allocation mensuelle inconditionnelle de 560 € pendant dix-huit mois. Les conclusions de cette expérience ont été saluées : les bénéficiaires se sont montrés plus heureux, en meilleure santé, et plus enclins à prendre des risques (monter une entreprise, changer de secteur professionnel…). D'autres expérimentations ont été menées à Utrecht aux Pays-Bas, à Berlin en Allemagne, ou en Italie, où le Mouvement 5 étoiles au pouvoir depuis 2018 a instauré un "revenu de citoyenneté".
En Namibie, une étude a été menée auprès de 1 200 habitants d'un village : Otjivero. Les données statistiques collectées ont montré un développement des créations d'entreprises individuelles. En Alaska, les citoyens reçoivent un dividende provenant des revenus pétrolifères de Prudhoe Bay. La gestion du dividende représente des milliards de dollars.
II. Les Arguments en Faveur du Revenu Universel
Les raisons qui motivent le débat autour de l'instauration d'un revenu universel sont diverses. L'un des arguments principaux est la capacité pour l'individu de définir ses propres besoins et de faire ses propres choix. Lors de son audition par la mission, M. permettrait ainsi de démanteler l'État-providence. inconditionnel. travail dans nos vies.
Le pari que nous faisons est qu’il permettra le retour de la France à un taux d’emploi analogue à celui qu’on observe dans des pays proches, sans fragiliser notre système social. Il invitera à inventer de nouveaux chemins pour l’inclusion sociale de chacun, quelles que soient ses difficultés.
A. Les Avantages Sociaux et Économiques
Un revenu universel exercerait aussi une pression positive sur la qualité des emplois proposés : puisqu’il dispose d’un revenu de base inconditionnel, un individu n’est plus contraint d’accepter n’importe quel boulot mal payé avec des conditions de travail dégradantes. Cela oblige donc un pays à se positionner dans la division internationale du travail autrement que dans le low cost.
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Il est également remarquable que le remplacement d’un nombre important de dispositifs redistributifs partiels et compliqués actuels par cette simple combinaison Liber + Libertaxe aboutisse à un système globalement plus redistributif, qui parvient à renforcer aussi bien la liberté que l’égalité entre les citoyens. Cet article contribue à l’expliquer.
B. Les Défis de la Mise en Place
La mise en place d'un revenu de base ne concerne pas seulement les dépenses, rappelle l'économiste : "un projet de revenu universel est d'abord une réforme de l'impôt sur le revenu" , et donc des recettes. Pour les Etats du sud de l'Europe, dont les finances publiques sont alourdies par la dette, l'instauration de nouveaux minimas sociaux risquerait de creuser des déficits déjà élevés. Pour les pays d'Europe du Nord, disposant de plus de marge de manœuvre, la récession attendue et l'impératif sanitaire poussent les gouvernements à défendre des politiques de rigueur budgétaire.
Les sources de financement de ce revenu peuvent être diverses. L'une d'entre elles est le revenu des personnes physiques. La constitutionnalité de ces mesures est souvent remise en question. Différentes monnaies locales pourraient être utilisées. Le dividende universel est une autre option.
III. Les Critiques et les Limites du Revenu Universel
Beaucoup de ceux qui défendent le revenu universel le font au nom de l’idée que le plein-emploi serait devenu un objectif inatteignable. Ils considèrent notamment que les technologies numériques vont aggraver encore le chômage à l’avenir. Le revenu universel serait donc un moyen de s’adapter à une situation durable, où seule une fraction de la population en âge de travailler produirait des richesses et occuperait un emploi rémunéré.
A. Les Inconvénients Potentiels
La campagne pour les élections présidentielles françaises, qui s’est achevée en mai 2017 aura permis un débat fertile sur le revenu universel, porté au sein de chacune des primaires (celle de la droite et du centre, celle des écologistes et celle du parti socialistes et de ses alliés), puis par Benoît Hamon lors de la suite de la campagne. Les ambiguïtés et inconstances qui ont caractérisé la définition du projet de ce dernier, perpétuellement en recherche de ses contours et de ses modalités de financement, n’ont pas favorisé la pédagogie d’un dispositif complexe.
Avec des limites évidentes dans le contexte actuel : si cette pression amène trop d’emplois à disparaître pour se localiser ailleurs, il n’y aura plus suffisamment de richesses à répartir pour se payer le luxe d’un revenu universel.
B. Les Défis Financiers et Structurels
Un revenu universel à 500 euros par mois (le RSA est actuellement de 535 euros mensuels pour une personne seule sans enfant) représenterait en France 400 milliards d’euros par an, soit 18 % du produit intérieur brut (PIB). Si on veut placer la barre à 1 000 euros, on double la mise et il faudrait mobiliser pour cela 36 % du PIB.
Quid en effet des 28 millions de Français qui occupent un emploi rémunéré et reçoivent très peu de prestations sociales? Il n’y a guère que deux possibilités. La première consiste en une réduction drastique des autres dépenses publiques. La seconde consiste à accroître fortement les prélèvements et donc, si on ne veut pas alourdir le coût du travail, à réduire d’autant les salaires nets. Autrement dit, l’Etat verserait désormais une bonne partie des salaires à la place des entreprises.
Tableau récapitulatif des principaux arguments pour et contre le revenu universel :
| Arguments pour | Arguments contre |
|---|---|
| Simplification administrative | Coût élevé pour les finances publiques |
| Pression positive sur la qualité des emplois | Risque de désincitation au travail |
| Réduction de la stigmatisation des bénéficiaires | Complexité de la mise en place |
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