Georges Sarl Elbeuf : Un Aperçu Historique
L'histoire de Saint-Aubin-lès-Elbeuf et son développement sont intimement liés à son passé industriel, notamment l'industrie textile.
Ce document a été élaboré à partir de sources provenant du Ministère de la Culture, de la Société d'Histoire d'Elbeuf, et des témoignages de Saint-Aubinois, retraçant l'évolution des industries sur le territoire communal.
Vue générale d'Elbeuf et Saint-Aubin en 1906
L'Usine à Papier à Cigarette Zig Zag
Cette usine fut construite rue de Verdun en 1912-13 pour y fabriquer le papier à cigarette de la marque Zig Zag. Occupée durant la guerre, l'usine entre en activité en 1919 et ferme brutalement en 1922. Il reste peu de traces de son passage à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Les plus anciens Saint-Aubinois se souviennent tout de même de sa cheminée, "la plus haute de toute l'agglomération elbeuvienne" qui fut détruite en 1940 par les Allemands.
En 1922, l'usine à papier à cigarette disposait de 8 chaudières Piedboeuf, d'un turboalternateur de 200 kw et d' une cheminée de 60 mètres. Elle compte alors 196 employés, dont 127 femmes.
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La Soie : Filature de Soie Artificielle
Communément appelée "La soie", cette entreprise était spécialisée dans la filature de la soie artificielle et dirigée par MM. Strohl, Schwartz et Cie. Son existence fut éphémère. De l'époque où elle fonctionnait, il reste un ponton donnant sur la Seine, appelé "Ponton de la soie". Il est dit dit que "c'est par-là que les marchandises arrivaient et repartaient".
Rhône-Poulenc Biochimie (Aventis Pharma puis BASF)
En 1946, dans le cadre de la politique de décentralisation industrielle, Rhône-Poulenc rachète l'intégralité du site désaffecté pour y développer son secteur phytosanitaire qui produit notamment des désinfectants de semences, et des inhibiteurs de germination. En 1951, un atelier de fabrication d'intermédiaires pharmaceutiques est créé, puis en 1952 un atelier de fermentation et d'extraction de streptomycine (antibiotique).
En 1959, l'usine est dotée d'une chaufferie, d'une station d'épuration, de vestiaires et d'une cantine. En 1960, une unité de produits pour caoutchouc est mise en place, suivie en 1962, du contrôle analytique. En 1966, commence la production de vitamine B12 qui représente 20% de l' activité du site. Dans les années 1970, l'usine se lance dans la production de pénicilline, puis de l'iprodione.
En 1985, l'usine est modernisée pour répondre aux normes Seveso, c'est alors le premier producteur mondial de vitamine B12. En 1992, son chiffre d' affaires atteint 705 millions de francs, 76% de la production sont exportés.
A partir de 1963, le secteur biochimie de l'établissement est équipé du plus gros fermentateur français d'une capacité de 147m3. BASF est le troisième producteur mondial de produits pour la protection des plantes avec un chiffre d'affaires de 3,2 milliards d'euros en 2003 dans ce domaine.
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La société Rhône-Poulenc Biochimie (RPB), filiale d'Aventis Pharma, est restée exploitante du site de Saint-Aubin-lès-Elbeuf après l'absorption par Bayer CropScience des activités protection de cultures d'Aventis en 2002. A la suite de l'acquisition mondiale de ces substances actives par BASF, une séparation du site par type d'activité a été convenue entre RPB et BASF. Après plusieurs mois de travail et en date du 14 février 2004, le projet de séparation est arrivé à son terme : la totalité des actifs de la partie Agrochimie relèveront de la responsabilité de BASF.
Imprimerie Allain Frères (Sofiac Normandie, ImprimaLog)
Fondée en 1881 à Elbeuf, les ateliers et les magasins sont totalement détruits par les Allemands en 1940. Un terrain de compensation leur est alors alloué par l'Association syndicale de remembrement d'Elbeuf.
La Société ALLAIN Frères exploite une entreprise d'imprimerie (avec machines à composer et clicherie), de papeterie et de transformation de papier (sacs, sachets, enveloppes, boites et cartonnages). Elle utilise à cet effet des papiers et cartons comme matière première. Elle emploie des encres à base de vernis, d'huile de lin ou d'aniline, qui lui sont fournies prêtes à l'utilisation.
L'entreprise Allain fusionne en 1972 avec Sofiac dont le siège était à Paris. La reprise de cette société en 1996, par le groupe Berger-Levrault d'origine nancéenne a entraîné, la même année, la création de Sofiac Normandie. Au 1er janvier 2002, la société prend le nom d'ImprimaLog. Cet imprimeur-logisticien, spécialisé dans la gestion globale des imprimés, employait une soixantaine de personnes.
La société déménage en 2014 au Grand Bourghteroulde.
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La Normandie industrielle, histoire de se balader
Tissage Wasson
Cette entreprise fabriquait des tissus de grande qualité. L'usine comprenait deux cheminées. D'après les témoignages, "dans le fond de sa cour, l'entreprise Wasson avait accueilli pendant la guerre de 1914-1918 les établissements Prouvost, du Nord de la France, qui avaient été contraints à l'exil à la suite de la destruction de leurs bâtiments.
Le Peignage (Tissage d'Elbeuf Saint-Aubin SARL, Victor Wasson)
Cette filature de laine fut construite dans les années 1880 pour la société anonyme le Peignage (siège social à Roubaix). Vers 1920, un bâtiment mixte à usage de bureau et d'atelier de fabrication est adjoint au site initial.
En 1936, l'usine, rachetée par le Tissage d'Elbeuf Saint-Aubin SARL, est reconvertie en tissage de laine. En 1943, le tissage est reprise par la SARL Victor Wasson jusqu'à sa fermeture dans les années 1960. L'usine fut morcelée en de nombreuses parcelles. Le site est aujourd'hui occupé par le parc d'activité Wasson, comprenant des activités industrielles et commerciales diverses.
Filature de Laine Saus et Cie - le Carbonisage Elbeuvien s. a.
En 1921, la société anonyme le Carbonisage Elbeuvien rachète la filature Saus et Cie construite à la fin du 19ème siècle, installée à l'angle des rues de Verdun et du Maréchal Leclerc. En 1922, elle fait construire un atelier de lavage et de carbonisage de la laine. Le Carbonisage Elbeuvien traitait la laine pure de mouton.
L'entreprise, qui employait essentiellement du personnel féminin, a fermé ses portes dans les années 1950. La cheminée fut détruite le 11 février 2002 dans le cadre de l'aménagement de l'Espace des Foudriots.
Usine Le Carde Elbeuvien
L'usine Le Carde Elbeuvien a été ouverte en 1925. L'usine filait de la laine cardée. L'entreprise a fermé en mars-avril 1961, victime de la crise du textile.
Usine Henri Lecerf (Sofesa, FRB Connectron)
C'est dans les années 1880 qu'est édifiée pour Henri Lecerf cette usine de nouveautés. En 1920, son fils, Maurice Lecerf lui succède. En 1921, il fait construire un atelier en shed à usage de filature. En 1930, Henri Lecerf, petit-fils du fondateur, prend la tête de la société qui devient cinq ans plus tard la société en nom collectif Lecerf et Cie.
Après le dépôt de bilan à la fin des années 1950, l'usine est reconvertie en câblerie (connecteurs électriques pour les industries aéronautiques et ferroviaires) par la société anonyme Sofesa (FRB Connectron) créée en 1961. Un atelier de fabrication est édifié en 1970.
Filature Georges Canthelou (Raymond Fouard, Consortium Français des meubles Sufren)
Cette filature de laine cardée fut construite à la fin du 19e siècle par Georges Canthelou. En 1920, un nouveau bâtiment à usage d'atelier de fabrication et bureaux avec salle des machines et chaufferie attenante est édifié.
En 1976, les bâtiments construits le long de la rue du Quesnot sont rachetés par le Consortium Français des meubles Sufren et transformés en usine d'ébénisterie. Le reste de l'usine est désaffecté. En 1987, après la fermeture de l'usine d'ébénisterie, la municipalité fait l'acquisition de la totalité de l'usine avec pour objectif la réhabilitation des lieux pour établir un centre d'activités : le Centre d'Activité du Quesnot.
Tramway d'Elbeuf
Dès 1872 naît le projet d'un vaste réseau de communication suburbain à vapeur. Le dépôt de tramway d' Elbeuf fut construit (rue Nivert et Saint-Louis) en 1898, année de la mise en circulation des premières motrices électriques qui allaient circuler sur les quatre lignes, soit plus de 9 km, constituant le réseau de tramway d'Elbeuf.
En 1894, la Compagnie Générale de Traction suggère à la municipalité d' Elbeuf la mise en place d' un réseau de tramway électrique. Le projet réalisé en 1895, est soumis à l' enquête d' utilité publique le 25 février 1896. Il prévoit la construction de quatre lignes divergeant toutes de la place du Calvaire à Elbeuf, soit un réseau de 9280 m de voie.
Le 9 février 1898, les premières motrices circulent sur le réseau. L' inauguration officielle du tramway à lieu le 26 mai 1898, est invité pour l' occasion M. Dupuis-Dutemps, ministre des Travaux publics. La déclaration d' intérêt public intervient finalement le 28 octobre 1898.
Malgré ce début prometteur, le tramway connaît rapidement une situation financière déficitaire, due à une mauvaise exploitation, retards, déraillements et accidents multiples souvent mortels. De déboires en déficit, l'activité des tramways cesse en janvier 1926. Les employés et le matériel sont abandonnés.
Attenante au dépôt de tramway, cette centrale est construite en 1898 pour alimenter les motrices du réseau. Après sa fermeture en juin 1913, le réseau de tramway est alimenté par l'usine électrique de Grand-Quevilly.
Reliure DENAPE
En 1928, les frères Alfred et Robert-Marcel DENAPE fondent la SARL DENAPE, une entreprise modeste d'une dizaine d'ouvrier à Caudebec-lès-Elbeuf. Spécialisée dans la reliure de livres et le "drap copié" (système précurseur de la photocopie), la société prospère et vient s'établir à Saint-Aubin, rue Saint Louis dans les anciens locaux de la compagnie de tramways, en 1933.
Les Magasins de Meubles Bleustein
Abraham Bleustein, père de cinq filles et de deux fils, Georges et Marcel, exploite des commerces d'ameublement prospères à Paris. Ses fils s'impliquent dans l'entreprise familiale, mais Marcel est finalement attiré par la publicité et fonde Publicis en 1927.
Les Établissements Lévitan
Wolf Lévitan, après avoir acheté une affaire en 1913, développe un négoce de meubles prospère. Il met en place des techniques commerciales innovantes, inspirées des grands magasins parisiens, comme la vente à crédit et une intense campagne de publicité.
Ces différentes entreprises témoignent de la richesse et de la diversité du passé industriel de Saint-Aubin-lès-Elbeuf.
