Biographie et activités de Géraldine Poivert EURL

Géraldine Poivert occupe depuis le 1er juin le poste de directrice générale d’ecosystem, un éco-organisme spécialisé dans la gestion des équipements électriques et électroniques (EEE) ainsi que des batteries. Ce changement de gouvernance a été annoncé par le conseil d’administration d’ecosystem, témoignant de la confiance portée à son expertise. La présidente de l’organisation, Sonia Artinian-Fredou, souligne que « l’expérience robuste de Géraldine dans l’industrie circulaire constitue un atout majeur pour ecosystem ».

Ambassadrice France 2030 et administratrice de l’Institut national de l’économie circulaire (INEC), Géraldine Poivert a dédié sa carrière à la transition environnementale et à l’évolution des systèmes industriels. Ses débuts professionnels remontent au début des années 2000, après un DEA en sciences politiques. Au sortir d’un mémoire approfondi sur la construction sociale de la différence des sexes, elle se retrouve rapidement immergée dans le secteur de la grande distribution, à une époque où ce secteur était bien plus puissant qu’aujourd’hui.

Engagement dans la transition environnementale et l’économie circulaire

En France, au début des années 2000, les premières réglementations environnementales font leur apparition. Géraldine Poivert, pragmatique dans son engagement, participe à plusieurs initiatives majeures : suppression des sacs jetables, création du premier label d’agriculture raisonnée, réalisation des premiers bilans carbone des marques. Elle souligne souvent que « la transition environnementale est économique. Elle doit se planifier, passer par des usines, des nouveaux programmes ».

En 2007, Géraldine Poivert prend la direction générale d’Ecofolio, un éco-organisme dédié à la gestion des papiers et emballages ménagers, qui fusionnera plus tard avec Eco-Emballages pour devenir Citeo. Elle confie avoir « été séduite par le modèle des éco-organismes », un secteur qu’elle décrit comme étant en crise de maturité. Elle explique que « demander à l’acteur en charge de concevoir le produit de concevoir aussi sa fin de vie, c’est un joli modèle économique ».

Le papier étant un matériau nativement circulaire, ses années au sein des usines papetières lui ont permis de comprendre que « la transition environnementale est un véritable sport d’équipe » et que « l’économie circulaire peut répondre à une partie de nos enjeux de compétitivité ». Selon elle, la France ne possède pas de pétrole, mais a en revanche des idées, faisant de la circularité un vrai « Eldorado » économique et environnemental.

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Les enjeux actuels du recyclage en France

La transition vers une économie circulaire reste toutefois freinée par un manque d’investissements et des difficultés à ouvrir de nouvelles usines. Géraldine Poivert déplore que, de manière générale, la circularité « n’a plus le vent en poupe » dans l’Hexagone. Par exemple, seulement 6 à 7 % des pièces détachées utilisées dans la réparation automobile proviennent de l’économie circulaire, alors que cette démarche est à la fois favorable à l’environnement et à la compétitivité économique.

Elle pointe également une perte de savoir-faire artisanal et un déficit de réparateurs, soulignant que « le marketing, véritable machine à créer de la désirabilité, doit désormais rendre la réparation désirable. Nous n’avons pas encore trouvé le ressort qui va faire que le geste n’est pas forcé, mais un réflexe auquel on ne pense plus ».

Son cabinet (RE)SET, fondé en 2020 en pleine crise sanitaire, accompagne les entreprises dans leur transition économique et environnementale. Il propose des diagnostics globaux pour enclencher de véritables trajectoires de transformation. Par ailleurs, (RE)SET soutient l’entreprise américaine Circ dans la création d’une usine de recyclage textile en Moselle, dont la mise en service est prévue pour 2028.

Un engagement étendu à plusieurs secteurs

Le secteur du textile est particulièrement symbolique : il est à la croisée de multiples problématiques. Le vêtement, marqueur social ancestral, incite à repenser le marketing et à revisiter une industrie oubliée, tout en incarnant les paradoxes de la transition environnementale. Géraldine Poivert cite souvent Apollinaire en disant : « Comme Apollinaire, mon métier est de rallumer les étoiles ».

En plus de ses responsabilités chez ecosystem, Géraldine Poivert agit en tant qu’ambassadrice France 2030. Elle alerte sur la « guerre des ressources » et insiste sur la nécessité d’investir efficacement dans la recherche, le développement et la mise en marché des innovations environnementales.

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Vision stratégique et plaidoyer pour une relance verte

Face aux défis climatiques et économiques, elle met en avant un triptyque essentiel à la réussite des transitions : investir, opérationnaliser et protéger les marchés. Géraldine Poivert appelle à un engagement courageux des décideurs politiques, estimant que « de véritables politiques de l’eau et d’aménagement du territoire ne pourront voir le jour sans la création de politiques publiques déclinées par le privé ».

Elle exprime également ses préoccupations face aux politiques internationales, notamment l’attitude des États-Unis, « qui répondent au problème environnemental par la voracité ». Pour elle, l’Europe n’a d’autre voie que d’entrer pleinement dans sa décennie du Green Deal afin de défendre ses intérêts et son modèle de développement durable.

Fidèle à un message pragmatique, Géraldine Poivert souligne l’importance de responsabiliser les entreprises via la responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Elle affirme que si les entreprises doivent faire du business, elles doivent aussi « prendre leur part » dans la transition. Elle regrette un manque de planification et d’investissement dans les politiques environnementales : « De la même manière qu’on ne pose pas un avion sans roues, on ne peut décréter le développement des énergies renouvelables sans un plan d’investissement global ».

Géraldine Poivert : "L'économie circulaire va réconcilier Keynes et Schumpeter"

Son parcours est ainsi marqué par une détermination à faire progresser l’économie circulaire, à instaurer des modèles économiques innovants et à promouvoir une transition environnementale alignée avec les réalités industrielles et sociales contemporaines.

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