Exonération de l'Impôt sur la Plus-Value de la Résidence Principale : Conditions et Explications
Lorsque vous vendez un bien immobilier dont vous êtes propriétaire, il est essentiel de comprendre les implications fiscales, notamment en ce qui concerne la plus-value. La plus-value immobilière est un bénéfice que vous réalisez à l'occasion de la revente de votre résidence principale.
Cet article détaille les conditions d'exonération de l'impôt sur la plus-value lors de la vente de votre résidence principale en France. Il aborde les critères d'éligibilité, les cas spécifiques et les démarches à suivre pour bénéficier de cet avantage fiscal.
Qu'est-ce que la Plus-Value Immobilière ?
Lorsque vous vendez un bien immobilier dont vous êtes propriétaire, vous devez calculer la différence entre les prix suivants :
- Prix de vente du bien
- Prix d'acquisition du bien
Si le résultat de ce calcul est positif (vous vendez plus cher que vous n'avez acheté), vous réalisez un gain appelé plus-value. Si le résultat est négatif, vous réalisez une perte appelée moins-value.
Exemple :
Lire aussi: Tout savoir sur le crédit d'impôt emploi à domicile
Vous avez acheté un logement au prix de 100 000 €. Si vous le revendez au prix de 120 000 €, vous réalisez une plus-value de 20 000 € (120 000 € - 100 000 €). Si vous revendez le logement au prix de 90 000 €, vous réalisez une moins-value de 10 000 € (90 0000 € - 100 000 €).
Les plus-values immobilières sont soumises aux taxations suivantes :
- Impôt sur le revenu
- Prélèvements sociaux
Vous êtes soumis à l'impôt sur le revenu pour les plus-values immobilières réalisées dans le cadre de la gestion de votre patrimoine immobilier privé.
Vous êtes concerné dans les cas suivants :
- Vente d'un bien immobilier (appartement, maison, terrain, forêt, terre agricole)
- Vente des droits attachés à un bien immobilier (servitudes, usufruit, nue-propriété par exemple)
- Vente de bien ou droits par l'intermédiaire d'une société civile immobilière (non soumise à l'impôt sur les sociétés) ou d'un fonds de placement dans l'immobilier (FPI)
- Échange de biens, partage ou apport en société
Vous êtes concerné par l'imposition de la plus-value que votre résidence fiscale soit située en France ou à l'étranger.
Lire aussi: Non-Résidents : Comprendre les Impôts Portugais
L'imposition est établie en totalité pour l'année au cours de laquelle la vente est intervenue, quelles que soient les modalités de paiement de la vente. C'est le cas si vous optez pour une vente en viager, avec versement d'une rente viagère et d'un éventuel bouquet.
Exonération Totale pour la Résidence Principale
Vous êtes totalement exonéré si vous réalisez une plus-value sur la vente de votre résidence principale et de ses dépendances (cave, garage, place de stationnement, cour, etc.). Le logement doit être votre résidence principale au moment de la vente.
Il s'agit de votre habitation habituelle et effective, c'est-à-dire celle que vous occupez la majeure partie de l'année. C'est votre résidence fiscale de référence, là où vous recevez votre courrier et que vous occupez, normalement, plus de 8 mois par an.
En cas de séparation ou de divorce, il suffit que l'un des ex-conjoints (mariés, pacsés ou concubins) ait occupé le logement jusqu'à sa mise en vente.
La plus-value réalisée lors de la vente d'une résidence principale (appartement ou maison) est entièrement exonérée d'impôt. Cette exonération est totale et s'applique systématiquement, peu importe le nombre d’années de détention ou le montant de la plus-value réalisée. Elle concerne aussi bien la résidence principale que ses dépendances immédiates.
Lire aussi: Binance et Fiscalité Française
Les principales exonérations d'impôt sur les plus-values immobilières sont liées aux éléments suivants :
- Caractéristiques du bien cédé
- Situation du vendeur
- Situation de l'acquéreur
La plupart des exonérations sont accordées sous conditions.
Aussi, lorsque l'on détient un seul lieu d'habitation, il est assez simple de savoir qu'il s'agit du logement principal. Lorsque l'on a un logement habituel et une résidence secondaire que l'on utilise ponctuellement pour la villégiature, là aussi, c'est assez simple de faire la distinction.
En revanche, lorsque l'on est dans une situation un peu particulière, comme cela arrive souvent de nos jours, par exemple travailler loin ou être à la retraite et partager son temps entre deux résidences, l'appréciation de la notion de résidence principale devient un peu plus complexe.
Il est cependant important de bien faire la distinction, car comme on dit, nul n'est censé ignorer la loi, en cas de fausse déclaration et de contrôle fiscal, vous pourriez vous voir opposer certaines pénalités.
Donc votre résidence principale est le logement dans lequel vous passez la majorité de votre temps. Si vous partagez équitablement ce temps, sera considérée comme résidence principale celle où vous avez des centres d'intérêt professionnels, matériels et familiaux. Par exemple, l'habitation où réside votre famille (même si vous vivez une bonne partie de la semaine ailleurs pour des raisons professionnelles), l'école de vos enfants, etc.
Vous pouvez être amené à faire l'objet d'un contrôle du fisc. Dans ce cas, certains documents peuvent vous aider à justifier de votre résidence effective, tels que :
- Des documents bancaires ou d'assurance mentionnant votre adresse habituelle ;
- Des factures EDF ou de téléphone ;
- La taxe d'habitation ou taxe foncière ;
- Des attestations (notaire, voisins, etc.).
Conditions d’occupation de la résidence principale
Pour en bénéficier, il faut avoir occupé la résidence principale jusqu’au jour de sa mise en vente.
Si le vendeur n’occupe plus sa résidence principale au moment de la mise en vente, il doit l’avoir habitée au maximum un an auparavant. Cela peut arriver si le vendeur a déménagé avant de mettre en vente sa résidence principale, notamment.
Mais, pour profiter de l’exonération de la plus-value sur sa résidence principale, il ne doit pas y avoir logé ses proches de manière gratuite.
Exonérations Liées au Bien Cédé
Vous êtes aussi exonéré en cas de vente d'un logement autre que la résidence principale si vous respectez les 2 conditions suivantes :
- Vous utilisez le prix de la vente pour acheter ou construire votre habitation principale dans un délai de 2 ans
- Vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale dans les 4 années précédant la vente
Dans tous les cas, vous êtes exonéré d'impôt sur la plus-value immobilière pour tout bien détenu depuis plus de 22 ans. À noter : La plus-value réalisée lors de la vente d'un bien détenu depuis plus de 30 ans est aussi exonérée de prélèvements sociaux.
Vous êtes également exonéré dans les cas suivants :
- Bien dont le prix de vente ne dépasse pas 15 000 €
- Vente d'un droit de surélévation jusqu'au 31 décembre 2026
- Bien échangé dans le cadre de certaines opérations de remembrement
Ce plafond de 15 000 € est calculé sur la valeur du bien ou de la partie de bien en pleine propriété et s'apprécie pour chaque cession. Ainsi, lors de la vente de la nue-propriété ou l'usufruit d'un bien, vous devez ajuster le prix de cession afin de déterminer une valeur en pleine propriété.
Exemple : Mme X âgée de 50 ans est veuve. Elle a 3 enfants. Mme X est usufruitière de la maison ; du fait de son âge, la valeur de son usufruit est de 60 % de la valeur de la maison. Ses enfants, nu propriétaires reçoivent ensemble 40 000 €, soit 13 333 € chacun.
Exonérations Liées au Vendeur
Vous pouvez bénéficier d'une exonération sous conditions si vous êtes dans l'une des situations suivantes :
- Vous touchez une pension de vieillesse
- Vous avez une carte mobilité inclusion (CMI)
- Vous résidez dans un établissement d'accueil de personnes âgées
- Vous résidez dans un établissement d'accueil d'adultes handicapés
- Vous êtes non résident en France
FISCALITÉ, CALCUL ET PIÈGES À ÉVITER - La plus-value immobilière expliquée // Des Chiffres et Démo 📺
Vous pouvez bénéficier d'une exonération sous conditions de ressources si vous, ou votre conjoint, touchez une pension de retraite ou de réversion. Pour une cession en 2025, vous êtes exonéré si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 679 € pour la 1re part de quotient familial (+ 3 397 € par demi-part supplémentaire) en 2023.
À noter : Les montants sont différents dans les Dom. Vous ne devez pas être soumis à l'IFI (pour l'avant-dernière année précédant la vente).
Vous pouvez bénéficier d'une exonération sous conditions de ressources si vous, ou votre conjoint, avez une carte mobilité inclusion invalidité. Pour une cession en 2025, vous êtes exonéré si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas 12 679 € pour la 1re part de quotient familial (+ 3 397 € par demi-part supplémentaire) en 2023.
Vous pouvez bénéficier d'une exonération, sous conditions, si vous résidez dans un établissement d'accueil pour personnes âgées (Ehpad par exemple). Vous êtes exonéré en cas de vente de votre ancienne résidence principale, sous certaines conditions.
Votre revenu ne doit pas dépasser 29 756 € pour la 1re part de quotient familial (+ 6 952 € pour la 1re demi-part supplémentaire et 5 473 € pour les demi-parts suivantes) en 2022 pour une cession en 2024.
Votre ancienne résidence principale doit être vendue dans un délai de 2 ans après votre entrée dans l'établissement. Elle ne doit pas voir été occupée (louée ou prêtée), sauf par votre conjoint. Vous ne devez pas être soumis à l'IFI (pour l'avant-dernière année précédant la vente).
Vous pouvez bénéficier d'une exonération, sous conditions, si vous résidez dans un établissement d'accueil pour personnes handicapées (foyer de vie ou maison d'accueil spécialisée, par exemple). Vous êtes exonéré en cas de cession de votre ancienne résidence principale, sous certaines conditions.
Votre revenu ne doit pas dépasser 29 756 € pour la 1re part de quotient familial (+ 6 952 € pour la 1re demi-part supplémentaire et 5 473 € pour les demi-parts suivantes) en 2022 pour une cession en 2024.
Votre ancienne résidence principale doit être vendue dans un délai de 2 ans après votre entrée dans l'établissement. Elle ne doit pas voir été occupée (louée ou prêtée), sauf par votre conjoint.
La plus-value que vous réalisez est imposable dans les mêmes conditions que pour un résident français. Si vous n'êtes pas ressortissant d'un Etat membre de l'UE ou de l'EEE, des dispositions particulières peuvent être prévues par convention internationale.
Toutefois, vous êtes exonéré, sous conditions, si la plus-value est réalisée lors de la vente de votre résidence principale. Vous devez remplir les 2 conditions suivantes :
- La vente a été réalisée au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle du transfert de votre domicile fiscal hors de France
- Le logement n'a pas été mis à la disposition d'un tiers entre le transfert de domicile et la vente
Vous êtes aussi exonéré en cas de vente d'une autre résidence et dans la limite d'une plus-value de 150 000 €, si vous remplissez les conditions suivantes :
- Vous êtes ressortissant d'un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen ayant conclu une convention avec la France
- Vous avez été fiscalement domicilié en France de manière continue pendant au moins 2 ans
- La vente doit intervenir au plus tard le 31 décembre de la 10e année suivant celle du transfert de votre domicile fiscal hors de France
Toutefois, aucun délai n'est imposé si vous avez la libre disposition du logement au moins depuis le 1er janvier de l'année précédant celle de la vente.
Cet avantage est accordé dans la limite d'une résidence par contribuable.
Si vous êtes non-résident, vous devez désigner un représentant fiscal dès lors que votre plus-value est soumise à impôt.
Dépendances de la Résidence Principale
En dehors du bâtiment principal, les dépendances immédiates sont également soumises à exonération, à condition qu'elles soient vendues en même temps que la résidence principale. Dans ce cas, elles sont alors considérées comme une unité indissociable.
Il peut ainsi s'agir d'une cave, d’un garage, d'un passage, d'une cour, d'une chambre de bonne située dans le même immeuble, d'un jardin, d'un terrain entourant ladite résidence principale ou d'une place de parking sous réserve qu'elle soit située dans un périmètre de 1 kilomètre.
Parmi les dépendances immédiates sont notamment compris la cave, le garage, et les places de parking situées jusqu’à un kilomètre de la résidence.
L’exonération de la plus-value des résidences principales s’applique aussi à leurs dépendances immédiates, lorsqu’elles sont cédées en même temps que la résidence principale. Ainsi, elles doivent constituer une unité indissociable de la résidence principale.
Un terrain entourant la résidence principale pourra également être considéré comme une dépendance nécessaire et immédiate.
balises: #Impot
