Calcul des impôts sur le revenu pour auto-entrepreneurs: Guide complet
En tant que micro-entrepreneur (précédemment auto-entrepreneur), votre régime fiscal est celui de la micro-entreprise. Le régime de la micro-entreprise permet de bénéficier d’obligations comptables et fiscales allégées, mais vous devez tout de même déclarer vos impôts !
Le calcul de l’impôt sur le revenu auto entrepreneur varie selon l’abattement appliqué en fonction de l’activité exercée et selon l’option du versement libératoire. En effet, la déclaration d’impôt sur le revenu auto entrepreneur est différente selon l’option choisie au moment de la création de votre microentreprise.
Comment est calculé l’impôt sur le revenu ?
Le quotient familial (QF) est appliqué pour les auto entrepreneurs dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Les parts fiscales correspondent au nombre de personnes dans le foyer familial et à leur statut.
Un foyer composé de plusieurs personnes possède un quotient familial plus important, ce qui permet de payer moins d’impôts. En effet, le revenu imposable doit être divisé par le quotient familial avant de calculer l’impôt sur le revenu.
Le régime micro-fiscal de l’auto-entrepreneur
En devenant micro-entrepreneur, vous êtes soumis d’office au régime micro-fiscal. Concrètement, les recettes issues de votre activité sont prises en compte dans le calcul du revenu fiscal de référence de votre foyer.
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La particularité de ce régime est que vous ne pouvez pas déduire vos charges en micro-entreprise. Autrement dit, vous ne pouvez pas retrancher vos frais professionnels réels de votre chiffre d’affaires pour le calcul de l’impôt en tant qu’auto-entrepreneur.
En microentreprise, il n’est pas possible de déduire ses frais professionnels de son chiffre d’affaires, mais un abattement forfaitaire est automatiquement appliqué avant le calcul de l’impôt sur le revenu de l’auto entrepreneur. Avant de calculer l’impôt dont vous êtes redevable, l’administration fiscale retire un certain montant (présenté en pourcentage) de votre chiffre d’affaires : c’est ce qu’on nomme l’abattement forfaitaire.
Vous devez effectuer votre déclaration d’impôts sur le revenu en ligne. Pour cela, rendez-vous sur votre espace particulier, sur le site impots.gouv.fr. Commencez par télécharger votre attestation fiscale sur le site de l’Urssaf. Vous obtenez ainsi le montant annuel de votre chiffre d’affaires encaissé, à indiquer à l’administration.
L’abattement forfaitaire en micro-entreprise
Pour rappel, vous ne pouvez pas déduire le montant de vos charges réelles de votre revenu imposable. En revanche, vous profitez d’un abattement forfaitaire, dont le taux varie selon la nature de votre activité. Il est censé couvrir les frais professionnels engagés au cours de l’année.
L’abattement du micro-entrepreneur s’élève à :
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- 71 % pour les activités commerciales et d’hébergement (hors location de meublés de tourisme) ;
- 50 % pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
- 34 % pour les professions libérales redevables des bénéfices non commerciaux (BNC).
L’abattement ne peut pas être inférieur à 305 €. Vous renseignez votre chiffre d’affaires hors taxes encaissé au cours de l’année sur votre déclaration de revenus. C’est l’administration fiscale qui se charge ensuite d’appliquer l’abattement !
Si vous exercez des activités mixtes, les abattements sont appliqués séparément à chaque catégorie de revenus. Dans ce cas, la déduction minimale est de 610 €.
Le taux d’abattement applicable aux loueurs de meublés de tourisme a été revu à la baisse dans le cadre de la loi anti-Airbnb. Votre revenu imposable est calculé après application de l’abattement, puis divisé par le nombre de parts de quotient familial.
Ce système permet d’adapter le montant de l’impôt à la situation personnelle du contribuable (célibataire, marié, nombre d’enfants à charge, etc.). L’administration fiscale applique ensuite le barème progressif de l’IR sur votre revenu par part.
Les contribuables peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu en dessous de certains seuils révisés chaque année. Au cours de l’année, vous réglez le prélèvement à la source vers le 15 de chaque mois. Vous pouvez aussi demander à ne réaliser que des versements trimestriels. Le taux du PAS est défini sur la base de vos derniers revenus déclarés.
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Les sommes ainsi versées sont ensuite déduites du solde de votre IR à payer sur votre avis d’imposition. Pour bénéficier du régime micro-fiscal, votre activité doit impérativement respecter les plafonds de recettes de la micro-entreprise, c’est-à-dire :
- 188 700 € pour les activités d’achat-revente, de vente de denrées à consommer sur place ou à emporter, et la fourniture de logements ;
- 77 700 € pour les prestations de services et les professions libérales.
Ces plafonds de chiffres d’affaires s’entendent hors taxes (HT) et pour une année civile. Si votre activité principale est la location de meublés de tourisme, vous relevez de seuils spécifiques, dont le montant évolue pour les revenus 2025.
En France, l’impôt sur le revenu se calcule selon un barème progressif. Plus le revenu imposable (après abattement et calcul du quotient familial) est élevé, plus le taux d’imposition est élevé, et inversement.
Comment déclarer vos revenus ?
Pour déclarer vos revenus en tant que micro-entrepreneur, vous devez utiliser la déclaration n° 2042-C-PRO.
Il est automatiquement intégré à votre déclaration d’impôts en ligne, dès lors que vous mentionnez percevoir des revenus non salariés. Si vous cumulez plusieurs formes de revenus, vous devez cocher les cases correspondantes (salaires, revenus mobiliers, loyers perçus, etc.).
Pour votre activité de micro-entrepreneur, utilisez l’une des cases suivantes :
- « Revenus industriels et commerciaux professionnels » si vous relevez des BIC.
- « Revenus non commerciaux professionnels » pour les BNC.
- « Micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu », si vous bénéficiez de ce régime.
Déclaration de vos bénéfices industriels et commerciaux professionnels
Vous devez tout d’abord indiquer le nombre de mois durant lesquels votre entreprise a été active, si elle a été créée ou arrêtée en cours d’année. Pour cela, utilisez la case 5DB. Ensuite, renseignez votre chiffre d’affaires annuel :
- dans la case 5KO, si vous exercez une activité commerciale ;
- dans la case 5KP, si vous vendez des prestations de services.
Si votre micro-entreprise exploite plusieurs types d’activité, vous devez répartir votre chiffre d’affaires dans les cases adéquates.
Déclaration de vos bénéfices non commerciaux professionnels
Deux champs vous intéressent normalement ici :
- La case 5XI pour indiquer le nombre de mois durant lesquels votre entreprise a été active (s’il est inférieur à 12).
- La case 5HQ pour renseigner votre chiffre d’affaires annuel.
Le versement libératoire en micro-entreprise (sur option)
Le versement libératoire est une option réservée aux micro-entrepreneurs sous certaines conditions. Elle vous permet de payer votre impôt à l’Urssaf en même temps que vous faites votre déclaration de chiffre d’affaires, chaque mois ou chaque trimestre.
Si vous optez pour le versement libératoire, vous n’êtes pas soumis au prélèvement à la source.
La nature de votre activité détermine votre taux d’imposition :
- 1 % pour les activités d’achat-revente et de fourniture de denrées à consommer sur place ou à emporter ;
- 1,7 % pour les activités de prestations de services relevant des BIC ;
- 2,2 % pour les activités libérales ou les prestations de services relevant des BNC.
L’administration applique tout simplement ce taux sur votre chiffre d’affaires de la période, afin de définir le montant de l’impôt que vous devez payer.
Le versement libératoire ne vous dispense pas de déclarer vos revenus professionnels sur la déclaration 2042-C-Pro.
Le versement libératoire peut présenter plusieurs avantages. La somme à régler est prévisible et immédiate. Il n’y a pas de rattrapage possible. Attention cependant : il n’y a pas non plus de remboursement si vous avez trop payé… Cette option peut vous permettre de payer moins d’impôts en micro-entreprise ! C’est notamment le cas si vous dépassez certains montants de chiffre d’affaires.
Pour bénéficier du versement libératoire en micro-entreprise en 2025, l’administration prend en compte votre revenu fiscal de référence de 2023. Pour opter pour ce régime, vous devez en faire la demande auprès de l’Urssaf avant le 30 septembre. Le versement libératoire sera appliqué au 1er janvier de l’année suivante.
Vous pouvez aussi choisir de vous y soumettre dès le lancement de votre activité. Vous disposez alors d’un délai de 3 mois après la création de votre entreprise pour exercer l’option. La demande peut se faire directement depuis votre espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
De la même façon, si vous souhaitez renoncer à l’option pour le versement libératoire, vous devez en faire la demande avant le 30 septembre sur le site de l’Urssaf. Si vous optez pour le versement libératoire, pensez à déprogrammer l’acompte retenu par l’administration fiscale au titre du prélèvement à la source. Pour cela, rendez-vous sur votre espace particulier sur le site impôt.gouv.fr.
J’ai opté pour le versement libératoire : dois-je déclarer mes revenus ?
Même si vous avez choisi le versement libératoire, vous devez déclarer les revenus de votre micro-entreprise grâce à la déclaration n° 2042-C-PRO. Vous devez simplement cocher la case « Micro-entrepreneur ayant opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu » et reporter votre chiffre d’affaires de l’année dans la case :
- 5TA pour les activités de vente de marchandises ;
- 5TB pour les prestations de services qui relèvent des BIC ;
- 5TE pour les professions libérales.
Si vous n’avez pas choisi le versement libératoire, vous devez aussi remplir le formulaire 2042-C PRO. Comme tous les contribuables, l’auto entrepreneur doit remplir le formulaire n°2042 pour déclarer ses revenus.
La cotisation foncière des entreprises (CFE)
La CFE fait aussi partie de vos impôts en micro-entreprise. Vous ne pourrez pas y échapper, sauf si vous bénéficiez d’un des cas d’exonération prévus par la loi.
La CFE est un impôt local. Elle compose la contribution économique territoriale (CET), avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
La CVAE ne concerne que les entreprises qui réalisent plus de 500 000 € de chiffre d’affaires annuel. Ainsi, vous ne devez pas la verser en micro-entreprise.
La plupart des professionnels doivent s’acquitter de cette cotisation. Un auto-entrepreneur doit donc payer la CFE, comme tout travailleur indépendant ! Chaque année, il la règle selon les conditions applicables dans la commune où il a domicilié son activité.
Vous pouvez toutefois bénéficier d’une exonération de CFE dans les cas suivants :
- Au titre de votre première année d’activité.
- Si vous réalisez moins de 5 000 € de chiffre d’affaires annuel.
Les textes prévoient une multitude d’autres cas d’exonération de CFE, qui peuvent s’appliquer en vertu de la nature de votre activité ou de votre zone d’implantation.
Quel est le montant de la CFE en micro-entreprise ?
Pour calculer le montant de votre CFE, vous devez connaître :
- la valeur locative des locaux utilisés pour votre activité professionnelle ;
- le taux d’imposition fixé par la commune où vous avez domicilié votre entreprise.
Vous pouvez vous rapprocher de votre préfecture ou de votre mairie pour connaître ce taux. L’administration calcule le montant de votre CFE en multipliant ces deux éléments.
Si vous travaillez à domicile (sans local professionnel), votre CFE est calculée à partir d’une base minimale, à laquelle on applique le taux d’imposition de votre commune. Vous devez régler la CFE au mois de décembre. Vous pouvez aussi opter pour la mensualisation de cet impôt.
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt indirect sur la consommation. Lorsque vous créez votre micro-entreprise, vous bénéficiez du régime de la franchise de TVA.
Qu’est-ce que la franchise en base de TVA ?
Souvent, la TVA ne vous concerne pas en vertu du régime de franchise en base de TVA pour les micro-entrepreneurs.
Grâce à lui, vous ne facturez pas la TVA à vos clients et vous n’établissez aucune déclaration de TVA. En revanche, vous ne pouvez pas récupérer la taxe acquittée sur vos achats professionnels.
Si vous bénéficiez de ce régime, vous devez inclure la mention « TVA non applicable, article 293B du CGI » sur vos factures de vente.
La franchise de TVA cesse de s’appliquer au-delà de certains plafonds de chiffre d’affaires, qui sont différents des seuils de la micro-entreprise. Des seuils spécifiques s’appliquent à certaines professions : avocats, auteurs et artistes-interprètes.
Le parlement doit se prononcer sur un possible abaissement du plafond de la franchise en base de TVA au moment de l’étude de la loi de finances 2026. Son montant pourrait être porté à 25 000 € pour toutes les activités.
Que se passe-t-il en cas de dépassements des seuils de TVA ?
En cas de dépassement, vous devez vous soumettre à cette taxe :
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