Archives INPI 1846 et Histoire de la Fonderie Bouilliant
L’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a ouvert un accès inédit et simplifié à ses précieux fonds d’archives historiques, permettant de découvrir des brevets, marques et documents liés à l’histoire industrielle française, dont ceux concernant la fonderie Bouilliant, fondée au milieu du XIXe siècle.
Un accès en ligne inédit aux archives historiques de l’INPI
L’INPI propose désormais un service en ligne accessible via la plateforme DATA INPI, à l’onglet « archives historiques », offrant un accès direct et gratuit à deux collections majeures. L’une rassemble 410 000 brevets d’invention délivrés entre 1791 et 1901, l’autre 460 000 marques de fabrique et de commerce déposées entre 1857 et 1920. Ce service s’adresse au grand public, aux chercheurs et aux professionnels, facilitant la recherche et la consultation des documents historiques.
Les archives de l’INPI couvrent ainsi un patrimoine unique, fruit de la créativité de générations d’inventeurs, d’ingénieurs et d’artisans. Ces archives sont conservées directement par l’Institut, ce qui est exceptionnel en France, grâce à une convention d’autonomie signée en 2008 avec le ministère de la Culture.
La fonderie Bouilliant : un acteur majeur des plaques de signalisation au XIXe siècle
La fonderie H. Bouilliant, active dès les années 1840, se distingue par la mise au point de plaques et poteaux de signalisation routière particulièrement robustes, connues sous le nom de « Système Bouilliant ». Le brevet correspondant, déposé en 1846, était un brevet S.G.D.G (sans garantie du Gouvernement) d’une durée de 15 ans qui portait obligatoirement cette mention sur tous les documents relatifs.
Avant Bouilliant, les plaques et poteaux existants souffraient d’une faible durabilité : les poteaux en bois ne tenaient pas plus de 20 ans, et les lettres peintes sur enduits ciment résistaient encore moins. Henri Bouilliant ne tarda pas à exploiter son invention, et pendant quinze ans il ne connut aucun concurrent pour ce type de plaque.
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En 1849, la fonderie publia un document de 39 pages présentant son système Bouilliant ainsi qu’un modèle de rouleau compresseur portatif breveté. Ce système s’appliquait aux plaques couvrant les routes Nationales, Royales et Impériales, extensif sur tout le territoire français. L’usage du système Bouilliant s’est étendu par la suite aux réseaux secondaires comme les Voies de Grande Communication et les Chemins d’intérêts communs au cours du dernier tiers du XIXe siècle.
Innovateur, Bouilliant mit aussi au point un procédé pour modifier l’intitulé des routes sans déplacement physique. Les plaques fabriquées par la fonderie portent généralement une estampille en bas à gauche avec les sigles « H. BOUILLIANT » et parfois des lettres ou chiffres additionnels dont la signification reste inconnue.
Déploiement et reconnaissance officielle
Après le décès d’Henri Charles Alfred Bouilliant en 1856 à Paris, la fonderie continua son activité. De 1861 à 1865, elle installa 1 274 plaques directionnelles dans la Drôme. En 1876, le Conseil Général du Rhône adopta le système Bouilliant pour les routes départementales, séduits par les avantages économiques proposés comparés à la concurrence.
Dans de nombreux départements français, notamment en Haute-Saône, la fonderie Bouilliant a produit un nombre considérable de plaques et poteaux pour les Chemins de Grande Communication et les Chemins Vicinaux Ordinaires, rivalisant avec d’autres fonderies comme Girard & Col. Certaines plaques Bouilliant sont encore visibles dans ces régions aujourd’hui.
La richesse des archives INPI pour l’étude historique
Le service des archives de l’INPI est reconnu pour son efficacité exemplaire, facilitant la publication et la découverte de brevets méconnus, comme ceux relatifs à la transmission des images ou à la vision à distance. La mise en ligne des archives de 1791 à 1901 offre la possibilité d’explorer des inventions oubliées ou d’enrichir la connaissance d’inventeurs célèbres dont les brevets n’étaient pas toujours accessibles.
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La base d’archives permet aussi la consultation des documents originaux avec parfois des schémas très détaillés, comme la « Nouvelle lampe hydrostatique » ou un rouleau compresseur portatif breveté par Bouilliant. Il est possible pour les chercheurs de prendre rendez-vous pour accéder aux documents originaux ou d’acheter des copies numériques.
En plus des possibilités de recherche par nom d’inventeur, objet, date ou lieu de dépôt, l’INPI organise régulièrement des expositions virtuelles valorisant ces archives, telles que l’exposition « Le coffre à jouets brevetés » ou celle consacrée à l’invention du vélo au XIXe siècle. Ces documents sont libres de droits pour la réutilisation à condition de citer l’INPI en source.
| Année | Événement clé lié à la fonderie Bouilliant |
|---|---|
| 1846 | Dépôt du brevet S.G.D.G. pour le système Bouilliant |
| 1849 | Publication du document présentant le système Bouilliant et rouleau compresseur |
| 1856 | Décès d'Henri Charles Alfred Bouilliant |
| 1861-1865 | Installation de 1 274 plaques dans la Drôme |
| 1876 | Adoption du système Bouilliant par le Conseil Général du Rhône |
| 1884 | Marchés publics en Haute-Saône où sont présentes des plaques Bouilliant |
L’accès facilité aux archives historiques via l’INPI permet une meilleure compréhension de l’évolution industrielle et technique en France, ainsi que le rôle majeur d’entreprises comme la fonderie Bouilliant dans l’aménagement et la signalisation du territoire au XIXe siècle.
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