Impact du tourisme sur les PME : enjeux et opportunités
Le tourisme, secteur économique majeur, est en pleine mutation face aux impératifs environnementaux et aux nouvelles attentes des consommateurs. Pour les petites et moyennes entreprises (PME) du secteur touristique, ces évolutions représentent à la fois des défis et des opportunités à saisir afin de rester compétitives.
Enjeux environnementaux et impact du tourisme
Le tourisme exerce une pression significative sur l’environnement : impacts sur les paysages, utilisation accrue des ressources naturelles, pollution et émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe), le secteur touristique en France a émis en 2018 l’équivalent de 118 millions de tonnes de CO2, soit l’empreinte carbone annuelle de 11 millions de Français.
- Les transports représentent 68 % des émissions, comprenant les déplacements vers et au sein des destinations touristiques.
- L’hébergement et la restauration comptent respectivement pour 7 % et 6 % des émissions, liées à la construction, à la gestion énergétique des bâtiments, aux consommables et approvisionnements.
- Les activités sportives, de loisirs et culturelles contribuent pour environ 1 % aux émissions totales.
Face à ces impacts, la pérennité de l’activité touristique est étroitement liée à sa capacité à évoluer vers des modèles plus sobres, à faible émission carbone et économes en ressources, répondant ainsi aux défis climatiques urgents.
Pratiques actuelles des PME touristiques et niveau d’engagement
Une enquête menée par l’université de Pise auprès de 256 PME du tourisme en France, Espagne, Italie et Chypre révèle que 78 % de ces entreprises n’ont aucune certification environnementale. Parmi celles disposant de telles certifications, seules 9 % sont certifiées ISO 9001 (qualité) et 2,7 % ISO 14001 (environnement).
L’adoption de labels européens comme l’Ecolabel ou l’EMAS demeure marginale, avec 6 % et 1,2 % d’entreprises certifiées respectivement, preuve du faible niveau actuel de structuration écologique dans le secteur.
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Sur les pratiques mises en œuvre, la gestion des déchets est prédominante avec 47,3 % des PME pratiquant le recyclage. De plus, 34 % réduisent leur consommation énergétique et gaspillages alimentaires, tandis que près d’un tiers limitent l’utilisation de plastique et la consommation d’eau. Cependant, la réutilisation de l’eau reste très peu adoptée, et les actions liées à la mobilité durable sont encore très timides.
Freins à l’adoption de pratiques durables
Les obstacles principaux identifiés incluent :
- Le manque de suivi et de sensibilisation à la gestion des déchets, tant chez les clients que le personnel.
- Les contraintes d’espace et d’esthétique pour l’installation des équipements de tri dans les lieux d’hébergement.
- Le temps et les ressources nécessaires à la mise en place complète de la gestion des déchets, incluant la sélection des prestataires et le suivi de la filière.
- Le coût élevé des travaux d’isolation et de rénovation énergétique, particulièrement pour les propriétaires qui n’exploitent pas directement les bâtiments.
- Une perception souvent négative du tourisme durable par la clientèle, considéré comme contraignant, plus coûteux, voire synonymes de perte de confort.
Ces freins soulignent le besoin d’un accompagnement renforcé pour soutenir la montée en compétence des dirigeants et des équipes.
Tourisme durable : une réponse aux attentes des clients et un levier pour les PME
Selon une étude conduite par Tourisme Bretagne en 2022, 70 % des vacanciers français envisagent de voyager de manière plus écologique. Par ailleurs, une majorité s’engage à respecter l’environnement, privilégier les produits locaux et gérer leurs déchets.
Cependant, une partie du public perçoit encore le tourisme responsable comme trop contraignant ou coûteux. Il est donc crucial pour les PME touristiques d’adopter un discours positif et valorisant, en mettant en avant les richesses naturelles, culturelles et patrimoniales des territoires. Cette approche permet de rendre le tourisme durable désirable et attractif.
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Repenser l’offre touristique
Pour les agences de voyages, cela implique de renouveler l’offre en identifiant de nouveaux services durables. Pour l’hébergement, les leviers d’action incluent la rénovation énergétique, la réduction des consommables (kits de bienvenue, mini-bars…), et la promotion d’une mobilité plus douce. Nous notons toutefois que certains clients, notamment en hôtellerie haut de gamme, peuvent mal percevoir ces restrictions.
Une formation dédiée au personnel et à la direction est nécessaire pour intégrer ces évolutions dans la commercialisation et l’accueil. Cela requiert une acculturation aux enjeux environnementaux, une structuration claire des priorités et la disponibilité des ressources humaines pour gérer ces changements.
Une dynamique d’accompagnement à l’échelle locale et européenne
Le projet européen TouriSME, piloté par l’Institut Paris Region, a accompagné une vingtaine de PME françaises dans la mise en place de pratiques de tourisme durable, en organisant ateliers de formation et séminaires internationaux. Plus de 70 bonnes pratiques sont désormais disponibles en ligne pour faciliter leur appropriation.
Au niveau local, des initiatives comme le fonds « Tourisme de savoir-faire » soutiennent les TPE et PME souhaitant ouvrir leurs portes au public. Cette démarche favorise la valorisation des métiers, la transmission des compétences et le renforcement de l’attractivité territoriale.
Le fonds national offre jusqu’à 50 000 euros de soutien financier pour aménager les espaces d’accueil, créer des parcours interactifs ou améliorer la signalétique, contribuant ainsi au développement touristique des entreprises régionales.
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Le tourisme au Pays Basque : poids économique et défis pour les PME
Au Pays Basque, le tourisme est un moteur économique essentiel, représentant plus de 25 000 emplois soit environ 10 % de la population active. Le secteur influe fortement sur d’autres branches comme l’agroalimentaire, où il génère près de 20 % du chiffre d’affaires agricole, ainsi que le commerce local avec des revenus estivaux pouvant atteindre 30 % du chiffre d’affaires annuel.
Le marché de la location meublée de tourisme y est particulièrement dynamique, avec près de 60 000 lits recensés, soit environ 30 % de la capacité d’hébergement. Cette offre connaît une croissance forte, notamment avec l’essor des plateformes en ligne comme Airbnb, qui ont multiplié les annonces par 2,5 entre 2017 et 2022.
Cette expansion rapide pose cependant des défis en matière de régulation, coexistence avec l’habitat permanent, et gestion de la saisonnalité. Les entreprises du secteur doivent adapter leur offre pour lisser l’activité sur l’année grâce à des formules diversifiées telles que le tourisme d’affaires ou les courts séjours en pleine nature.
Dispositifs d’accompagnement locaux
La Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB) propose un ensemble d’aides spécifiques pour le développement touristique local. Au niveau régional, la Nouvelle-Aquitaine offre également des dispositifs de soutien, complétés par des projets nationaux comme le plan « Destination France » qui favorisent l’innovation et la durabilité.
Pour les entrepreneurs, des formations, programmes d’accélération, ainsi que des conseils en optimisation fiscale sont disponibles. Par exemple, le cabinet Extencia à Anglet accompagne les propriétaires souhaitant se lancer dans la location meublée de tourisme en maximisant leurs avantages fiscaux.
Soutien financier et innovation pour accélérer la transition
En France, où le tourisme représente 8 % du PIB et emploie 2 millions de personnes, le Plan Tourisme mobilise 12 milliards d’euros sur cinq ans pour accompagner 60 000 entreprises du secteur. Ce plan ambitionne de faire de la France la première destination au monde en tourisme durable, innovant et inclusif.
Les axes prioritaires sont :
- Accélérer la croissance des entreprises avec un fonds dédié (FIT3 Tourisme & Loisirs) doté de 200 millions d’euros pour financer les projets structurants.
- Renforcer la transition durable grâce à des offres de conseil élargies (Bpifrance, ADEME, OFB) soutenant la décarbonation et la résilience climatique.
- Stimuler l’innovation, notamment dans la Tourism Tech via des concours et financements pour PME et start-ups.
Parallèlement, des prêts rapides et simples, sans garantie personnelle, sont proposés pour répondre aux besoins de trésorerie saisonniers des entreprises touristiques.
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Visiter les entreprises : une opportunité de valorisation et de diversification
En plein essor, la visite d’entreprise comme activité touristique offre aux PME un puissant levier de valorisation. En ouvrant leurs portes, les entreprises font découvrir leurs savoir-faire, métiers et produits, renforçant ainsi la visibilité, l’authenticité et la renommée du « fabriqué en France ».
Par exemple, en Auvergne-Rhône-Alpes, près de 460 entreprises accueillent plus de 2 millions de visiteurs, majoritairement des TPE et PME. Cette dynamique a conduit à une augmentation de plus de 100 % du nombre d’entreprises ouvertes au public en cinq ans.
Cela favorise également la préservation des compétences, l’attractivité des territoires et les retombées économiques pour les commerces et hébergements environnants.
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