Leadership comportemental et sociologie des organisations: sens, sensemaking et emprises dans les dynamiques organisationnelles

Le pouvoir hiérarchique, une organisation sans emprise comportementale ? Quand l’emprise comportementale s’appuie sur l’ambiguïté du sens. Cet article a pour objet de contribuer au champ de recherches en comportement organisationnel par une synthèse des acceptions polysémiques des concepts de sens et de sensemaking. De plus en plus de recherches analysent les concepts de sens et de sensemaking sans pour autant en définir les contours. Ainsi, notre recherche permet d’éclairer les chercheurs sur les différentes appréhensions du concept de sens.

En fonction du caractère de l’étude réalisée par le chercheur, le sens a été défini comme : une cause ou une raison, une orientation projective et rétrospective, une signification ou une construction, un ensemble englobant. Notre analyse consent également à mettre en évidence les représentations hétéroclites du processus de sensemaking. Le sensemaking a été appréhendé comme un processus : rétrospectif et projectif, cognitif, discursif et narratif, de création de sens, complexe et global.

Les réalités empiriques de l’emprise et du pouvoir dans les organisations africaines

L’emprise sorcellaire en Afrique. L’analyse du pouvoir, dans le contexte des organisations africaines, révèle très souvent des situations qui échappent aux modèles d’analyse observés dans la littérature ; notamment chez différents auteurs dans le champ sociologique de l’organisation (Weber, 1971 ; Dahl, 1957 ; Crozier et Friedberg, 1977). Très souvent en Afrique, principalement subsaharienne, l’exercice du pouvoir fait référence à la capacité de l’individu à mobiliser des attributs et des ressources dans un univers invisible et accessible aux seules personnes initiées suivant des pratiques sociales traditionnelles.

Notre recherche qualitative exploratoire étudie les modes d’exercice du pouvoir informel et formel de quatre dirigeants religieux - le pasteur, l’imam, le prêtre et le rabbin -, selon une perspective managériale. Reposant sur la méthode des récits de vie à visée compréhensive, nous cherchons en particulier à cerner l’influence de la religion sur le leadership et l’autorité, les deux dimensions informelle et formelle d’exercice du pouvoir. Les propos recueillis mettent en lumière des points de convergence mais également des différences entre ces managers pas tout à fait comme les autres. Par rapport au manager d’une entreprise, l’exercice du pouvoir chez les quatre leaders repose principalement sur la voie informelle, le recours à la voie formelle reste rare. Si l’exercice informel du pouvoir converge à l’unanimité vers le modèle du servant leadership (Belet, 2013), des différences liées aux spécificités doctrinales, dogmatiques et organisationnelles de chaque religion subsistent dans le recours à l’autorité.

La portée et les limites du sensemaking dans des environnements organisationnels variés

Comprendre « ce qui se passe dans les organisations ». Cet article a pour objet de mieux comprendre ce qui se passe dans les organisations à travers une perspective critique de la pensée Weickienne. Il s’agit de comprendre comment le sens est recréé par les acteurs face à une situation équivoque. La grille de lecture proposée permet d’élaborer une typologie des niveaux de création de sens : individuel, interindividuel et collectif. Ce travail rend compte des limites de ce processus de sensemaking dans les organisations en proposant des recommandations aux futurs chercheurs désirant ouvrir le débat autour du comportement organisationnel.

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Cette recherche attire l’attention des chercheurs sur le fait que chaque organisation est unique et se trouve confrontée à des situations qui lui sont propres. Le management contemporain consacre une tendance à l’autonomie des collaborateurs et parle même d’« entreprises libérées » pour désigner les organisations caractérisées par l’aplatissement de la ligne hiérarchique et la marge d’initiative laissée au personnel (Getz, 2009 et 2012). Cependant, le constat de manipulations au sein d’entreprises apparemment libérées questionne l’autonomie de décision affichée par ces entreprises : loin de faire preuve d’initiative, le personnel reproduit, dans ces cas, les attendus de la culture promue par la direction. Ce constat invite le chercheur à s’interroger sur l’autonomie de décision dans les entreprises libérées et à prendre en compte la personnalité des collaborateurs et leur intégrité en matière de choix. Cet article s’appuie sur la théorie de l’intégrité de Giroux (1999). Il met en évidence l’influence que les pratiques managériales peuvent avoir sur l’intégrité du personnel. Il illustre son propos à l’aide des cas de Google et de la Favi.

La dimension spirituelle, l’éthique et l’apprentissage organisationnel

La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) constitue l’une des préoccupations majeures des entreprises qui tentent de s’inscrire dans une stratégie durable. En effet, plusieurs scandales environnementaux, financiers et sociaux sont venus asseoir la légitimité de la RSE dans la lutte contre la dangerosité sociale. C’est pourquoi, plusieurs travaux se sont intéressés aux pratiques organisationnelles qui conduisent les employés à s’engager dans la RSE. Cependant peu de recherches se sont intéressées à l’effet de la dimension intrinsèque dans l’engagement social individuel. Dans cette perspective, la spiritualité constitue une dimension intrinsèque susceptible d’influencer le comportement organisationnel des employés. Ce travail repose sur une étude qualitative de nature exploratoire. Des entretiens semi-directifs sont réalisés au sein d’une entreprise engagée dans la RSE. A l’issue des témoignages recueillis, il ressort que la spiritualité prédispose d’une part au comportement socialement responsable, et conduit d’autre part à différentes sortes d’engagement des employés envers la RSE.

Les jeux de pouvoir illégitimes mettent en péril la survie de l’entreprise. L’objectif de cet article est d’en comprendre la signification puis de proposer une approche d’apprentissage organisationnel des jeux de pouvoir fondée sur le modèle des trois R. de la spiritualité (Reconnaitre, Réfléchir, Réincarner). Nous avons mené une approche exploratoire fondée sur la théorie phénoménologique de Husserl au sein d’une entreprise en croissance. Les données des entretiens ont été analysées grâce au logiciel Minerva. Les résultats montrent le besoin spirituel des acteurs de l’entreprise, ce qui les conduit à mettre en œuvre un processus d’apprentissage autour de la spiritualité.

La transformation par l’éthique et l’introspection

La lutte contre l’emprise des pièges de l’intersubjectivité. L’interaction entre deux activités psychiques appuyées sur le narcissisme des petites différences, fabrique un interstice qui devient le lieu de la décharge. Cette recherche explore les conditions et les modalités à agir de façon concertée au sein d’un consortium de coopératives agricoles. Elle vise à proposer une conjecture d’explicitation du processus qui a pu conduire sur longue durée à l’impasse concurrentielle. Elle vise également à définir les conditions de transformation de cette situation qui n’est ni fatale, ni inéluctable, dans la mesure où elle a bien été construite par le comportement des acteurs. Il s’agit d’une recherche intervention clinique. L’investigation met en œuvre une approche co-disciplinaire.

Cette étude de cas examine les impacts d’une démarche de formation conduite dans la branche Courrier du Groupe La Poste en France, avec en thème principal, celui de l’autorité managériale dans les nouveaux comités de direction des établissements. Développer l’identité professionnelle. Les utilisateurs d’ordinateurs et de systèmes informatiques ont-ils une identité professionnelle singulière ? Qu’apportent les récentes théories sociales sur l’identité à la compréhension de l’utilisation des systèmes, de leur appropriation ? Une première partie investit les identités professionnelles, les confronte à la littérature en SI, notamment les travaux de Lamb et Kling et de Dubar.

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Crises, résilience et action collective

Cet article a pour objet d’expliquer les sources de résilience dans les organisations soumises à un environnement équivoque. Il permet de comprendre la reconstruction de sens par les acteurs faisant face à une situation extrême. Ce travail n’est certes qu’une première réflexion sur les comportements humains mais il permet d’ouvrir le débat sur de nouvelles pistes d’actions ordonnées des acteurs en situation de crise. L’apport majeur réside dans son ambition d’éclairer sur la nécessité de réagir collectivement et non individuellement pour conserver une fiabilité dans l’organisation. La proposition d’une typologie de comportements organisationnels spécifiques aux situations de crise s’offre aux acteurs pour conserver leur système d’actions organisées.

Théories et approches du leadership

Partout l’impatience du gain, la jouissance de l’exhibition et le culte du résultat dévorent le lent plaisir de vivre. Cette aliénation détermine des injonctions d’exécution privant le sujet de libre arbitre et le livrant aux adaptations compulsives. Le management pris à la lettre porte aux tentations de la démesure et à l’amplification passionnelle des enjeux. Les « mauvaises habitudes » d’un manager se répercutent. La psychanalyse comme pratique ou connaissance est ici antidote. Elle ramène la passion à une juste mesure. L’activité réflexive construit les repères symboliques entre lesquels s’organise le récit métaphorique faisant mythe au sujet et menant vers autrui. La conduite des hommes n’est pas seulement organisationnelle et méthodologique, elle est spirituelle. Le savoir sur soi évitant les recours défensifs ou agressifs permet les accommodations émotionnelles articulant pratique et éthique sans les confondre en « justastructure » (Lucien Sève, 1966). Il faut suspecter chacun et soi-même de tentations occultes bardées de raisons légitimes. L’éthique est l’autorisation inconditionnelle donnée au sujet à devenir « quelqu’un d’autre » dans un espace où le savoir, l’habileté, l’initiative et le respect de valeurs partagées font liberté et limites sans cesse à définir. Mais que nul ne se leurre : le meilleur est confisqué par les castes discrètes, efficaces et solidaires qui tiennent fermement les titres et les moyens. Le management les sert.

Cette recherche revisite la représentation conventionnelle de la relation entre le savoir et le pouvoir au sein d’une organisation, et propose une approche post-moderne - notamment, macro-psychanalytique - du système de pouvoir de l’entreprise centrée connaissances. Cet article interroge le phénomène du pouvoir organisationnel et plus précisément le pouvoir comme problème. Car avant de s’interroger sur le contenu du pouvoir dans les organisations et de son impact sur leur comportement, nous devons nous interroger sur le fait de l’existence du pouvoir, sur ce besoin chez l’homme de ce comportement. Est-ce un refuge, un moyen de faire face à son existence même ? Dans un système idéal de gouvernance organisationnelle, cette variable doit exister. Mais pourquoi ? A la manière de Nietzche, pourrions - nous nous le demander ?

Les entreprises souffrent, depuis des années, d’un risque psychosocial qui va à l’encontre de la réalisation de la performance : le stress professionnel. En effet, de nombreux changements ont survenu au niveau des entreprises et du marché du travail rendant ainsi l’atmosphère au sein de ces dernières de plus en plus insupportable. Les ressources humaines, en particulier les cadres, travaillent constamment « sous tension ». Dans ce papier, nous faisons une distinction entre les cadres supérieurs et les cadres intermédiaires. Le stress ressenti chez chacun de ces deux groupes est-il lié aux mêmes facteurs ? C’est à cette problématique que nous essayons de répondre. Les cas de quatre entreprises françaises sous haute pression concurrentielle et médiatique sont retenus afin d’étudier la gestion du capital humain en temps de crise. Suite aux suicides en chaîne de salariés, les directions d’entreprise ont été contraintes de réagir pour préserver leur légitimité parfois écornée dans les articles de presse. Les journalistes optent en effet pour un schéma narratif, souvent éclaté, mais à l’écoute des parties prenantes.

Vers une compréhension critique du sensemaking et du pouvoir

Comprendre « ce qui se passe dans les organisations ». Cet article a pour objet de mieux comprendre ce qui se passe dans les organisations à travers une perspective critique de la pensée Weickienne. Il s’agit de comprendre comment le sens est recréé par les acteurs face à une situation équivoque. La grille de lecture proposée permet d’élaborer une typologie des niveaux de création de sens : individuel, interindividuel et collectif. Ce travail rend compte des limites de ce processus de sensemaking dans les organisations en proposant des recommandations aux futurs chercheurs désirant ouvrir le débat autour du comportement organisationnel.

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  1. Théories des traits de personnalité: énergie, intégrité, motivation sociale, persévérance, habiletés cognitives, confiance en soi.
  2. Théories du comportement: classification des comportements de leadership axés sur les personnes et sur les tâches; importance de l’équilibre entre tâches et relations humaines.
  3. Théories des contingences: adaptation du leadership à la situation et à l’environnement; principe chemin-but et autonomie des subordonnés.
  4. Approches contemporaines: leadership charismatique, transformationnel et notion émergente de leader authentique et éthique.

Illustrations et données

Tableau récapitulatif des approches et de leurs principales caractéristiques (résumé des points clés évoqués ci-dessus).

ApprocheCaractéristiques clésExemples
Traits de personnalitéÉnergie, intégrité, motivation, tolérance au stressStogdill, McCall, Lombardo
ComportementOrientation personnes vs tâches; styles directif/participatif/délégatifLewin, Blake & Mouton
ContingencesEnvironnement, situation, contingences; chemin-butHouse, Fiedler
ContemporainesCharisme, transformation, authenticitéBass, Conger

Le Leadership Ethique, Edel Gött (fondatrice)

Cette synthèse met en évidence que les concepts de sens et sensemaking ne se réduisent pas à une seule définition; ils se déploient comme des pratiques multiples et contextuelles, qui peuvent être utilisées pour comprendre les emprises comportementales et les résistances au changement dans les organisations.

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