Analyse critique de l’album « Bad Porn Movie Trax » de Shaka Ponk
Il est toujours agréable de voir un groupe miser sur l’aspect fun de sa musique. C’est ce que les berlino-parisiens de Shaka Ponk ont clairement cherché à faire avec ‘Bad Porn Movie Trax‘. Les visuels colorés, les noms de titres loufoques, les incursions en espagnol et leur inévitable gorille mascotte Goz vont dans ce sens, et l’on se dit que cet album va nous permettre de nous échapper, au moins pour quelques instants, de la grisaille quotidienne.
Sorti au printemps 2009 avec une pochette colorée rappelant énormément Loco con da frenchy talkin', le deuxième album de Shaka Ponk revient en force dans les bacs courant février 2010 pour surfer sur la vague médiatique déclenchée par leur nomination aux Victoires de la Musique option "Révélation scène". Et peu importe s'ils gagnent ou pas une statuette merdique donnée par une industrie qui regarde bien plus souvent les charts et les comptes en banque des majors qu'elle n'écoute les disques, le groupe jouera en live (enfin il faut espérer que ce soit bien du live) "How we kill stars" lors de la cérémonie et ça foutra un peu de rock sur nos antennes...
Malheureusement, c’est plutôt la douche froide qui nous attends à l’écoute de ce second opus. Tout au long du disque, Shaka Ponk tente maladroitement de masquer ses mélodies sans imagination par des parties electro décevantes et des grosses guitares plates. On sent que le groupe veut emmener son rock du coté des dancefloor, mais ce n’est pas avec de la dance des années 90 et de la house mal dégrossie sponsorisée par Antoine Clamaran qu’il va nous y attirer.
Certes, le groupe affiche un éclectisme bienvenu, alternant morceaux purement dansant (‘Hombre que soy‘ aux accents latino) et titres plus posés (l’arabisante ‘Make it mine‘), mais la sauce ne prend pas. Et franchement, la voix ultra trafiquée sur 2-3 titres, passe encore, mais sur tout un album, ça en devient rédhibitoire. Par exemple, la sautillante ‘Alak'okan‘ aurait pu être sympa avec un rap dans l’esprit de Puppetmastaz, mais avec cette voix qui semble produit par l’affreux David Guetta, la chanson ne laisse que des regrets.
On se plait à bouger ses fesses sur la frénétique et drôle ‘Te gusta me‘ qui n’est pas loin d’être une franche réussite, si l’on fait abstraction du pont dont même Jean-Michel Jarre n’aurait pas voulu. Il n’y a guère que sur le délire ‘French Touch puta madre‘ et sur la finalement entêtante ‘How we kill stars‘ qu’on se dit que ‘Bad Porn Movie Trax‘ aurait pu être un album plaisant. Pas de chance, Shaka Ponk s’est planté dans les grandes largeurs.
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Rare sont les albums qui font bouger la tête du début à la fin ! Vous avez certainement entendu le titre « Do » sur les radios, ce titre n’est qu’une goutte d’eau dans ce que propose le groupe ! En effet, le premier titre de leur opus « Twisted minda » donne la couleur à l’album, une pure tuerie ! On retrouve des sonorités électro/rock/punk/métal qui donne à chacun des morceaux une sacrée dimension ! Les chœurs et les samples renforcent le tout ! Le groupe met la barre assez haute et en concert ça saute partout et ça claque !
Et du vrai rock hein, pas une parodie ridicule du genre B.B. Brunes ou Indochine, tous deux nominés dans la catégorie "album rock de l'année", après on s'étonne que le Français moyen n'aime pas et ne consomme que très peu de musique... Bref, dans un océan de mièvrerie crasse et d'hypocrisie mercantile (Grégoire, Coeur de Pirate, Johnny Hallyday, Marc Lavoine, Sliimy, Calogero...), il y aura une claque électro-rock rafraichissante : Shaka Ponk et ses titres illustrant un mauvais film de cul.
Tant pis pour la bienséance, on a traduit le nom de l'album à une heure de grande lecture. Et pour faire encore chauffer les salles, Bad porn movie trax propose 14 plages bien chaudes dans la lignée du premier opus : rock, électro, punk, funk, délire, espagnol, anglais, tout se mélange et détonne.
Points forts
- Des morceaux qui décoiffent en live: "Twisted minda", "Prima scene", "French touch puta madre", "Just a nerd".
- Éclectisme stylistique: rock, électro, punk, funk, passages en espagnol et anglais.
- Présence d'un univers visuel marqué et d'un concept ludique (Goz le gorille, titres loufoques).
- Chœurs et samples qui renforcent l'impact de certains morceaux.
Faiblesses
- Des mélodies souvent sans imagination masquées par des effets electro discutables et des guitares plates.
- Des tentatives de dancefloor ratées, parfois proches d'une house datée.
- Usage trop répété de la voix trafiquée rendant l'écoute entière fatigante.
- Inégalités de qualité entre titres: quelques réussites noyées dans des plastiques sonores moins convaincantes.
Écoute recommandée
Quand le combo envoie du gros rock survitaminé option rouleau compresseur, on ne peut que se laisser défoncer les tympans avec plaisir ("Twisted minda", "Prima scene", "French touch puta madre", "Just a nerd"...), quand il calme le jeu et place des arrangements et des cordes, on ne peut que les féliciter d'avoir également le talent pour se la jouer tranquille ("Mad o you"), par contre quand Shaka Ponk insiste sur les basses et les rythmes binaires cherchant à claquer un tube de l'été électro dance floor clashy ("Hombre que soy" voire "How we kill stars") ou farfouille dans les ordis pour traficoter les sons ("Make it mine"), je suis beaucoup moins client.
Shaka Ponk - How We Kill Stars - Live on Fearless Music
Mais ça ne prend pas beaucoup de place sur la galette et lors d'une soirée un peu arrosée, je suis sûr que ça passe pas mal en bande-son... les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés.
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| Titre indicatif | Caractéristique |
|---|---|
| Twisted minda | ouverture énergique, électro/rock/punk/métal |
| Hombre que soy | morceau dansant aux accents latino |
| Make it mine | titre plus posé et arabisant, travail sonore informatique |
| How we kill stars | entêtant, joué en live aux Victoires |
| French Touch puta madre | délire électro-rock |
Vous avez certainement entendu le titre « Do » sur les radios, ce titre n’est qu’une goutte d’eau dans ce que propose le groupe ! En effet, le premier titre de leur opus « Twisted minda » donne la couleur à l’album, une pure tuerie !
Quand le groupe en concert ça saute partout et ça claque !
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