La retraite progressive dans la fonction publique : cessation progressive d’activité et abaissement de l’âge d’accès à 60 ans

La retraite progressive permet d’aménager sa fin de carrière et de bénéficier d’une fraction de sa retraite tout en poursuivant une activité professionnelle réduite. Cette mesure concerne les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique (fonctionnaires et contractuels) et entrera en vigueur au 1er septembre 2025.

Qui est concerné et qui peut en bénéficier ?

Tous les agents publics, à l’exception des stagiaires, peuvent prétendre à la retraite progressive lorsque les conditions requises sont réunies. La loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 a ouvert la retraite progressive aux fonctionnaires des trois versants ainsi qu’aux magistrats, à compter du 1er septembre 2023. Cette possibilité a été formalisée pour tous les agents publics et les salariés par des décrets parus au Journal officiel le 23 juillet 2025.

Quel âge et quelles conditions d’assurance ?

À compter du 1er septembre 2025, l’âge exigé pour pouvoir demander la retraite progressive est désormais de 60 ans. Vous devez également réunir au moins 150 trimestres (37,5 années) pour la retraite, tous régimes de base confondus. Pour la date d’ouverture des droits, les agents des catégories actives et sédentaires sont considérés de la même manière.

Quelles conditions de temps de travail ?

La retraite progressive impose que l’agent ait une quotité de travail d’au moins 50 % c’est-à-dire 50%, 60%, 70%, 80% ou 90% dans la Fonction publique, et, plus généralement, pour les salariés, exercer une activité réduite ou à temps partiel représentant entre 40 et 80 % d’un temps complet. La somme de vos activités à temps partiel doit être comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle du travail applicable.

Si l’agent titulaire n’est pas déjà à temps partiel : il doit en faire la demande à son établissement employeur. Ce dernier n’est pas tenu de lui accorder. S’il est déjà à temps partiel : la retraite progressive est de droit lorsque les conditions sont remplies. Le refus de l’employeur doit être motivé.

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Fonctionnement et calcul de la pension partielle

Le montant de la pension partielle est calculé proportionnellement au temps partiel non travaillé, ceci afin de constituer un complément de ressources. A la rémunération du temps partiel s’ajoute une part de la pension (calculée à la date du début du dispositif) correspondant à la quotité non travaillée. Par exemple, pour un temps partiel à 60 %, la pension servie à l’agent sera de 40 % du montant d’une pension servie à taux plein, par référence à ses droits à pension au jour de la liquidation de la retraite progressive. Ainsi, la pension partielle est liquidée en fonction de l’indice de référence ou de la rémunération au jour de l’ouverture de cette liquidation, avec tous ses accessoires proratisés (NBI par exemple) dès lors que les conditions pour en bénéficier sont satisfaites.

Pour déterminer le montant de votre retraite progressive, une retraite provisoire est calculée sur la base de vos droits au moment de votre demande. La part de retraite versée dépend de votre temps de travail. Le montant de la retraite est calculé en fonction de la diminution des revenus professionnels.

Cotisations et révision du montant

Vous continuez de cotiser pour votre retraite tant que vous exercez une activité à temps partiel. Sous réserve de l’accord de votre employeur, vous pouvez aussi cotiser pour la retraite sur la base du salaire à temps plein pour votre activité à temps partiel. La période de retraite progressive compte entièrement pour la durée d’assurance (celle qui permet le calcul de la décote/surcote) mais au prorata de la quotité travaillée pour la durée de cotisation (qui permet le calcul de la pension avant décote/surcote) sauf si vous décidez de surcotiser.

Le montant de la retraite progressive sera révisé en cas de modification de votre temps de travail. Vous devez informer votre caisse régionale de toute modification. Votre caisse régionale vous adresse régulièrement un questionnaire pour vérifier votre activité à temps partiel. Il est important de renvoyer ce questionnaire à votre caisse régionale dans les délais ; dans le cas contraire, le paiement de votre retraite progressive est suspendu.

Durée, fin et passage à la retraite définitive

La retraite progressive prend fin soit si l’agent reprend à temps complet, soit lorsqu’il demande la liquidation totale de sa pension de retraite. La pension partielle prend fin définitivement lorsque l’agent public est admis à la retraite ou lorsqu’il reprend une activité à temps plein. La période de retraite progressive est proratisée en fonction de la quotité de travail pour le calcul du taux de pension. Lorsque vous cessez toute activité à temps partiel, le paiement de votre retraite progressive est suspendu, même si vous n’avez pas encore droit à votre retraite définitive. Vous devez demander votre retraite définitive : le passage de la retraite progressive à une retraite définitive n’est pas automatique.

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Formalités et démarches

Le fonctionnaire de l’État adresse sa demande de retraite progressive au service des retraites de l’État six mois avant la date à laquelle il souhaite passer en retraite progressive. Pour les agents, il convient de demander un temps partiel à son employeur, et de s’adresser à son régime de retraite (SRE via le compte ENSAP pour les agents de l’État, CNRACL, IRCANTEC pour les agents territoriaux et hospitaliers). La demande de retraite progressive n’est pas automatique : vous devez en faire la demande plusieurs mois avant la date de départ choisie (la demande doit être faite 5 à 6 mois avant la date de départ selon les régimes).

Si vous êtes salarié, vous pouvez faire votre demande de retraite progressive sur le site de l’Assurance retraite via le service en ligne « Demander ma retraite progressive ». Pour les agents hospitaliers et autres agents publics, des services dédiés (par ex. plateformes comme Alphonse pour certains partenaires) et les caisses de retraite spécialisées assurent l’accompagnement.

Contraintes, incompatibilités et droits

La retraite progressive est incompatible avec le temps partiel thérapeutique. L’agent en retraite progressive ne peut bénéficier d’une autorisation pour un cumul d’emploi afin d’exercer une activité accessoire ; ainsi, un agent ne peut cumuler un emploi à temps partiel, une retraite partielle et une activité accessoire. Pour les agents à temps incomplet ou non-complet, elle peut être liquidée sans diminution du temps de travail. Toutefois, en cas de cumul d’emplois à temps incomplet ou non-complet, l’agent doit limiter son temps de travail à 90% d’un temps complet.

L’agent bénéficiaire du dispositif peut demander à changer de régime, soit en modifiant la quotité de travail, à la hausse ou à la baisse, soit en demandant à réintégrer à temps complet. La pension définitive est liquidée à la date de départ définitif en retraite, en prenant en compte la période de retraite progressive.

Exemples chiffrés et cas pratiques

  • Exemple pour un salarié à temps partiel : un salarié ayant un temps partiel à 60 % pourra percevoir 40 % de sa pension ; un salarié ayant un temps partiel à 50 % pourra percevoir 50 % de sa pension.
  • Exemple pour un agent public : un agent occupant un emploi à 70 % perçoit une pension partielle égale à 30 % de sa pension théorique.
  • Pour la première année, le chef d'entreprise percevra la moitié de sa retraite à titre provisionnel (mécanisme applicable dans certains cas pour la retraite provisoire).

Points d’attention et recommandations pratiques

  1. Vérifier que vous avez au moins 150 trimestres tous régimes confondus avant de déposer votre demande.
  2. Obtenir l’accord de votre employeur pour le passage à temps partiel ; en cas de refus, celui-ci doit être motivé.
  3. Anticiper vos démarches : adressez votre demande 5 à 6 mois avant la date de départ souhaitée et répondez aux questionnaires envoyés par votre caisse régionale.
  4. Conserver une trace écrite de votre demande de temps partiel et de votre demande auprès de votre organisme de liquidation de pension.
  5. Si vous souhaitez maintenir des droits maximaux, étudiez la possibilité de cotiser sur la base du salaire à temps plein sous réserve de l’accord de l’employeur.

Retraite progressive 👴 : points de vigilance et retour d’expérience

Tableau récapitulatif : conditions et effets

Élément Condition Effet
Âge 60 ans (depuis 01/09/2025) Ouverture possible de la retraite progressive
Trimestres ≥ 150 trimestres Droit à la liquidation partielle
Quotité de travail 50-100% (FP) ; 40-80% (salariés) Pension proportionnelle à la quotité non travaillée
Demande 5-6 mois avant Procédure auprès du régime compétent (SRE, CNRACL, IRCANTEC, Assurance retraite)
Durée Jusqu’à reprise à temps plein ou liquidation totale Période prise en compte pour durée d’assurance

Cette réforme, actée par l’accord national interprofessionnel de l’automne 2024 et les décrets du 23 juillet 2025, restaure et précise les modalités de la cessation progressive d’activité pour les agents publics et étend l’accès à la retraite progressive dès 60 ans à tous les régimes concernés.

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