Guide complet de lutte contre le dopage dans le sport
Aujourd’hui, le sport a acquis une importance sociale, culturelle, économique et politique considérable et fait partie intégrante de notre société. Loin des discriminations ethniques, linguistiques ou culturelles, il est un vecteur de socialisation et de communication indéniable. Le respect des règles de l’éthique, qui fonde les principes de la pratique sportive, est à la base de ceux qui régissent la démocratie. Or, ces règles et ces principes sont aujourd’hui transgressés dans le monde du sport professionnel ou amateur. Les sondages actuels font état d’une inquiétude de la proportion du dopage prise dans le sport.
Le dopage est entendu comme l’usage de substances ou de procédés qui ont pour but soit de modifier artificiellement les capacités d’une personne exerçant une activité sportive, quelle que soit la discipline, quelles que soient les conditions dans lesquelles cette activité est pratiquée, soit de masquer l’emploi de substances ou procédés ayant cette propriété. Ces substances et ces procédés sont dûment énumérés par les états ou les structures compétentes. Risques pour la santé du sportif (amateur ou professionnel) liés à la nature et aux concentrations des substances utilisées parfois supérieures à celles utilisées en thérapeutique et, très souvent, association de plusieurs substances. Risques pour la société : la pratique sportive participe à l’éducation des jeunes donc à l’avenir de la société.
La prise de conscience, au niveau international, de la nécessité d’intensifier la lutte antidopage dans le milieu sportif et d’en améliorer l’efficacité s’est concrétisée par la création d’une Agence Mondiale Antidopage (AMA) en novembre 1999. Cette agence a pour mission de promouvoir et coordonner la lutte contre le dopage dans le sport au niveau international. L’AFLD est une autorité publique indépendante qui définit et met en œuvre les actions de lutte contre le dopage. A cette fin, elle coopère avec l’AMA, avec les organismes reconnus par celle-ci et disposant de compétences analogues aux siennes et avec les fédérations sportives internationales.
Les sportifs peuvent souffrir de maladies ou de troubles qui les obligent à prendre certains médicaments ou à subir certaines interventions. Si le médicament ou la méthode dont le sportif a besoin pour traiter sa maladie ou son trouble figure sur la Liste des substances interdites, une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) peut lui permettre d’utiliser la substance ou la méthode requise. Un certificat médical d’aptitude est nécessaire à la première délivrance d’une licence sportive. Par ailleurs, tout médecin décelant des signes évoquant un dopage doit refuser de délivrer un certificat médical, doit informer le patient des risques encourus, doit lui proposer de le diriger vers une antenne médicale ou, en liaison avec celle-ci, le prendre en charge.
La loi fait obligation à tout sportif participant à des compétitions de faire état de sa qualité lors de toute consultation donnant lieu à prescription. Si le médecin est contraint de prescrire des substances ou procédés interdits, il doit alors informer par écrit de l’incompatibilité du traitement avec la pratique sportive. Mention de cette information est indiquée sur l’ordonnance. Outre le respect de ces dispositions légales, tout sportif doit avoir le réflexe d’éviter les produits interdits. La loi interdit par ailleurs à toute personne de prescrire, administrer, appliquer, céder ou offrir aux sportifs, sans raison médicale dûment justifiée, une ou plusieurs substances ou méthodes interdites mentionnées, ou de faciliter leur utilisation ou d’inciter à leur usage.
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Le pharmacien d’officine est directement concerné par ces dernières dispositions qui font écho à l’article R 4235-2 du Code de déontologie qui stipule que le pharmacien « doit contribuer à l’information et à l’éducation du public en matière sanitaire et sociale. Tout pharmacien doit donc être conscient que le fait de délivrer sans ordonnance des substances dopantes soumises à la réglementation des substances vénéneuses ou d’honorer des prescriptions manifestement sans rapport avec un traitement médical (quantités anormalement élevées) sont susceptibles d’engager ses responsabilités pénale et disciplinaire. » Des normes professionnelles pour les pharmaciens ont été élaborées par la Fédération internationale pharmaceutique (FIP).
Un avertissement indiquant que le médicament contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors de contrôles anti-dopage se retrouve sur la notice de nombreuses spécialités pharmaceutiques. La lutte contre le dopage constitue une des obligations déontologiques des pharmaciens. L’article R4235-2 du code de la santé publique stipule que le pharmacien « doit contribuer à l’information et à l’éducation du public en matière sanitaire et sociale. » Il participe notamment à la lutte contre la toxicomanie, les maladies sexuellement transmissibles et le dopage. Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens mène des actions de sensibilisation et d’information dans ce domaine.
Des sportifs de tous niveaux - professionnels ou amateurs - souhaitant participer à une manifestation sportive font parfois appel à des compléments alimentaires pour améliorer leur condition physique. Les pharmacies sont le premier circuit de distribution des compléments alimentaires en France (51% des ventes totales). Or, certains de ces produits peuvent contenir des molécules dopantes inscrites sur la liste des substances et des méthodes interdites et/ou avoir des effets néfastes sur la santé. Le conseil du pharmacien est donc particulièrement important dans ce domaine. A l’officine, il est important de connaître la norme AFNOR NF V94-001, conçue sous l’égide du Ministère chargé des sports, qui permet d’identifier les compléments alimentaires dénués de contaminants dopants.
Comme pour les médicaments humains, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens propose des outils pédagogiques élaborés conjointement par le Cespharm, le Ministère chargé des Sports et la MILDECA. Les stagiaires sont invités à consulter le document d’information professionnelle pour les pharmaciens et les équipes officinales. Les compléments alimentaires peuvent présenter des risques pour la santé et des risques de dopage.
La loi précise qu’il « est interdit d’administrer ou d’appliquer aux animaux, au cours des manifestations sportives organisées par une fédération … des substances ou procédés de nature à modifier artificiellement leurs capacités ou à masquer l’emploi de substances ou procédés ayant cette propriété. En outre, les humains peuvent détourner l’usage de médicaments vétérinaires à visées dopantes. Le pharmacien d’officine doit donc être vigilant face à une demande de médicament vétérinaire comportant des risques d’usage dopant. Le respect des règles de dispensation des médicaments vétérinaires est essentiel.
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La lutte contre le dopage est une préoccupation forte du ministère chargé des Sports. La volonté politique de lutter contre le dopage s’inscrit dans les dispositifs internationaux portés par l’UNESCO, le Conseil de l’Europe et l’AMA. Sur le plan national, la loi du 5 avril 2006 relative à la lutte contre le dopage et à la protection de la santé des sportifs attribue au ministère un rôle central dans l’engagement et la coordination de la prévention, de l’éducation et de la recherche en matière de dopage. La FFBSQ s’investit pleinement dans la prévention et dans le plan de lutte contre le dopage.
Un sportif amateur ou professionnel peut avoir recours, sans le savoir, à un médicament ou un complément alimentaire contenant une substance dopante. Toutefois, le principe de responsabilité objective le rend fautif pour toute substance décelée dans son organisme à l’occasion d’un contrôle antidopage et la seule présence d’une substance interdite suffit à caractériser une violation des règles antidopage. L’Agence française de lutte contre le dopage, autorité publique indépendante, a pour but de définir la stratégie des contrôles antidopage et leur organisation. L’AFLD a élaboré un miniguide de l’antidopage qui couvre les grandes lignes de la lutte contre le dopage.
La lutte antidopage: structure et principes
Sur le plan international, l’AMA a été créée en 1999 et a pour rôle principal d’élaborer, d’harmoniser et de coordonner les règles antidopage dans tous les sports et pays. Ses activités incluent la recherche scientifique, l’éducation, les enquêtes et la supervision de la conformité au World Anti-Doping Program. C’est le Code Mondial Antidopage qui reprend les onze violations des règles antidopage, pour harmoniser les règles dans tous les sports et pays.
En France, l’AFLD, créée en 2006, met en œuvre les actions nationales contre le dopage, et le ministère des Sports coordonne les acteurs de la prévention du dopage. Dans le cadre du Plan national de prévention du dopage et des conduites dopantes 2020-2024, l’objectif est d’insuffler une culture de prévention du dopage à l’horizon 2024.
Le principe de responsabilité objective signifie que le sportif est responsable de toute substance retrouvée dans son organisme à la suite d’un contrôle antidopage, et une violation est constatée lorsque une substance interdite est présente, indépendamment de l’intention. Les 11 violations incluent notamment la présence d’une substance interdite, l’usage, la soustraction au prélèvement, les manquements à la localisation, la falsification, la possession, le trafic, l’administration, la complicité, l’association interdite et les menaces ou représailles.
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Chaque année, la liste des substances et méthodes interdites est mise à jour par l’AMA et transposée en droit national. Le sportif peut consulter la liste sur le site de l’AMA ou de l’AFLD. Pour les médicaments, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, d’informer le médecin de son statut de sportif et de vérifier l’interdiction d’un médicament sur les sites web compétents. Une vidéo explicative peut aider au bon usage des médicaments.
Le SPORT est le MEILLEUR des MÉDICAMENTS
Les compléments alimentaires présentent des risques possibles de dopage; aucune norme ne peut garantir l’absence totale de substances interdites. Le conseiller du pharmacien est crucial: privilégier les compléments sous norme AFNOR NF V94-001 et éviter les achats sur internet. Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens propose des outils pédagogiques en collaboration avec Cespharm, le Ministère chargé des Sports et la MILDECA.
Les Autorisations d’Usage à des fins Thérapeutiques (AUT) permettent d’utiliser des substances interdites dans des cas médicaux justifiés. Le respect des AUT et de leurs conditions est essentiel pour préserver la santé du sportif. La prévention du dopage est une priorité pour la FFCK, et le plan stratégique 2025-2030 du AFLD vise à mieux protéger la santé via la lutte antidopage. Un cas positif récent rappelle l’importance des actions de sensibilisation.
Bonnes pratiques et mesures préventives
Les bons réflexes pour les médicaments et les compléments alimentaires incluent: consulter un professionnel de santé, informer le professionnel de santé du statut de sportif, vérifier l’interdiction éventuelle d’un médicament et privilégier les compléments sous norme AFNOR NF EN 17444. Il faut également effectuer un bilan nutritionnel et privilégier une hygiène de vie saine (alimentation équilibrée, sommeil de qualité).
- Vérifier les substances dans la liste officielle et demander AUT si nécessaire.
- Éviter les compléments non certifiés ou promus en ligne sans source fiable.
- Consulter les ressources AFLD et AMA pour les mises à jour annuelles.
Ressources et démarches pratiques
Autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT): effectuer une demande selon les conditions établies; le mode d’emploi est disponible via les liens fournis par les organismes compétents. Le mode d’emploi pour les AUT se trouve sur le lien suivant. La prévention du dopage est une priorité pour la FFCK, en cohérence avec les orientations du ministère chargé des Sports et les ambitions de l’AFLD.
Tableau synthétique: acteurs et responsabilités
| Acteur | Rôle | Exemples d’actions |
|---|---|---|
| AMA | Promotion et coordination internationale | Recherche, éducation, supervision |
| AFLD | Autorité nationale indépendante | Planification des contrôles, éducation, prévention |
| Ministère des Sports | Coordination politique et stratégique | Plan national et partenariats |
| Pharmaciens | Information sanitaire et déontologie | Conseil, vérification des médicaments et compléments |
| Sportifs | Respect des règles et autodiscipline | Vérification des substances et AUT le cas échéant |
Les images et infographies ajoutées ci-dessous visent à clarifier les structures, les flux d’information et les bonnes pratiques à adopter par les sportifs et les professionnels de santé.
En résumé, la lutte contre le dopage repose sur une approche intégrée: cadres juridiques solides, éducation et prévention, contrôle et sanctions proportionnées, et accompagnement des sportifs dans leur cheminement vers une pratique saine et équitable.
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