Financement des maisons de répit en France : fonctionnement et aides

Le répit pour les proches aidants vise à permettre qu'un professionnel assure une prise en soin temporaire du proche, chez soi ou dans un établissement pour apporter un soulagement à l’aidant principal et ainsi éviter son épuisement. Le répit représente un moment de pause dans un quotidien éprouvant, permettant un accompagnement systémique, global et continu. Le répit soutient et accompagne les personnes malades, en situation de handicap ou de dépendance ainsi que leurs proches aidants.

Quelles formes de répit et où se déroulent-elles ?

Il existe différentes solutions d’aide au répit pour que les proches aidants puissent se reposer : un accueil de jour ou de nuit de la personne aidée en perte d’autonomie ; un hébergement temporaire en établissement ou en accueil familial ; un relais à domicile. Des solutions de répit à domicile ou en structure permettent au professionnel d’assurer la prise en soin temporaire du proche, chez soi ou dans un établissement. Les solutions de répit, de quelques heures à quelques jours, permettent à l’aidant d’avoir du temps libéré, pour lui.

La Maison de Répit : exemple de fonctionnement

Construite au cœur d'une propriété boisée d'un hectare à Tassin la Demi-Lune à 10 mn du centre de Lyon, mise à la disposition du projet par la société BioMérieux, la Maison de répit du Rhône offre un cadre naturel et apaisant de grande qualité, propice au répit des personnes accueillies. Elle propose une ambiance « maison » où la priorité est donnée au prendre soin, au bien-être, à la tranquillité et à la convivialité. Le bâtiment construit sur deux niveaux bénéficie d'une forte intégration dans l’espace naturel boisé, dans le respect des normes environnementales. Transparence, fonctionnalité, confort, convivialité, en sont les principes directeurs.

La Maison de Répit est principalement destinée aux aidants qui prennent soin d’un proche, âgé de 0 à 60 ans, atteints d’une maladie somatique grave ou d’un handicap lourd nécessitant des soins infirmiers quotidiens. La Maison de Répit accueille des personnes définies par l’ARS, souffrant de maladies somatiques graves et/ou d’un handicap lourd. La durée des séjours varie de 24 heures à 30 jours, selon les besoins de l’aidant. Chaque aidant peut bénéficier de 30 jours de répit par an, répartis selon ses préférences. Les aidés peuvent être accueillis sans limite de durée.

La Maison de Répit est avant tout un lieu de calme, de détente et de maintien des soins. Des ateliers tels que la sophrologie, le massage, le chant ou l’art-thérapie peuvent être proposés, mais ils ne sont pas systématiques. Il peut s’écouler jusqu’à trois mois entre le premier contact avec l’équipe mobile et le début du séjour. Pendant ce laps de temps, une visite à domicile est organisée. L’équipe de la Maison de Répit comprend des infirmiers(ières), des aides-soignant(e)s et des aides médico-psychologiques (AMP). Une équipe de nuit est également présente.

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Financement et prise en charge des séjours

La CPAM finance une partie des séjours. Le reste à charge de 20€ par jour peut être pris en charge par certaines mutuelles, comme Apicil. Les séjours sont gratuits pour les aidés de moins de 20 ans.

La CNSA finance le déploiement des plateformes d’accompagnement et de répit ainsi que la création de places d’accueil de jour ou d’hébergement temporaire prévus dans les différents plans de santé publique. Les crédits sont délégués aux agences régionales de santé. La CNSA peut également participer au financement de l’ingénierie de projets de répit à domicile, de type relayage. Seuls les frais d’ingénierie peuvent être pris en compte lors d’une expérimentation nationale de dérogation au droit du travail prévue par la loi ESSOC et renouvelée dans le cadre de la LFSS 2024 (les crédits du fonds « intervention » ne couvrant pas les frais de fonctionnement pour la pérennisation du dispositif de répit).

Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et répit

L’APA à domicile pour financer une solution de répit : lors d’une première demande d’APA (allocation personnalisée d'autonomie), d’une demande de révision ou lors d’un renouvellement de plan d’aide APA, l’équipe médico-sociale APA réalise une évaluation à domicile. Cette évaluation prend en compte les besoins de la personne en perte d’autonomie mais aussi les besoins des proches aidants, notamment en termes de répit.

Aides spécifiques aux aidants : congé et allocation

Depuis 2020, un proche aidant peut bénéficier de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Elle s’adresse à toute personne résidant en France qui réduit ou cesse son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie d’une particulière gravité. L'AJPA est une aide financière qui permet de compenser une perte de revenus lors de la cessation ou réduction d'activité professionnelle pour accompagner un proche en perte d'autonomie. Elle est versée par la CAF (régime général) ou la MSA (régime agricole). Le montant au 1er janvier 2026 est de 66,64 € par jour ou 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 66 jours par personne et 22 jours par mois. Vous pouvez bénéficier à nouveau de 66 jours pour une autre personne aidée dans la limite de 4 personnes aidées sur l’ensemble de votre carrière soit 264 jours maximum.

Le congé proche aidant permet à tout salarié de suspendre temporairement son contrat de travail pour accompagner un proche en perte d'autonomie. En l’absence de convention, le congé proche aidant est d'une durée maximale de 3 mois. Il peut être pris de manière fractionnée par demi-journée et renouvelable dans la limite d'1 an sur l'ensemble de la carrière. Non rémunéré par l'employeur, il peut être compensé par l'AJPA sous conditions.

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Tout savoir sur l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) - Mon Parcours Handicap

Accompagnement local : plateformes de répit et aides pratiques

Les professionnels des plateformes de répit sont là pour vous soutenir. Les professionnels des plateformes de répit sont là pour vous informer sur l'accompagnement de votre proche et vous orienter vers des solutions sur votre territoire. Les plateformes de répit peuvent également vous proposer des formations collectives et vous aider à l’ouverture de droits et à la conduite de démarches administratives. Les psychologues des plateformes de répit vous accompagnent lors d’entretiens individuels dans votre relation avec votre proche et dans l’évolution de sa situation. Les professionnels animent également des groupes de paroles dans lesquels le partage d’expériences et les conseils entre pairs vous aident à comprendre et à vivre votre rôle d’aidant.

La CNSA finance le déploiement des plateformes d’accompagnement et de répit ainsi que la création de places d’accueil de jour ou d’hébergement temporaire prévus dans les différents plans de santé publique. Consulter l’annuaire des plateformes de répit.

Autres financements : expérimentations, projets innovants et séjours de vacances

Dans le cas de démarches d’expérimentation à fort impact social ou de projets de recherche scientifique en sciences humaines et sociales ou en santé publique, les porteurs de projet satisfaisant les conditions d’éligibilité ont la possibilité de solliciter un financement dans le cadre des appels à projets dédiés au soutien des actions innovantes ou des appels à projets de recherche. La CNSA peut participer au financement de l’ingénierie de projets de répit à domicile.

Il existe plusieurs solutions pour partir en vacances seul(e) ou avec la personne aidée : Les séjours de répit pendant les vacances : ANCV : l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances soutient les projets de départ en vacances des personnes en situation de fragilité économique ou sociale. Les aidants peuvent, sous conditions de ressources, bénéficier de cette aide pour organiser un séjour avec ou sans la personne accompagnée. UFCV : l’Union Française des Centres de Vacances propose des séjours de vacances spécifiquement conçus pour les enfants, adolescents et adultes en situation de handicap. Ces séjours permettent à l’aidant de prendre du temps pour soi en ayant l’assurance d’un accompagnement professionnel. CAF : certaines caisses d’allocations familiales financent tout ou partie des séjours pour enfants porteurs de handicap, notamment en colonie ou en établissement spécialisé.

Accès à l’information et repères pratiques

Vous ne savez pas à quelle porte frapper pour vous ménager des temps de répit ou de plaisir avec le proche que vous aidez, prendre soin de vous, vous former à mieux aider… ? Depuis plusieurs années, la situation de ces aidants est devenue un enjeu de société fondamental : les aides, les organismes, les sources d’information (comme Essentiel Autonomie) se sont multipliés pour “aider ceux qui aident”. Avec par conséquent une difficulté : il devient compliqué de s’y retrouver. Pour connaître les différentes solutions d’aide au répit, vous pouvez consulter l’article Avoir du temps libre. Consulter l’annuaire des plateformes de répit.

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Type d'aide Qui finance Commentaires
Séjours en maisons de répit CPAM, mutuelles, collectivités Partiellement financés, reste à charge pouvant être couvert par mutuelle
APA à domicile Départements Évaluation médico-sociale prend en compte le répit
AJPA CAF / MSA Compense perte de revenus, plafond de jours par aidé
Plateformes de répit CNSA / ARS Information, orientation, formations, groupes de parole
Expérimentations / projets innovants CNSA, appels à projets Financement possible pour ingénierie et projets à fort impact

Rappels utiles

  • La plupart du temps, ces services sont gratuits.
  • Le droit au répit est inscrit dans la loi depuis 2015.
  • De nombreuses personnes aident chaque jour un enfant ou un adulte en situation de handicap sans avoir conscience d'être aidantes, avec pour conséquence un non recours à leurs droits.

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